Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 07:22

La présence de l'oiseau de Zeus dans le ciel des maçons n'est pas liée aux instruments du métier, mais à la prééminence de Jean sur les autres évangélistes, qui donne le sens spirituel des paroles du Christ.
La question fut posée de savoir s'il ne s'agissait pas du Baptiste, ou des deux, en rapport avec les deux fêtes solsticiales qui leur sont dédiées.
C'est à ce sens intérieur caché au profane que se réfèrent les ouvriers des loges de Saint-Jean, ainsi qu'à la tradition symbolique impériale par les grades chevaleresques qui se multiplièrent dès le XVIIIe siècle.

Les deux traditions se retrouvent dans le Discours de Ramsay* qui attribue aux chevaliers croisés en Terre sainte l'origine de l'Ordre par une articulation produite par une longue élaboration dans l'histoire occidentale, mûrie par la vogue des romans de chevalerie qui, au XVIIIe siècle, fit passer l'imaginaire chevaleresque médiéval dans la maçonnerie.

Dans un premier temps la vision du char d'Ezechiel (1, 4-9), qui décrivait (.
en son centre ,) quatre animaux combinant les ailles de l'aigle, avec la face de l'homme, les sabots du bœuf..., fut associée à celle des « quatre vivants» de l'Apocalypse de saint Jean (Ap 4), ces animaux étranges qui ressemblent aux statues des Karibu gardant les palais de Babylone.
Ensuite, les théologiens grecs et latins affirmèrent la prééminence de l'aigle dont le regard porte vers les cieux, avant de l'identifier définitivement à l'apôtre bien-aimé; ainsi saint Jérôme (347-420) ou Bède (673-735) avaient exalté celui qui peut «. contempler le soleil ».
La vénération de Jean fut au cœur de la renaissance carolingienne très vivante dans les sphères du pouvoir où Alcuin (730-804) liait au vol céleste de l'aigle la profondeur des mystères divins du visionnaire de Pathmos.
C'est par ce biais que l'iconographie de l'aigle fut liée à l'idée du pouvoir impérial lequel prétendait participer du divin conjointement au pouvoir sacerdotal.
Apres le sacre d'Othon le en 962, l'emblème, désormais fixe, marqua la supériorité du Saint-Empire sur les royautés locales et les grands féodaux.

Dante (1265-1321) glosa sur ce thème dans La Divine Comédie et De monarchia repris par de nombreux auteurs maçonniques.
Il a place notamment l'empereur romain Trajan dans l'œil de l'aigle qui parle dans le ciel de Jupiter, reprenant le début du Livre de la Sagesse sur la justice (chant XVII).
On retrouve bon nombre de ces associations dans la floraison de grades chevaleresques des 1750.
Le terme « aigle» apparaît ou disparaît selon la fantaisie des loges*: le Chevalier du Soleil* et de l'Aigle voisinant avec un Rose Croix* Chevalier de l'Aigle, Chevalier du Pélican... dont le Rituel de 1761 précise
«Il est appelé Chevalier de l'Aigle titre connu pour le plus ancien et le plus allégorique à la puissance du Grand Architecte de l'univers qui vint établir sur la terre un travail qui a racheté le genre humain et le fils de l'homme étant indépendamment: comparé à la suprême puissance du père, l'aigle est regardé comme cette puissance», Le comte de Clermont avait tente à la même époque de mettre de l'ordre dans ce foisonnement avec les statuts de la loge Saint-Jean de Jérusalem.
Le Rite Ecossais Ancien et Accepte* tel qu'il fut fixe au XIXe siècle acheva d'arrêter titres, décors et rituels: le Grand Elu Chevalier Kadosh* dit Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir (30°) comporte la justice comme premier échelon de l'échelle du Kadosh escaladant le ciel; le bijou* du grade (une croix teutonique) porte un aigle à deux têtes tenant une épée dans ses serres et l'instruction rituelle dit: .
< Pour me rappeler d'employer mon épée en tout temps sous la bannière de l'Aigle noir, pour le soutien de l'ordre.
,) Le 32°, Sublime Prince du Royal Secret, reprend, dans le décor d'un « pavillon » du « camp » où se réunissent les titulaires du grade, l'emblème de l'aigle bicéphale d'or ou d'argent; il figure également sur le cordon porte et le bijou.
Le 33° et dernier, souverain Grand Inspecteur Général a le même bijou et l'aigle ont deux têtes figure sur la « grande décoration de l'ordre «,.
D'autres rites l'utilisèrent, tel le Rite égyptien* de Misraïm (1817) ou l'aigle se retrouve aux 37°, 38° et 39° (Chevalier de l'Aigle de l'Aigle Noir et de l'Aigle Rouge) ainsi qu'au 64° (Chevalier de l'Aigle Blanc) qui précède le Kadosh.
Le Rite de Memphis (1849) ne connaît que l'Aigle Rouge, au 25°, que le rite révisé par John Yarker (1875) déplacé au 12°.

La déchristianisation des rites, le Rose Croix et le Kadosh notamment, s'appuya sur Dom Pernety, ses Fables égyptiennes (1786) et son Dictionnaire mytho hermétique (1787) fournissant une iconographie alchimique de l'aigle fort abondante.

On pourra enfin noter la présence de l'aigle dans les cahiers de dessins de l'architecte Villard de Honnecourt (milieu du XIIIe siècle) associé à l'étoile à cinq branches et assorti de l'inscription: « Ici commence la méthode du trait de portraiture ainsi que l'art de géométrie l'enseigne...»

Source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu

Par J.-P.L. - Publié dans : symbolisme
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