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Hauts Grades

L'antimaçonnisme en France

23 Avril 2012 , Rédigé par Thoas Dalet Publié dans #Anti-Maçonnisme

L'anti-maçonnisme remonte bien avant la " Maçonnerie spéculative " pour la distinguer de l'ancienne maçonnerie dite opérative de métier. Dès 1698, un tract anti-maçonnique circulait à Londres, mettant en garde les chrétiens contre la " secte diabolique ". Mais ce ne fut qu'avec le développement de la maçonnerie spéculative que l'anti-maçonnisme atteint un vaste public ainsi que les Etats et les Eglises.

Toujours à Londres, vers 1740, des défilés ridiculisant la maçonnerie étaient organisés, les nombreuses interrogations sur le secret maçonnique ainsi que les condamnations pontificales, contribuèrent à la polémique anti-maçonnique. Plus tard, les anti-maçons attribuèrent le " cataclysme " de la Révolution Française à l'action occulte des maçons, niée tout d'abord puis revendiquée par la suite pour la gloire de cette épopée libératrice.

Tout cela permit alors à juste titre aux anti-maçons de voir comment de la révolution américaine, et des mouvements pour l'unité italienne, les maçons ont œuvré dans toutes les subversions.

Les systèmes maçonniques des hauts grades et leurs légendes, surtout Templiers, alimentèrent l'imaginaire des anti-maçons qui y virent le signe du paganisme, de l'ésotérisme et par conséquent de l'hostilité de celle-ci à l'autel et au trône.

Lorsqu'en 1877, la décision du Convent du G.-.O.-.D.-.F.-. de supprimer de ses Constitutions l'obligation de la croyance en Dieu et en l'immortalité de l'âme entraîna du côté maçonnique la déclaration d'irrégularité du G.-.O.-.D.-.F.-. et de ceux qui suivirent son exemple. Puis du côté anti-maçonnique elle parut être la confirmation de l'athéisme quasi satanique de la Maçonnerie, conduisant même quelques artisans catholiques du dialogue avec la maçonnerie à réserver leur amabilité aux obédiences dites régulières, c'est à dire à celles restées fidèles aux normes maçonniques anglaises.

Tout au long de l'histoire de la franc-maçonnerie, certains maçons ont même soutenu des thèses de l'anti-maçonnisme pour dénoncer dans l'activité subversive de la maçonnerie la conséquence d'une subversion de la maçonnerie, soit par des éléments extérieurs infiltrés, soit par des membres de l'Ordre qui l'auraient dévié vers une autre finalité.

La Franc-Maçonnerie est accusée de tout et son contraire. Les motifs anti-maçonniques sont liés au secret, la subversion et la déviation.
Le secret est très certainement l'axe principal de l'anti-maçonnisme. Société à secret car ce qui se fait et se dit pendant les Ten.-. ne doit pas être connu hors du cercle des initiés, comme le nom de ses membres ne doit pas être révélé, sinon que par eux-mêmes.

Société à secret pour les profanes, nous, nous savons que la Maçonnerie est une société discrète. Les anti-maçons la qualifient néanmoins de société secrète et lui attribuent ainsi une perversité et une malignité occulte. Le secret est donc le signe d'une œuvre immorale et les anti-maçons reconnaissent que les bons maçons ignorent les desseins réels de la maçonnerie et sont eux-mêmes manipulés et abusés par des cercles maçonniques plus intérieurs : les fameuses Arrières Loges dont le chef suprême pourrait bien être Satan en personne.

Nous touchons ici la subversion. En effet, ce peut bien être la subversion de la vraie religion, du juste gouvernement, la domination mondiale par les juifs, par les communistes ou par les deux ou encore par les capitalistes…

Une allusion vient d'être faite à la déviation. Cette fois, la maçonnerie n'est plus d'abord subversive, mais subvertie. Institution saine à l'origine, elle a été dénaturée et détournée de ses objectifs initiaux par des manœuvriers de tout ordre. A tout cela la crainte et la menace de complot maçonnique est vite faite.

Parler de complot, c'est dire qu'une volonté mauvaise, plus ou moins secrète, tire les ficelles, et que les apparences sont forcément trompeuses. L'activité la plus bénigne reprochée à la Maçonnerie est son activité de lobbying.

En effet, qui préparait, dans le secret des LL.-..-., des lois évidemment prétendues scélérates par les anti-maçons , des lois protégeant et promouvant ses intérêts propres ou ceux de ses maîtres occultes pour les faire avaliser par le pouvoir établi ? Tout cela se faisait, soit directement par des maçons infiltrés dans les rouages des corps législatifs et administratifs, soit indirectement.

Outre ce travail de groupe d'influence, qui reste dans la limite de la légalité, les anti-maçons dénoncent le complot. Le but ultime de la Franc-Maçonnerie serait d'établir et d'asseoir sa domination mondiale par une série d'activités subversives et secrètes.

Selon les époques et les lieux, il s'agirait pour certains, d'assurer successivement la domination des Stuartistes, des Jésuites et de Rome, des révolutionnaires ; pour d'autres, c'est de saper les fondements du protestantisme et de la république américaine ; et pour d'autres encore, de s'appuyer sur les Allemands pour détruire et conquérir les pays alliés, et sur les juifs pour préparer une révolution mondiale afin d'instaurer un empire judaïque sur les ruines de la civilisation chrétienne …

La grande préoccupation des anti-maçons protestants fut en effet la présence des catholiques dans la F.-.M.-. parce qu'ils craignaient que ces derniers profitent indûment de la tolérance maçonnique, et transformant ainsi la maçonnerie en relais du pouvoir pontifical.

Influence ou complot organisé à l'échelle mondiale, l'anti-maçonnisme politique et doctrinal fait son nid sur la discrétion qui prend des allures de secret cultivé par la maçonnerie.

La maçonnerie est qualifiée de dangereuse parce qu'elle est secrète et c'est de ce secret qu'elle tire toute son efficacité. Dans une société idéale régie par la transparence, il ne saurait y avoir de société secrète légitime. Les anti-maçons très actifs disent haut et fort que le secret est l'indice incontestable de la perversité de la maçonnerie.

Secrète, donc suspecte, la maçonnerie admit non seulement des Turcs, des Juifs et des Infidèles, mais encore des Jacobites, des non-jureurs et même des papistes qui ne voyaient dans la publication des Constitutions d'Anderson que de la poudre aux yeux.

Pour les anti-maçons, le secret et le serment fondent une suspicion légitime de subversion et un puissant facteur de déviation. Ils qualifient le système de potentiellement dangereux et favorisant ainsi toutes les déviations et activités subversives.

On peut constater que c'est surtout avec le développement de la politique anti-romaine lors du gouvernement révolutionnaire que l'anti-maçonnisme contre-révolutionnaire a pris de l'ampleur, consolidant ainsi la thèse chez les anti-maçons du complot révolutionnaire des maçons.

Ce sont donc le secret et son serment qui indiquent indéniablement le caractère dangereux maçonnique, et si la maçonnerie est devenue subversive, c'est d'abord parce qu'elle a été subvertie et manipulée de l'intérieur. C'est ce que les anti-maçons prétendaient et, pour eux, une société démocratique ne peut accepter l'existence de domaines opaques dès lors qu'ils influent sur la sphère publique.

Depuis 1738, date de la première condamnation romaine de la maçonnerie, interdiction donc d'y appartenir sous peine d'excommunication, de nombreux francs-maçons ont vu dans l'église catholique, et surtout dans sa hiérarchie, l'adversaire la plus résolue de leur Ordre.

Les papes condamnent donc la maçonnerie en 1738, 1751,1865 et 1884. Autant de bulles qui taxent les FF.-..-. de membres de sectes nuisibles pour l'Eglise comme pour les Etats. En 1917, le Vatican assouplit sa position en parlant de " frères séparés ", c'est à dire de frères égarés dans la communauté des hommes. En 1983, l'excommunication est levée pour les catholiques maçons qui demeurent cependant en état de péché grave.

Encore aujourd'hui, certains ne sont pas loin de penser que ce qu'ils appellent le dogmatisme catholique rend très difficile la compatibilité des deux institutions. Pour des motifs juridiques, le Vatican invoque l'illégalité canonique et civile des sociétés secrètes ou des hommes de toutes religions et de toutes sectes se réunissent, d'où la crainte qui peut en résulter pour la pureté de la religion catholique.

Avec la Révolution Française, l'hostilité pontificale à la maçonnerie prend une ampleur incomparablement plus grande qu'auparavant. Pour l'Eglise, le secret maçonnique est garanti par un serment meurtrier à son encontre et est immoral, favorisant aussi le libertinage.

Elle n'est plus seulement en direction de l'extérieur, pour couvrir l'action subversive, mais aussi en direction de l'intérieur ; car les degrés inférieurs de la hiérarchie maçonnique ignorent largement les desseins réels des degrés supérieurs. Tout ça , c'est ce qu'ont dit et répété les anti-maçons.

Les accusations d'hérésie et de satanisme se renforcent tout au long de cette période à l'encontre de la F.-.M.-..

Avec l'affaire Taxil, la thèse sataniste porta un rude coup à la Franc-Maçonnerie. Ce Léo Taxil, de son vrai nom Gabriel Jogand Pagès a été un F.-., pendant un temps très court. Déjà inquiété pour escroquerie par la police, une des raisons pour laquelle il fut radié de la maçonnerie, son intérêt se porta sur la religion catholique.

Après avoir été un très prolifique auteur anti-clérical, et donc un membre éphémère du G.-.O.-.D.-.F.-., il se reconvertit de 1866 à 1897 dans l'anti-maçonnisme.

Soudainement intéressé en 1885 à ce catholicisme qu'il avait ridiculisé avec tant d'ardeur, Taxil s'empresse, dès 1887, dans des confessions pas encore entièrement consacrées à la maçonnerie, de dénoncer dans les francs-maçons des adorateurs de Satan alliés aux juifs et aux protestants.

Il écrit que la F.-.M.-..-. est essentiellement démonolâtre. Il dénonce des sacrifices humains, des orgies, des profanations d'hosties… Mais malgré l'aveu de ses supercheries en 1897, beaucoup de gens continuèrent de croire que les francs-maçons avaient les pieds fourchus.

Sur le terrain politique, la maçonnerie a été un acteur de la laïcisation qui se traduit dès 1880 par des mesures anti-cléricales : exclusion des évêques du Conseil Supérieur de l'Instruction Publique, sécularisation des cimetières, laïcisation des écoles primaires, du personnel enseignant, des hôpitaux, suppression des crucifix des écoles primaires et des tribunaux, loi sur le divorce, etc.

Ces mesures aboutirent en 1905 à la dénonciation du concordat et à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat. Les anti-maçons ont fait leurs choux-gras de toutes ces thèses.

La troisième république fut sans doute un âge d'or pour la F.-.M.-. française dans la vie politique mais, au Convent de 1906, les radicaux, inquiets de la part croissante des socialistes au G.-.O.-.D.-.F.-., cherchèrent à la limiter.

Avec l'affaire Stavisky, certains radicaux s'émurent à leur tour de l'emprise des maçons sur la vie publique. Cet énorme scandale financier survenu en 1933 mêlant banquiers, radicaux, escrocs et francs-maçons, contribua grandement à envenimer la situation.

Cette affaire amena alors les obédiences maçonniques à faire le ménage dans leurs rangs.

En 1922, la Quatrième Internationale exigea avec un succès mitigé du Parti Communiste Français qu'il rompt tout lien avec la maçonnerie et les maçons, et qu'il exclue de ses rangs tous ses membres qui demeureraient maçons.

Ce ne fut qu'en 1945 que le PCF leva ces mesures.

Cette espèce d'excommunication laïque ne fut levée qu'en novembre 1945 à la demande du G.-.O.-.D.-.F.-..

L 'anti-maçonnisme a connu un fort développement étatique en France sous Vichy. Dès le 13 août 1940, une loi interdisant les " sociétés secrètes " fut promulguée, suivie d'une série de dispositions anti-maçonniques :

- Nullité juridique des obédiences et de la société théosophique.
- La déclaration radio-diffusée du Maréchal ( Plus loin, je vous en cite une phrase essentielle )
- Déclaration de non-appartenance des fonctionnaires à la FM
- Publication au Journal Officiel des noms des dignitaires maçons
- Création d'une police des sociétés secrètes…
et encore beaucoup d'autres mesures.

Le service des sociétés secrètes fut installé Rue Cadet dans les locaux mêmes du G.-.O.-.D.-.F.-.. Deux autres services anti-maçonniques furent également mis en place, l'un dans l'immeuble de la Rue Puteaux à la G.-.L.-.D.-.F.-. et l'autre au Square Rapp dans les locaux de la Société Théosophique.

Les régimes autoritaires ont toujours été réticents et très hostiles, c'est le moins que l'on puisse dire, à l'égard de la maçonnerie et la propagande anti-maçonnique fut très active dans la presse et la radio collaborationnistes et vichystes.

Ainsi, de 1941 à 1944, parurent " Les documents maçonniques ". Ce périodique ouvrit son premier numéro par des paroles du Maréchal approuvant entièrement l'entreprise de cette revue qui doit porter la lumière dans un domaine longtemps ignoré des français.

C'était la lumière fasciste contre la lumière humaniste ! Un comble !

La couverture des deux premiers numéros s'ornaient d'une étoile de David ; les suivants se contentèrent du compas, de l'équerre et des trois points.


Je citerai deux phrases de deux hommes tristement célèbres :

Vous ne devez pas hésiter. La franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs. C'est elle qui a menti aux français et qui leur a donné l'habitude du mensonge. Or, c'est le mensonge et l'habitude du mensonge qui nous a amenés où nous sommes. Il faut détruire le complot maçonnique car tout prouve que la philosophie franc-maçonne a consisté à dresser un dogme de laïcisme en opposition humaine à la mystique chrétienne
PETAIN

Le juif a dans la maçonnerie, qui est complètement tombée entre ses mains, un excellent instrument pour mener une lutte qui lui permet de parvenir à ses fins
HITLER

Une grande exposition a circulé dès 1940 dans tout le pays et le film " Forces occultes " fut co-produit par Français et Allemands dont deux francs-maçons ( un de la G.-.L.-.D.-.F.-. et l'autre du G.-.O.-.D.-.F.-. ) qui ont apporté leur contribution. Ce film présente au public la tragique destinée d'un jeune député français abusé par les machinations diaboliques des faux-frères.

La présence plus ou moins avérée des maçons dans les rouages du pouvoir alimente un anti-maçonnisme populaire récurrent dont la grande presse se fait régulièrement l'écho, voire la propagandiste. On donne des listes de noms, on dévoile des liens occultes qui forment " un vaste réseau de financement des partis politiques ", on s'inquiète de l'argent des francs-maçons, on décrypte " l'histoire secrète ", on s'empare des conflits inter ou intra-obédientiels " La guerre secrète des francs-maçons ", afin de dénoncer la droitisation ou la gauchisation de la maçonnerie …

Aujourd'hui, le Front National regroupe la plus grande partie des ennemis traditionnels de la maçonnerie, qu'ils associent toujours aux juifs, le si fameux complot judéo-maçonnique.

Comme vous l'aurez constaté, je me suis volontairement contenté de vous parler de l'anti-maçonnisme dans notre pays mais ce sentiment anti-maçonnique est universel et ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Depuis que la maçonnerie a pris naissance en Europe et s'est exporté dans le monde entier, les anti-maçons accusent la maçonnerie d'une quête de pouvoir, d'emprise occulte sur les rouages de la société ou sur les consciences. Sa pérennité, malgré ses presque trois siècles d'existence, au travers de bien des aléas, des divisions et des contestations, apparaît aux anti-maçons comme un signe indubitable de son caractère dangereux, poursuivant son œuvre de subversion sous des aspects divers et changeants tout en restant la même.

Au cours de son histoire, la F.-.M.-. s'est vue accusée de tout ce qui pouvait être jugé dangereux : catholicisme, protestantisme, judaïsme, paganisme, satanisme, naturalisme, rationalisme, illuminisme, révolutionnaire, contre-révolutionnaire, socialisme, communisme, capitalisme, apatride, athéisme, laïcisme …

Les suspicions sont alimentées par le secret qui peut cacher bien des complots dans l'imaginaire du public. Alors, pourquoi garder ce secret ou cette discrétion d'appartenance, d'existence, d'activités … ?

Est-ce que la Maçonnerie a encore des raisons légitimes et valables d'être encore aussi discrète et aussi opaque ? Si oui, pourquoi alors les autres associations ne font-elles pas de même ? Peut-on réellement cacher et se cacher de tout indéfiniment, sachant que toutes les adresses et tous les noms sont fichés ?

Sachant que tout ou presque a été dit et écrit sur la F.-.M.-., pourquoi continuer à être aussi discret pour quelque chose qui n'a plus de réel secret pour qui souhaite s'informer ? Et, si risque de persécution existe pour une appartenance quelconque ou une activité à la maçonnerie, la maçonnerie n'a pas le monopole de ce risque et, si un jour chasse il y a, cela se fera sans mal et cette discrétion rappelle probablement aux profanes celle des sectes.

Enfin, le secret et la discrétion sont les maux de toutes les accusations et suspicions, favorisant ainsi les dérives comme l'affairisme.

Ma conclusion sera en deux citations :

Une société qui choisit de se cacher est une société malsaine
Traitons-la comme une bête immonde

Lieutenant-Colonel François de la Rocque

Ce militaire fut un homme étonnant et cette citation nauséabonde semble bien refléter sa personnalité. En effet, il fut longtemps Croix de Feu actif puis il fonda le Parti Social Français en 1934 et se rallia à Pétain en 1940. Néanmoins, il fut hostile à la collaboration avec l'Allemagne, et pour cette raison, il fut déporté en 1943.

Après le terrorisme moyen-oriental et proche-oriental,
voici le terrorisme grand-oriental
Jean-Marie LE PEN
Et lui, on ne le présente plus.

J'ai dit, V.-.M.-.


F.-.Philippe HAR.-. - R.-.L.-. " Les Compagnons Réunis " à l'O.-. de Gonesse du G.-.O.-.D.-.F.-.

Source http://franckbailly.fr

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Roger 23/04/2012 22:13


Le lien complet est celui-ci :


http://www.franckbailly.fr/deh/www/Documents/planches/1/anti/anti.htm