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Hauts Grades

Hommage à Camille Savoire

24 Décembre 2012 , Rédigé par DNRF Publié dans #histoire de la FM

Camille Savoire, Eq. a Fortitudine, joua un rôle essentiel dans le réveil du Régime Rectifié au XXe siècle.

Né le 6 juillet 1869. Initié, 23 ans plus tard, le 14 octobre 1892 dans une Loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise qui avait été créée en 1880 et qui sera à l’origine de la Grande Loge de France, il quitta cette Grande Loge au bout d’un an, au profit du Grand Orient de France. En 1913 il intègre le Grand Collège des Rites dont il devient Grand Commandeur en 1923 et ce durant 12 ans, jusqu’en 1935.

Médecin spécialiste de la tuberculose, Camille Savoire voyageait beaucoup en Europe à l’occasion de congrès médicaux, et en profita pour établir de nombreux contacts avec des maçons étrangers et des liens avec plusieurs Obédiences en Europe. 33e du R.E.A.A., Savoire sera armé Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte le 11 juin 1910 en prenant pour nom d’ordre Eques a Fortitudine. Savoire entra en contact avec le Grand Prieuré d’Helvétie en cherchant à établir des contacts avec les Obédiences étrangères en s’affiliant à une structure amie du Grand Orient mais non ostracisée par son rejet à la référence au Grand Architecte de l’Univers, comme il l’expose lui-même : « Il me fallait pour cela obtenir l'affiliation à une Obédience qui soit à la fois en relations régulières avec le Grand Orient et les diverses Obédiences mondiales, sans excepter celles qui avaient frappé d'ostracisme le GO, ce qui rendait particulièrement difficile la réalisation de mon projet. Dans ce but, par l'intermédiaire de mon bien cher ami et F. Édouard de Ribaucourt, je m'adressai à son compatriote et ami d'enfance, le regretté F. Quartier-La-Tente [Edouard Quartier-La-Tente (1855-1925), pasteur, professeur de théologie, fut le Grand Maître de la Grande Loge Suisse Alpina de 1900 à 1905, il dirigea le Bureau International des Relations Maçonniques avant de devenir le premier chancelier de l'association Maçonnique Internationale (l'A.M.I.), fondée en 1921], Maçon érudit, fondateur du Bureau International des relations maçonniques. Cet excellent F. nous désigna immédiatement le Grand Prieuré d'Helvétie, dernière Obédience de la plus ancienne Maçonnerie, comprenant dans son Directoire, héritier par voie d'extinctions successives des anciens Directoires français pratiquant le Rite rectifié et agrégés successivement au Grand Orient de France par des traités conclus en 1776, 1781 et finalement en 1811 et 1841, et dont le Grand Prieuré d'Helvétie avait reçu les pouvoirs, archives et l'héritage en 1828, lors de la mise en sommeil du Directoire de Besançon qui les tenait de Strasbourg, et en 1841 pour le Directoire de Neustrie. Ces divers traités, jamais dénoncés, conservaient force et vigueur : Ce fut en vertu de l'un d'eux qu'avec Ribaucourt et Bastard je devins par équivalence avec le 33° grade que je possédais au GO de France Chevalier Bienfaisant de la Cité sainte, grade suprême du Rite Rectifié, sous le nom d'Eques a Fortitudine, avec la devise : "Pro Patria per Scientiam" et, en vertu d'un trait signé entre le Grand Directoire Rectifié et le Suprême Conseil de Suisse, je fus ipso-facto immatriculé en qualité de 33° au livre d'or de ce Suprême Conseil. »

En 1935, Camille Savoire écrivait une sorte de manifeste intitulé « Pourquoi voulons-nous réveiller le Rite Rectifié en France ? », dans lequel, évoquant sa fidélité à « l’esprit du christianisme primitif » il avait cette phrase magnifique : « …Je reconnais que c'est lors de mon admission au sein du Rectifié que j'ai trouvé le chemin de l'initiation et compris le caractère initiatique de la Franc-maçonnerie… »

Camille Savoire, rejoignit l’Orient éternel le 5 avril 1951, mais on a retrouvé, dans les archives de la famille Savoire, une correspondance entre Camille Savoire et le Père abbé Clément Guilloux qui demeurait au presbytère de Bains sur Oust dans le Canton de Redon en Bretagne, allant du 18 juin 1938 au 4 septembre 1945. Dans une lettre du 16 avril 1942, l’abbé Guilloux écrit à Savoire : « Après votre Maman qui fut une sainte si délicieusement aimante et équilibré, après votre Marc (le fils de Camille Savoire disparu) si raisonnable et si ferme dans ses espoirs et ses certitudes, vous éprouverez, vous aussi, comme saint Augustin : ‘‘Seigneur vous nous avez fait pour vous et notre âme n’est pas en repos tant qu’elle ne vous a pas trouvé’’. Quand le saint curé d’Ars trouvait autrefois des âmes qui en étaient à votre stade et qui voulaient encore discuter, il leur disait de sa voix douce et irrésistible : mettez-vous à genoux et confessez-vous. Le patient se laissait faire et ‘‘l’opération’’ finie, le curé condescendant (ou peut-être malicieux) lâchait : et maintenant, voyons donc ces objections. A quoi l’autre répondait : ‘‘mais je n’en ai plus’’. » (In D. Daffos et P. Hillion, De l’originalité de la pensée de Camille Savoire, Actes du Colloque SFERE du 14 avril 2007 – Palais du Luxembourg, n.d., p. 51).

Source : http://directoirenationaldeslogesreuniesetrectifie.hautetfort.com

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