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Hauts Grades

JB Willermoz : instructions pour les élus coens (2)

1 Avril 2012 , Rédigé par JB Willermoz Publié dans #histoire de la FM

6ème Instruction du lundi 24 janvier 1774

Sur les sacrifices d'Abel, d'Abraham, de Salomon, /de Moïse/ et du Christ.

(33)Sur la nature du crime du premier homme.

Il était être pensant, esprit pur; destiné à commander sur toute la création et en occuper le centre d'où il pouvait se transporter à son gré dans tous les espaces de cette création, il ne peut plus aujourd'hui la parcourir qu'en pensée, mais cette faculté de la parcourir ainsi fait bien sentir qu'il est actuellement en privation et qu'il était autrefois d'une nature bien différente, le corps matériel dont il est enveloppé est tout à fait contraire à sa nature première. Voilà pourquoi l'esprit qui y est renfermé tend toujours à s'en débarrasser et désire avec ardeur d'en voir rompre les liens.

L'homme, dans son premier corps de gloire, recevait communication directe du Créateur par l'Esprit Majeur; dans son corps actuel de matière il ne peut plus en recevoir de bonne que par des esprits agents secondaires qui agissent sur lui ainsi qu'il leur est ordonné et qu'il doit se rendre favorables. Le Créateur est un être trop pur pour pouvoir communiquer directement avec un être impur tel qu'est l'homme dans ce corps de matière dont il n'est revêtu que par punition, il ne peut espérer cette communication directe qu'après sa Réconciliation qui ne peut être parfaite pendant la durée de sa course temporelle matérielle, il faut qu'il commence par purifier sa forme corporelle matérielle pour pouvoir commencer ici-bas sa Réconciliation.

(34)Quoique les Etres Spirituels agents et ministres du Créateur pour opérer ses volontés soient des esprits purs, néanmoins il y a une grande différence entre leur pureté et celle du Créateur parce que le crime de l'homme a occasionné une sorte de tache dans les différentes classes de ces êtres, même parmi les Etres Spirituels Divins du Cercle Dénaire, en ce qu'ils n'avaient à opérer en présence du Créateur qu'un culte purement spirituel et que depuis la prévarication du premier homme il est survenu un changement dans leurs lois d'actions qui les assujettit à une action en partie spirituelle et en partie temporelle, et c'est par eux que l'homme reçoit la communication de la pensée bonne que le Créateur lui envoie, ne pouvant plus en avoir de lui-même.

(35)L'homme, émané dans un état de gloire et de pureté pour opérer les décrets de l'Eternel dans la Création universelle, loin d'agir selon les lois, préceptes et commandements qu'il avait reçus, orgueilleux de sa puissance qu'il venait de mettre en acte sous les yeux même du Créateur, reçut en cet état l'insinuation de l'intellect mauvais auquel il abandonna sa propre volonté bonne et agit selon leur conseil démoniaque.

Le crime des premiers esprits fut double : 1° - Ils attaquèrent avant les temps la puissance du Créateur et voulurent se rendre égaux à lui. 2° - Loin de se soumettre au décret de punition porté contre eux et de se repentir de leur crime, ils l'aggravèrent par un second en s'efforçant de séduire et de pervertir l'homme qui devait les commander, ils aggravèrent ainsi leur punition en se privant des secours qu'ils pouvaient recevoir de lui. L'intellect démoniaque s'empara de la volonté bonne du mineur et par cette jonction binaire ils la firent opérer par des lois toutes contraires à celles du Créateur, l'homme fut puni de son crime d'une manière conforme à la nature même du crime, il se trouva resserré dans une prison de cette même matière qu'il devait contenir et se soumit par là à une action sensible de ces esprits pervers sur ses sens corporels provenus de cette matière qui avait été créée pour les tenir en privation et sur laquelle ils pouvaient exercer leur volonté mauvaise qu'ils manifestent tous les jours en travaillant continuellement à la dégrader pour rompre, s'ils le pouvaient, leurs barrière et bornes de privation, mais tous leurs efforts seront vains pendant la durée de la création universelle parce qu'elle est défendue par des êtres revêtus par le Créateur de Vertu et de Puissance pour la soutenir et la préserver.

(36)Adam, déchu de son état de gloire et enseveli dans un corps de matière ténébreuse, sentit bientôt sa privation. Son crime était toujours devant ses yeux, il s'en repentit mais il fallait une victime pour mériter sa grâce, il fallait que sa forme corporelle matérielle fut purifiée par la destruction de la forme de son fils Abel et par l'effusion de son sang, afin que purgée par là de son impureté, elle devint plus susceptible de communication. La mort d'Abel n'opéra point la réconciliation de son père, mais elle le disposa à l'obtenir, il ne pouvait l'obtenir parfaite que par la destruction de sa propre forme matérielle, mais il fallait qu'elle fût purgée de son impureté par l'effusion du sang de son fils Abel et ce fils ne lui fut donné qu'à cette fin.

(Note en marge)

[Erreur à corriger touchant le fruit qu'Adam retira du sacrifice d'Abel et sur toute la suite de cette instruction qui est rédigée fausse sur le même plan.]

Kain, premier-né d'Adam, retarda la réconciliation de son père parce qu'il fut conçu par lui avec excès de ses sens de matière. L'intellect démoniaque avait présidé à cet acte d'impureté, aussi il s'empara de l'œuvre corporel comme de son propre domaine d'où il attaqua avec bien plus de certitude le mineur qui y fut incorporé. Ce fils ainsi conçu augmenta la punition de son père par les désordres auxquels il se porta bientôt puisque c'est lui qui arracha la vie à son frère.

Abel, second-né d'Adam, fut conçu par lui sans excès des sens matériels selon les vues du Créateur et la pureté des lois de la nature. Il devint par là un temple mieux disposé à recevoir le mineur qui devait l'habiter, aussi ce mineur élu par le Créateur pour opérer ou disposer la Réconciliation de son père fut doué de vertus spirituelles plus grandes et telles qu'elles convenaient à sa mission. Il la termina par le sacrifice de sa vie, ce fut tout l'œuvre qu'il eut à remplir et voilà pourquoi il n'eut point d'autre postérité. Il fut en cela le type de la Régénération universelle qui devait s'opérer /de même/ dans les temps par l'effusion du sang du juste par excellence.

(37)Les sacrifices sanglants, ou [l'] cette effusion du sang pour la purification de la forme et purger l'impureté que le mineur contracte en habitant ce corps de matière si contraire à sa nature, ont été pratiqués dans tous les âges du monde. Elle était nécessaire pour les hommes qui ont vécus sous l'ancienne loi mais elle ne l'est plus sous la loi de grâce, cette purification universelle des formes /matérielles/ ayant été opérée par l'effusion même du sang du Christ lors de son avènement temporel.

(38)Noé sortant de l'arche offre des victimes en sacrifice d'actions de grâces. Mais sous Abraham on voit un sacrifice bien plus considérable dans la personne de son fils Isaac qui s'y soumit volontairement pour consommer la Réconciliation de son père et préparer celle du peuple élu qui devait naître de lui. Si ce sacrifice ne fut pas achevé c'est que le Créateur se contenta de la bonne volonté du père qui lui prouvait sa confiance et celle du fils qui prouvait sa parfaite résignation aux ordres du Créateur. Mais il n'en fut pas moins une figure réelle du sacrifice qui devait s'opérer par le Christ en Jérusalem dont Isaac fait le type, comme Abraham père d'une nombreuse postérité fait celui du Créateur. Ce sacrifice fut remplacé par celui d'un bélier pour désigner qu'il fallait une effusion de sang pour purifier leurs formes et celles de leurs descendants que ce sacrifice préparait à la réconciliation.

(Note en marge jusqu'à "Réconciliation")

(39) Ce n'est point par l'effusion du sang d'Abel que son sacrifice a opéré la purification de la forme corporelle d'Adam, puisque chaque être doit travailler lui-même à la purification de sa propre forme, mais c'est par la force des vertus spirituelles qui étaient en lui, qui le rendaient agréable au Créateur, qu'il a disposé son père à sa Réconciliation.

(40) Ce sacrifice avait été précédé par une autre effusion de sang qui commença par Abraham et fut perpétuée comme elle l'est encore dans toute sa postérité. Elle fut opérée par la circoncision de sa propre chair qui lui fut ordonnée par le Créateur en signe de l'alliance éternelle qu'il contractait avec lui et avec toute sa race dans laquelle il faisait élection par sa pure miséricorde d'un peuple privilégié destiné à être le témoin oculaire de toutes ses merveilles. Le but de cette circoncision perpétuée dans cette postérité était donc de purifier la forme corporelle de chaque être et de préparer les mineurs qui les habitaient à leur Réconciliation s'ils suivaient exactement les lois du Créateur.

Le sacrifice d'Abel et d'Isaac furent renouvelés par Moise, mais sous une forme différente. Les Israélites avaient presque perdus toute idée de leur être spirituel pendant l'assujettissement où ils avaient vécu dans la terre d'Egypte qui, selon les principes de l'Ordre, signifie l'empire démoniaque. Si le Créateur eut exigé des sacrifices sanglants d'homme, ce peuple grossier et ignorant n'aurait vu en lui qu'un dieu cruel et destructeur, mais il voulut le rappeler à lui sous des figures et lui faire sentir la nécessité de purger l'impureté des formes de matières pour parvenir à la Réconciliation. C'est pour cela que Moise, par ses ordres, prescrivit des sacrifices d'animaux. Il y en avait de différents pour les différentes grâces que le peuple voulait obtenir, ces sacrifices furent conservés et perpétués dans le temple de Salomon, mais il était expressément ordonné de choisir des animaux sans tache extérieure ni intérieure. Il ne s'agissait pas des taches de couleurs sur la peau, mais il fallait que l'animal fût parfaitement sain et n'eut aucune défectuosité. Le Grand Prêtre en répandait le sang de la victime autour de l'autel (il en teignait les cornes) et il séparait les 4 membres qu'il faisait consumer par le feu en holocauste. Il répandait le sang parce qu'il est le siège de l'âme et qu'il faut pour ainsi dire amortir les sens pour que l'Esprit fasse sa Réconciliation.

Cette partie de l'animal ainsi consumée par le feu désigne que toute réintégration corporelle se fait par l'action du feu qui est l'agent principal de toute dissolution.

(Le paragraphe suivant est barré et accompagné des mots"à revoir", en marge)

(41) L'Esprit actionne sur l'âme, et l'âme sur le véhicule corporel; le feu, véhicule des principes corporels après la retraite de l'âme ou du véhicule général actionné par le feu supérieur, cherche à se dégager de son enveloppe et à se réintégrer à son principe. Les parties se dissolvent aussitôt et se réintègrent à leur tour, et tant que cette Réintégration des principes corporels n'est pas complète, l'Esprit erre avant de commencer son passage dans le cercle sensible.

Suite de la 6ème Instruction du 24 janvier 1774

(42) Cette effusion de sang a enfin été opérée par le Christ en Jérusalem. Cet être divin voyant sa création attaquée par les esprits pervers dont les triomphes sur les mineurs augmentaient tous les jours, vint lui-même en personne /de sa propre volonté/ la défendre et opérer sur eux cette molestation pour laquelle l'homme avait été créé, les dépouiller de leur proie, les resserrer dans une plus grande privation et abréger le cours des travaux pénibles que les mineurs réintégrés et non réconciliés avaient encore à opérer.

Il prit naissance dans le sein d'une femme vierge comme le commun des hommes. Il y vint revêtu de toutes ses vertus et puissances, mais il y fut conçu sans aucune opération physique matérielle, ce qui fait une immense différence avec la conception d'Abel opérée par Adam selon les lois physiques de nature.

Un corps ainsi formé ne devait subir qu'une Réintégration très succincte, aussi fut-elle très prompte puisqu'ayant été enseveli avec son corps matériel il ressuscita le 3me jour avec un corps glorieux et incorruptible. Il avait toute l'apparence de la matière, puisqu'il but et mangea après sa résurrection avec ses disciples et qu'il se rendit palpable au toucher de l'un d'eux. Mais il était immatériel et d'une nature bien différente du premier, puisqu'il se transportait rapidement presque dans le même temps dans des lieux différents et éloignés, qu'il apparaissait au milieu de ses disciples dans des appartements bien clos et en disparaissait aussi subitement. Vraie image de la nature du premier corps de l'homme dans son premier état de gloire et d'innocence, il est né avec un corps sensible et matériel semblable à celui dont l'homme fût revêtu après son crime pour purifier les mineurs hommes de la souillure qu'ils contractent dans ce corps matériel opposé à leur nature et avancer d'autant leur Réintégration corporelle et Réconciliation spirituelle. Il est ressuscité avec le même corps, puisqu'après sa Résurrection il portait sur lui les mêmes signes du supplice qu'il venait de subir, mais ce corps avait changé de nature et était devenu impassible. Les essences ou principes corporels étaient réintégrés et il n'en restait plus aux yeux de ses disciples que les apparences extérieures. Il resta trois jours dans le tombeau et l'Ordre nous enseigne que pendant ces trois jours, il alla opérer en Esprit les trois points importants de son avènement.

Le premier jour il descendit aux Enfers, c'est-à-dire il pénétra dans les abîmes de la terre pour y délivrer les mineurs qui y gémissaient, /détenus/ dans la captivité du prince des démons.

C'est là où il exerça sa double puissance en agissant sur eux en leur faveur et en molestant et resserrant davantage en privation le prince démoniaque et tous ses agents, il commença son œuvre dans ce séjour parce que les mineurs qui y étaient s'y trouvaient dans la plus grande oppression.

7e Instruction du vendredi 28 janvier 1774

 (43) L'homme émané pour commander et régir la création universelle était revêtu de toutes les Vertus, Puissances et Facultés nécessaire pour opérer son œuvre; elles étaient désignées par les trois colonnes mystérieuses qui lui furent présentées par le Créateur lors de son émanation spirituelle du sein du Créateur, et encore lors de son incorporisation temporelle matérielle, dans le premier temps ou à la première époque, ces trois colonnes placées au nord, au midi et à l'orient lui rappelaient les lois, préceptes et commandements dont il devait faire usage; dans la seconde, elles lui retraçaient les trois moyens ou Vertus qui lui étaient accordées pour réacquérir ce qu'il avait perdu par sa faute.

(44) L'homme a déchu de son principe d'émanation divine : 1°, par sa négligence à faire usage de l'intelligence qui lui était donnée pour démêler les pièges des esprits pervers qui le tentèrent; 2°, par le défaut de force et de courage qu'il devait employer pour les repousser; 3°, par la présomption et l'orgueil qu'il a eu de vouloir s'égaler au Créateur.

(45) Le Christ, par ces paroles : "Je détruirai ce temple et je le rebâtirai en 3 jours", semble vouloir nous faire entendre par ce nombre ternaire, qui ne peut se rapporter à des jours ordinaires, les trois routes indiquées à l'homme pour être remis à son principe de Création divine, il ne peut espérer d'y parvenir que par l'exercice des trois vertus opposées aux vices qui l'ont fait déchoir, qui sont la Sagesse, la Force et l'Humilité.

En étudiant ce qui lui est figuré par la colonne du midi, il acquierra la Sagesse et le Discernement pour discerner le Vrai et le Faux, le Bien et le Mal, enfin la véritable source d'où lui viennent les pensées qu'il sent naître en lui, puisqu'il sait qu'étant déchu il n'a plus de pensées à lui et qu'elles lui sont toutes suggérées ou par son intellect bon ou par l'intellect mauvais. Il doit donc donner ses premiers soins avant de donner l'acquiescement de sa volonté aux pensées qui lui sont suggérées, à connaître de quelle part elles lui viennent pour agir ensuite selon ses lumières.

Par l'étude de la colonne du nord, qui désigne la partie d'où lui viennent les secours supérieurs, il acquerra la force et le courage nécessaires pour adopter et faire jonction avec le Bien et pour rejeter le faux, le molester et s'en séparer, car il ne lui suffit pas d'avoir su discerner, il faut ensuite que sa volonté agisse et fixe son choix, il le fera bon s'il réclame avec force et persévérance les secours des agents supérieurs émanés par le Créateur pour le soutenir dans ses combats et qui lui sont désignés par cette colonne du nord.

Enfin, puisque c'est l'orgueil qui l'a fait déchoir, ce sera donc par l'humilité, la soumission et la confiance qu'il pourra être remis à son Principe il enquerra ces Vertus par le secours de la colonne d'orient. Il y trouvera la perpendiculaire qui l'unit avec le Créateur même d'où il est émané. Il se conservera par là en sagesse en intelligence, en force et en courage, pour accomplir son œuvre temporel et spirituel.

(46) L'homme ne peut pas réfléchir sur la nature de son être et sur ses facultés sans y découvrir un reste de sa grandeur originelle. La pensée dont il est susceptible, par laquelle il se transporte en Esprit dans toute la Création universelle, la parole qui lui est donnée par laquelle il fait connaître et opérer sa volonté par tout ce qui l'entoure, enfin toutes les facultés intellectuelles qui sont en lui, qui le distinguent seul entre toutes les classes des autres animaux, sa position même corporelle, marchant seul sans exception habituellement sur deux pieds la face haute, et formant une ligne perpendiculaire, emblème de sa correspondance spirituelle avec le Créateur, tout lui prouve la noblesse de son origine, la grandeur et la sublimité de son être dont il n'a pas perdu entièrement le souvenir. Il sent qu'il est en privation et enseveli dans les plus épaisses ténèbres, mais ce sentiment même lui annonce qu'il n'est pas fait pour y rester, que sa nature corporelle lui est contraire et étrangère qu'il est fait pour en sortir et pour jouir de ses premiers droits, s'il sait les réacquérir. Il répugne de penser que le Créateur infiniment juste, bon et miséricordieux, eût donné ou laissé à l'homme seul ce sentiment intime de sa supériorité et de la connaissance de lui-même, s'il devait rentrer au néant et ne jouir jamais par sa nature des avantages qui paraissent si visiblement être faits pour lui.

(47) Ces paroles du Christ pourraient se rapporter avec autant de vérité aux Principes corporels des formes, à leur action, leur destruction, et leur Réintégration, tous ces objets, quoique vus sous des points de vues différents ont néanmoins chacun les mêmes rapports. En effet, dans toutes ces actions particulières on y découvre la même loi ternaire qui a tout produit et par laquelle tout finira.

On l'aperçoit 1°, dans le nombre des trois essences spiritueuses d'où tout est provenu, Souffre, Sel et Mercure. 2°, dans l'union de ces trois essences spiritueuses prises ensemble 1, dans celle des trois éléments provenus des trois essences 2, et enfin dans l'union des trois principes corporels qui constituent toute forme matérielle, provenus à leur tour des trois éléments 3, nombre ternaire de forme ou sénaire /de création temporelle matérielle./ (Phrase barrée, entre crochets) [La même loi ternaire qui a coopéré à la formation /et à l'entretien/ des êtres corporels de vie passive opérera leur [réintégration] destruction et leur Réintégration.]

Cette loi ternaire qui a opéré la Création des formes est la même pour l'entretien de ces mêmes formes pendant la durée qui leur est prescrite, elle opère avec la même précision dans tous les êtres corporels de vie passive. On la trouve en comptant les essences spiritueuses 1, le véhicule de vie passive corporelle 2, et les esprits de l'axe qui ont produit les essences et le véhicule 3, autre rapport de la loi ternaire d'entretien des formes.

Lors de la création universelle, dans l'enveloppe chaotique étaient renfermées les trois essences spiritueuses produites selon la volonté du Créateur par les esprits de l'axe qu'il avait émanés pour cela, ils y avaient insérés aussi de leur propre feu un véhicule destiné à lier les essences entre elles, ces essences étaient en aspect les unes des autres dans un état d'indifférence jusqu'à ce qu'elles eussent reçu le principe de vie passive corporelle et de mouvement ou de réaction qui leur fut communiqué par la descente de l'Esprit majeur dans l'enveloppe chaotique, c'est ce véhicule /général/ supérieur, principe de vie passive corporelle qui actionne et réactionne sur les véhicules particuliers des êtres corporels qui y entretient par cette réaction continuelle la vie et la durée. Ainsi donc dans tous les êtres corporels matériels, chacune des plus petites parties qui le composent est liée par un véhicule particulier 1, ce véhicule particulier est entretenu et réactionné sans cesse par le véhicule général supérieur principe de vie passive corporelle, lequel à son tour n'agit dans la forme ou le corps qu'autant de temps qu'il y est entretenu et maintenu par l'être spirituel majeur qui a présidé à la formation de l'univers et des corps qui y sont renfermés, de sorte que dès que cet être spirituel majeur suspend et retire vers lui la faculté agissante du véhicule supérieur qui entretient la vie passive corporelle des êtres de matière, l'action ou la vie de l'être corporel cesse, le véhicule particulier de chacune des parties qui constitue la forme n'étant plus actionné par le véhicule supérieur tend à se dégager de son enveloppe ou des essences qu'il tient en liaison. Dès qu'il en est séparé, les essences dépourvues de tout lien se désunissent et tombent en dissolution.

Ainsi la même loi ternaire de création a opéré la formation, entretient la durée des formes, opère leur destruction et la Réintégration des parties constituantes. La faculté de vie et d'action du véhicule principe de vie corporelle, suspendue et retirée par l'être spirituel majeur 1, le véhicule particulier de chaque partie corporelle dégagé de son enveloppe se réintègre dans les esprits de l'axe qui l'ont produit 2 et les essences ainsi dégagées de leur véhicule particulier, dissoutes et décomposées par cet abandon, se réintègrent à leur tour dans ces mêmes esprits de l'axe qui les ont aussi produit 3.

On trouve aussi un autre ternaire spirituel de cette manière. Les esprits de l'axe qui ont produit les essences et les véhicules particuliers 1, l'Etre spirituel majeur qui a présidé à la création et y a donné l'action, la vie et le mouvement 2, et l'Etre éternel divin Créateur de qui tout est émané 3.

8e Instruction du lundi 31 janvier

 (48) Distinction importante à faire entre les êtres spirituels corporels, les êtres spirituels temporels, les êtres spirituels purs et simples qui dirigent le temporel sans être temporels et l'Etre spirituel divin Créateur de qui sont émanés tous les autres êtres.

L'Etre spirituel divin Créateur de toutes choses ne prend aucune part directement au temporel mais il a émané des êtres spirituels purs et simples et intelligents qui président et dirigent le temporel ou la Création universelle selon ses ordres et sa volonté; ces êtres qui nous représentent la partie surcéleste ont donc une double opération à faire, l'une purement spirituelle et l'autre spirituelle et temporelle, ils sont assujettis au temporel comme chargés de le diriger sans être assujettis au temps.

Les êtres spirituels temporels sont ceux qui renfermés dans l'espace de la création universelle, y ont une action purement temporelle à exercer, soit pour soutenir, défendre et diriger le mineur homme, soit pour veiller à l'entretien et à la défense de cette même Création universelle contre les attaques continuelles des esprits pervers.

Enfin les êtres spirituels corporels sont les esprits planétaires majeurs et inférieurs et les esprits de l'axe qui ont une action purement corporelle à opérer, n'ayant que l'intelligence nécessaire pour opérer ce dont ils sont chargés par le Créateur d'où ils sont tous émanés pendant toute la durée fixée par lui pour cette Création; mais n'étant que des êtres d'action corporelle ils sont dépourvus des facultés de pensée et de volonté.

(49) Le véhicule général qui anime chaque individu dans les trois règnes animaux, végétaux et minéraux, ainsi que les véhicules particuliers qui entretiennent chaque particule des corps ne sont point des êtres spirituels, ce sont de simples émanations des esprits de l'axe qui se réintègrent en eux après leur durée temporelle, ce sont des êtres de vie passive destinés simplement à l'entretien des formes.

Ces émanations de facultés produites par les esprits de l'axe ou véhicules des formes y sont insérées par eux selon la loi qu'ils en ont reçue, ils les retirent de même par devers eux selon la volonté du Créateur lorsqu'ils en ont reçu l'ordre de l'agent supérieur majeur chef de la Création temporelle.

Il y a donc une grande distinction à faire entre la nature des véhicules êtres de vie passive ou âme végétative sensible émanée des esprits de l'axe et insérés par eux dans tous les êtres corporels matériels; et celle des êtres spirituels dont nous avons parlé en commençant.

Ces véhicules ou âmes passives qui animent toutes les formes sont entre elles de nature bien différentes selon les espèces d'êtres corporels pour lesquelles elles sont destinées, il y a même dans chaque règne des variétés infinies, celui qui anime la pierre n'est pas de même nature que celui de la plante, quoique émané de la même source, ceux-ci sont bien différents de ceux qui animent les animaux, ces derniers diffèrent encore beaucoup de ceux qui animent l'homme; ils ont tous des propriétés distinctes supérieures les unes (des) autres. Ces véhicules êtres de vie passive portent avec eux dans l'être corporel qu'ils animent ce sentiment que nous appelons instinct dans les animaux, qui les porte à agir selon leur loi particulière à l'entretien, à la défense de leur forme et à la reproduction de leur espèce, on ne sera point surpris de la variété ni de l'étendue de ces facultés ou instincts lorsque l'on sait qu'elles sont des productions ou émanations d'êtres spirituels chargés par l'E(ternel) de cet emploi.

Ces véhicules ou âme générale passive de chaque être corporel n'ont chacun qu'une seule action à opérer lorsqu'elle est remplie selon leur loi particulière; ce véhicule, cette partie ignée qui anime l'être, est retirée et se réintègre sans retour dans l'esprit de l'axe qui l'a produit. Ces productions ou émanations des esprits de l'axe ne peuvent être que temporelles et momentanées; il n'appartient qu'au Créateur d'émaner de son sein des êtres spirituels intelligents et permanents, ce qui détruit le système absurde de la métempsycose.

Il en est de même des essences spiritueuses ou principes corporels des formes, elles n'ont de même qu'une seule action à opérer. Celles qui ont formé un corps ne contribuent nullement après la dissolution à la formation d'un autre corps; lorsque le véhicule ou principe de vie passive est retiré de la forme qu'il habitait, les véhicules particuliers qui servaient de lien aux principes corporels de chaque particule de l'individu et qui y étaient par l'opposition de leur nature dans un état de contrainte, cessant d'être réactionné par le véhicule général de l'Etre, deviennent libres, ils tendent à se dégager de leur enveloppe. Les principes corporels, après leur départ se désunissent, se réintègrent dans les éléments, ceux-ci dans les essences spiritueuses, et enfin ces dernières dans les esprits de l'axe qui les ont produites; cette Réintégration des principes corporels et des éléments dans les essences est plus ou moins lente, mais il est à présumer que la Réintégration particulière des essences dans les esprits de l'axe qui les ont produites se fera tout à la fois après la durée fixée pour cette création universelle, de cette manière les principes corporels qui ont composés un corps ne peuvent coopérer à en former un autre, puisqu'ils se réintègrent chaque fois, et chaque être corporel nouveau exige une nouvelle production d'essences spiritueuses et de véhicules de la part des esprits de l'axe dont l'action est variée et multipliée à l'infini.

Mais comment expliquer l'augmentation de volume de terre dans certains endroits et surtout dans les cimetières, si toutes les particules se réintègrent ?

Autre proposition qui suit la première.

Il n'y a aucun acte temporel corporel qui ne soit précédé d'une action spirituelle. Il faut encore ici distinguer essentiellement action spirituelle, action temporelle et action corporelle, ce qui est dit ci-devant peut servir à faire comprendre ces distinctions.

9e Instruction du vendredi 4 février 1774

 

(50) Sur la double action universelle, image de la double action spirituelle divine.

Sur la nature de l'Etre spirituel mineur terrestre, sur son action et sa réaction, sur ses facultés et propriétés relatives aux esprits planétaires dont il reçoit les influences et l'action.

Sur la nature et propriété des trois essences spiritueuses, des trois éléments et principes corporels qui en proviennent, et leur action et réaction mutuelle, leurs applications et leurs rapports.

Explication de ces propositions.

 (51) Nous appliquons aux trois essences spiritueuses, ou aux trois éléments et principes corporels qui en proviennent, les noms de Souffre, Sel et Mercure. Ces trois choses sont les principes de toute corporisation. Elles sont toutes mixtes et réunies ensemble, non seulement dans les corps, mais même dans la plus petite particule des corps, et sans cette union intime qui s'opère par le véhicule qui les lie, les corps ni les parties qui le composent ne pourraient subsister, puisque dès le moment que le véhicule inséré en elles par les esprits de l'axe qui les produisent en est séparé, les éléments constituant le corps se désunissent, se décomposent et se réintègrent dans les essences d'où ils proviennent.

Ces trois choses nommées Mercure, Sel et Souffre, représentent les trois principes constitutifs universels de création et de corporisation matérielle qui sont la partie solide, la partie fluide aquatique et la partie ignée, quoique ces principes universels se trouvent indispensablement réunis, comme nous l'avons dit, dans tous les corps quelconques, néanmoins nous appliquons chacun d'eux avec une distinction particulière à celui des éléments dans lequel il abonde le plus et encore aux parties des corps avec lesquelles on y aperçoit plus d'analogie, et aux couleurs qui les représentent. Nous y examinons leurs plans [ou places]pour mieux juger leur action.

Ainsi, lorsqu'il s'agit de la création du général ou de la terre et de ce qui l'environne, quoique chaque particule de cette terre soit un mixte des trois principes universels, néanmoins, comme elle est le corps le plus solide et le plus pesant de la création, ce qui est prouvé par la place inférieure qu'elle y occupe, nous lui appliquons le Mercure comme représentatif du principe solide /et ténébreux/ désigné par la couleur noire que nous lui appliquons aussi. Nous appliquons le souffre tant au feu intérieur de la terre qu'au feu inférieur que l'Ordre nous enseigne être placé au-dessous d'elle comme un foyer toujours entretenu par les esprits de l'axe que nous nommons feu central ou feu incréé, lequel par son action toujours subsistante actionne sans cesse le feu intérieur, lequel est à son tour réactionné par le feu supérieur ou solaire, qui le tient en équilibre dans son centre. C'est par cette raison que nous appliquons au Souffre la couleur rouge comme représentative du feu agent principal de la nature.

Enfin nous appliquons le Sel à l'Eau dont il est le principe particulier, l'Eau ou l'humide grossier qui enveloppe la terre tempère l'action du feu qui en dissoudrait et diviserait les parties, comme le feu à son tour la défend de la destruction qu'occasionnerait l'Eau si elle restait exposée à sa seule action.

Dans le corps de l'homme et des autres animaux nous appliquons le Mercure /ou la Terre/ au solide ou à l'os qui fait la charpente du corps. Le Souffre ou le feu, au sang qui est le siège de l'âme passive corporelle, et le Sel ou l'Eau à la chair qui est l'enveloppe du corps et le défend de l'action intérieure et extérieure du feu.

Lequel des trois applique-t-on à la moelle des os que l'on peut regarder comme représentative des trois essences spiritueuses ?

D (après cette unique lettre, un espace blanc d’environ trois ou quatre lignes)

Dans les plantes et arbres on applique le Mercure au corps de l'Arbre, le Souffre à la sève qui en procure la végétation et l'accroissement, le Sel à l’écorse qui préserve l'Arbre des accidents journaliers.

Le Souffre ou le Feu est toujours placé au centre du corps mais le Mercure /ou le solide/ est toujours placé entre les deux autres essences et peut être envisagé lui même comme faisant le centre des trois; c'est une loi générale de la nature qui n'est pas sans dessein, puisqu'il est le dépositaire de la double action; le Souffre et le Sel ou l'Eau et le Feu sont deux principes d'une nature si opposée qu'ils ne s'uniraient jamais sans un médium qui modère leur action réciproque et en lie les effets; le Mercure ou le corps solide terrestre qui constitue tous les corps est le médium si nécessaire. Il est l'être de double action puisqu'il reçoit d'une part et communique de l'autre. Il faut donc qu'il soit revêtu de propriétés plus considérables et plus puissantes que les deux autres principes pour pouvoir subir et résister à cette action et réaction continuelle.
Le général ou la terre nous représente dans le temporel ce que la création opère dans le spirituel; si on se rappelle que la partie inférieure de la terre, les abîmes, est celle qui est destinée à tous dans une plus grande p(rivation ?).

(Le texte de la 10e Instruction manque.)

                               11e Instruction du vendredi 11 février 1774

 (52)Sur l'origine du Mal provenu de la pensée orgueilleuse des esprits majeurs premiers émanés et de la confrontation de leurs vertus, facultés et puissances avec celles du Créateur.

(53) De la nécessité de liberté dans les êtres spirituels intelligents pour qu'ils puissent rendre dans l'immensité divine un culte agréable au Créateur.

(54)Sur la prévarication du premier homme émané dans l'immensité temporelle pour gouverner la création universelle. Il avait un culte spirituel temporel corporel à y opérer pour la manifestation de la justice, de la puissance et de la miséricorde du Créateur, il reçut la loi en opérant sur le corps général terrestre, le précepte (ou principe) en opérant sur les habitants du corps général terrestre et du céleste, le commandement en opérant sur la création universelle; sa propre pensée orgueilleuse l'écarta de la ligne perpendiculaire, dans cet état il reçut impression de l'intellect démoniaque, et opéra par leur conseil une œuvre matérielle de confusion. S'étant séparé de la partie spirituelle bonne pour n'agir que dans le temporel, sa punition est d'être privé de cette partie spirituelle bonne qu'il abandonna alors. Par cette privation il a perdu la connaissance et la faculté des trois actes de puissance qu'il opéra devant le Créateur.

(55)Etres spirituels physiques non intelligents, êtres spirituels intelligents, le Créateur de toutes choses. Etres spirituels fixés, non fixés, et physiques en épreuve.

12e Instruction du mercredi des Cendres 16 février 1774

 (56)Réception du F(rère) Baron d'Eyben aux trois grades symboliques et au grade de Me Elu.

 

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