Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

L'agnostique et l'athée ont-ils une place au REAA ?

22 Décembre 2012 , Rédigé par P\ M\ 33ème A.M.H.G. Publié dans #Planches

C’est une question récurrente que se posait déjà en 1979 le chapitre « les arts réunis » de Rouen sous la signature du F. Messac , dans une forme un peu différente : « N’y a-t-il pas un cléricalisme maçonnique ? »
Ma démarche interrogative nous conduira sur des voies entrecroisées .
Peut-on dire que la maçonnerie du R.E.A.A. est une religion, quelle a ses clercs, une forme de symbolique quasi dogmatique, un langage figé, une gestuelle fixe, donc un rituel rigide à contenu orienté par ses références, sa symbolique imposée, ses mots et phrases, qui, d’une façon pavlovienne, peuvent irriter l’agnostique et l’athée, sans parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale ?
L’étymologie des mots désignant le fait de ne pas croire en dieu est toujours négative : a-thée ; in-croyant ; a-gnostique ; in-fidèle ; mé-créant ; la croyance est la norme, l’incroyance, l’exception.
Qu’en est-il au REAA alors que la moitié du monde n’a jamais connu dieu ?
Au REAA, encore plus qu’au G.O. l’art. 1er devrait imprégner la démarche des « sages » . L’attitude progressiste, tant sur le fond que dans la forme, et par là même progressive, doit être le carburant courant.
Quand on se permet de faire une incursion dans la littérature, on trouve des articles vieux de 30 ans. Mais, qu’est-ce donc au regard des 20 siècles de catéchèse primaire de l’église Romaine ? En maçonnerie, pas de tradition catéchisée, formatée, enkystée !!

Revenons à nos moutons agnostiques ou athées …
Aspect 1er : la maçonnerie peut-elle être assimilée à une forme de religion ? Réponse oui !
Au sens le plus commun religion = croyance, nous croyons en l’homme .
« Etymologiquement, ce serait ce qui relie, venant du verbe latin « religare » , ou, plus exactement, selon Cicéron, « religio », viendrait de « religere » ; qui aurait comme signification « recueillir » ou « relire » ou bien, « ce que l’on relit avec recueillement ».
La religion est donc l’amour d’une loi, d’une parole, d’un logo, c’est l’esprit de la mémoire, c’est le sacré de cette mémoire, c’est le lien mythique de communion ; une fidélité donc, une foi, la foi venant du latin « fidès » , mais cette fidélité peut se départir de tout théisme. » C.S.
La maçonnerie peut être une forme de religion basée sur le sacré d’une tradition , support d’une morale, ou d’une éthique.
La maçonnerie est philosophiquement fondée sur deux postulats : « la croyance en la perfectibilité de l’humanité et du cosmos ; et la croyance en l’efficacité de la raison et du travail comme facteurs d’une organisation architecturale du monde tendant vers un idéal de perfection. » F. Péraldi 1927
Cette définition permet d’aborder le lien, la trame, la toile de fond qui se constitue de références historiques réelles ou supposées, de symboles devant être librement interprétés, du mythe qui en constitue le support, le tout créant cette religion maçonnique et ses croyants.
Seulement voila, ses croyants sont polyculturels, de connaissances et civilisations diverses, de conceptions et de finalités de l’homme parfois opposées. Leur démarche intellectuelle, spirituelle, sociale, est plus que diversifiée.
Et, dans la situation nous intéressant ce jour, les clercs traditionalistes maçonniquement catéchisés ont quelques frictions avec les libéraux évolutifs progressistes visant le rassemblement, « l’intercommunicabilité. »

Quelles peuvent en être les raisons ?
En premier lieu, ce que les sociologues appèlent les formes de tempérament,la typologie, ensuite, et le catalogue sera loin d’être exhaustif ; le déficit de connaissances historiques, de la façon dont s’est constituée cette tradition, ce mythe, l’interprétation de ce conglomérat de connaissances ; la traduction, la mise en forme de cette ou ces interprétations. La conception dans l’évolutivité de cette tradition, et, ensuite, le terrain, la personnalité du réceptionniste, du croyant, sa façon dont il a été éduqué, formé, éveillé. Quelle que soit la forme que l’arbuste ait prise au cours de sa formation, il en sera bien difficile d’en modifier la structure à l’âge adulte malgré la plasticité neuronale découverte par les physiologistes.
Reprenons le cours de cette étude en ayant toujours à l’esprit la question posée en titre.
Donc l’histoire ; chacun sait ici que les chrétiens n’ont rien inventé, même s’ils ont mis en relief une « certaine philosophie » de l’homme. Il y a syncrétisme.
Nous remontons à Osiris pour la légende d’Hiram ; à Vichnou pour la parole perdue ; aux Egyptiens pour le tétragramme ; et, les civilisations sumériennes, et araméennes transpirent dans nos rites, nos mythes, nos symboles. Mais, la catéchèse chrétienne a tellement formaté la culture et les croyances pendant 20 siècles , que même en maçonnerie nous lui en attribuons la paternité.
En bien des circonstances nous ne faisons pas le décantage prôné par les lumières , nous concevons mal une laïcité post-chrétienne. Prenons quelques exemples de plats prêts à consommer par le croyant chrétien ; voyons « Hoschée » acclamation voulant dire « Sauveur » ; quelle devra être l’acrobatie intellectuelle de l’athée face à cet éventuel sauveur ; oui, mais quel sauveur ? Sauveur de qui, de quoi, en quel lieu ? Et nous pouvons ajouter « Emmanuel », le tétragramme, et même I.N.R.I. sans pour autant être exhaustif.
Nous reprochons aux jésuites d’être hypocrites, mais allons donc, regardons-nous à ces sujets, car, là, il faut aborder le principe du réflexe conditionné, cette fonction pavlovienne qui a inculqué un sens aux mots, aux gestes ; écoutons J.R. Ragache qui nous dit : « je me demande si le danger de l’homme n’est pas le danger de la perte de sens des mots. » pourquoi leur attribuer plusieurs sens ? Alors que « seul le doigté des F.F. , leur sens aigu de la nuance, leur éveil perpétuel, leur promptitude à ne pas confondre l’homme et son ombre, creusent un gouffre entre les trois « Hoschée » et « ainsi soit-il » Les arts Réunis N° 91-
Peut-être qu’une certaine inadéquation existe entre ce que l’on nous présente et ce que nous sommes . Se pose alors la question : la quelle des deux parties doit, évoluer, se libérer, ne pas adhérer, se désolidariser ?
Personne n’oblige l’athée à aller à l’office ; personne non plus ne l’oblige à poursuivre au R.E.A.A.
Peut-on, un instant, penser à un travail de reconstruction, de refonte, où chaque être humain pourrait s’y reconnaître et adhérer ? Sans doute pas !! La majorité actuelle ne s’y prête pas, à tord ou à raison, mais tels sont les faits !! Doit-on considérer qu’il y a , d’une part, une volonté conservatrice, ou, de colonialisme du traditionnel ; ou bien, d’autre part, une incursion par la force pour imposer une évolution particulière non souhaitée ??
Aux questions posées ; la maçonnerie du REAA est-elle une forme de religion ? La réponse est oui ; Possède-t-elle ses clercs ; c’est-à-dire y a-t-il un attachement plus important aux structures, aux apparences, qu’aux valeurs progressistes ? Là aussi la réponse est oui, car ni fond, ni forme n’évoluent.
Le discours de base, sur la philosophie, (fondement de la maçonnerie) qui, d’essence, incite à l’insolence, dont les concepts fondamentaux se trouvent sans cesse modifiés par l’évolution scientifique et culturelle, qui est une « recherche de sens » permanente, n’est pas ici programmée ; car elle ne s’inscrit pas dans une vision progressiste globale, universaliste ; mais est-ce possible ?
Même si le message diffusé est acceptable par tout un chacun, la forme, la manière, la verbalisation, la gestuelle, peuvent égratigner certains tenants d’un matérialisme et d’un athéisme clair et net ; sans bien sûr parler des tenants d’une autre civilisation autre qu’occidentale.

Source : www.ledifice.com

Partager cet article

Commenter cet article