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Hauts Grades

JB Willermoz : instructions pour les élus Coens (5)

1 Avril 2012 , Rédigé par JB Willermoz Publié dans #histoire de la FM

25e Juin 1776

 (103) La prière de six en six heures tendant à demander de participer à l'action des êtres qui veillent et agissent sur cet univers, je désirerais savoir ce que je puis connaître de cette action et de son but ? N'ayant point entendu sur cette importante prière l'instruction du [Me d'Hauterive] (Mots rayés) je désirerais connaître quelques détails sur sa nécessité pour m'en mieux pénétrer.

(104) De cette question en résulte une plus générale et bien importante. Les nombres sont l'expression de la loi et de la nature des êtres. Il me semble que nos P(uissants) M(aîtres) nous les ont plus présentés sous ce dernier rapport que sous le premier; comme expression de la loi ils doivent déterminer et diriger l'action des êtres de toutes les classes; c'est ainsi que dans le temporel matériel on voit leur action avoir un cours réglé, comme les saisons par exemple, etc. Je désirerais bien connaître quel est dans un ordre supérieur le cours de l'action spirituelle qui répond à l'action physique, son objet et les devoirs que cette connaissance impose à l'homme de désir.

(105) Quelle était la position de l'homme primitif créé Dieu de la terre par rapports aux agents planét(aires). Sa liberté, sa nature, ses fonctions même, surtout celle de réconciliateur, établissent la supériorité dont il était revêtu [pour] (mot barré) sur eux; mais avait-il quelqu'empire sur leur action qui me semble destinée dès lors à concourir au but de la mission de l'homme, serait-il possible d'avoir quelques détails sur cette question et les divers objets qu'elle embrasse ?

(106) Aujourd'hui la position de l'homme est bien changée. S'il a eu quelqu'empire sur cette action. Il n'est plus destiné qu'à en profiter par son travail, par ses désirs, par sa prière. Sans doute il est réduit à l'invocation de ces êtres, soumis à la nécessité de se les concilier.

Quel est le culte qu'il leur doit ? Quels sont les secours qu'il peut en attendre ?

Si je ne me suis point mépris sur le but de la prière de six en six heures, la question précédente mène à une autre, le mineur juste qui, ayant rempli la tâche de cette vie matérielle, achève son cours temporel jusqu'à ce qu'il soit parvenu à sa réintégration totale, n'est-il point associé à l'action des êtres ou agents planétaires quant au spirituel, ces deux actions qui doivent être différentes sont sans doute combinées; en quoi différent-elles ? De quel secours peuvent-elles être à l'homme, comment en pareil cas peut-il se concilier ces secours ? Cette action présumée serait-elle l'objet de ce que l'Eglise appelle l'invocation des saints ?

(107) Me trompais-je en pensant que si ce culte appartient à l'Eglise Xne (Chrétienne), c'est qu'avant la venue du Rédempteur, quelques puissants qu'eussent été les premiers Elus, le Christ n'avait pas encore rempli en entier la tâche puissante de miséricorde qu'il est venu accomplir. Ceci cependant est dans le cas de faire naître quelques doutes, car le caractère et la mission des premiers élus paraissent plus marqués, plus forts, que /dans/ ceux qui ont suivi.

(108) Le pervers ne peut [remplir et] (mots barrés) exercer sa volonté et puissance mauvaise qu'en imitant la marche de la puissance souveraine et bonne. Les agents spirituels bons employés par le Créateur n'ont-ils pas autant d'antagonistes dans les agents particuliers du pervers à peu près comme l'intellect mauvais se trouve près de l'homme en opposition de l'intellect bon ? Peut-on penser que les agents planétaires sont également en opposition et en aspect d'autres agents démoniaques, dont l'action spirituelle mauvaise s'étend sur l'homme, sur les nations et les sociétés à mesure qu'ils abusent de leur liberté, et dont l'action physique se montre par les désordres et les bouleversements qu'éprouve le monde matériel, jusqu'à ce que peut-être elle se manifeste d'une manière plus sensible lorsque l'action des êtres qui la contiennent sera retirée ?

(109) La renonciation des métaux dans une certaine circonstance, un fait peut-être digne de remarque si on en avait l'explication précise, la similitude des caractères qui représentent les planètes et les métaux, caractères qui nous sont venus des peuples du midi si je ne me trompe, n'aurait-elle point de rapport à la question précédente ?

Tandis que l'Elu renonce à l'or, à l'argent, au cuivre, dans le grade subséquent la puissance attachée au fer lui est confiée. Il devient attaché plus particulièrement à l'agent de Mars, l'un des quatre agents spirituels supérieurs, c'est, si je ne me trompe, le sens et l'objet de la cérémonie; alors ne faudrait-il pas supposer qu'il y a entre les quatre agents planétaires supérieurs et les trois agents planétaires attachés à la région terrestre une différence qui autorise celle que je remarque dans les cérémonies des deux grades ? Mais pourquoi l'or, emblème du soleil, l'un des agents planétaires supérieurs, est-il rejeté ? Serait-ce parce que le même emblème peut se présenter sous une infinité de faces différentes, ou bien parce que l'action de l'astre qui y répond est plus particulièrement affectée aux corps ? Cette dernière raison me paraît la plus forte; je désirerais savoir si la fonction de l'agent solaire est purement bornée au corporel comme l'expérience semble l'annoncer ?

(110) La division et l'image des trois éléments constitutifs de tout corps se montre dans les individus des trois règnes; on la retrouve encore dans les différentes classes qui composent les règnes, ainsi, dans le règne animal, les espèces qui volent représentent le feu, les quadrupèdes, la terre, et les poissons, l'eau; peut-être dans le règne végétal les plantes grasses, terrestres et aquatiques offrent-telles le même tableau, mais un peu moins distinct; dans le règne minéral il devient encore plus difficile à bien observer; cependant je ne puis m'empêcher de voir les cailloux et les terres répondre au mercure, les sels au sel; il faut donc que les métaux répondent au souffre, et représentent dans la dernière classe des êtres matériels le plus actif des éléments; ils l'y représentent comme il convient d'une manière bien plus enveloppée et bien moins distincte que dans les classes supérieures quoique partout il soit caché plus que le sel et le mercure, soit à raison de ce que ces deux éléments sont plus grossiers, soit parce qu'ils sont destinés à être partout l'enveloppe tandis que le souffre occupe le centre. Si mon raisonnement était juste je m'étonnerai moins de la relation que je soupçonne entre les métaux et les planètes; je désirerais, s'il est possible, quelques détails sur ces objets.

Le temps porte le nombre de la matière, sa division annonce sa fin, le passé annonce le présent, le présent amène le futur, le futur engloutira le présent et le passé. Ainsi, dans une longueur donnée, les deux extrémités et le milieu forme l'étendue, ainsi se retrouve dans tout ce qui est corporel la division ternaire de la matière, aucun instant ne peut exister sans /qu'on puisse/ y remarquer les trois divisions essentielles du temps. Il est donc neuvaire comme la matière pour laquelle il a été créé. Il doit finir, mais sa réintégration n'appartient-elle pas à une région au-dessus de la région matérielle ? comment se fera-t-elle ? Le ternaire du temps parait en effet d'une nature différente de celui de la matière qui se montre tout à la fois, tandis que l'autre ne se développe que successivement.

(111) Je voudrais chercher à fixer, toute imparfaite qu'elle est, la notion que je puis avoir des nombres,; il m'est aisé d'apercevoir à travers l'obscurité qu'elle me présente que cette connaissance peut renfermer les choses les plus sublimes.

Je n'avais jusqu'à présent vu dans les nombres qu'une abstraction simple des qualités des objets pour ne les considérer que relativement à leur quantité, à leur multiplicité, à l'ordre dans lequel ils se succèdent, ou se trouvent placés.

Il est néanmoins vrai que les opérations par lesquelles nous les combinons nous montrent qu'ils sont assujettis à des lois immuables; l'effet de ces combinaisons s'aperçoit de la manière la plus claire, et l'esprit satisfait de la netteté avec laquelle il les conçoit ne remonte pas plus haut.

L'idée qui présente ces mêmes nombres comme l'expression la plus simple et la plus claire des lois de l'univers, et des substances intellectuelles, ouvre à l'esprit étonné une carrière bien plus satisfaisante; la variété immense des effets de la nature ne devait nous paraître que l'effet d'un seul principe, auquel toutes les causes secondes étaient subordonnées, et que notre éloignement nous empêchait d'apercevoir. Or, rien ne doit plus approcher de ce principe que les nombres, dont la nature est de s'appliquer partout, de présider essentiellement à toute composition et décomposition.

Mais ces nombres doivent être envisagés autrement que comme une expression de choix et de convention qui, dès lors, serait sujette à erreur. Ils sont l'expression nécessaire de ce qu'ils désignent; ils ne sont pas l'ouvrage de la création, ils n'ont que l'avantage d'en être l'emblème plus précis que d'autres objets où le même emblème répété sans cesse mais d'une manière moins claire, présente partout ce principe unique d'où dépendent les lois de l'univers et que nos efforts devaient désespérer d'atteindre.

Sous ce point de vue qu'il est difficile de ne pas adopter et que son universalité doit établir de plus en plus à mesure qu'elle est mieux connue, on doit pouvoir lire l'histoire de la nature dans les propriétés et les rapports des nombres; j'ai cru voir dans la création, où tant de causes secondes bornaient et égaraient notre vue, la répétition infinie d'un même principe. Je trouve dans les nombres cette même répétition; les nombres composés ne sont que l'agrégation des nombres simples qui au delà du dénaire se répètent continuellement. Ainsi ce dernier nombre renfermera tout; ainsi nous n'avons considérer que cette série, renfermée à son tour dans le quaternaire que contient l'unité, principe et fin universelle de tout.

(112) L'unité indivisible identique est le principe et la fin universelle, l'auteur et le lien de toute série; inaltérable, impassible, elle présente l'infini en tout sens, elle est partout et n'est contenue par rien, sans elle rien n'existe, elle est le centre universel.

(113) Comme l'unité existe par elle-même, que son essence est d'être seule et indivisible, le nombre deux est le nombre de la confusion. Il ne peut y avoir deux unités que leur nature ne soit opposée, l'une vraie, l'autre fausse. Le nombre binaire porte donc le caractère de l'usurpation et de la rébellion, il indique le mauvais principe mis en opposition au bon et en cela il a avec le quinaire revêtu des mêmes caractères plusieurs ressemblances qu'il est sans doute utile de remarquer.

1° Que contenus tous deux dans le dénaire ils n'y sont renfermés que multipliés l'un par l'autre.

2° Que le quinaire [joint au] (mots barrés) n'étant que le résultat du nombre ternaire de la création joint au nombre deux, il présente par rapport à la création dans la pureté de son origine non pas la même opposition mais une opposition semblable. Si au lieu de considérer le triangle simple je considère le double et que j'y ajoute également le nombre quinaire qui est le second nombre de prévarication, ils me donneront onze qui me ramène au nombre deux, première source de prévarication et de confusion.

3° Que ces deux nombres de ténèbres remplissent l'un et l'autre l'intervalle qui sépare la création du Créateur, comme le nombre binaire sépare le ternaire d'avec l'unité, ainsi le quinaire sépare le sénaire, second nombre de création, d'avec le quaternaire qui est l'unité divine jointe à la nature humaine dans son état de faiblesse et de dégradation.

(114) Le nombre trois est le nombre de la création; la figure la plus simple qu'elle puisse présenter est triangulaire; elle est le produit de trois éléments composés eux-mêmes de trois essences, elle est l'ouvrage d'une double action d'êtres ternaires, ainsi elle embrasse les nombres /3,/ 6 et 9, qui multipliés par quelque nombre que ce soit rentrent toujours dans eux-mêmes, et présentent toujours le principe d'où ils sont partis. Ainsi, à la dissolution de la création, les éléments séparés dans les corps qu'ils composaient, seront eux-mêmes dissous et résolus dans les essences qui les constituaient; leur réintégration les ramène au principe d'où ils étaient sortis.

(115) J'ai entrevu l'emblème le plus sublime du quaternaire, qui nous montre la Rédemption, ouvrage de la miséricorde et de la puissance divine, comme l'effet et le résultat des lois immuables établies par le souverain principe. Considérons ses propriétés et ses rapports.

Comme dans les superficies, la figure triangulaire est la plus simple, de même dans les solides la plus simple des formes est quaternaire; trois côtés composent une pyramide élevée sur une base triangulaire /qui donne 3, le sommet (un)/ qui la termine [4] (chiffre barré) vient la compléter, et former le quaternaire.

Le quaternaire est le milieu, entre le septénaire et l'unité, le septénaire est éloigné du quaternaire d'autant de degrés que le quaternaire lui-même l'est de l'unité. Sa position nous rappelle encore le bienfait ineffable de la Rédemption, et comme la création est séparée de l'unité par les nombres 2 et 5, elle s'en rapproche par le nombre quatre qui rétablit la communication entre le créateur et la créature, ainsi, par le Christ, les hommes seront sauvés, ainsi par lui est rétablie la communication de l'homme avec l'être souverain, et lors même que /par/ l'effet de la prévarication un décret immuable établit cette séparation qui fait tous nos maux, la bonté divine sait concilier sa miséricorde infinie avec l'immutabilité de ses lois.
Placé entre l'unité et le dénaire, entre le principe et la fin qui ne se touchent que pour se confondre, le quaternaire renferme plusieurs des propriétés de l'un et de l'autre des deux nombres comme l'unité il renferme en lui-même le dénaire complet, comme le dénaire il se confond par conséquent avec l'unité, dont il est la répétition, dont il partage la nature. Si je réunis tous les nombres que renferme le dénaire leur produit 55 me redonnera le dénaire, c'est-à-dire tout ce que renferme déjà le quaternaire. Ainsi le nombre quaternaire m'offrira la nature divine [unie à la nature humaine]
(mots barrés) dans son principe mais unie à la nature humaine, la nature divine engendrée et régénératrice.

Une autre ressemblance se montre entre le quaternaire et le dénaire; de même qu'en réunissant depuis 1 jusqu'à 10 tous les nombres qui composent le dénaire j'ai obtenu 55 ou 10, ainsi, faisant la même opération depuis 4 jusqu'à 10 je retrouve mon quaternaire inaltérable par son essence ainsi que l'unité qui l'a produit et le dénaire qui répète l'unité.

4 5 6 7 8 9 10

9 15 22 30 39 49

6 4 3 12 13

 

[Précis de la pénultième Instruction du Me d'Hauterive

du mercredi 4 8bre (octobre) 1775]

(116) [Sur les rapports de la formation, reproduction, végétation et réintégration des corps avec la production primitive, entretien et réintégration des essences fondamentales pour la création de l'univers.

Autres rapports de la reproduction, végétation et réintégration des corps avec la régénération, végétation et réintégration spirituelle.]

(Les deux paragraphes précédents sont barrés.)

Dès que les esprits premiers émanés eurent conçus leur pensée orgueilleuse et se furent livrés à leur volonté mauvaise, le Créateur en eut connaissance, aussitôt il créa l'espace pour être un lieu de sujétion, de privation et de réconciliation pour ces esprits pervers qu'il y précipita.

Dès qu'il eût conçu d'opérer cet univers physique de matière apparente, le plan s'en présenta à son imagination divine sous la forme d'un triangle équilatéral qu'il fit descendre en présence des esprits mineurs ternaires auxquels il donna l'ordre de l'exécuter en faisant usage des facultés qu'il avait innées en eux et suivant le plan qu'il leur présentait, au centre duquel était son Verbe ternaire que nous reconnaissons être le principe de la réaction universelle.

Ils descendirent eux-mêmes de leur cercle pour envelopper et servir de barrière à l'espace, ils sortirent de leur sein les essences spiritueuses qui étaient innées en eux comme étant dépositaires du Verbe ternaire de Création, elles étaient en aspects les unes des autres dans un état d'indifférences et sans forme, ce que l'Ecriture appelle le chaos. Mais dès qu'ils les eurent travaillées, opérées et mis entre elles une distinction, c'est-à-dire dès que l'une eût acquis une propriété plus solide, l'une plus fluide, et l'autre plus aquatique, ils y insérèrent un véhicule de leur propre feu que nous reconnaissons être le principe d'action corporelle ou la vie passive des corps. Dès lors furent formés tous les germes des corps qui devaient être dans cette création universelle.

L'Esprit doublement puissant du Créateur descendit dans le matras philosophique; il y fit sa jonction spirituelle avec le principe d'action corporelle qui y était inséré par les esprits de l'axe feu central et par cette jonction il y établit un principe de réaction universelle qui donna la vie et le mouvement à toutes les formes qui y étaient renfermées. La retraite de l'Esprit doublement fort de cette masse chaotique en opéra l'explosion et dès lors tout pris la place qui lui était assignée par l'Esprit fort du Créateur pour agir et opérer dans cet univers physique pendant toute la durée des temps qui lui fut prescrite.

Voilà pourquoi nous disons que cet univers physique fut créé par le nombre sénaire que Moïse présente mystérieusement dans la Genèse sous l'image de six jours; nombre dont nous sentons la justesse par la jonction du double triangle, car le véhicule inséré par les esprits de l'axe dans chacune des trois essences fondamentales étant une émanation d'eux-mêmes et de leur propre essence était bien un principe d'action ternaire et de vie dans les corps formant le triangle inférieur corporel et passif. Mais cette vie aurait resté comme nulle et sans mouvement si elle n'eût été vivifiée elle-même par un principe supérieur aux êtres qui l'avaient insérée, c'est l'action de cet être supérieur sur le principe de vie passive qui a opéré cette vivification indispensable pour la vie et l'entretien des corps; elle doit donc porter aussi avec elle son nombre ternaire particulier puisqu'elle agit sur un nombre ternaire qu'elle embrasse complètement. Or, la réunion de ces deux ternaires forme bien le nombre sénaire qui a opéré la facture de cet univers physique et qui entretient la vie de tous les êtres corporels qui y sont renfermés, ce qui nous est représenté par la jonction des deux triangles équilatéraux dont l'un supérieur actif opère sans cesse la réaction de l'inférieur passif. C'est pourquoi nous donnons le nombre 3 aux esprits de l'axe producteurs des principes corporels ou essences fondamentales et que nous donnons le nombre 6 aux esprits chargés par le Créateur d'entretenir la vie des corps, puisque ceux-ci participent à l'action des premiers en réactionnant sans cesse sur le principe de vie qu'ils ont insérés dans les corps

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Ici s'arrête le texte des "Instructions" de Willermoz.

 

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