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Hauts Grades

Instruction secrète des Grands Profès

18 Juin 2012 , Rédigé par Rituel de Grand Profès Publié dans #hauts grades

Mon Très Respectable et cher Frère !

Si l'homme s'était conservé dans la pureté de sa première origine, l'initiation n'aurait jamais eu lieu pour lui et la vérité s'offrirait encore sans voile à ses regards, puisqu'il était né pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais depuis qu'il est malheureusement descendu dans une région opposée à la lumière, c'est la vérité elle-même qui l'a assujetti au travail de l'initiation, en se refusant à ses recherches.

Droits primitifs de l'homme

II suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur l'homme, d'abord après sa naissance, lorsqu'il commence à jouir de la lumière sensible ; à cette époque ses progrès sont lents et douloureux ; les années s'écoulent et à peine a-t-il une idée superficielle des objets qui frappent ses sens ; c'est par une étude pénible et assidue qu'il apprend à les connaître. Arrivé à l'âge où il doit écarter lui-même les ténèbres, qui arrêtent ses pas, sa marche est incertaine; les illusions des sens et de l'habitude le séduisent au point qu'il ne peut plus démêler la vérité d'avec l'erreur, et s'il parvient à découvrir quelques traits de lumière, ce n'est qu'en dégageant avec effort son intelligence de tout ce qui lui est étranger. Cette première initiation fondée sur la dégradation de l'homme et exigée par la nature même, fut le modèle et la règle de celle qu'établirent les anciens Sages. La Science, dont ils étaient dépositaires étant d'un ordre bien supérieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dévoiler à l'homme profane qu'après l'avoir affermi dans la voie de l'intelligence et de la vertu. C'est dans ce dessein qu'ils assujettirent leurs disciples à des épreuves rigoureuses et qu'ils s'assurèrent de leur constance et de leur amour pour la vérité en n'offrant à leur intelligence que des hiéroglyphes ou des emblèmes difficiles à pénétrer. Voilà ce qu'on voulut vous figurer, mon Cher Frère dans les grades de la maçonnerie par les travaux allégoriques qu'on exigea de vous. Si vous doutiez de la haute destinée de l'homme et de sa dégradation, qui est l'unique fondement de toute initiation naturelle, humaine ou religieuse, il vous serait difficile d'entrer dans la carrière que vous vous proposez de parcourir, puisque vous admettriez alors, que l'homme sensible et animal est ce qu'il doit être ; et dans cette supposition, quel rapport pourrait-il y avoir entre lui et la vérité . Il est vrai que, parmi les philosophes, il s'en trouve un grand nombre qui ont adopté cette erreur pernicieuse, n'ayant considéré dans l'homme que sa nature matérielle. En effet, si on ne voit en lui que des facultés sensibles, il faut bien convenir que sa véritable place est parmi les Etres sensibles, et qu'il doit être abandonné, comme les autres animaux, aux ténèbres des sens et de la matière. Mais quoique les philosophes ne connussent point les Droits de l'homme originel, ils auraient sans doute avoué l'excellence de sa nature, si après avoir aperçu les bornes de ses facultés sensibles, ils eussent observé de même l'étendue de ses facultés intellectuelles. Ce contraste étonnant leur aurait prouvé la grandeur de son origine et sa dégradation, car l'homme est essentiellement doué d'une action spirituelle qui par sa nature n'a point de bornes, mais cette activité puissante est tellement resserrée et contenue qu'elle est presque toujours sans effet. L'insuffisance des organes par lesquels il doit nécessairement la manifester ne lui permet jamais de l'exercer dans toute l'étendue de sa volonté, ni d'atteindre le but qu'il se propose. Cependant malgré les obstacles qui arrêtent à tout instant ses efforts, il est si intimement convaincu de sa supériorité naturelle qu'il tend sans cesse à soumettre à son action, tous les êtres qui l'environnent II est aussi doué d'une intelligence sans borne, aucune connaissance ne surpasse sa pénétration et jamais on n'a fixé de terme à la Science dont il est susceptible; cependant malgré l'étendue de ses facultés intellectuelles, les moindres individus de l'univers sont des mystères impénétrables pour lui. Condamné à ne rien connaître que par l'entremise des sens, ces organes matériels et composés peuvent bien lui procurer la perception des individus corporels parce que ces corps ne sont eux-mêmes que des assemblages élémentaires, mais des sens organisés sont incapables par eux-mêmes de transmettre les vérités de la nature qui résident essentiellement dans l'unité et la réalité des Etres spirituels. Ainsi l'homme qui pourrait encore tout connaître, si rien ne le séparait de la vérité, se trouve assujetti par son corps à n'apercevoir que des apparences sensibles et illusoires. Il a des facultés infinies mais il se voit privé des moyens d'en faire usage étant éloigné de tous les Etres vrais de l'Univers sur lesquels il devait les manifester. En sorte qu'avec un désir irrésistible de l'empire et de la jouissance, il ne voit autour de lui que résistances et limites, et que dans cet état tous les objets qu'il aperçoit étant finis et bornés, il ne s'en trouve aucun qui convienne à un être que l'infini seul peut contenter. Or si aucun des individus de la nature n'a reçu du Créateur que des facultés relatives et proportionnées à son rang dans l'Univers, il est difficile à ceux qui observent l'homme sans préjugé de ne pas reconnaître, conformément aux traditions religieuses, qu'il n'est point à présent dans sa place naturelle, et que des facultés supérieures divines qui se manifestent en lui, devaient s'exercer sur des Etres supérieurs aux objets matériels et sensibles ; sans quoi il serait le plus inconcevable des Etres. Voilà mon Cher Frère ce que nous devions vous dire sur les Droits primitifs de l'homme et sur sa dégradation qui le rend indigne aujourd'hui d'approcher du Sanctuaire de la Vérité; cette doctrine ayant toujours été la base des initiations, les Sages qui en étaient parfaitement instruits eurent grand soin de l'enseigner à leurs disciples, comme on peut s'en convaincre par la multitude de lustrations et de purifications de tous genres, qu'ils exigeaient des initiés, et ce ne fut qu'après les avoir ainsi préparés qu'ils leur découvraient la seule route qui peut conduire l'homme à son état primitif et le rétablir dans les droits qu'il a perdus. Voilà mon Cher Frère le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystérieuse et sacrée dont la connaissance est un crime pour ceux qui négligent d'en faire usage et qui égare ceux qui ne seront pas élevés au-dessus des choses sensibles. C'est d'après ces Principes que les initiations furent mystérieuses et sévères. La vérité l'exigeait elle-même, puisqu'elle se cachait aux hommes corrompus. Les emblèmes et les allégories, que les Sages employèrent, figuraient aux apparences sensibles et matérielles de la nature, qui rendent impénétrables à nos regards, les agents moteurs de l'Univers et des Etres individuels qu'il renferme. Dans l'état actuel de l'homme privé de la lumière, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c'est d'oublier ou de nier cette lumière. Aussi l'objet principal des sages instituteurs de l'initiation ne fut pas précisément de faire connaître la vérité aux Peuples, mais de les porter par leur exemple et par leur doctrine, à croire en Elle avec confiance et à lui rendre un sincère hommage, quoiqu'elle fut cachée à leurs yeux. Dans cette vue, ils élevèrent chez les Athéniens un Temple au Dieu inconnu, afin d'éloigner les Peuples de la doctrine impie des Philosophes qui osaient nier hautement l'existence de tout agent créateur ou moteur de la nature générale et particulière. Cependant ces hommes, vains de leurs systèmes, avaient dans leur propre puissance d'action intérieure, un témoignage invincible de la possibilité, ou pour mieux dire de l'existence effective des agents individuels. Mais ils résistaient à ce sentiment intime et attribuaient toutes les forces et puissances de la nature à une certaine organisation fortuite, qu'ils croyaient suffisantes pour ordonner l'Univers et produire tous les individus actifs ou organisés : Ainsi ces philosophes n'admettaient rien au-delà de ce qu'ils pouvaient connaître par leurs sensations superficielles, quoiqu'ils ne puissent douter que les sens sont incapables de donner le moindre indice, non seulement de la nature, mais même de la vraie forme d'aucun individu matériel. Quelque invraisemblable que fut leur doctrine, elle avait fait des progrès d'autant plus rapides parmi les Nations, qu'elle n'exigeait aucun effort de ses sectateurs. En réduisant toute existence possible aux seuls êtres matériels, plus ou moins organisés, elle livrait absolument l'homme à ses jouissances et à ses perceptions sensibles. Le Principe universel agent créateur de tout ce qui existe dans l'Univers hors de l'univers, était généralement regardé comme un être chimérique et l'on ne croyait plus aux agents puissants et actifs qu'il a placés dans la nature pour veiller sur tout être en privation Divine, ainsi que pour gouverner ou produire les formes générales et particulières des individus matériels. C'est par cette voie ténébreuse des sens, que les hommes abjurant les moyens de se rétablir dans leurs premiers droits, auraient insensiblement perdu tous leurs rapports religieux et naturels, si les Sages fidèles à la doctrine des premiers temps ne l'eussent préservé d'un oubli général en la conservant par des initiations. Mais respectant le voile, dont la vérité même s'enveloppe, ils ne la présentèrent que sous des emblèmes et des hiéroglyphes pour ne pas l'exposer au dédain ou à la profanation des hommes ignorants et pervers. C'est ainsi que dans un temple célèbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu'au Sanctuaire, étaient remplies d'initiés de divers rangs et fonctions, on présentait à l'homme de désir, un Tableau parfait de l'Univers et des agents préposés à le diriger.

Les nombres, mon Cher Frère ne sont que l'expression ou le signe représentatif de la nature et de l'action des êtres spirituels ou temporels. Revenons aux rapports qui ont été figurés par le Temple de Salomon. Il eut la forme d'un carré long pour figurer les quatre régions de l'univers. Les proportions du corps de l'homme présentent la même figure. Le Temple eut quatre parties latérales lesquelles, quoique séparées, en formèrent l'enceinte ou le parvis intérieur et furent nécessaires pour que le grand Prêtre pût rendre son sacerdoce réversible sur toute la Nation élue. De même le corps de l'homme a quatre membres ou adhérences, qui sont réunies au tronc et servent à manifester son action sur les Etres qui l'environnent. Cependant, ils peuvent les uns et les autres être séparés sans que l'homme animal périsse, car le foyer de la vie sensible réside essentiellement dans le tronc, comme les fonctions des Lévites et des Sacrificateurs s'opéraient dans l'intérieur du Temple. Le Temple universel est divisé en trois parties qui furent toujours distinguées par les Sages sous le nom de terrestre, céleste et surcéleste. De même celui de Salomon était divisé en trois parties distinctes par leur position et leur forme et par leur destination particulière, savoir le Porche, le Temple intérieur, le Sanctuaire. De même aussi le corps de l'homme est divisé en trois parties bien distinctes, qui sont le ventre, la poitrine et la tête. Les trois parties du temple étaient attenantes et ne formaient qu'un seul tout indivisible. De même les trois parties que nous connaissons dans le Corps de l'homme sont tellement liées qu'elles ne peuvent être séparées sans opérer la mort corporelle ou la destruction de son Temple particulier. Les limites de l'univers créé le séparent à jamais d'une immensité incréée et sans bornes, que les Sages ont appelée immensité divine. Elle est voilée aux yeux de la nature sensible et ne peut être conçue que par l'intelligence. De même au centre du Sanctuaire était le Saint des Saints ou l'Oracle, qui était voilé aux yeux du Peuple et des Prêtres eux-mêmes. Le grand Prêtre seul y pouvait entrer une fois l'an, pour adorer la Majesté suprême au nom de la nation entière ; et s'il était Assez imprudent pour s'y présenter sans être préparé par toutes les purifications légales spirituelles et corporelles, il courrait risque de la mort. Le bruit des sonnettes, qui étaient au bas de ses vêtements venant à cesser, annonçait aux Prêtres le danger où il se trouvait. Les longs cordons, dont il était ceint, conservés encore aujourd'hui dans quelques ornements sacerdotaux et dont les extrémités restaient hors du Sanctuaire, à la disposition des Prêtres, leur servaient pour l'en retirer, dans quelque état qu'il fut ; car en aucun cas il ne leur était permis d'y entrer. De même aussi l'intelligence de l'homme, image et émanation divine, réside dans la tête comme dans le sanctuaire de son Temple particulier, où est l'oracle qui doit diriger son action. Mais les opérations de cette intelligence sont si voilées à l'homme matériel et animal, qu'il n'en a et ne peut en avoir connaissance que par ses effets. C'est ce voile funeste de la matière, qui nous jette dans l'oubli de nos facultés spirituelles, au point de regarder leur puissance et leur existence même comme chimériques, ainsi qu'il est arrivé à ceux qui n'ont exercé leur activité que sur les facultés sensibles.

L'homme bien purifié est le seul grand prêtre qui puisse entrer dans le sanctuaire de l'intelligence, comprendre sa nature, se fortifier par elle et rendre dans son propre Temple un hommage pur à celui dont elle est l'image. S'il néglige de se purifier avant de se placer devant cet autel, les ténèbres épaisses de la matière viennent l'aveugler et il trouve la mort, où il venait puiser la vie. Nous passerions les bornes de cette instruction si nous entreprenions de vous parler des agents qui opèrent dans les trois parties de l'univers créé et des fonctions qu'ils sont chargés d'y remplir. Pour peu qu'on veuille réfléchir sur les fonctions des diverses classes de personnes auxquelles les trois parties du Temple de Jérusalem étaient attribuées et sur les actes particuliers qui s'opérèrent dans les trois divisions de la forme corporelle de l'homme, on pourra concevoir des rapports très intéressants entre le corps humain, le Temple de Salomon et le temple universel. Dans le Porche du Temple de Jérusalem qui figure à la partie terrestre comme le parvis intérieur figurait la terre elle-même, était placée la mer d'airain pour les préparations corporelles matérielles. De même, c'est dans le Ventre, partie inférieure du corps de l'homme que se font les fonctions matérielles de végétation et de reproduction et la séparation des parties les plus impures. La partie intérieure du Temple répond à la division de l'univers appelée céleste. C'est là qu'était l'autel des parfums, les douze pains de proposition qui étaient tous les jours renouvelés en offrande à l'Eternel et le Chandelier circulaire à sept branches dont le feu sacré était sans cesse entretenu par les Lévites et servait à allumer le feu destiné à consumer les holocaustes. De même aussi dans la poitrine, qui est la partie moyenne du corps de l'homme est placé son cœur, qui est tout à la fois le centre de sa forme corporelle et le foyer de sa vie animale. Le cœur siège de toutes ses affections est l'autel sur lequel il doit offrir des parfums journaliers à la Divinité et entretenir avec soin le feu sacré destiné à consumer les holocaustes, sous peine d'être livré à tous les maux, dont était menacé le peuple Hébreu, dans le cas où les Lévites laisseraient éteindre le feu commis à leur garde. Ces maux étaient grands, mon Cher Frère, mais ils étaient bien inférieurs à ceux dont furent frappés les impies qui osèrent offrir dans le Temple, ou devant l'Arche, un feu étranger. L'autel des holocaustes offerts pour la nation entière était placé dans le Parvis intérieur. Ce parvis figure la terre qui est à la fois le réceptacle de toutes les actions temporelles et l'autel spécial sur lequel l'homme, victime passagère, doit s'immoler volontairement à l'imitation de la victime éternelle universelle. Le Sanctuaire du Temple de Jérusalem figure la division de l'univers, que les Sages ont nommé Surcéleste. C'est dans ce lieu sacré qu'était l'Oracle, dont les jugements dirigeaient les Prêtres et la Nation. C'est ainsi que dans la tête de l'homme réside son intelligence comme dans son Sanctuaire pour dominer et diriger suivant sa loi particulière toutes les facultés inférieures. C'est ici le moment, mon Cher Frère de vous rappeler ce qui vous a été dit sur les diverses natures qui composent l'homme actuel.

Vous en reconnaîtrez encore une démonstration sensible dans la Division ternaire, qui vient de vous être présentée. Vous reconnaîtrez que la tête figure la nature Intelligente, que le ventre figure la nature corporelle matérielle et que ces deux parties sont unies et liées par la poitrine, qui figure la puissance animale et qui en est le foyer. C'est dans la tête qu'il sent opérer les actes de son intelligence, tandis que la partie inférieure de son corps n'a pour objets que des actes purement matériels. Cette division ternaire universelle, générale et particulière, a été mystérieusement figurée avant la construction du Temple de Jérusalem par Moïse sur le Sinaï; montagne mystérieuse, qui forme aussi un type de la plus grande attention. Lorsque Moïse se rendit sur le mont Sinaï, pour y adorer le Seigneur et y recevoir la loi destinée à la nation élue, il laissa le peuple dans le camp au bas de la montagne et lui traça des limites qu'il ne devait point passer sous peine de mort. Ce camp dans le désert figure le triste séjour de l'homme sur cette terre et lui indique qu'il ne peut sans crime accélérer volontairement le cours de sa vie temporelle. « Les limites étant posées, le conducteur des Hébreux monta sur la montagne avec Aaron et les soixante dix chefs des Tribus, qu'il laissa à une certaine hauteur au- dessus du camp pour marquer la première division universelle. Il monta ensuite plus haut, avec Josué qu'il laissa sur cette partie de la montagne, pour désigner la seconde Division de l'univers. Enfin il monta seul dans un lieu plus élevé comme le Grand Prêtre dans le Sanctuaire et ce lieu figura à la partie appelée Surcéleste. Après y avoir adoré l'Eternel, il fut par une faveur spéciale et sans exemple, appelé sur le sommet, c'est-à-dire dans le Saint des Saints même, où il reçut la loi pour le peuple et la confirmation de sa mission par un Député divin d'un Ordre supérieur. Si les Ecritures traditionnelles paraissent faire entendre que Moïse y ait vu Dieu face à face, elles ont en même temps limité le sens de ces paroles, en ajoutant qu'il ne le vit que par derrière. En effet quel lieu sur la terre serait assez pur pour recevoir l'action immédiate du Créateur ; quel être de matière, général ou particulier, pourrait subsister en sa présence . Sa pureté éternelle et ineffable n'habite point cet univers ; son centre est dans l'homme incréé où tous les agents spirituels ont reçu la vie et la puissance qui les constitue. C'est par eux qu'il a vivifié l'univers et qu'il lui conserve l'existence. C'est par eux qu'il répand sur l'homme les effets de sa grandeur et de sa clémence et qu'il les envoie manifester son action et ses volontés sous les formes de gloire dont ils sont revêtus ; ainsi qu'il nous a été spécialement enseigné par la vision de Jacob, lorsqu'il aperçut des Puissances célestes qui parcouraient l'intervalle qui sépare le ciel d'avec la terre. Si la montagne de Sinaï est devenue si mémorable par les faits merveilleux qui s'y opérèrent en faveur d'un homme en présence du peuple entier qui en était l'objet, celle sur laquelle fut bâti le Temple de Jérusalem ne mérite pas moins votre attention. Car si ce Temple fut une figure de l'univers, la base sur laquelle il fut élevé ne dut point être choisie indifféremment. Ce fut en effet sur cette montagne qu'Abraham et Isaac opérèrent ensemble un sacrifice de volonté, qui leur fut imputé comme acte parfait. Ce fut dans ce même lieu que Jacob fut témoin de cette étonnante manifestation qui lui fit connaître ses erreurs dans la voie de la science et renoncer à des égarements sur lesquels les Traditions ont évité de s'expliquer. Ce fut là que la Cité Sainte, la ville du Seigneur, fut bâtie ; cette Jérusalem image sensible du centre céleste autour duquel doivent habiter les êtres purs spirituels. Ce fut là que David vit l'ange exterminateur remettre le glaive dans le fourreau et lui assurer le pardon de son crime. Ce fut là que Salomon éleva son Temple à l'Eternel au commencement du quatrième millénaire de l'ère maçonnique; ce fut sur cette montagne enfin qu'environ mille ans après la fondation du Temple, les sacrifices sanglants des animaux furent remplacés par le Sacrifice volontaire du Réparateur universel, médiateur entre Dieu et l'homme. Voilà, mon Cher Frère les opérations sublimes et universelles qui furent manifestées dans le lieu où a été le Temple de Salomon. Vous avez vivement désiré le grade que vous venez de recevoir, qui est le dernier de ceux auxquels vous aviez quelques droits de prétendre depuis votre admission dans l'Ordre maçonnique, puisque son existence vous avait été annoncée depuis longtemps, en vous invitant à travailler sans relâche à vous en rendre digne. L'objet de cette instruction est de vous en faire sentir toute l'importance. D'après ce que vous avez vu dans les trois grades précédents, vous vous attendiez sans doute, dans celui ci, à quelques nouvelles scènes, propres à réveiller votre attention et à faire naître en vous de nouvelles réflexions. Mais quelque grande que soit votre pénétration, vous n'aviez pas pu présumer ni le nombre ni la diversité des objets qui viennent de vous être présentés. Ils méritent tous de votre part de profondes méditations. Les trois premiers grades vous ont présenté, sous le voile des symboles, des emblèmes, des allégories, un tableau raccourci du passé, du présent et de l'avenir. A l'aide des avis, des conseils et des maximes que vous avez reçus, vous avez pu apercevoir, sans de grands efforts, que l'homme moral et intellec­tuel en est le principal ou, pour mieux dire, l'unique objet. Assujetti pour un temps, par l'effet nécessaire de sa dégradation originelle, à l'enveloppe matérielle dont il sent tout le poids, exposé au choc des éléments qui actionnent violemment sur sa nature physique et à toutes les influences qui provoquent sans cesse ses passions et font éclore en lui tant de vices, il a besoin qu'on lui rappelle quels dangers, quels secours l'envi­ronnent, quelles sont les causes des souffrances auxquelles il est journellement en proie, et quelles espérances lui donne la noblesse de son origine. La Franc‑Maçonnerie bien méditée vous présente toutes ces utiles instructions. Elle vous rappelle sans cesse, et par toutes sortes de moyens, à votre propre nature essentielle. Elle cherche constamment à saisir les occasions de vous faire connaître l'origine de l'homme, sa destination primitive, sa chute, les maux qui en sont la suite, et les ressources que lui a ménagées la bonté divine pour en triompher. Jetons un coup d'œil rapide sur les principales circons­tances de vos grades précédents, et vous resterez convaincu des grandes vérités qu'ils vous ont retracées. Dans le premier grade d'Apprenti, après avoir subi l'épreuve des éléments matériels, figuratifs de ceux dans lesquels l'homme actuel est incorporisé, vous avez bientôt reconnu que vous étiez tombé sous le fléau de l'inexorable Justice. Mais on vous exhorta à réclamer la Clémence qui en tempère les rigueurs ; et, pour en assurer sur vous les effets salutaires, on vous fit sentir la nécessité d'en user vous même envers vos semblables. Dans cet état d'obscurité, d'ignorance et d'imperfection, on vous montra la pierre brute comme l'emblème le plus vrai de vous même. On vous fit sentir la nécessité de travailler sans relâche à la dégrossir, à la polir, et à recommencer souvent ce travail dur et difficile, si vous vouliez un jour en recueillir le prix. Et on ne vous dissimula pas que cette tâche vous est imposée pour toute la durée de votre vie. Dans le second grade, entaché des mêmes imperfections, vous vous montriez plein d'une folle présomption ; vous vous applau­dissiez des petits succès de vos premiers efforts, comme s'ils eussent été considérables. Pour vous désabuser, on vous présenta devant l'emblème important des Compagnons, pour y apprendre à vous connaître vraiment tel que vous êtes, en tout ce qui constitue essentiellement votre être moral et intellectuel. Vous comprîtes sans effort que ce miroir qui réfléchissait fidèle­ment vos traits naturels, n'était que la figure d'une étude bien plus importante et plus approfondie que vous aviez à faire sur vous même. Vous dûtes apprendre par là qu'il fallait fouiller au fond de votre cœur, sans complaisance et sans illusion, pour y découvrir vos défauts, peut être aussi des vices qui pour l'ordi­naire sont bien mieux connus des autres que de nous mêmes, et pour vérifier, par un sévère examen, les progrès que vous pouviez avoir faits jusque là dans votre travail sur la pierre brute, et ceux qui vous restaient encore à faire. On ne vous dissimula pas que, pour parvenir à cette connaissance si nécessaire de soi même, il fallait un grand désir, beaucoup de courage, et les efforts soutenus de l'intelligence. Mais, pour vous faciliter ce travail pénible, on vous recommanda de cultiver soigneusement la vertu de Tempérance, de cette tempérance universelle qui embrasse l'homme physique, l'homme moral et l'homme intellectuel, qui embrasse toutes ses pensées, toutes ses paroles, toutes ses actions, en un mot tout son être. Ce fut alors que l'Etoile Flamboyante se présenta à vos regards, pour vous diriger dans l'emploi des moyens que vous aviez à prendre, pour acquérir et perfectionner en vous cette vertu, et pour soutenir vos efforts, d'abord chancelants, pour apprendre à la pratiquer. Considérez, mon cher Frère, quel est l'avantage et la supériorité sur ses semblables de l'homme qui a su se rendre maître de ses pensées, de ses paroles et de ses actions ; vous concevrez alors le prix et l'importance de cette tempérance universelle qui vous a été si fort recommandée.           Le troisième grade, en vous présentant un cadavre, figuré sous vos yeux, vous a rappelé la fin de l'homme physique et de toutes les choses temporelles, comme le premier grade vous en avait annoncé le commencement et le second leur durée. Les nombres, consacrés à ce grade, répétés et multipliés sous différentes formes, ne changent jamais de valeur et n'en peuvent donner aucune autre. Ils vous démontrent l'inertie totale et la nullité absolue de la matière, lorsqu'elle est séparée du principe de vie qui la faisait exister. Ils vous apprennent en même temps à bien distinguer ce qui, par sa nature, est périssable dans l'homme et dans toutes choses d'avec ce qui est indestructible, et à ne jamais le confondre. Le monument funéraire qui avait frappé vos regards en entrant dans ce lieu de deuil et de douleur, vous avait déjà donné cette importante leçon et vous avait appris que l'homme, à la fin de son voyage dans la région terrestre, se dépouille de tout ce qui est étranger à sa vraie nature. Mais la flamme qui s'élevait au dessus de ce monument vous avait appris en même temps que sa nature essentielle est impérissable et lui survit, et qu'elle est destinée à remonter à sa source primitive, si elle l'a mérité. Ce grade est encore destiné à donner à ceux qui y sont appelés, une grande leçon d'un autre genre. Etendu dans le cercueil comme n'existant plus, mais y conservant cependant tous les principes de la vie, vous avez figuré l'homme vicieux et corrompu qui paraît entièrement mort à la vertu, qui, oubliant ce qu'il est, ce qu'il se doit à lui même et aux autres et tous ses rapports sociaux, se livre inconsidérément à tous ses penchants déréglés et aux passions les plus avilissantes, qui ne montre plus qu'un être entièrement perdu pour la société qui gémit de sa perte dans le deuil et dans la tristesse. Cependant il reste toujours capable de sortir de cet état funeste, tant qu'il n'a pas éteint au fond de son âme le germe de bien qui l'unit encore à son principe. Il peut toujours, soit par l'effet des bons conseils, des bons exemples qui l'environnent, soit par l'énergie de ses propres résolutions, sortir de cette profonde léthargie et renaître à la vertu. C'est alors que le secours puissant du Maître vient seconder ses premiers efforts. Rappelez vous ici ceux que le Vénérable Maître, qui figurait cette puissance protectrice, a faits pour vous tirer de cet état funeste, et avec quel tendre empressement il vous a arraché du tombeau et rendu à la vie. Alors vous avez retrouvé vos Frères, la joie a succédé au deuil, à la tristesse, et la lumière aux ténèbres. Le nombre de matière morte qui vous caractérisait s'est dissipé et, en acquérant un nouvel âge, vous avez acquis le nombre de la vie. La prudence, cette vertu favorite du Maître, aussi néces­saire à l'homme qui veut rentrer dans la bonne route dont il a eu le malheur de s'écarter qu'à celui qui veut se garantir des dangers dont il sait qu'il est sans cesse environné, vous avait été annoncée, dès le commencement de votre réception, comme un secours toujours présent dans vos besoins, si vous saviez vous l’approprier. Elle vous avait donné ses conseils, que sans doute vous n’avez pas oubliés. Mais en terminant votre réception, et avant de vous abandonner à vos propres forces, elle s'est présen­tée elle même à vos regards et s'est offerte à vous comme un guide sûr, pour vous diriger dans toutes vos actions et vous conduire au terme heureux de vos espérances. Comme nous avons beaucoup de choses à vous dire sur le grade que vous venez de recevoir, nous ne pouvons pas poursuivre plus longtemps l'analyse des grades précédents. Gravez profon­dement dans votre esprit et dans votre cœur les explications lumineuses qui viennent de vous être données, afin qu'elles deviennent désormais la règle invariable de votre conduite. Le quatrième grade, dont nous allons nous occuper, complète et termine votre initiation maçonnique dans les classes des symboles. Dans celui ci, l'Ordre vous présente les mêmes vérités avec de nouveaux développements, sous des formes et allégories différentes, qui tendent toutes au même but ; et cela ne saurait être autrement, puisque c'est toujours l'histoire de l'homme en général, celle de son état passé, présent et futur, de ses rapports directs avec son créateur, avec ses semblables et avec tout ce qui l'environne dans l'univers créé, qu'il vous présente dans celui ci, ainsi que dans les précédents, comme l'unique objet de la Franc‑Maçonnerie primitive. Ces formes, ces allégo­ries, ne sont tant variées que pour imprimer plus profondément dans votre esprit les vérités importantes qu'elles voilent. Mais comme, en se multipliant sous vos yeux, elles vous apportent toujours quelques nouvelles lumières, elles vous imposent aussi de nouveaux devoirs. Vous devez donc à chaque pas redoubler d'attention pour les connaître, et d'exactitude pour les remplir.

 

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