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Hauts Grades

JB Willermoz : instructions pour les élus coens (4)

1 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #histoire de la FM

Matière d'instruction pour le mercredi 23 8bre (Octobre)

 (82) Il est important de se former une idée nette de l'Ordre et des devoirs particuliers qu'il impose.

L'Ordre forme sur cette surface une circonférence particulière qui est le réceptacle des actions spirituelles célestes, dans laquelle sont admis tous les hommes qui désirent sincèrement y entrer, dont chaque individu forme un point, et l'esprit divin fait le centre.
L'action de l'Esprit, étant universelle, sans borne de temps ni d'espace, se manifeste sur tous les points individuels de la circonférence, en longitude et en latitude, par autant de rayons qu'il y a de points individuels dans la circonférence.
Cette circonférence étant purement intellectuelle, sa division l'est de même : elle doit être relative aux dons et vertus de l'Esprit et à son nombre septénaire, ce qui établit les sept classes ou les 7 grades de l'Ordre, figurés par les 6 cercles ou divisions intérieures, ce qui présente un rapport marqué avec la montagne de Sinaï qui était divisée en sept parties, images des sept Cieux, et son sommet image du surcéleste, et présentait aussi une autre division ternaire; le bas où était le camp, cercle sensible; le milieu où s'arrêta Josué, cercle visuel; et le haut où monta Moïse, cercle rationnel, dominé par le surcéleste avec lequel il communiquait ainsi qu'avait fait Adam dans son état de gloire.

Nous savons que tout, dans la nature élémentaire, est figure et répétition de choses d'un ordre supérieur, nous sommes donc fondés /à considérer/ cette circonférence formée par les membres de l'Ordre, comme une image de la circonférence spirituelle formée par les sept agents principaux planétaires chargés par l’E(ternel) Créateur de diriger et défendre cette création universelle. Je ne peux point dire qu'ils forment entre eux dans l'espace une circonférence locale, nous savons le contraire, mais seulement une circonférence d'unité d'action.

(83) L'homme, dans son état de gloire, avait été établi par le Créateur pour en être le centre. Comme agent immédiat de la divinité il en manifestait l'action et la puissance dans le temporel. Il avait la puissance de commandement sur les agents principaux chargés des détails du gouvernement temporel. Du centre de cette création, il dominait parfaitement sur eux comme homme Dieu de la terre. Par sa chute il parcourut l'espace pour venir ramper sur cette surface, il devint leur inférieur quoique conservant toujours innée en lui la supériorité originelle qu'il avait sur eux.

Il faut donc aujourd'hui pour retourner à ce centre dont il est descendu, qu'il remonte par le même chemin et qu'il paie à chacun de ses agents principaux le tribut d'expiation et de justice qu'il s'est imposé pour recouvrer les sept dons spirituels qu'il possédait dans la plénitude.

C'est ce tribut d'expiation et de justice que l'homme doit commencer à payer ici-bas, quoiqu'il ne puisse pas l'acquitter pleinement tant qu'il est lié à cette forme de matière qui l'expose sans cesse à de nouveaux dangers. Son travail ici-bas est de se purger avec grand soin des sept vices ou péchés capitaux opposés aux sept vertus qui peuvent seules lui procurer les sept dons de l'Esprit.

Chacune des classes de l'Ordre offre une image de cette expiation et comme l'homme est exposé à pécher spirituellement et corporellement, il est donc assujetti à une expiation spirituelle et à une purification corporelle, l'une et l'autre doivent être aussi unies que les deux natures par lesquelles il pèche.

L'orgueil est le crime de l'esprit, c'est donc par l'humilité la plus profonde devant le Créateur, qu'il faut le combattre. Les sens nous font la guerre, il faut donc les mortifier. S'humilier, veiller sur soi et prier sont donc les devoirs principaux de tous les membres de l'Ordre.

La prière doit être vocale, elle doit être l'expression de la faculté de parole qui constitue l'homme ressemblance divine; elle doit être précédée d'un examen de sa conduite, d'un aveu de ses fautes, /de l'exposé de ses besoins/, et accompagnée d'une demande des secours nécessaire.

(84) Le premier cercle de la circonférence de l'Ordre représente et contient tous ceux qui sont admis dans la p(remiè)re classe, et fait allusion au peuple élu par le Créateur dans la postérité d'Abraham. L'Ordre n'opère dans ce grade préparatoire que pour la purification de la forme et impose le devoir de toutes les pratiques qui peuvent tendre à cette purification et préparer à une élection plus particulière, il fait aussi allusion au cercle sensible dans lequel le mineur opère pour se purger de toutes les affections animales corporelles qu'il a contracté par son union avec sa forme matérielle.

Le second cercle représente tous ceux qui sont admis à la 2me classe, celle des M(aît)res Elus, et fait allusion à l'élection particulière qui fut ordonnée par le Créateur à Moïse en faveur de ceux /des vaillants/ qui étaient destinés à la guerre spirituelle que le peuple d'Israël avait à soutenir contre ses ennemis qui étaient devenus ceux du Créateur et disputaient à ce peuple l'entrée de la terre promise par serment à ses pères. Ce grade opère sur l'être spirituel et l'être corporel de l'homme, il ne lui donne d'autre puissance que celle de combattre les ennemis d'Israël avec efficacité; mais il l'établit réceptacle d'action spirituelle, ce qui est désigné par le réceptacle que l'on fait rouler sur le candidat, et le rend susceptible de pouvoir retenir impression de toute communication spirituelle s'il s'en rend digne de les recevoir, et le dispose à être conduit aux cercles d'expiation, ce qui est l'objet des grades suivants.

Le devoir des Maîtres Elus, et spécialement de tous ceux qui ont eu le bonheur d'être élevés plus haut, est donc de travailler sans cesse à la purification de sa forme, en la préservant de tout ce qui peut la souiller, de combattre sans relâche ses véritables ennemis, et de ramener dans sa circonférence tous ceux /de nos semblables/ qui désirent sincèrement d'y rentrer, et d'y employer tous les moyens que la sagesse et la grande circonspection à laquelle nous sommes assujettis peuvent permettre. Ces moyens sont les bons exemples et l'instruction. Le premier des deux est au pouvoir de tous; le second est réservé au petit (nombre ?).

Du samedi 7 8bre (octobre) 75

(85) Tout a été fait par nombre, poids et mesure. Le nombre est la base et le principe constitutif des corps, le poids est le mélange ou l'amalgame des éléments, la mesure détermine la forme, l'étendue et les dimensions des corps.

Dans l'être spirituel le nombre est la loi qui constitue son essence, vertus et propriétés; le poids est le précepte qui détermine son action, et la mesure représente le commandement ou les moyens et facultés qui lui sont donnés pour opérer selon sa loi ce qui répond à l'étendue des corps.
Dans les corps, le poids et la mesure se détruisent et s'effacent parce qu'ils ne sont que des propriétés de ces mêmes corps; mais le nombre subsiste toujours parce que le nombre tient à la nature intellectuelle, il en est l'expression, il est coéternel avec Dieu, enfin il est la loi des corps, et lorsque le corps se dissout, le nombre indestructible se réintègre dans l'être d'où il était émané, car la loi par laquelle le corps dissous a existé, ne peut le détruire, son action est passée, mais elle tient par son nombre à la nature spirituelle qui l'avait produit. Un triangle matériel peut être rompu et divisé, mais le principe qui le constituait subsiste après sa décomposition comme avant sa formation. Cette même loi du nombre s'étend sur les êtres spirituels comme sur les êtres matériels car la même loi dirige tout.

Le premier nombre de l'homme était majeur, en ce qu'il lisait directement et sans aucun doute dans la pensée divine et qu'il l'opérait, mais il est devenu mineur car il ne peut plus lire dans la pensée divine directement; il ne peut plus en avoir communication que par le secours des êtres intermédiaires entre lui et son Créateur. Quoique son nombre de mineur quaternaire ne puisse être détruit, puisque ce nombre est la loi positive et inaltérable de son essence, cependant l'homme, par le mauvais usage qu'il en fait, en altère les propriétés et se rend en quelque sorte mineur ternaire en n'exerçant ses facultés que sur la matière, il avait l'usage des 4 facultés qui constituaient son essence, il a été réduit à n'en avoir plus que trois à sa disposition, volonté, action et opération, la 4me ou 1re lui ayant été retirée en punition de son crime et ne pouvant plus la réacquérir par intervalle que par un bon et constant usage de sa volonté. Si, dans le sens qui vient d'être expliqué, le mineur devient ternaire de quaternaire qu'il était et qu'il est toujours essentiellement on voit qu'il se rend aussi binaire par l'exercice de sa volonté mauvaise et la jonction de sa volonté à l'intellect mauvais, et qu'il peut même tomber au-dessous en se rendant l'esclave des esclaves.

(86) Explication sur le sort à venir et éternel des mineurs tombés dans l'esclavage des démons et sur celui des démons mêmes. Ils jouiront, mais bien faiblement, ayant extrêmement affaibli et altéré leurs facultés. Il sera donné à celui qui aura, et ôté à celui qui n'aura pas. Celui qui s'exerce dans la pratique du Bien augmente en lui le Bien; celui qui se livre au mal perd le goût et le souvenir même du Bien, s'il est surpris en cet état avant d'avoir expié sa dépravation, quel travail pour lui, il faudra qu'il se purifie du mal qui est en lui, mais quelle distance encore de là au Bien qu'il aura cessé de connaître, qu'il aura abjuré, et qui pourra lui rendre cette connaissance, c'est ainsi que plusieurs seront les derniers des derniers, ayant perdu et dépravé les facultés, elles resteront au moment final fort rétrécies, il ne pourra faire qu'un pas dans le temps que les autres en feront mille.

Le mineur n'étant plus qu'un être susceptible de retenir les impressions qui lui sont communiquées du dehors, et ne sachant pas lui-même distinguer bien nettement les bonnes d'avec les fausses, doit s'appliquer à les rejeter toutes; cette conduite prudente, soutenue d'un désir vif et ardent de connaître le Bien, forcera l'esprit bon chargé de sa conduite de se manifester à lui d'une manière non équivoque et de lui donner le sentiment intime de la vérité qu'il désire connaître; au lieu que le mauvais se voyant toujours repoussé, se trouve à la fin vaincu. L'action du mal étant borné, il l'est aussi dans ses attaques, au lieu que le Bien étant infini, les moyens qu'il a de se communiquer au mineur le sont aussi. L'homme dégradé est devenu un être passif, il ne peut devenir actif que par sa jonction avec l'esprit bon qui de son côté ne désire rien tant que de la faire, puisqu'elle tourne à la gloire de l'Eternel et à la molestation des esprits pervers.

L'homme ayant péché en Adam par sa volonté mauvaise, est devenu sujet à l'erreur, que peut-il faire de mieux en cet état que d'abandonner sa volonté entre les mains de son fidèle conducteur, d'en faire sans cesse le sacrifice et se rendre comme un bâton entre les mains d'un aveugle qui est conduit, dont il ne se sert que pour se soutenir dans sa marche et assurer ses pas ?

Sujets d'Instruction pour l'assemblée cérémoniale de M(aîtr)e Coën du samedi 22 juin 1776

 (87) En contractant l'habitude d'employer vainement les noms on affaiblit en soi l'idée des choses qu'ils expriment.
Définition du mot temple, enveloppe d'un être supérieur au lieu qu'il habite et réceptacle de son action.

Distinction. Le Grand Temple Universel, le temple général terrestre, et les temples particuliers. Dans le premier, action des êtres spirituels émancipés dans la création, dans le second, action de l'âme générale terrestre, dans les 3mes, actions des êtres particuliers.

Temples intellectuels, temples corporels, temples matériels. Tous les êtres émanés et émancipés dans le temporel, opèrent leur action et leur culte particulier dans l'un des trois.
Dans les premiers, l'esprit pur et simple chacun décrivant son cercle, dans le second l'homme et tous les esprits /planétaires/ corporisés dans le 3me c'est un lieu consacré à l'action et au culte particulier de plusieurs.
Le corps de l'homme et le temple de Salomon sont la répétition de la création et l'image du G(rand) Temple Universel. L'homme est à la fois l'image de la création universelle par la division de son corps, et du corps général terrestre par sa forme qui est triangulaire, sa tête représente le centre ou l'âme terrestre.

(88) Si le corps de l'homme est un temple, il doit donc y opérer un culte.

Le mot Coën 34 signifie l'âme spirituelle mineure incorporisée dans une forme.
Le nombre 7 est le nombre des esprits assujettis à actionner dans le temporel sur les formes et avec une forme pour rendre leur action sensible. 7 est le nombre de perfection de la création opérée par la bénédiction que le Créateur y donna ou par sa 7me ou d(erniè)re opération.

Le monde finira par le même nombre qui l'a constitué. Le Christ est venu dans le milieu des temps. Le 4me millénaire.

(89) Distinction des êtres spirituels intelligents et non intelligents. Tous les êtres spirituels ont l'intelligence nécessaire pour leur action particulière, mais ils ne sont pas doués d'une volonté personnelle qui puissent (sic) déranger celle du Créateur pour /l'ordre et/ la durée de ses œuvres.

Tous les êtres spirituels quelconques sont émanés directement du Créateur; ils sont donc des êtres ou des agents secondaires, en cette qualité ils ne peuvent pas créer des esprits mais des actions spirituelles qui émanent d'eux ayant une durée bornée, ils sont tous 4res par leur émanation, mais ils portent spécialement le nombre particulier de leurs facultés ou de leur action.

Les lois et la durée de la Création seraient sujettes à être dérangées si les êtres qui en gouvernent les différentes parties avaient une volonté libre, comme les esprits planétaires, l'âme terrestre, les esprits de l'axe feu central, etc. L’homme avait puissance de commandement sur eux, il l'exerça, et peut la réacquérir encore.

(90) L'homme, être spirituel mineur, avait un culte à opérer. Il était pur et simple, mais ayant dégradé son être et dénaturé sa forme, son culte a changé, il est devenu sujet à la loi cérémoniale du culte.

L'homme, participant à la nature divine et complétant la quatriple essence, doit rendre un culte qui correspond aux 4 facultés divines dont il est l'image et la ressemblance.

Culte d'expiation, de purification, de Réconciliation, de sanctification. Le dernier correspond à la pensée divine. Le 3me à la Volonté ou au Verbe, le second à l'action, le 1er à l'opération.

L'homme, dans son premier état, n'avait à opérer pour lui qu'un culte de sanctification et de louanges, il était l'agent par lequel les esprits qu'il devait ramener devaient opérer les 3 autres, étant tombé, il faut qu'il les opère pour lui-même.

Ces 4 cultes étaient désignés dans l'ancienne loi par les 4 sacrifices différents que faisait le Grand Prêtre, par les 4 espèces d'animaux, ils le font encore par les 4 temps ou fêtes principales et par les 4 prières journalières.

(91) Le vrai culte cérémonial a été enseigné à Adam après sa chute par l'ange réconciliateur, il a été opéré saintement par son fils Abel en sa présence, rétabli sous Enoch qui forma de nouveaux disciples; oublié ensuite par toute la terre et restauré par Noë et ses enfants, renouvelé ensuite par Moïse, David, Salomon, Zorobabel et enfin perfectionné par le Christ au milieu de ses douze apôtres dans la Cène.

De même que tous les esprits planétaires concourent par leur harmonie à l'entretien et au gouvernement du G(rand) temple universel, de même tous les M(aîtr)es Coëns sont comme un point de la circonférence dans laquelle s'opère le culte particulier des vrais élus.

Mais le culte étant assujetti à des lois cérémoniales temporelles, ce qui est clairement prouvé par la loi du Lévitique donnée sous Moïse, il faut donc s'attacher à étudier cette loi cérémoniale de l'Ordre qui a principalement en vue, par toutes les cérémonies établies depuis la P(remiè)re Classe jusqu'à la dernière, de former les émules à acquérir une parfaite connaissance de celles auxquelles il peut être destiné.

La P(remiè)re Classe particulière de l'Ordre se rapporte à l'élection générale du peuple que le Seigneur se choisit pour y manifester sa puissance et sa gloire. Ce 1er grade opère virtuellement pour la purification de la forme par la vertu de la puissance de l'âme terrestre et des esprits ternaires /terrestres, aquatiq(ues), fougueux,/ qui actionnent et réactionnent sur les formes, sur les essences et sur le véhicule. /L'opérant opère sur la lune./
Le grade d'Elu se rapporte à l'élection spéciale de la tribu de Lévi destinée au service du temple; il opère virtuellement pour la purification de la forme et sur l'être spirituel mineur qu'il rend susceptible de devenir réceptacle de puissance divine /des actions spirituelles des chefs régionnaires célestes et terrestres/, et qui, par sa renonciation aux cinq sens matériels figurés par les cinq métaux ou aux cinq chefs régionnaires démoniaques, déclare vouloir commencer son expiation.
L'opérant opère sur Mercure dans les régions célestes.

  

Notes pour servir d'Instruction dans les assemblées des M(aîtr)es Coëns

(92) Examen de l'essence et du cérémonial des 3 grades de Coën et des rapports qu'il y a entre eux à qui ils sont conférés et les Lévites chargés de diverses fonctions devant le Tabernacle de l'alliance et encore avec les différentes parties du culte auquel ils sont destinés.
Nous avons vu que les trois premiers grades de l'Ordre portent en eux essentiellement par leur ordination la purification des trois essences. De la forme de l'homme, par l'action des êtres spirituels, terrestres, fougueux et aquatiques; qu'ils tendent de plus à établir une communication de l'âme terrestre avec cette même forme par laquelle elle puisse être susceptible de se dépouiller des nuages ténébreux et opaques de la partie élémentaire matérielle.
Nous avons examiné les différentes propriétés des nombres qui appartiennent aux formes et à la matière, savoir : celui de 3, nombre des essences génératrices des corps /ou de production/; celui de 6, nombre de végétation des formes par la réunion de la partie supérieure /céleste/ à la partie inférieure terrestre. Celui de 9, nombre de destruction et de Réintégration des formes par la séparation et désunion des principes mixtes qui composent les corps matériels.
Qu'ils sont conférés le Lundi sous le signe planétaire de la lune, région terrestre, pour désigner qu'ils sont purement temporels.

Nous avons vu ensuite que l'ordination du grade d'Elu est bien supérieure aux précédentes puisqu'elle opère non seulement sur la forme de l'homme mais aussi sur son être intellectuel, en le faisant réceptacle des actions spirituelles des chefs régionnaires célestes et terrestres, ce qui est figuré par le réceptacle que l'on roule sur lui; en le marquant aux pieds, aux mains et à la tête en forme de réceptacle comme étant sous l'action du double réceptacle spirituel et temporel; l'un pour l'âme, représenté par les régions célestes, l'autre pour le corps, représenté par les régions terrestres.

De plus, que par les renonciations que fait le candidat aux 4 cercles de correspondance et au centre, il désigne la séparation volontaire qu'il fait de toute opération des chefs régionnaires mauvais qui ont pu l'actionner pendant sa vie et par l'invocation des noms des esprits bons qui y sont tracés, il commence son travail spirituel de réconciliation pour pouvoir être admis ensuite aux trois cercles d'expiation qui appartiennent à la classe suivante.
Enfin, que ce grade est conféré le mercredi sous le signe planétaire de Mercure, région céleste, pour désigner qu'il opère virtuellement sur la forme et sur l'être spirituel qui y est renfermé, en le rendant susceptible par cette purification de retenir impression de toutes les communications spirituelles dont il se rendra digne par la suite.

Il nous reste donc à examiner l'essence, le cérémonial, et les rapports des trois grades de Coën qui suivent, afin qu'étant éclairés sur ces points nous agissions avec certitude et connaissance de cause pour notre plus grand avantage spirituel temporel et que nous nous rendions dignes d'être admis à participer au vrai culte de l'Eternel, s'il daigne nous y appeler.
Le samedi, jour de la semaine auquel on confère ces grades /sous le signe planétaire de Saturne/, nous annonce déjà qu'ils sont purement spirituels, c'est-à-dire que la forme étant censée purifiée par les ordinations précédentes, celles-ci opèrent essentiellement sur l'être spirituel mineur. Ce qui sera démontré par l'examen des différentes parties du cérémonial qui s'observe dans ces grades.

Matières d'Instructions pour le Mer. 5 juin 1776.

 (93) L'homme n'ayant reçu que trois Puissances, ne pouvait pas exercer seul la 4me.

Il exerce la 4me par le conseil du démon, il est chassé de son centre, et vient se revêtir d'une forme différente.
Il devient sujet à toutes les Révolutions de cette forme et accident.

La forme de matière lui a été donnée comme punition et préservatif comme un soldat enfermé dans une tour qu'il est chargé de défendre. Ses sens sont les portes et les fenêtres de la tour, par lesquelles il reçoit et porte des coups sur l'ennemi.

La Création universelle est la prison du Pervers, il fait tous ses efforts par sa puissance pour la dégrader et la détruire. La matière établie pour le contenir et supporter son action est de son domaine. Il ne persécute pas la forme des brutes parce qu'elles ne contiennent point de mineur.

(94) Adam, dans son premier aveu, s'excuse sur le Pervers qui l'avait tenté; il avait négligé les moyens qui lui étaient donnés pour le reconnaître, il en porta la peine mais Heli dans un assouplissement lui présenta le produit de son crime, il se confessa avec sincérité et humilité.
Le Paradis terrestre, terre élevée au-dessus de tout sens. La Montagne du Mont Moria ou temps de Salomon, lieu où est le centre de la terre, où David, Moïse, Joseph, ont offert sacrifice.

L'homme est devenu pensif et parfois pensant.

Etres spirituels intelligents et non intelligents ou non libres relativement aux opérations dont ils sont chargés.
Cause peu connue de la perversité des hommes. Adam et Eve, par ordre du Créateur, opérèrent la reproduction corporelle de Kain avec passion désordonnée des sens. Kain signifie "fils de ma douleur".

Ils conçurent ensuite de même Kain II, enfant de confusion. Cinq ans après ils conçurent de même Abac 9 enfant de matière et de privation divine.

7 ans après d'abattement et d'inaction spirituelle, ils conçurent Aba 4 ou Abel.

(95) Nombre sénaire de la Création universelle et du temporel. 366 jours, 24 jours, 60 minutes, 60 secondes, 360 degrés.

Instruction pour le mercredi 18 7bre (septembre) 1776 et jours suivants

Sur la nature des intellects bons et mauvais.

 

(96) Tout ce qui tient à la nature spirituelle est obscur et énigmatique pour l'homme si son intelligence n'est pas éclairée par l'esprit. Bon lui-même, cependant [l'homme] (mot barré) il a le plus grand intérêt à connaître du moins les objets qui doivent lui servir de règle dans sa conduite temporelle. Si le Créateur ou pour mieux dire l'homme lui-même a posé par sa prévarication un voile impénétrable entre lui et la Divinité qui ne lui permet plus d'en connaître l'essence, il doit néanmoins faire les plus grands efforts pour parvenir à connaître sa propre nature, et les rapports qui sont entre lui et tous les autres êtres spirituels qui ont été émanés comme lui du sein de la divinité. Nous sommes plus heureux que la multitude de nos semblables puisque nous avons le bonheur d'être aidés dans ce travail par les instructions de l'Ordre dont nous ne pouvons méconnaître l'authenticité pour peu que nous en connaissions la source. Elles embrassent tout ce qu'il importe à l'homme de connaître, et si de temps en temps elles laissent des nuages sur quelques objets, c'est à l'intelligence à les percer; mais elle n'y parviendra qu'avec un désir vrai, une intention pure, et une volonté ferme de pratiquer tout ce qu'elles enseignent, avec de tels guides l'homme n'errera point. Si dans ses interprétations, se livrant trop à ses faibles lumières, il s'écarte de la route qui lui est tracée, il faut qu'il ait la bonne foi de convenir de son écart et le courage de revenir à sa boussole; alors il se remettra aisément dans la bonne voie;

(97) Parmi tant de matières qui sont renfermées dans nos instructions générales nous nous attacherons aujourd'hui à examiner qu'elle est la nature des intellects bons ou mauvais et à nous en procurer une définition exacte.

Quelques uns ont paru penser que l'intellect bon ou mauvais était un être réel et distinct de l'Esprit qui l'emploie, et qui l'attache d'une manière fixe et permanente sur l'homme à qui il s'adresse de manière que, malgré tous ses efforts, il reste toujours souillé par la présence de cet être ennemi de son bonheur. Cette opinion mérite d'autant plus d'être combattue qu'elle est extrêmement dangereuse par ses conséquences, puisqu'elle tend à décourager, peut-être même à désespérer l'homme; ou à lui persuader qu'il n'est pas coupable des impressions que lui ont laissés les intellects puisqu'il n'a pu se défendre de les recevoir ni les empêcher d'habiter en lui; et que l'impression dont il s'agit est une suite inévitable du séjour de l'être qui la produit.

(98) Pour bien définir l'intellect bon et mauvais, remontons jusques aux sources ou principes de la pensée bonne ou mauvaise.

Tous les êtres spirituels émanés ou a émaner existaient de toute éternité dans le sein du Créateur, ce qui nous donne une légère idée de son immensité divine qui contient tout et ne peut être coéternelle. Ils n'avaient la jouissance d'aucune faculté personnelle, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule volonté du Créateur, par laquelle tout était mû; or cette manière d'être ne peut pas s'appeler véritablement exister. Leur vraie existence n'a donc commencé qu'à l'instant où le Créateur, par un acte de sa volonté et de sa propre puissance, les a sortis de son sein pour leurs donner une distinction personnelle de facultés, de volonté et d'action. Par là, quoiqu'ils soient coéternels en Dieu par nature, puisqu'ils étaient contenus en Dieu de toute Eternité, ils ont acquis une Eternité personnelle future puisqu'étant sortis du Principe de vie même, du seul être /immuable/ qui puisse la communiquer, leur existence distincte restera éternellement indestructible puisqu'il n'est pas possible que l'être qui a reçu la vie de la vie même puisse être jamais anéanti. Il éprouvera à la vérité la mort spirituelle s'il s'écarte de sa loi, mais jamais la perte de son existence. La mort spirituelle n'est autre chose que la séparation de l'être spirituel avec son principe, comme la mort corporelle qui en est une faible image, est la séparation du corps matériel avec l'âme qui le gouvernait. Mais cet acte d'émanation a dû être accompagné immédiatement d'une loi générale à laquelle seraient indispensablement soumis tous les êtres émanés pour pouvoir rester dans l'unité; je ne veux point parler ici des lois particulières, préceptes et commandements que les êtres émanés ont reçu relativement au but particulier de leur émanation et de l'émancipation qui s'en est suivie, lois qui correspondaient à l'étendue de facultés et de puissance dont ils étaient revêtus selon leur mission, je ne parle que de cette loi première générale universelle qui a dû s'étendre sur toutes les classes d'esprits émanés, car il n'est pas possible qu'un être quelconque soit sans avoir une manière particulière d'être, et cette manière est sa loi. Voyons donc quelle a pu être cette loi et alors nous sentirons mieux l'équité et la nécessité de celle par laquelle nous sommes.

Le Créateur éternel est un par essence. Principe universel de tout ce qui existe et existera, il est par nature infiniment bon, parfait et puissant. C'est là sa propre loi, qu'il lui est impossible de détruire ni d'altérer; si elle pouvait changer il cesserait d'être Dieu, et pour cesser de l'être, il faudrait qu'il ne l'eût jamais été. 

Pour l'Instruction du mardi 18

7bre (septembre) 1776

Définition de l'intellect bon ou mauvais.

 (99) C'est la connaissance que l'homme acquiert par communication de la pensée bonne ou mauvaise enfantée par l'esprit. Il en retient impression s'il s'arrête à la contempler, de même qu'une action ou discours quelconque, bon ou mauvais, d'un homme, aperçue ou entendue par un autre homme, devient pour ce dernier un intellect sensible d'action dont il retient impression s'il la contemple avec complaisance. L'homme ne peut guère se préserver de recevoir des intellects mauvais qui ne sont autre chose que la communication ou connaissance de la pensée mauvaise enfantée habituellement par l'esprit mauvais, mais il peut se défendre d'en retentir impression si, au lieu de la contempler avec curiosité, il est prompt à la repousser.

La communication ou connaissance de la pensée mauvaise enfantée par l'esprit mauvais est proprement dite la tentation dont nous avons dis que l'homme ne peut se défendre à cause des rapports intimes qui se trouvent entre des êtres de la même nature, rapports qui établissent réciproquement cette communication. Cette communication, que nous appelons tentation, serait plus ou moins fréquente selon que les rapports mutuels ou analogies seront plus multipliés, d'où il s'ensuit que l'homme qui s'amusera à contempler avec complaisance ou curiosité cette communication involontaire ou la connaissance qui en résulte, sera très exposé à en retenir impression en punition de ce qu'il commence par là à abuser de sa liberté qui entraînera bientôt sa volonté au lieu que, s'il est habilement prompt à rejeter la connaissance qu'il acquiert de la pensée mauvaise par la communication que lui en donne l'esprit qui l'a enfanté, il ne parviendra pas à la vérité à détruire les rapports de nature qui sont entre eux puisqu'ils sont éternels mais il parviendra à affaiblir considérablement les rapports de pensées, je dis affaiblir, et non pas anéantir, parce que depuis que l'homme a eu le malheur de manger de ce fruit défendu que lui a donné la connaissance du Bien et du Mal, il a établi lui-même cette malheureuse communication entre lui qui est bon par nature et le principe qui s'était rendu mauvais, et elle subsistera pendant toute la durée temporelle. Il en résulte qu'il est /comme/ impossible que l'homme ne soit pas tenté, puisque la connaissance de la pensée mauvaise est une tentation, ce qui a été prouvé par le Christ lui-même qui, ayant uni la divinité à notre humanité, devint par cette union exposé comme les autres hommes à la tentation du principe mauvais.

(100) Il y a des observations très importantes à faire sur la manière dont le Créateur a procédé dans la punition de l'homme devenu coupable, puisqu'elle manifeste tout à la fois sa justice et sa miséricorde.

Je dis d'abord sa justice, parce qu'elle exigeait une peine proportionnée à l'énormité du crime et à l'espèce du crime. L'homme venait d'abuser de son pouvoir et méritait/ d'en être déchu, c'est-à-dire /il méritait que la puissance qui était innée en lui et qui ne pouvait être détruite étant l'œuvre immuable du Créateur fut suspendue jusqu'à ce qu'il mérita par son repentir et ses efforts et après avoir apaisé la justice, de la réacquérir en entier ou en partie.

Je dis sa miséricorde puisqu'elle éclate dans l'espèce même du châtiment. L'homme établi par le Créateur Homme Dieu de la terre occupait le centre de la Création universelle d'où il exerçait sa puissance. Du centre céleste il fut précipité dans le centre terrestre et vint ensuite ramper sur sa surface, son corps glorieux fut transmué en un corps matériel qui devint sa prison et obstrua pour ainsi dire tous ses organes spirituels dont les sens matériels sont l'image. Cette transmutation de forme du 1er homme est désignée dans l'Ecriture par la nudité corporelle dont il s'aperçut et dont il eut honte. Sa chute du centre céleste est désignée par les autres paroles de l'Ecriture : Chassons l'homme d'ici de peur qu'il ne mange du fruit de l'arbre de vie et qu'en mangeant il ne vive éternellement. Ce passage qui parait obscur à bien des interprètes, qui fournit même un prétexte aux incrédules de taxer d'injustice le Créateur, est au contraire un des plus grands témoignages de sa miséricorde pour l'homme; et pour en juger, comparons le crime des premiers esprits prévaricateurs avec celui du 1er homme et comparons aussi la punition de ces premiers avec celle du second et nous verrons que l'homme, devenu par le fait le plus coupable qu'eux, était aussi en quelque sorte plus excusable, et que par justice la miséricorde divine s'est plus manifestée sur lui, dans le choix même du genre de punition.

Les esprits premiers émanés dans l'immensité divine connaissaient à la vérité la puissance de création future des causes troisième et quatrième innées dans le Créateur, mais ils n'avaient reçus aucune puissance, aucun verbe de Création; l'usurpation qu'ils ont voulu faire de cette puissance est donc une révolte absolue et sans excuse, elle est l'effet de leur propre volonté puisqu'alors il n'existait encore point de mal ni de principe de mal qui pût les séduire, ils devinrent coupables sciemment et volontairement et leur crime fut commis dans l'immensité divine, le séjour le plus pur qu'il soit possible d'exprimer. Ils n'ont point consommés leur crime par l'acte, parce que : 1° le Créateur a puni leur mauvaise volonté aussitôt qu'elle a été conçue, 2° parce que, n'ayant point reçus de Verbe ou de puissance de création, l'acte leur devenait impossible.

Ils furent précipités dans l'espace de la création universelle temporelle, qui fut formée à l'instant pour les contenir et les séparer de la cour divine. Ils y conservèrent pour leur punition toute leur puissance spirituelle devenue mauvaise mais ils furent assujettis à ne pouvoir l'exercer que dans les bornes étroites de cette création temporelle sans aucune communication directe avec le principe du Bien qui venait de les chasser de sa présence; ils furent donc morts au bien mais ils emportèrent dans leur prison un rameau de l'arbre de vie et ils conservèrent le funeste pouvoir de vivre constamment dans le Mal et de communiquer cette vie spirituelle mauvaise. Ils avaient voulu diviser l'unité mais ils avaient tenté l'impossible et en punition ils devinrent une unité assujettie, opposée et bornée, qui trouverait son châtiment, son supplice, dans les actes impuissants de cette unité maudite. Le Créateur éternel, après les avoir expulsé de sa cour, resta le maître et le Centre toujours immuable de l'unité divine, le Principe de tout Bien, de toute Pensée, de toute volonté et action spirituelle bonne, et du haut de sa Gloire d'où son unité indivisible préside à tout ce qui existe et existera jamais, il assujettit le chef de la cour démoniaque à être lié étroitement dans le fond des abîmes de cette création temporelle afin que le lieu même de sa prison désigne /encore/ mieux l'opposition immense qui fut dès lors établie entre cette unité factice et abominable et l'unité divine éternelle ainsi que du centre de l'immensité éternelle. La pensée divine régit et gouverne à son gré tout ce qui existe dans la nature universelle, de même le Créateur voulut que le Prince de la Cour démoniaque, du centre des abîmes où il est précipité, pût régir et gouverner par sa pensée mauvaise et par les agents auxquels il l’a communiquée tout son empire afin que cette triste similitude, fruit de leur crime, fût conservée jusqu'à ce que le repentir la fit cesser. Nous voyons donc là [des deux côtés] (mots barrés) de part et d'autre les fruits de l'arbre de vie, mais d'un côté il enseigne la science du Bien, et de l'autre la science du Mal, science qui ne peut cesser que par le repentir de ceux qui la professent, et ils sont incapables de se repentir par eux-mêmes si ce sentiment ne leurs est suggéré par le seul être qui en eût le pouvoir, qu'ils ont eu le malheur de séduire et d'entraîner avec eux. On est effrayé quand on considère combien dans leur aveuglement et par leur malice ils ont aggravés leurs propres maux, en les rendant presque incurables.

Notes diverses sur l'intellect

(101) L'âme ou le mineur est un être émané de la quatriple essence divine, ce qui la constitue active, éternelle, dans les quatre régions universelles; elle correspond et agit sur les trois essences animales de son corps qui sont le Sel, Souffre et Mercure et sur la forme corporelle; ces quatre parties constituant la perfection du corps forment un tout qui devient l'image de l'âme qui existe dans tout corps humain.

(102) L'âme communique à la divinité par l'esprit majeur, mais cette communication est quaternaire comme son essence puisqu'elle est, par son émanation, constituée image et ressemblance divine.

L'Esprit majeur est l'agent immédiat de la divinité dans laquelle il lit la pensée divine et agit ensuite selon les ordres qu'il reçoit, il se communique à son tour à l'homme par son intellect qui devient son agent particulier pour disposer l'âme à sa jonction avec l'Esprit suivant le bon usage qu'elle fait de l'intellect qu'il lui envoie, ce qui établit la communication quaternaire dont il est parlé ci-dessus, savoir l'âme l'intellect, l'esprit majeur et la Divinité.

L'intellect n'est point un être distinct actif et éternel comme les êtres spirituels émanés du sein de la Divinité. C'est une émanation momentanée de l'Esprit majeur destinée à une action passagère en faveur de l'âme à laquelle l'Esprit désire de s'unir; il n'est autre chose que /l'agent de/ la communication que l'Esprit établit entre lui et l'âme ou le mineur, pour lui insinuer la pensée bonne qu'il enfante en sa faveur. C'est cette insinuation de pensées bonnes ou mauvaises qui actionnent sur le mineur, que nous appelons intellects bons ou mauvais, et qui opèrent sur lui selon l'usage qu'il fait de sa volonté propre, pour les admettre ou les rejeter.

L'Esprit majeur bon, étant un être très pur, ne peut communiquer directement avec un être souillé, s'il n'a été préalablement, par une purification volontaire, (appelé ?) à cette communication. C'est pour cela que l'esprit députe à l'âme son intellect qui est sa propre faculté pour lui suggérer la pensée qu'il a enfanté en sa faveur; pensée qu'elle est devenue incapable d'enfanter elle-même si elle ne lui est suggérée, afin que cette pensée opère /son effet/ dans l'âme [son effet] (mots barrés) par le secours de la bonne volonté qui doit la réactionner afin que de ce travail il en naisse de bons désirs qui deviendront à leur tour un véritable intellect de l'homme sur l'esprit majeur. La continuité et la pureté de ces désirs tendant à purifier l'âme dans laquelle ils naissent doit nécessairement produire aussi son effet sur l'esprit qui se rapprochera en multipliant ses bons intellects jusqu'à ce qu'il trouve l'âme assez préparée, assez pure, pour s'unir lui-même avec elle; c'est cette union intime de l'esprit majeur à l'âme qui ne peut jamais être ici-bas que momentanée parce que l'homme qui s'est assujetti à une forme matérielle est condamné à la privation tant qu'il sera uni à cette forme qui est sa punition, c'est dis-je, cette union qui fortifie puissamment toutes les facultés de l'homme, [qui se fixent dans la pratique du Bien] (mots barrés) qui diminue la violence du combat et la fixe dans la pratique du Bien; ce que l'on appelle habitude du Bien.

La même chose s'observe entre l'âme et le principe mauvais. Le Prince des démons est le créateur de la pensée mauvaise comme la divinité est le centre commun de la pensée bonne; les esprits majeurs pervers manifestent leur pensée démoniaque conformément à celle de leur chef. Dans toute la cour démoniaque, ils s'efforcent sans cesse de l'insinuer à l'homme pour le séduire, ce qu'ils font aussi par la voie de leurs intellects, qu'ils émanent et députent, pour venir entourer la forme corporelle de l'homme, le séduire par l'attrait des sens dont ils excitent l'aiguillon et de là assiéger le mineur qui y est renfermé pour lui faire retenir impression de la pensée mauvaise qu'ils lui suggèrent. Si l'âme ainsi actionnée n'a point encore obtenu de jonction avec l'esprit bon, ni avec le mauvais, elle éprouve un état de combat dans la tentation très pénible; parce que l'intellect de l'esprit bon qui veille sans cesse sur elle vient à son secours pour la défendre contre l'impression de l'intellect mauvais et ce combat dure jusqu'à ce que la volonté ait fait son choix; l'âme en faisant son choix chasse loin d'elle l'intellect bon ou mauvais dont elle a refusé l'insinuation pour s'unir de volonté et d'action à celui qu'elle a librement préféré; or la réjection constante de l'un doit puissamment fortifier l'action de l'autre qui reste pour ainsi dire toujours présente, jusqu'à ce que l'intellect /agent/ soit parvenu à rapprocher tellement les deux êtres sur lesquelles il actionne qu'il les unisse ensemble. Et c'est cette jonction immédiate de l'esprit à l'âme opérée par l'intellect qui établit l'union de volonté et constitue ce que l'on appelle habitude au bien, habitude au mal.

L'homme déchu de ses droits et devenu incapable de créer la pensée qui peut le rapprocher du Créateur, mais par un effet de sa miséricorde infinie pour sa créature, il lui fait suggérer cette pensée bonne par ses agents afin qu'elle produise en lui de bons désirs, et voilà la grâce suffisante universelle. L'homme écoutant, épurant, ces bons désirs effet naturel de la pensée bonne qui lui a été suggérée, mérite de plus en plus les secours et la protection de l'esprit; ses secours lui sont apportés par l'intellect dont la présence devient plus habituelle, et opère enfin la jonction /immédiate/ de l'âme avec l'esprit; cette jonction étant faite, l'âme est entièrement fortifiée et l'intellect bon entoure le mineur pour le défendre et repousser les attaques des intellects mauvais, et voilà la grâce efficace.

(Le texte suivant n'est plus de la main de Willermoz.)

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