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Hauts Grades

Justice, Maçonnerie et Liberté

23 Janvier 2014 , Rédigé par X Publié dans #Planches

C’est ce titre de planche que je veux privilégier dans mon travail de ce jour. Il n’est pas question de parler ici d’un thème tel que : « Justice Maçonnique et Liberté » dans nos structures qui pourrait engendrer un débat sur la justice a l’intérieur de la structure maçonnique et qui n’a pas lieu d’être au sein d’une Loge, particulièrement au premier degré.

Justice, Maçonnerie et Liberté.

Mes Frères ce thème est grandiose… Il pourrait être le sujet central d’une année de réflexion pour la Loge, même en faisant abstraction des considérations politiques ou religieuses. Je vais m’abstenir de vous retranscrire les grands textes philosophiques sur la justice ou la Liberté pour aller en dix minutes à mon essentiel.

Humblement, en employant pour une fois la première personne, il va m’être difficile de dire pourquoi cette trilogie : Justice, Maçonnerie et Liberté, est la résultante apparente, pour chacun d’entre nous, d’un cheminement dans la pratique de l’Art Royale.
Pourquoi parler du « je » sur un thème comme la justice ? Il est le plus souvent exploré dans un contexte social donc pour le plus grand nombre, mais c’est au niveau individuel qu’il est parfois le plus durement ressenti.
Aristote disait et c’est la seule allusion que je ferais au niveau des philosophes :

« La justice parfaite et génératrice d’un idéal existe bel et bien et chaque homme la connaît en lui-même, chacun en a comme une divination. Ce sens de la justice est naturel et commun et il ne reste qu’à le réaliser dans la vie des hommes ».

Pourtant la vie sociale ne semble pas habitée par la justice. L’institution semble positionner des lois équitablement pour tous, pourtant, malgré son universalité et sa présence dans le cœur des hommes, la justice est dans la réalité galvaudée par l’argent ou la position sociale…
À mon humble avis il n’y a pas de fatalité. La société, souvent malade, n’est-elle pas la somme d’individus ? Notre environnement, nos habitudes, notre civilisation semble vivre l’injustice comme étant inhérente à une vie en société. Il y aurait comme un seuil acceptable ! Elle ne devient égoïstement inacceptable que quand elle nous atteint, que nous la subissons, et quelle touche notre choix de vie, notre portefeuille ou notre chair…

Raisonnons par l’absurde, supposons que j’ai le pouvoir demain, de réveiller ce sens de la justice naturel et commun dont parle Aristote. Plus que l’exemple, c’est la reconnaissance en soit de ce sentiment naturel qu’il me faudra donner à chacun le moyen de redécouvrir. J’inventerai alors un moyen ludique et hiérarchisé permettant à chacun de voir dans un miroir son reflet au milieu des autres.
Formidable mes Frères je vais donc créer un cérémoniale et une hiérarchie, les hommes marchent bien au spectacle et à la reconnaissance de leur pouvoir. Certains n’y verront que les décorations et le faste, d’autres y puiseront l’essence pour une nouvelle vie d’équilibre…

Nous y voilà, cette utopie, pour un profane, nous savons nous maçon qu’elle existe depuis des siècles. Elle est la seule structure, en dehors de tout dogme politique ou religieux, qui permette à l’homme d’acquérir la maturité du juste milieu. L’idée est belle et généreuse elle n’impose rien, elle ne donne que des outils et une traduction de leur utilisation spéculative librement découverte…
Justement mes Frères l’Art Royal est une révélation du cœur et de l’esprit que certains d’entre nous ne recevront jamais…

La Franc-Maçonnerie est l’école de la Liberté. Comme il n’y a pas de liberté sans justice, essayons-nous à ce rêve fou de l’utopie à l’intérieur de nos Loges.
Pourquoi croyez-vous que pour un vote exprimé en loge, l’abstention n’existe pas ?
Le Maçon se refuse à la facilité, il dit, oui ou non, parfois dans la douleur jamais dans l’indifférence. Il travaillera toujours avec ses frères à exprimer sa liberté de dire, de faire et avec eux il découvrira la justice et le bien pour la loge.

Le Maître Maçon ne délégue pas ses responsabilités, ils les assument. À notre Rite, l’histoire même en atteste, les Ecossais sont très présents.
Voir « les statuts dressés par la R\L\ Saint Jean de Jérusalem gouverné par N\T\C\F\ Louis de Bourbon, Grand Maître de toutes L\L\ régulière de France, le 24 juin 1745 ».
Article XLIV « Les Ecossais seront les surintendants des travaux, ils auront la liberté de parole, et seront les premiers à donner leur suffrage, se placeront où ils voudront, et lorsqu’ils seront en faute, ils ne pourront être redressés que par des écossais… ».
Mes Frères nous avons là presque à nous confronter avec les frondeurs du pays Cathare…
C’est à cette époque que commence les grandes discussions concernant l’élection du Vénérable dans la loge…je ne saurais trop vous conseiller la lecture du Livre de Claude Guérillot : « La genèse du R\E\A\A\ » aux éditions Guy Trédaniel.

Il est indéniable que l’usage de la parole au R\E\A\A\, associé à la symbolique maçonnique, fait de nous des hommes amoureux de leur liberté et par là, de leur expression sous quelque forme que se soit. Il y a tradition dans la distribution de la parole par le vénérable sur les sujets symboliques, et nous devons être très attachés à la forme que nous utilisons. Avec le temps, elle nous donne technique, réserve et modération pour une meilleure communication, un meilleur échange entre les hommes.

J’ai abordé ce sujet avec des frères trop discrets, la liberté et la justice passent portant par des actes et il est impossible de faire abstraction de la parole. Quelques un ont la qualité de cœur des timides et préfèrent s’abstenir. Ils nous privent alors du meilleur et c’est dommage pour la Loge.

Ne me faites pas croire que le silence est synonyme de sagesse. L’hypocrisie silencieuse existe aussi. Le sage n’existe pas, l’homme ne peut qu’approcher parfois la sagesse. Je n’ai jamais entendu un homme revendiquer cet état et quand nous le disons de l’un d’entre nous, le temps nous fait reconnaître un homme comme les autres avec son ombre et sa lumière…

Quelques-uns d’entre vous retrouveront un jour cette phrase dans un vieux Rituel :
…Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la réalité…

Notre relation avec les autres peut-elle engendrer une perception interactive de la justice ? N’est-ce pas ce conventionnel de tous les jours, ces paroles ordinaires, qui nous rendent malheureux et qui ont la plupart du temps à voir avec l’injustice des mots du quotidien. Soyons attentifs à cette souffrance que nous distribuons par désinvolture, elle est cumulative elle peu engendrer un sentiment d’injustice intolérable.

Cette justice, cette liberté qui nous est donnés dans les ateliers maçonniques nous devons en faire nos compagnes dans la vie profane mais aussi quand nous nous parlons de la Fraternité. Cette dernière passe elle aussi par la justice. Que faites-vous de la Liberté d’un Frère quand vous lui demandez une intervention qui, quelques fois, n’a rien à voir avec l’équité ?

Revenons à Aristote. Pour réaliser notre vie d’homme notre temple, la justice et la liberté ont besoin de l’idée maçonnique. Bien comprise je reste persuadé qu’elle est une école de liberté et que son symbolisme exacerbe l’équité pour la recherche du juste milieu s’est à dire de l’harmonie. La résultante s’obtient dans la difficulté de la rigueur morale et intellectuelle en transgressant les habitudes socialement correctes et le raisonnement confortable.

Nous savons que c’est la démarche d’une vie. Une succession de victoire et de défaite, pour de temps en temps avoir le cadeau d’une jouissance intellectuelle. Elle résulte toujours d’une communion avec cette phrase d’un vieux Rituel :

« Ce que la Maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice… »

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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