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Hauts Grades

Histoire récente de l'Ordre de la Stricte Observance Templière

10 Avril 2012 , Rédigé par Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jerusalem Publié dans #histoire de la FM

 

Entre 1751 et 1755, l'Ordre templier, également connu sous le nom d'Ordre Illustre de la Stricte Observance, fut réorganisé sous l'impulsion de Varl Gotthelf, Freiherre von Und und Alten-Grotkau1, Eques ab Ense (Chevalier de l'Epée, qui fut reçu dans les trois premiers grades de la Franc-Maçonnerie le 20 mars 1742 au sein de la Loge l'Union de Francfort-sur-le-Main. C'est au cours d'un premier voyage (de décembre 1742 à septembre 1743) qu'il fut admis dans l'Ordre du Temple par Lord Kilmarnock, Grand Maître des Maçons d'Ecosse, et présenté à Charles-Edouard Stuart, le jeune prétendant, désigné sous le nom de « Chevalier au Plumet rouge ». Dirigé en 1743 vers Marschall von Bieberstein, Grand Maître Provincial de la VII° Province templière, il lui succéda en 1751.

Décidé à rétablir l'Ordre du Temple dans son ancienne splendeur et à le renouveler, le baron de Hund, avec l'aide des Frères Georges et Charles Schmidt, de von Tanner et de von Schoenberg, réécrivit les rituels de l'Ordre et mit au point le cérémonial. Vers 1751, il érigea une Loge et un Chapitre Provincial sur ses terres, à Unwuerde et, en 1753, il délivra une nouvelle patente à la Loge de Naumburg. Ce fut dans cette Loge que le premier projet financier ou « Plan Economique » fut élaboré car, sans finances, il était évidemment impossible de restaurer toutes les Provinces de l'Ordre. En 1755, un deuxième Plan Economique prenant appui sur le premier fut promulgué.
L'Europe fut divisée, comme autrefois, selon le Livre Rouge, en neuf provinces: I. Aragon, II. Auvergne, III. Occitanie, IV. Léon, V. Bourgogne, VI. Grande-Bretagne, VII. Basse-Allemagne jusqu'à l'Elbe et l'Oder, VIII. Haute-Allemagne jusqu'au Danube, IX. Grèce et Archipel.

Au Convent d'Altenberg, convoqué en mai 1764, le baron de Hund rencontra Johnson qui se déclarait l'émissaire de l'Ordre du Temple et député par le Souverain Chapitre d'Ecosse pour organiser l'Ordre en Allemagne. Le baron de Hund qui s'inquiétait des agissements de Johnson et de sa folie des grandeurs, le débouta de ses prétentions. Arrêté et enfermé à la Wartburg2, il y mourut le 13 mai 1775. Après avoir conté aux Frères l'histoire de son admission dans l'Ordre et montré le Livre Rouge ainsi que d'autres documents, le baron de Hund vit son autorité confirmée en tant que Grand Maître Provincial par les membres présents qui reçurent de lui de nouvelles instructions.
En 1766, un nouveau Plan Economique qui prévoyait, entre autres, des revenus financiers pour assurer les prébendes des dignitaires du système fut mis au point.

Le 17 février 1767, le pasteur Jean-Auguste Starck et ses associés fondèrent la Loge « Les Trois Lions » à Wismar et greffèrent sur elle le Chapitre Clérical de l'Ordre. C'est au Convent de Kohlo (du 4 au 24 juin 1772), qui vit la réorganisation de l'Ordre, la création du Directoire de Dresde et l'abandon définitif d'un plan économique, qu'un accord fut conclu avec les Clercs dont les Chapitres Cléricaux devaient désormais émaner de la seule autorité du baron de Hund; de plus, les Chevaliers ne pourraient, à l'avenir, être reçus sans la présence d'un Clerc; le Grand Prieur devait siéger au Grand Chapitre de Dresde et apposer sa signature sur toutes les patentes et constitutions. A ce même Convent, le duc Ferdinand de Brunswick fut élu Magnus Superior Ordinis et Grand Maître de toutes les loges écossaises du régime, Charles de Hund, en tant que Grand Maître Provincial, assurant désormais le rôle d'un monarque constitutionnel.

Sous la direction du baron Weiler, nommé par le Grand Maître Provincial Commissarius et Visitator specialis,furent organisées les trois Provinces françaises: en 1772, la V° Province, la Bourgogne; en 1774, la II° Province, l'Auvergne, et, la même année, la III° Province, l'Occitanie. Mais, dès 1778, le Convent des Gaules, sous l'impulsion de Jean-Baptiste Willermoz, décida d'abandonner toute référence à l'Ordre du Temple, de modifier en conséquence les rituels et de transformer le dernier grade templier de la Stricte Observance en celui de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte.

Le Convent de Brunswick (23 mai-6 juillet 1775) légalisa officiellement les neuf Provinces de l'Ordre et transféra le Directoire à Brunswick, mais le vieux débat concernant la patente de Hund, par laquelle il assurait détenir son autorité, refit surface. Un nouveau Convent, convoqué à Wiesbaden (15 août-4 septembre 1776), vit s'effondrer, peu après, les prétentions de Gugomos qui affirmait être en relation avec le véritable chef de la branche savante de l'Ordre à Chypre et posséder les connaissances secrètes de cette branche.

Le 8 novembre 1776, le baron de Hund mourut à Meiningen (Thuringe) et son inhumation eut lieu le 13 novembre, avec toute la pompe due à son haut rang, au pied du maître-autel de l’église catholique de St Kilian de Mellrichstadt (Franconie). Sa mort fut suivie d’une période de confusion et, en 1777, le prince Charles de Hesse, duc de Sudermanie, proposa sa candidature à l’office vacant de Grand Maître Provincial. C’est cette même année que Charles-Edouard Stuart nia tout lien avec la Franc-Maçonnerie, cet aveu, pour quelques-uns, ayant été de pure circonstance et dicté par des raisons politico-religieuses. La tradition secrète de l’Ordre affirme qu’il fut élu Grand Maître de la branche écossaise de l’Ordre du Temple3, qui s’était perpétuée sans interruption en Ecosse depuis l’abolition de l’ancien Ordre et qui n’avait évidemment rien de maçonnique, à Holyrood Palace, le 24 septembre 1745 ; ce qui lui permit de dénier quelque appartenance que ce fût à l’Ordre maçonnique. C’est au sein de cette branche séculière de l’Ordre du Temple, fondée par des chevaliers écossais après la suppression de leur Ordre, que fut transmise durant quelques siècles la Grande Maîtrise de l’Ordre templier.
La conférence de Hambourg (4-16 juillet 1777) accepta la candidature de Charles de Suède, qui fut approuvée par le Convent préliminaire de Leipzig (16-22 octobre 1777).
Le Convent de Wolfenbüttel (15 juillet-24 août 1778) élut Grand Maître Provincial le prince Charles de Suède, mais le départ des Clercs du système et le retrait des Chapitres de Silésie et de Berlin annoncèrent le début du déclin de la Stricte Observance.
Le Convent ou Diète de Brunswick ’24 août-9 septembre 1779) procéda à l’installation par procuration du prince Charles de Suède et à l’élection de son coadjuteur, le landgrave de Hesse-Cassel.
Le 20 avril 1781, Charles de Suède renonça à la grande maîtrise provinciale et se retira à son tour de la Maçonnerie Rectifiée, autre appellation de la Réforme de Dresde.

C’est le Convent de Wilhelmsbad qui précipita le déclin de la Stricte Observance dont l’organisation se voulait calquée sur l’ancien Ordre du Temple : le système et le rite furent réorganisés ; la réforme française dite de Lyon fut adoptée ; Ferdinand de Brunswick fut élu Grand Maître Général ; la numérotation des Provinces de l »Ordre fut changée et le Directoire transféré à Weimar.
Peu à peu la Stricte Observance perdit le prestige qu’elle avait exercé sur la Franc-Maçonnerie germanique et continentale. Le 30 janvier 1784, le système des « Trois Globes » de Berlin rompit tout lien avec l’Ordre templier et le Rite Rectifié ; et le 31 décembre 1784, les loges de Hambourg prirent la même décision. En 1792, on peut relever les dernières traces identifiables des Clercs et, avec la mort du prince Ferdinand de Brunswick, le 3 juillet 1792, le système de la Maçonnerie Rectifiée devait connaître une longue éclipse.
Le 2 novembre 1792, le prince Charles de Hesse fut nommé Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie danoise par décret royal, mais il se considéra toujours comme Grand Maître d'Allemagne. A sa mort, en 1836, le prince héritier de Danemark devint Protecteur. Le système persista jusqu'en 1855 sous une forme quelque peu altérée.
En 1855, le Protecteur, le roi Frédérick VII, ordonna que le Rite Suédois, fortement inspiré par la Stricte Observance, fût adopté ; il est, depuis lors, pratiqué par les Grandes Loges et les Chapitres de Danemark, de Suède, de Finlande et de Norvège.

Mais la Stricte Observance ne cessa jamais d'exister sous sa forme particulière, bien qu'« occultée », dans certains pays germaniques et du nord de l'Europe ; sa survivance explique son influence sur les systèmes « templiers » actuels. De plus, la filiation individuelle de la qualité de « Chevalier du Temple » au sein de quelques familles nobles a permis la transmission de l'intégralité du message dans la fidélité à la sainte religion chrétienne.
On peut considérer que, de son côté, le Régime Ecossais Rectifié, dont les prémices avaient été posés au Convent de Kohlo en 1772, a conservé en son sein le « souvenir » de la Stricte Observance de laquelle il tire indubitablement son origine ; mais les Convents fondateurs du Régime, ceux de Lyon en 1778 et de Wilhelmsbad en 1782, avaient déjà remanié considérablement les rituels et l'organisation de l'Ordre.
Après la Révolution française, le Régime Ecossais Rectifié connut, à son tour, de nombreuses vicissitudes. La conséquence en fut que, en 1828, la Préfecture de Besançon, appartenant à la V° Province, dite de Bourgogne, avant de cesser ses travaux, remit à Genève (qui appartenait à la même Province) une partie de ses archives afin qu'elle conservât intacts les codes (celui des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte et le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées), les rites et la doctrine.
C'est pourquoi le Grand Prieur d'Helvétie devint le conservateur du rite jusqu'à ce que le Régime Ecossais Rectifié reprenne son développement avant la création de Grands Prieurés, en France, en Belgique et aux Etats-Unis.

Il faut souligner que, parallèlement, la Stricte Observance perdura en tant que telle dans sa forme initiale voulue par ses fondateurs, se référant explicitement aux valeurs fondamentales de l'Ordre du Temple, telles qu'on pouvait les concevoir au XVIII° siècle. La filiation s'est opérée de chevalier à chevalier au sein de quelques familles nobles, assurant ainsi l'intégralité du message.
En France, une résurgence récente a vu la restauration officielle de la III° Province templière de l'Ordre, dite d'Occitanie, de façon régulière, tel le phénix renaissant de ses cendres. Plusieurs hauts dignitaire du Régime Ecossais Rectifié ont senti le besoin pressant de revenir aux sources de la chevalerie templière et ont eu également le privilège d'être reçus Chevaliers du Temple et Clercs de la Stricte Observance par un éminent dignitaire de l'Ordre en Europe Centrale, l'Eques Professus ab Hieracio. Une première Loge fut consacrée3 selon les us et coutumes des Loges réunies, le 1er avril 1995, en la fête de saint Hugues, par un collège consacrant constitué de Francs-Maçons émérites ayant accédé aux plus hautes responsabilités maçonniques dans une autre Province. Le Grand Chapitre Provincial d'Occitanie, III° Province de l'Ordre, fut solennellement consacré le 11 novembre 1995 au cours d'une cérémonie qui reprenait les fastes de la Maçonnerie templière à ses débuts ; ce même jour, le Grand Prieur de l'Ordre devait également installer le Grand Maître Provincial, l'Eques Professus Petrus a Militia Christi, et ses Officiers dans la plus pure tradition templière de la Stricte Observance.
Des nécessités impérieuses ont amené les Grands Dignitaires de l'Ordre à réunir un Convent le 1er octobre 2010 au cours duquel fut rétablie la Grande Maîtrise Générale de l'Ordre qui reprit alors son ancien nom d'Ordre Ecossais des Chevaliers du Saint Temple de Jérusalem ; le jour même fut élu et installé le Grand Maître Général, Protecteur de l'Ordre et Conservateur du Rite, l'Eques Professus a Militia Christi.

Depuis lors, le Grand Chapitre Provincial d'Occitanie, en l'attente de la restauration des autres Provinces de l'Ordre, gère plusieurs loges en France regroupées au sein d'une Grande Loge Ecossaise placée sous sa haute juridiction

source : http://gleo.fr/

 

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