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Hauts Grades

Houzze Houzze Houzze

28 Mai 2013 , Rédigé par F\ GODEFROY Publié dans #Planches

Voici un sujet d’étude rarement abordé et qui m’a permis de chercher loin et longtemps avant de coucher ces quelques lignes sur le papier. Cette fameuse « acclamation écossaise » est pourtant entonnée à l’ouverture et à la fermeture de nos travaux, je dirais même qu’elle est un symbole, invisible, certes, mais sans elle nos tenues n’auraient plus la même saveur.

Mais d’où- vient-elle, que signifie-t-elle ? Ont la dit écossaise, est-ce le cas ? Je vous invite à me suivre dans un périple qui va nous faire voyager
dans le temps et dans l’histoire, remontant jusqu’aux sources de la Tradition !

Quel que soit le rite pratiqué par une loge, une batterie d’allégresse et une acclamation ou des vivat marque le début et la fin des travaux.

Le terme même de batterie tire son origine du verbe battre et se retrouve dans le vocabulaire militaire comme une réunion de bouches à feu, batterie de canons, d’artillerie, anti-missile. En musique il s’agit d’un roulement de tambour particulier correspondant à un signal ou un ordre, tel que l’on pouvait en entendre sur les champs de batailles.

Etant au REAA, il semble normal que l’acclamation soit aussi écossaise. Il convient de dire qu’il existerait plusieurs orthographes, donc plusieurs prononciations et plusieurs origines. Au plus près de nous historiquement parlant, il semblerait qu’il s’agisse d’une déformation de HURRAH, cri des marins anglais pour honorer les visiteurs qui montaient à leur bord. Prononcé HOURRAI en anglais, la transcription française aurait donné après altération grammaticale HOUZZAI.

On trouve pour la première fois HUZZAH en 1573. Certains voient son origine dans le verbe anglais to heeze, en français hisser, a propos des voiles, donc encore un terme de marine. Nous connaissons tous ce cri d’encouragement quand on tente de déplacer une lourde charge :

ho hisse, ho hisse.

Une autre explication est qu’il s’agit d’une déformation du mot « HUSSARD », ces terribles cavaliers hongrois qui criaient HUZZAR en chargeant leurs ennemis. Ce cri de guerre aurait été récupéré par les Anglais.Un chant militaire anglais de 1745 atteste dans ses paroles la présence de HURRAH.

Autre possibilité : HURRAH proviendrait du turc. En effet c’est la forme impérative du verbe urranack qui signifie TUE. La signification serait donc tuez-les. A l’origine cri de guerre des janissaires, ceux-ci criaient HURRAH lors du passage en revue des troupes, songeant à leurs futures batailles. Ce cri aurait été adopté par les Russes qui le transmirent aux Anglais sur le champ de bataille avant que la marine ne l’adopte…

Voici pour l’origine guerrière du mot.

En 1813 le tuileur de Delaunay, bien connu des érudits en Maçonnerie donne pour origine le mot hébreu HOSCHEAH qui signifie sauveur. On pourrait aussi penser ici à OSANNAH, acclamation lancée par la foule à Jésus sur son passage quand il entra dans Jérusalem Les diverses déformations auraient donné OZZE puis OUZZE.

Plus loin encore dans l’histoire humaine, la sourate 53.20 du Coran cite une déesse arabe préislamique de la fertilité à laquelle les nabatéens rendaient un culte. Son nom est UZZA et signifie la puissante. Liée à la planète Venus, elle fut identifiée à plusieurs divinités grecques, romaines, ou égyptiennes ; Aphrodite, Venus, Isis. Un temple dédié à UZZA fut découvert en Jordanie, à Petra, en 1974. Nous célébrerions une femme ?

Dans l’Ancien Testament, deuxième livre de Samuel, chapitre 6, il est question d’un gardien de l’Arche d’Alliance, contemporain de David, le père de Salomon. Il meurt foudroyé par l’Eternel pour avoir osé toucher l’Arche avec sa main parce que les bœufs faisaient pencher l’attelage. Il s’appelle UZZA.

Notre triple acclamation est-elle un hommage à sa mémoire ?

Nous avons parlé plus haut d’une déesse identifiée à Isis.

Une explication égyptienne pourrait nous éclairer. Un des dieux primordiaux de l’Egypte ancienne est PTAH. Ptah est le dieu créateur par excellence. Il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde. « Ptah conçoit le monde par la pensée de son cœur et lui donne la vie par la magie de son Verbe ». Ce que Ptah a ordonné a été créé; en lui les constituants de la nature, faune et flore, sont contenus. Il joue également un rôle dans la préservation de l'univers et la permanence de la fonction royale.

Quel rapport avec Houzze ?

Le rapport que la pensée de Ptah, sa conscience est représentée par le dieu égyptien SIA et que celle-ci est mise en œuvre par sa parole créatrice, sa volonté représentée quant à elle par la divinité HOU. L’invocation au dieu Ptah à Memphis serait donc HOU SIA !

Notons ici la ressemblance entre la théologie égyptienne et ce qui plus tard sera la Genèse, un Dieu unique et Créateur qui crée le monde par le Verbe à partir du chaos et d’une étendue d’eau….

La lignée de PTAH, à l’époque saint patron des artisans et plus particulièrement des bâtisseurs et architectes est dans la cosmogonie des mystères de Memphis, Hermès, connu sous le pseudonyme de Trismégiste et à l’origine de l’hermétisme, puis Imhotep, grand constructeur de pyramide et enfin Hiram, héritier et dépositaire des secrets des bâtisseurs antiques. Les grecs identifieront ultérieurement Ptah à Héphaïstos et Hermès sera assimilé aux dieux égyptien Thot et romain Mercure.

Ceci nous amène au geste qui accompagne cette acclamation. Main droite tendue, bras fléchi ou non, j’ai eu du mal à en trouver l’origine jusqu’a ce que, toujours cherchant vers l’Egypte, je me souvienne que les bas-reliefs représentent toujours les Dieux et comme on peut le voir sur la photo jointe, la déesse Sekhmet épouse de Ptah semble le saluer d’un geste familier, le bras droit légèrement fléchi …

HOU SIA HOU SIA HOU SIA

Un Dieu créateur du monde, dieu des architectes, une acclamation semblable, un geste familier, serait-ce là une de nos possibles origines ? Serait-ce une piste menant vers la Tradition Primordiale ?

Le fait que nous prononcions cette acclamation par trois fois prouve encore une fois l’importance du ternaire, omniprésent depuis cette Egypte antique avec la triade Isis,Osiris et Seth, ou avec ces grands initiés que furent Moïse, Mahommet et Jésus, à l’origine des trois monothéismes actuels et, plus proche de nous, dans la religion catholique la Sainte Trinité Père, Fils et Saint Esprit .

Ces explications antiques teintées d’orientalisme sont plaisantes et prêtent à l’enchantement, mais d’un point de vue personnel je pencherais tout de même pour une origine militaire et de marine anglaise, quand on sait où et quand est née la Franc Maçonnerie actuelle.

Quoi qu’il en soit, ce cri particulier, point cri de guerre mais plutôt cri du cœur est notre caractéristique et forge notre identité collective, il nous lie dans un même souffle viril, affirmant haut et fort notre appartenance au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il nous réunit dans le temps sacré, il dit notre fierté d’être à l’ordre sur les colonnes et de travailler à la gloire du GADLU.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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