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Hauts Grades

Je vous crée, constitue et reçois, Apprenri Franc-Maçon, premier degré du REAA

15 Janvier 2013 , Rédigé par Henri B Publié dans #Planches

Mes Frères Apprentis, en frappant à la porte du Temple vous avez manifesté votre désir d'être admis aux "mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie".
Vous étiez sans doute soucieux de vous affranchir des limites d'un monde profane marqué par le matérialisme, un appauvrissement de la spiritualité et la perte du Sacré et vous aspiriez à une vie intérieure plus intense.
Cherchant à aller plus loin, vous tentiez d'apporter une réponse aux questions fondamentales sur votre nature et votre destinée et vous pressentiez que seul un effort de dépassement de vous-même rendrait possible l'accès aux états multiples de votre être, et vous ferait mieux comprendre votre dimension originelle.
Hommes « nés, libres et de bonnes moeurs » guidés par votre destin, à la recherche d'un équilibre, d'un dialogue avec vous-même et avec les autres, vous souhaitiez répondre à cet appel profond en vous engageant dans une démarche de spiritualité à l'image de celle proposée par un Ordre Initiatique et Traditionnel.
Ainsi au sein de l'atelier maçonnique vous alliez recevoir la Lumière, « naître une seconde fois », selon un processus mettant en oeuvre un riche symbolisme et grâce au vécu d'un Rite constitué de règles codifiées dans des rituels utilisés comme vecteurs de l'influence spirituelle.
A la Grande Loge de France le Rite exclusivement pratiqué est le Rite Ecossais Ancien et Accepté dont le premier des degrés fournit un mode d'accès à la Connaissance fondé sur l'étude des Lois qui régissent l'homme et la nature.
Mais, si à l'identique des autres Rites maçonniques le Rite que nous pratiquons utilise la méthode classique de l'Initiation, de "la mise sur la voie", il est le seul à offrir, pour atteindre cet objectif, une magistrale synthèse des grands courants de la pensée traditionnelle, un éclectisme qui explique et justifie ses 33 degrés. Il est un vaste conservatoire des


initiations, un lieu où l'on garde, conserve, protège mais aussi un endroit où l'on pratique et où l'on fait vivre.
Le dépôt traditionnel, auquel il est fait référence ici, est constitué d'archétypes, de mythes, de personnages et d'évènements légendaires, liés entre eux par des Lois de correspondance et d'analogie, où les plans cosmique et humain sont en étroite relation.
L'idée selon laquelle macrocosme céleste et microcosme humain ont été conçus par un Principe créateur selon des Nombres et des Lois universelles, est aux sources de la spiritualité connue dans le monde Occidental et Proche Oriental.
Ce corpus symbolique qui remonte à des temps immémoriaux sera recueilli et transmis notamment par les corporations, guildes ou communautés professionnelles du Moyen Age, et sera conservé dans une série de textes appelés « Old Charges », "Anciens Devoirs".
C'est pourquoi, tout naturellement, les premiers Francs Maçons, parce qu'ils savaient mesurer tout ce qui est sur la terre et dans le ciel ", comme le précise le Manuscrit Régius de 1390, se fixèrent pour devoir d'imiter dans leurs propres constructions, les proportions retenues par le Principe créateur, en référence au précepte contenu dans la Table d'Emeraude d'Hermès le Trismégiste : "Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour accomplir le mystère de l'Unité".
Cette volonté allait se traduire par la construction de nombreux édifices dédiés à la divinité, et "architecturés" à l'image du Cosmos.
Autant de Temples, dont le plus mythique demeure celui construit à Jérusalem par le Roi Salomon, autant de lieux sacralisés où se développèrent sacerdoce et rituels, où méditation et recueillement favorisèrent l'émergence d'une idée nouvelle selon laquelle, "construire c'est aussi se construire".
La maçonnerie va s'organiser tant bien que mal autour de ce concept jusqu'à ce qu'intervienne un changement majeur.
En 1598, en Ecosse, William Shaw, Maître des ouvrages du Roi, publie de nouveaux Statuts dans lesquels il est précisé que désormais c'est dans une Loge, constituée à cette fin, que les apprentis seront reçus et qu'ils accèderont, selon leurs mérites, au grade de Compagnon, après avoir prêté un serment de discrétion et s'être partagés des secrets communiqués sous le signe de l'Equerre, d'où le nom de « Square Masonry » .
La plus ancienne loge maçonnique connue, structurellement distincte de la corporation de maçons opératifs, est la Loge Mary's Chapel, fondée en 1599 sous l'autorité de William de Saint Clair, à l'Orient d'Édimbourg.
Il convient de souligner sur ce point que si les Loges de cette époque étaient tournées vers une organisation globale du « Métier », elles n'en possédaient pas moins des fondements spirituels et religieux.
Les recherches liées à l'Architecture, qui y occupaient une place prépondérante, ne résultaient pas simplement d'une technique répondant à des nécessités matérielles mais, au travers de la Géométrie, Art royal de construire, d'une discipline susceptible de donner à l'homme une explication du monde et de Dieu.
C'est donc pour l'essentiel, aux anciens maçons d'Ecosse que les Francs Maçons d'aujourd'hui doivent d'avoir reçu en dépôt ces usages et traditions des bâtisseurs gothiques, tombées en désuétude à la fin du 16° siècle, ce qui explique pourquoi l'Ecosse occupe une place prépondérante dans la conservation de la Tradition, à laquelle notre Rite fait référence.
Au milieu du 17° siècle, la Franc - Maçonnerie commence alors à compter dans ses rangs des membres qualifiés d' "acceptés", c'est à dire étrangers au métier, dont le plus emblématique est le Frère Elias Ashmole, savant érudit membre de la Royal Society.
Et si elle continue à se rattacher, par son symbolisme et ses Rituels, à des textes regroupés dans les "Anciens Devoirs", cette maçonnerie spéculative naissante ne reste pas insensible aux valeurs "ésotériques" d'une époque, la Renaissance, où étaient réapparus, l'hermétisme de la Haute Antiquité, les oeuvres des Cabalistes et des Alchimistes du Moyen Age, des manifestes d'auteurs Rosicruciens et néo templiers, ou bien encore des textes mentionnant la doctrine des "Fidèles d'Amour".
Parmi les maçons "acceptés", certains qui se proclamaient "écossais" et "anciens", s'opposaient à la maçonnerie anglaise telle que réorganisée, en 1723, par des protestants anglais regroupés autour du pasteur James Anderson et du scientifique Jean Théophile Désaguliers.
Ils reprochaient à cette Maçonnerie, bien dans l'esprit des "clubs" anglais, d'avoir rejeté l'aspect religieux de la tradition de métier, "déchristianisé" les rituels, abandonné certaines pratiques rituelliques, et modifié l'orientation de la Loge, lui faisant perdre sa nature d'espace sacré.
Exprimant le souhait de maintenir les "anciens usages", ils voulaient rappeler la nécessité pour les frères de s'engager dans une démarche de perfectionnement spirituel et de partir pour cela à la quête d'une Parole originelle perdue.
D'où, en 1751, la création de "la très honorable Fraternité des maçons libres et acceptés dite Grande Loge des "Anciens" qui se veut fidèle "aux anciens usages de la Confrérie", et donc, en opposition avec celle londonienne de 1717, dite "Moderne".
De ces deux sensibilités maçonniques, celle des "Moderns" se présente dans une perspective moraliste, scientifique, alors que l'autre, celles des "Ancients", vise en toute priorité à une réalisation spirituelle de l'initié, grâce à des structures hiérarchisées de perfectionnement et à des formes rituelles très élaborées.
Dans les deux décennies qui précèdent la Révolution française, ces deux courants de la Maçonnerie vont progressivement émerger dans notre pays :
- en référence aux Moderns, celui du Grand Orient tenant d'un Rite français dénué de tout caractère initiatique où la pratique des Loges est essentiellement tournée vers la philanthropie, la philosophie, voire déjà la politique,
- en référence aux Anciens, celui du REAA qui, en complémentarité à la Tradition de Métier, se tourne vers l'intégration des systèmes initiatiques et ésotériques des siècles précédents.
En 1688 est introduit en France le « Rite Écossais Primitif » avec les Loges des régiments écossais et irlandais ayant suivi le roi Jacques II Stuart d'Angleterre exilé à Saint-Germain-en-Laye, et en 1725, des Francs-Maçons ayant appartenus à sa Cour créent les premières loges jacobites à Paris.
Dans cette Maçonnerie d'Ancien Régime figurent des maçons opératifs écossais de vieille souche mais aussi ceux qui revendiquent un héritage chevaleresque et templier, sans doute celui de "l'Ordre très ancien et très noble du Chardon".
Le Rite Ecossais s'organise progressivement dans cette mouvance et ce non sans difficulté si l'on considère la multiplicité de systèmes concurrents en présence, à cette époque.
Progressivement vont alors apparaître de nouveaux grades à Bordeaux, Paris, Avignon, Marseille où la " Mère Loge écossaise de St Jean d'Écosse", forte de ses 400 frères, exporte en France et dans le monde son Rite en sept degrés.
Le terme "écossais" devient alors synonyme de "Hauts grades".
En 1761 le frère Etienne Morin fondateur de la Loge écossaise Saint Jean de Jérusalem à l'Orient de Bordeaux », reçoit lettre patente du Conseil des Empereurs d'Orient pour aller fonder en "toute partie du monde" des ateliers conférant les Hauts Grades de la "Sublime Maçonnerie" développés en France au milieu du 18° siècle.
Mais il faudra attendre l'année 1801, pour que le Rite Ecossais Ancien et Accepté soit crée à Charleston ( Caroline du Sud ), au sein du premier Suprême Conseil pour les Etats Unis d'Amérique par des Grands Inspecteurs Généraux détenant leurs pouvoirs du Frère Morin.
Ce nouveau Rite est désigné comme « Ecossais » car ce système était constitué de Hauts grades écossais.
Il est appelé « Ancien » car il admettait des Maîtres maçons de la Grande Loge des Maçons Anciens d'York.
Il est dénommé « Accepté » parce qu'il reçoit également des Maîtres de la Grande Loge des Maçons Francs et Acceptés, dits Modernes.
En Octobre 1804, le Comte Auguste de Grasse-Tilly, fonde le Suprême Conseil de France, deuxième Suprême Conseil au monde, détenteur historique, gardien et conservateur du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France, qui eut à affronter, dès sa création, la volonté hégémonique des tenants du Rite français qui décident, en 1877, de supprimer de leurs rituels la mention traditionnelle du Grand Architecte de l'Univers et accentuent de plus en plus leurs prises de position dans le domaine politique.
Depuis sa création en 1894, c'est la GLDF qui a pour mission d'administrer les 3 premiers degrés de l'Ecossisme.
Avec le SCDF, elle a pour devoir de garantir la meilleure qualité de la pratique individuelle et collective du Rite à tous ceux qui travaillent dans les ateliers dont elle a la responsabilité.
« Je vous crée, constitue et reçois Apprenti Franc Maçon, Premier degré du REAA » est la phrase prononcée par le Vénérable Maître au cours de la cérémonie d'initiation au Premier degré. Les trois impositions symboliques de l'adoubement ont pour fonction d'attirer l'énergie spirituelle sur l'aspirant initié.
Au-delà de la transmission de l'initiation de métier, l'indication est donnée ici du passage à la vie adulte, de l'entrée du nouvel apprenti dans un ordre qualifié de « chevalerie de l'esprit » dont les vertus sont destinées à faire de lui un homme remarquable par son courage, son honneur et sa probité.
Comme dans tous les Rites maçonniques le Premier degré du REAA est celui de la mort au monde profane et de la renaissance à celui d'une vie nouvelle, à la vie de l'esprit, dans une Loge placée sous le patronage des deux Saint-Jean, porteurs et témoins de la Lumière, dont les membres travaillent « sous l'invocation du Grand Architecte de l'Univers, au nom et sous les auspices de la Grande Loge de France ».
La voie du métier de constructeur s'ouvre au nouvel apprenti qui se positionne désormais à la fois comme pierre et comme ouvrier. Et de même qu'au temps de la construction des cathédrales, la toute première formation portait sur le maniement physique des outils afin d'en posséder la maîtrise, dans la Loge, le premier travail consiste à s'entraîner à l'utilisation correcte des outils, au plan moral et symbolique.
Dés ce premier grade, l'initiation écossaise affirme sa spécificité au travers de l'ordonnancement du Temple maçonnique, de son orientation et également par la dimension ésotérique donnée à l'ouverture des travaux, moment où se recrée symboliquement l'Univers.
Placé en fait au début d'un processus de perfectionnement, le Premier Degré du Rite fait ressentir que le lieu où se déroule le travail maçonnique est un microcosme reflet du macrocosme.
En effet, c'est en portant son regard vers la Voûte étoilée, ou bien encore dans la direction de l'Orient où figurent le soleil et la lune, que se dévoile progressivement la représentation des principes qui régissent l'Univers, la base d'une cosmogonie où la Création doit être comprise comme l'acte par excellence de construire, d'édifier, d'ordonnancer.
Dans toutes les traditions, la constitution de l'Univers est la résultante de trois mondes qui s'interpénètrent dans le concept créateur : le monde divin ou des principes, le monde des lois ou des formes, et enfin le monde sensible.
Ainsi, après que tout se soit opposé, fractionné, dispersé, ce qui était épars se rassemble par l'action conjuguée de trois forces naturelles répertoriées par les scientifiques contemporains comme gravitationnelles, électromagnétiques et nucléaires.
Le Cosmos, à savoir le cadre dans lequel se déroule l'évolution de l'humanité, apparaît donc ternaire dés le commencement : chaos, organisation, ordre / essence, manifestation, substance / Principe, Verbe, Homme.
Sur ce point, le mémento du ler Degré rappelle qu'au ternaire qui constitue la représentation intelligible de l'Unité principielle fait écho l'âge symbolique de l'Apprenti qui cherche à transcender le Binaire avec ses pôles positif et négatif'.
Et parce que ce mystère initial est relaté dans le premier chapitre de la Genèse et dans le prologue de l'Evangile de Saint Jean, c'est la Bible qui est ouverte en Loge sur l'Autel des Serments. Avec les deux autres Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie que sont le Compas et l'Equerre, elle sert de référence aux principes fondamentaux de la Maçonnerie traditionnelle à laquelle se réfère le REAA.
C'est donc par l'étude approfondie du "Volume de la Loi sacrée", considéré comme symbole majeur de spiritualité parce qu'il est l'expression de la Parole, que peuvent être mieux appréhendés dans une vision unique, le matériel et le spirituel, le fini et l'infini.
La force créatrice s'extériorise, dans ses premières manifestations, au travers de la Lumière :
« Alors Elohim dit : qu'il y ait lumière et il y eut lumière ».
« Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu En elle était la vie et la vie était la Lumière des hommes ».
Dans ces premiers temps du monde manifesté, l'obscurité est repoussée dans ses derniers retranchements, sans toutefois disparaître pour autant.
La Lumière, symbole universel de la spiritualité, est sortie du néant : « Que demandez vous pour lui ? Qu'il voit et qu'il contemple. Que la Lumière lui soit donnée à mon troisième coup de maillet ».
La Lumière qu'attend le néophyte et qui lui est donnée, la présence à l'Orient du Delta lumineux, les grandes et les petites lumières : le signe tangible de l'initiation est bien, lui aussi, celui de la Lumière.
Mais quelle identité retenir pour cette Energie à l'origine de l'Univers, ce Chaos d'où l'Ordre est sorti ? Pourquoi l'homme est-il en quête de transcendance ? Que doit-il faire pour utiliser au mieux ce bref instant qu'est la vie humaine devant l'éternité des temps cosmiques ? A quelle expérience renvoie le langage symbolique ?
C'est en se posant ces questions que l'Apprenti naît à la spiritualité et qu'il situe son travail dans sa double vocation opérative et spirituelle où "l'essence précède l'existence".
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté fait sienne la reconnaissance de ce Principe à l'origine de toutes choses et à sa proclamation sous la dénomination de Grand Architecte de l'Univers, symbole transcendant reconnu comme hors de portée de la nature humaine et qui apparaît nettement moins réducteur que le Dieu révélé des religions.
Au début du cheminement initiatique proposé par le Rite, l'esprit s'accorde à la reconnaissance de l'existence de cette puissance supérieure qui par nature échappe aux conceptions humaines mais dont il faut tenter progressivement d'en percevoir le sens.
Il s'agit en l'occurrence d'un simple essai de compréhension, sans certitude définitive. Pour connaître ne faut-il pas douter ?
Parallèlement il est rappelé dans les Rituels le respect total de liberté qu'il convient de laisser à chacun dans sa démarche de perfectionnement personnel, liberté de conscience, liberté de pensée, liberté d'action.
Sur ce point essentiel, si on le compare aux autres Rites maçonniques parmi les plus pratiqués, le REAA ne leur est pas identique.
De son côté, le Rite français a supprimé dans ses rituels, toute référence à un Principe transcendant.
Le Rite Ecossais Rectifié a, quant à lui, adopté une doctrine exclusivement basée sur l'adoration du Dieu révélé de la religion chrétienne.
Animé d'une exigence de spiritualité, et d'une volonté d'humanisme, notre Rite, souligne ainsi le souci constant de laisser le « cherchant » à l'écart de toute approche dogmatique et invite l'invite à rechercher, sans limites, la Vérité, notamment en poursuivant l'étude du Volume de la Loi sacrée :
Après qu'il eut crée l'univers :
« Dieu appela la Lumière : jour
Et les ténèbres il appela nuit
Et il y eu soir et il y eut matin : un jour ».
Jour, nuit, solstices, travail, récréation, naissance, vie, mort : l'apprenti est appelé à adopter un nouveau positionnement et sa vie se partage désormais en fonction du temps fixé par la Règle à vingt quatre divisions.
Il découvre un monde nouveau divisé en un espace- temps profane et un espace-temps sacré.
Cette volonté de se situer dans cet espace/temps est exprimée, comme un véritable leitmotiv dans la plupart de nos rituels : Quelle heure est-il ? A quelle heure commencent nos travaux ? Puisqu'il est l'heure et que nous avons l'âge. Il est Midi plein. Il est Minuit ».
Si au commencement tout devait être perfection, après la création de la vie dans le monde divin apparaissent les formes et l'animalité vivante.
Adam, l'homme universel, est créé pour contempler la Vérité mais, en recherche d'intelligence, il découvre le secret de l'arbre de la Connaissance du bien et du mal, et perd le rang qui lui est attribué dans la Création, pour tomber dans le monde sensible.
L'histoire de l'initiation en général et de l'initiation proposée par le REAA en particulier, c'est en quelque sorte l'histoire de cette rupture symbolique et légendaire : l'homme est avec le Principe, l'homme est en privation de Lumière, puis l'homme tente de se réconcilier avec le Principe en contractant des alliances avec lui.
La distance ainsi créée entre l'état primitif et l'état présent de l'homme ne peut être franchie que par un long cheminement sur la voie de l'initiation, selon une spiritualité qui n'a pas été, contrairement aux religions inventées par l'homme, mais qui apparaît avec lui lorsqu'il sort de son état d'animalité, qu'il contemple sa propre nature et celle qui l'entoure.
Mais, pour parvenir à cette réconciliation, l'homme initié doit revêtir l'habit du héros et affronter les dangers qui l'attendent au cours des nombreux voyages auxquels il est convié par le Rite et qui le conduisent successivement à découvrir et à vivre les différents aspects de l'initiation.
Une Connaissance primordiale, une perfection initiale à la base de la création de l'univers, une Parole aujourd'hui disparue doivent être retrouvées.
Cette idée fait prendre graduellement conscience que l'homme et l'humanité se situent dans une lignée qui puise sa source dans la transcendance de la Nature, d'une même Vérité fondamentale qui est celle de l'Unité.
Elle permet de conserver une foi constante en l'homme, en sa perfectibilité et en son avenir.
Le REAA propose de faire retrouver, symboliquement, la nature première de l'homme avant la perte du Logos, dans sa pureté originelle.
Pour atteindre cet objectif il ne fournit aucun contenu doctrinal mais propose une démarche progressive de dévoilement qui s'appuie sur des Principes de Régularité
- la progression vers la connaissance par le perfectionnement personnel, au plan moral et spirituel,
- l'invocation du GADLU,
- les trois grandes lumières présentes sur l'autel des serments,
- le respect de la démarche initiatique, de la Tradition et des Rituels, - le principe de non mixité,
- l'interdiction de discussion politique ou religieuse en Loge,
Par son caractère intemporel et universel, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, étroitement lié avec ce qui est immuable en l'Homme et dans l'Univers, reste l'outil indispensable pour les appréhender dans leur plénitude et leur finalité tout en laissant à chacun sa part d'imagination et de rêve.
Il demeure aujourd'hui encore, grâce à cette démarche spécifique le situant au-delà de tous les courants culturels, spirituels, sociaux ou politiques, et malgré les nombreux aléas et vicissitudes de son histoire, en capacité de réunir les hommes de bonne volonté. Il représente, à ce titre, un des derniers remparts contre la perte des valeurs de la Tradition.
Mes frères Apprentis, en prenant appui sur les éléments fondateurs qui constituent notre Rite, vous partirez à la découverte de votre vérité intérieure, vous gagnerez de nouveaux espaces de liberté dans le « vaste domaine de la pensée et de l'action », où la Raison et la Foi, parce qu'elles cohabitent harmonieusement, vous feront retrouver l'indispensable aspiration métaphysique et renaître à la vie spirituelle.
Vous êtes aujourd'hui simples spectateurs de ce qui se passe en Loge, mis en condition de réceptivité, à l'écoute de ce que vous entendez, attentifs à ce que vous voyez, en attente de connaître la suite mais déjà en situation de poursuivre à l'extérieur le travail commencé dans le Temple, d'offrir au monde la Lumière que vous portez, sans toutefois la laisser exposée au regard des profanes.
Vous êtes au début d'un cheminement qui est l'histoire de toute une vie. De toute votre vie.
En empruntant cette voie du métier de constructeur, qui s'annonce longue et sinueuse mais stimulante pour l'esprit et vivifiante pour le coeur, vous n'êtes pas devenu membre d'un club philanthropique où d'une association humanitaire mais adepte d'un Ordre initiatique traditionnel basé sur la fraternité dont la vocation n'est pas de réformer la société mais de permettre à l'homme de s'améliorer en s'élevant spirituellement et participer ainsi au progrès de l'Humanité.
Tout esprit qui s'élève, élève le monde.
Loin d'être coupés de la réalité, vous serez au contraire en possession des moyens pour mieux y faire face, parce que plus lucides, plus libres d'esprit, plus conscients de votre condition, de vos faiblesses et de vos capacités.
Parce qu'au-delà des contingences matérielles votre regard portera sur notre idéal intemporel commun vous serez en mesure de progresser dans des niveaux de conscience de plus en plus élevés.
Cette quête donnera du sens à votre existence dans une espérance qui vous apportera sans cesse la preuve que votre vie n'est ni un mouvement à vide, ni une course au bonheur individuel mais qu'elle contribue au Grand Oeuvre universel.

Source : http://www.stella-maris-gldf.com/

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