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Hauts Grades

Je suis Maître : comment poursuivre mon chemin ?

20 Octobre 2014 , Rédigé par T\ S\A\ Publié dans #Planches

INTRODUCTION
A la GLDF, nous pratiquons les trois premiers degrés du REAA, et nous sommes tous solidaires de l’Ordre Maçonnique.
Cette dernière affirmation nous indique que notre engagement va au delà de
l’Obédience, au delà du Rite, qu’elle nous rattache à la FM:. Traditionnelle et Initiatique.
Cet Ordre Universel, d’essence indéfinissable, ne peut être abordé qu’avec “notre cœur et notre intuition”.
Il nous appartient donc de connaître le contenu initiatique et traditionnel du Rite, de nous imprégner de ses permanences et principes fondamentaux, et ce afin d’assurer la pérennité de l’Ordre.
C’est pourquoi, avant d’aborder le troisième degré et voir si la maîtrise est un aboutissement, un palier, un passage ou une ouverture sur la voie de la Connaissance, permettez-moi un préalable. Ce préalable doit nous permettre de vérifier si nous sommes d’accord sur la réalité de notre démarche et sur notre engagement initiatique.

INITIATION
Pour moi, l’initiation doit être comprise comme une démarche individuelle, comme une dynamique de vie. Elle ne peut être réduite à des instants ou à des actes privilégiés.
Elle ne peut être réduite à un instant, fut-il initial! Elle est avant tout une construction, ou plutôt une reconstruction de l’individu dans toutes ses composantes, suivant un projet individuel de perfectionnement et de spiritualisation.
La démarche initiatique est donc reconstruction du Moi, comme reconstruction du Soi! L’initiation est plus encore; elle est écoute, elle est ouverture, elle est disponibilité, mais aussi réactions à soi, à l’autre, au monde, à la nature, au cosmos, à l’Univers, au GADLU.
L’initiation n’est pas non plus et seulement la mise en place de cette dynamique de reconstruction, elle est permanence et à ce titre, une démarche, une voie!
L’initiation devient ainsi une sorte d’énergie, sublimée par le désir de connaissance qui amène l’homme vers sa transcendance.
Pourtant si la démarche initiatique semble être une voie privilégiée, celui qui l’emprunte doit se rappeler cette parole du sage: “quand on estime avoir tout fait, il reste encore une chose à faire: se refaire”
Chacun d’entre nous doit prendre conscience de notre capacité d’évolution et de perfectionnement. Et cette démarche ne peut qu’être profondément vécue, à la fois dans l’épreuve et le dépassement, dans le doute et la certitude, dans la déconstruction et la reconstruction, mais toujours dans la foi et l’espérance.
Par contre cette initiation ne peut s’effectuer qu’au sein d’un collectif! L’acte
initiatique ne peut avoir lieu que dans un espace-temps sacré, crée par un engagement collectif.
C’est la raison d’être et le but des rituels initiatiques que de permettre à un groupe de créer cet espace-temps sacré, que de créer un égrégore.
Les rituels sont de véritables outils, ils permettent de rassembler les forces spirituelles qui sensibiliseront l’impétrant à lui-même, à son environnement, aux autres; il sera également sensibilisé au Principe Créateur qui lui fera prendre conscience de la montée dans les degrés de l’initiation.
L’initiation doit s’inscrire enfin dans un projet collectif de perfectionnement du collectif. C’est par le perfectionnement de l’homme que se fera le perfectionnement de l’humanité!
C’est en ce sens, me semble-t-il, que le projet initiatique est un projet humaniste.
Au REAA, l’initiation peut nous conduire encore plus loin: travailler à la gloire du GADLU, c’est combattre pour le triomphe de l’esprit, pour le triomphe d’une spiritualité issue de la Connaissance!
Ce préalable posé, voyons si le contenu initiatique de ce troisième degré peut constituer un aboutissement, annoncer le commencement d’un nouveau cycle, et quelles sont les réponses qu’il apporte, les questions qu’il suscite.

PERSPECTIVES DU CONTENU INITIATIQUE
La démarche de l’initié, jusqu’à son élévation à la maîtrise, a été de retrouver en lui l’homme spirituel, harmonisé, ayant surmonté ses contradictions intérieures pour s’accorder à son environnement extérieur.
La première mort a consisté pour lui à se dépouiller de ses enveloppes les plus grossières.
La seconde mort est plus profonde: l’initié meurt à lui-même, à sa propre personnalité. Savoir mourir est ainsi la démarche clef de l’initié en quête de Vérité, car en mourant, il se dégage de ce qui est inférieur pour s’élever.
L’Initié tombe sous les coups des trois mauvais compagnons, allégories de l’Ignorance, (incapables de saisir l’esprit), du Fanatisme (réducteur du temple), de l’Ambition (tour de Babel ne menant nulle part)!
Nos véritables ennemis sont en nous et résultent de l’usage inapproprié de nos facultés, de l’usage déformé de nos propres vertus.
Ces trois compagnons, c’est peut-être nous, qui, par le maniement incorrect de nos outils, ensevelissent à jamais le Maître qui est en nous; et nous sommes incapables alors de retrouver l’endroit où fleurit l’acacia!
Face aux apparences de l’homme banal, qui ne sont faites que d’écorce morte, il faut donc mourir, car seule la mort sépare le subtil de l’épais, dégage l’esprit de la matière.
La légende d’Hiram, que mime l’initié, est la consécration de la démarche initiatique: le compagnon est reconnu apte à la Maîtrise et va s’élever à cette Maîtrise.
Son ascension a été transcendante: vers l’Esprit, vers le Maître qui se trouve en lui et qui déterminera ses actes.
Sa mort lui fera désormais prendre conscience que la cause de l’Homme est en lui, tout comme la cause de l’Univers est intérieure à l’Univers lui-même.
La mort initiatique, c’est notre propre capacité à tuer la vie à laquelle nous sommes promis et de renaître à la vie de l’esprit, qui est la seule à pouvoir apporter la paix et la joie.
Hiram est mort, il faut retrouver la tombe où fleurit l’Acacia, cette tombe qui est en nous; nous recherchons la parole perdue par la réintégration finale de nous-mêmes, dans notre essence propre, par l’intellect, le cœur, le rythme de la lumière et de l’harmonie.
Ce souvenir et cette espérance demeurent au plus profond de nous: c’est peut-être la parole retrouvée.... j’en doute, mais c’est déjà la renaissance!
La renaissance d’Hiram, c’est la renaissance du Maître qui est en nous, rappel de la chute originelle de l’homme perdu dans ses contradictions insurmontables, car il a enfoui son Esprit dans le tumulte et l’opacité d’une vie sans lumière!
Notre mort initiatique, notre résurrection dans notre être physique et dans notre esprit, c’est notre conscience perdue et retrouvée, parcelle du GADLU.
Si la mort initiatique s’est poursuivie depuis l’entrée dans le temple jusqu’à l’élévation à la Maîtrise, la mort d’Hiram n’apparait pas comme le reflet de la mort de l’initié: Hiram n’a plus à mourir au monde puisqu’il a atteint l’absolu de l’initiation.
Sa mort n’est qu’apparence puisque rien ne peut tuer l’Esprit, la Conscience!
L’initiation a eu pour effet d’harmoniser ce qu’il y a en nous: l’envers et l’endroit, la raison et la déraison, le désespoir et l’espoir, les deux colonnes J et B appelées à se transformer, à se fondre en une colonne centrale qui figure l’être absolu, l’être idéal, ou si l’on veut la pensée et la vie, la fusion de la matière et de l’esprit, la beauté pure!
Oui, le mythe d’Hiram, proposé par le Rite, est bien la synthèse de l’ascension vers la Lumière.
Par l’approche de l’éternel retour, parce que sa mort lui a procuré la force de rattacher le commencement et la fin, l’initié libère son esprit de l’absolu des choses.
La mort et la résurrection qui consacrent l’unité de l’être temporel et de l’être intemporel, assurent la pérennité de l’œuvre.
Cette mort initiatique nous rappelle que nous sommes mortels en tant que simples existants et immortels là ou nous apparaissons dans le Temps, comme ce qui est éternel.
Mais c’est bien l’Amour qui doit soutenir la démarche initiatique jusqu’à la mort; l’initié sort de sa torpeur grâce à l’appui des Maîtres en qui revît l’Esprit d’Hiram. Les Maîtres mettent en commun leur intelligence, car la pensée demeure fragmentaire lorsqu’elle est dissociée de la multiplicité des individus et des temps.
A ce stade j’accepte l’idée, qui est celle sans doute de bon nombre de frères et certainement des plus anciens, que le mythe d’Hiram est le mythe fondateur du REAA!
Ce que je peux dire plus sûrement, c’est que le troisième degré est la clef de voûte de l’édifice rituel et initiatique de l’Ordre Écossais.
En même temps, tous les grades qui se mettent en place laissent à penser que bien au delà de la recherche de la Parole perdue, la Maçonnerie Traditionnelle cherche à pénétrer les secrets des anciennes initiations dont elle est héritière.
Ainsi donc, lorsqu’une volonté d’organisation de tous ces grades va se manifester, le mythe d’Hiram servira naturellement de fil d’Ariane.

MYTHE D’HIRAM ET PAROLE PERDUE
A ce troisième degré du Rite, les secrets de la construction sont perdus et le nouveau Maître qui ne dispose que des “Mots Substitués” doit rechercher par le monde les secrets véritables du Maître Maçon! Il sera ainsi amené à la rencontre de sa véritable nature spirituelle, comme nous l’avons vu.
Le Maître est devenu respectueux de l’ordre découvert, c’est à dire de son ordre intérieur, de lui-même.
Il est passé d’une conscience éclatée au premier degré, réorganisée au deuxième degré, à une conscience harmonisée en accédant à la Chambre du Milieu!
Les outils opératifs sont devenus une clef d’accession aux Mystères du Rite, et une ouverture spirituelle l’invite à prolonger l’action humaine et terrestre des trois premiers degrés symboliques.
Les mots substitués deviennent la Parole Perdue.
A première vue, le terme Parole semble indiquer un message, donc un savoir essentiel à l’initié en quête de Lumière initiatique, savoir que l’humanité aurait possédé aux origines. Son sens serait occulté parce que l’homme, en raison d’une involution, aurait perdu le pouvoir de comprendre.
De ce message antique devenu illisible, il ne nous resterait qu’un univers de langues symboliques émiettées, véhiculées par notre tradition maçonnique, par de multiples traditions initiatiques et l’immense patrimoine humain des mythes!
Et cette Parole Perdue qui revêt des formes variées et déroutantes, ne permet pas de savoir la nature exacte de cette Parole dont nous avons à quêter les sens.
Où faut-il la chercher, sous quelle apparence symbolique?
S’agit-il du secret Véritable des Maîtres Maçons, perdu par la mort d’Hiram? Est-ce le Nom inconnu du Grand Architecte? Est-ce la somme des messages ésotériques que renferme le Volume de la Loi Sacrée? Est-ce l’ensemble des grands mythes de l’humanité?
Il nous faut opérer une véritable fouille archéologique de toutes les traditions pour retrouver les morceaux de la Parole, que nous sentons à la fois vivante et remplie de mystères.
Peut-être n’y a-t-il pas de plus beau symbole de cette quête que la recherche, au cours de l’initiation au troisième degré, du corps d’Hiram assassiné dans ces ténèbres profondes!
L’Architecte du Temple de Salomon est tué et l’œuvre reste inachevée; lui seul devait en posséder le plan et savoir que le Temple devait figurer la face visible et invisible du Cosmos.
Le Secret des Maîtres Maçons c’est probablement le sens ésotérique de l’architecture du temple de Jérusalem, modèle de tous les temples.
Une question peut cependant se poser à propos du mot de Maître qu’Hiram refusa de
livrer.
S’agissait-il du Nom inconnu du Grand Architecte? On sait que dans de nombreuses traditions initiatiques et religieuses, le Nom Divin fait l’objet d’un interdit absolu, conformément à l’idée du Sacré.
Alors pourquoi ce Nom doit-il rester le secret des secrets? Pour quelles raisons doit-il rester ineffable? Est-ce que sa possession serait une voie de communication et de rencontre avec l’Etre Absolu?
Le désir de connaître le Nom est une expression éternelle de l’orgueil humain, de son désir d’identification au divin et de son insatiable volonté de puissance.
Personne ne peut même dire, si, aux origines, le Nom du Grand Architecte a pu être
connu!
Ce qui est certain, c’est que l’interdit qui le frappe permet de le considérer comme une figure de la Parole inaccessible, sinon perdue, symbolisant la distance impossible à franchir entre l’humain et le divin.
Selon la Tradition, la Parole Perdue est associée à l’idée d’une “Connaissance Primordiale des Mystères” située aux origines de l’humanité et dont elle serait aujourd’hui privée!
Toute démarche initiatique ne serait qu’un travail inlassable pour tenter de la retrouver.
Par conséquent nous pouvons penser que cette connaissance n’est pas irrémédiablement perdue, puisque nous essayons de la recomposer à partir des mythes, des rites, des constructions symboliques.
Mais notre œuvre de recomposition est hasardeuse, car notre recherche ne porte que sur les substituts de la Parole, sur des traductions humaines de ce qui fut révélé à nos ancêtres!
Dans cette recherche d’une connaissance perdue, il existe un recueil qui nous a toujours servi de référence pour l’élaboration de nos rites, de notre symbolique et de notre pensée: c’est la Bible que nous appelons VLS\ par opposition au livre sacré des deux religions.
La Bible nous explique pourquoi la Parole a été perdue, comment elle a été rétablie par l’offre divine de l’Alliance, pour obtenir de lui la soumission à l’autorité du Sacré.
C’est ce qui peut rendre crédible l’idée que le Livre véhicule des éléments de la Connaissance Primordiale.
C’est pourquoi la FM\ Traditionnelle a fait de la Bible la référence centrale de ses rites, de sa pensée initiatique, de son éthique de la fraternité.
S’il m’est permis de hasarder une opinion sur le sens de la parole Perdue, je peux dire qu’il y a une recherche de retour à l’état primordial de notre être!
État de communication, voire de communion avec la source originelle de la Lumière qui projette dans l’aventure initiatique les pèlerins de l’Etoile.
Cette communion des origines du Verbe et la compréhension du sens ésotérique de la Parole forment la double substance du Secret Maçonnique, qu’il appartient au Maître de découvrir en d’autres lieux.
Car cette Parole a éclaté en mots substitués, en symboles épars, que nous travaillons à rassembler chacun pour notre compte et en commun, à travers nos échanges fraternels.
Nous sommes là dans le champ de la construction du Temple inachevé de la Connaissance qui se confond avec la reconstruction de la Parole Perdue!
Nous voyons bien que ce thème porte en lui la raison première d’une progression initiatique sur la voie du Rite, au delà du troisième degré.
Et bien sûr de nouvelles questions qui appellent des réponses, n’en doutons pas, à des niveaux différents de connaissance initiatique! Aurons-nous la capacité à inscrire notre œuvre et nous mêmes dans l’espace et le temps, à nous élever en même temps que notre œuvre?
Il faut bien admettre que le Maître Maçon est encore en suspens entre l’équerre et le compas, entre ciel et terre certes, mais avec la face toujours tournée vers la terre.
Après l’avoir fouillée, il lui faut maintenant scruter le ciel, passer de l’équerre au compas pour rechercher la Vérité dans son subconscient et l’amener à la conscience.
Cette démarche le délivrera et dirigera son regard vers le ciel, vers les hautes régions de la Connaissance Spirituelle.
Mais ce parcours exige volonté et persévérance et la libération espérée suppose une tension de l’être tout entier, une mobilisation totale des facultés de l’intelligence et du cœur. Pierre à pierre, le chantier s’organise et se précise jour après jour.
Tout en sachant que nous sommes notre propre artisan, nous avons trop conscience de notre imperfection pour refuser d’être soutenu et dirigé.

CONCLUSION
Mes TCF\ qui êtes venus ici pour travailler, pour progresser et pour comprendre, peut-être trouvez vous que je ne vous dit pas grand chose et vous avez sûrement raison!
Mais je ne suis comme vous qu’un cherchant de Lumière et comme vous je m’interroge!
Si nous ne portions pas en nous une émanation de cette “Couronne Lumineuse” aurions nous le désir de gravir les marches, d’élever des colonnes et des Temples pour remonter vers la Source?
Serions-nous tourmentés par le sentiment de nos limites et de nos imperfections, désirant les dépasser et nous tourner vers les hautes régions de la Connaissance Spirituelle si un point ne vibrait pas dans la nuit de l’inconscient?
C’est bien parce que nous portons en nous quelque chose du Verbe que nous nous sentons privés de la Présence de la Parole et que nous ressentons comme un devoir, un besoin essentiel, la quête de sa redécouverte.
“Je ne te chercherai pas si je ne t’avais déjà trouvé” C’est bien ce qui nous sépare d’une conception purement matérialiste de l’être humain.
L’Arbre de Vie et l’Arbre de la Science ont poussé dans chaque être humain une racine, faible ou puissante, mais l’Arbre de Vie et l’Arbre de la Science appartiennent l’un et l’autre au Jardin de l’Eternel !

J’ai dit VM\

Source : www.ledifice.net

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