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Hauts Grades

L'Arche Sainte ou le guide du Franc-Maçon (extrait)

10 Juillet 2012 Publié dans #hauts grades

NEUVIÈME GRADE , OU MAITRE ÉLU DES NEUF.

 

La troisième série des grades maçonniques est composée du Maître Elu des neuf, du Maître Elu des quinze et du Sublime Chevalier Elu. Ils reposent sur le même fond, c'est-à-dire, sur une fable absurde.

 

L'idée qui a servi de base à ces trois grades était anti-maçonnique. Elle n'a pu sortir que du cerveau vindicatif d'un sectaire. Greffée sur la souche maçonnique, elle a produit des fruits bien amers pour notre institution. Depuis plus d'un demi-siècle, ses ennemis se sont servis des grades d'élus comme d'une arme terrible, dont ils lui ont porté des coups meurtriers. Lisez Barruel, Cadet - Gassicourt, Lefranc et les journaux soudoyés par la société de Jésus; toutes les calomnies dirigées contre notre institution, ont leur source dans les grades templiers. Les mots de vengeance et de mort qu'ils renferment, ont été diversement interprétés, et ont prêté matière à toutes sortes d'imputations.

 

Eh ! pourquoi conserver ces grades, nous dira-t-on ? Voilà précisément la question à résoudre.

 

Les maçons, pas plus que les autres membres de la société profane, n'ont embrassé la cause des Chevaliers du temple.

 

Ces derniers, à certaines époques, ont pu demander secours et protection à la franc-maçonnerie et s'abriter sous son toit; ils ont pu, dans le calme de la sécurité et dans l'ardeur de leur désir de refaire leur position perdue, créer des grades en rapport avec la situation de leur esprit, et vouloir en doter la franc - maçonnerie ; mais jamais celle-ci n'a dû les admettre comme complément de son existence. Seulement quelques adeptes peu orthodoxes, dans certains pays se sont revêtus, sans trop savoir pourquoi, du cordon à poignard, et cela surtout lorsque des réformateurs ont eu donné aux grades dont il s'agit une signification toute morale.

 

Du reste, nous espérons qu'un simple résumé de la fable sur laquelle repose ces grades, suffira pour attirer sur eux la désapprobation de ceux de nos frères qui n'ont point vieilli dans la routine, et qui se laissent toujours guider par le flambeau de la raison.

 

Nous avons vu, au grade de Maître parfait, que Salomon fit élever à Hiram un tombeau qui fut placé dans une salle séparée du temple, appelée Chapitre. Ce fut dans ce lieu que Salomon tint désormais ses conseils secrets. Or, au grade d'Elu des Neuf, Salomon préside son conseil, lorsqu'Hiram, roi deTyr, se présente sur les marches du trône pour demander vengeance de la mort de l'architecte du temple. Le président attend l'avis de l'assemblée qu'il a consultée, lorsqu'un grand bruit se fait entendre. Un inconnu est arrivé clandestinement jusqu'à la porte du Chapitre, où il veut pénétrer, malgré les gardes, pour faire une confidence à Salomon. Ce dernier, qui, dans le septième grade, donnait une leçon de sagesse et de modération au roi de Tyr, en arrêtant sa main homicide, s'oublie à son tour. N'écoutant que sa colère, il ordonne à ses gardes de sacrifier sur-le-champ aux mânes d'Hiram, l'intrus qui a voulu surprendre les secrets du conseil. Mais le roi de Tyr, qui est maintenant le plus sage, émet l'avis qu'au lieu de livrer cet inconnu à la mort, on le fasse introduire dans le Chapitre, les mains liées, les yeux couverts d'un bandeau, et qu'il soit entendu. Cette proposition est adoptée, et l'inconnu paraît devant le conseil.

 

Salomon lui demande quels sont les motifs de sa démarche. Il répond qu'il a découvert la demeure de l'un des meurtriers d'Hiram, et qu'il vient la faire connaître au roi.

 

Salomon, après avoir consulté le Chapitre sur les mesures à prendre dans cette circonstance, met dans une urne les noms des membres qui le composent, et les neuf premiers élus par le sort, sont envoyés au lieu indiqué par l'inconnu pour s'emparer de la personne du meurtrier.

 

Jocaber, — Joaben, suivant le rite français,— secrétaire intime de Salomon, est nommé chef de l'expédition. Elle sort de Jérusalem pendant la nuit, marche au milieu des ténèbres par des chemins inconnus et difficiles jusqu'aux environs de Joppé, où elle arrive avant l'aurore. Jocaber, impatient et sans doute guidé par un génie vengeur, devance ses compagnons, s'enfonce dans les ravins, au milieu d'énormes rochers et d'affreux précipices. Il brave héroïquement tous les obstacles de la nature, et échappe, comme par miracle, à mille périls. Enfin, il aperçoit, — probablement à la clarté d'une étoile miraculeuse, — au fond d'un précipice, un chien qui se désaltère à une source d'eau vive. L'animal se tait et disparaît derrière un buisson, d'où s'échappent quelques rayons de lumière. Jocaber s'avance hardiment, et découvre une caverne derrière le buisson. Il y pénètre et aperçoit Abiram, l'un des meurtriers du maître, étendu sur le sol, se livrant aux douceurs du sommeil. Une lampe est allumée à côté de lui, et un poignard s'est échappé de sa main. Judith avait à traverser une armée ennemie, à tromper la surveillance des gardes d'Olopherne pour accomplir son projet; mais Abiram est seul, endormi et sans défenseurs... Allons! courageux et loyal Jocaber, ministre du plus sage et du plus juste des hommes, la victime est prête! ramasse ce poignard! Pour punir le meurtre, fais-toi meurtrier! Allons, frappe ! C'est bien! Le sacrifice est achevé... le sang coule en bouillonnant du sein de ta victime ; la pâleur de la mort s'étend sur son visage et décolore ses lèvres; ses membres se raidissent ; un dernier râle s'échappe de sa bouche... Omne consummatum est !

 

Mais, ce n'est pas assez de préméditation, d'horreur et de lâcheté ! Coupe la tête d'Abiram, et emporte-la comme un glorieux trophée, à ton royal maître qui te récompensera. Tes compagnons te rejoindront plus tard pour être témoins de ton triomphe!...

 

Ainsi s'accomplit la mission des Neufs Elus, ou plutôt de l’Elu des Neuf. Triste et honteuse histoire que notre plume a retracée avec autant d'exactitude que de dégoût. Maintenant, nous le demandons à nos lecteurs, les ennemis de notre institution n'ont-ils pas beau jeu, lorsqu'ils ont à leur service de telles armes contre elle ?



DIXIÈME GRADE , OU ILLUSTRE ÉLU DES QUINZE.

 

Salomon est averti par un de ses intendants qui vient de parcourir le pays de Geth, que les deux autres meurtriers d'Hiram se sont retirés dans cette contrée. ll choisit donc cette fois quinze Elus, au nombre desquels sont les neuf de la première expédition, et les envoie au roi Maacha, avec une demande d'extradition des deux criminels, nommés Sterkin et Oterfus, désignés sous d'autres noms au grade précédent.

 

Maacha donna aux envoyés de Salomon des guides pour les diriger dans la recherche des deux coupables. Après bien des courses inutiles et des fatigues sans nombre, ils parvinrent cependant à les trouver dans une carrière de BenDicat. Ils s'emparèrent d'eux, les chargèrent de chaînes et les conduirent à Jérusalem, où Salomon ordonna qu'on les mît dans les cachots d'une tour nommée Hésar, pour les livrer le lendemain à la mort la plus cruelle ; ce qui fut exécuté à dix heures du matin. Ils furent attachés à drux poteaux par les pieds et le cou, les bras liés derrière. On leur ouvrit le corps depuis la poitrine jusqu'aux parties génitales, et on les laissa de cette façon à l'ardeur du soleil l'espace de huit heures. Les mouches et les autres insectes s'abreuvèrent de leur sang. Ils faisaient entendre des plaintes si lamentables, que leurs bourreaux furent émus de compassion, ce qui les obligea à leur couper la tête. Leurs corps furent jetés hors des murs de Jérusalem pour être livrés aux bêtes féroces. Salomon ordonna ensuite que les tètes des deux criminels fussent, comme celle d'Abiram, exposées hors de la ville, sur des pieux, dans le même ordre que les meurtriers s'étaient placés dans le temple pour assassiner Hiram, afin de donner un exemple à tous ses sujets, et particulièrement aux ouvriers maçons.

 

Ainsi, voilà l'un des premiers principes de l'ordre social : « Nul ne peut se faire justice à soi-même, » foulé aux pieds par une institution établie sur les bases de l'équité et du progrès ! Voilà la délation, l'assassinat, la haine et la vengeance, la cruauté et la barbarie, honorés par des hommes aimant la justice, la douceur, l'honneur et la vertu !

 

Dans la refonte des grades, en 1786, le Grand-Orient , au lieu d'effacer de l'ancien rituel tous ces grades, sans même en conserver le souvenir, les résuma dans un seul sous le titre d'Elu SECRET; c'est celui qui figure dans le rite français. Les réformateurs essayèrent de modifier l'historique que nous avons retracé, de moraliser l'action du héros ; mais en lui ôtant son caractère odieux, ils ne parvinrent qu'à le rendre ridicule. Dans ce grade, le nombre des Elus est réduit à sept, sans doute pour rendre hommage à ce chiffre mystérieux. Jocaber, se nomme Joaben. Lorsqu'il se présente dans la caverne, il trouve mort le meurtrier d'Hiram. Il n'a donc plus le motif de s'écrier en le voyant : Nekam! c'est-àdire vengeance ! puisque le meurtrier s'est fait justice à lui-même en se poignardant. Il a encore moins raison de détacher la tête du cadavre.

 

Voici comment le F.-. Vassal, qui fut l'un des officiers les plus éclairés et les plus distingués du Grand-Orient, disait du grade d'Elu, il y a plus de vingt ans, dans son Cours complet de maçonnerie :

 

« L'Elu ne doit plus figurer parmi les grades maçonniques que comme historique, et le Grand-Orient doit interdire aux Chapitres de conférer un grade qui flétrirait et ferait abhorrer l’ initiation. »

 

Le Grand - Orient a laissé les Chapitres suivre son rituel sans leur donner aucun avis, sans leur faire aucune recommandation. Fort heureusement, beaucoup ont trouvé dans leur intelligence et dans leur droiture, le moyen d'abandonner ce grade. Ils n'ont fait que le communiquer aux récipiendaires Rose-Croix. C'est encore trop; il faut qu'il soit entièrement oublié.



ONZIEME GRADE, OU LE SUBLIME CHEVALIER ÉLU.

 

Ce grade est le dernier conservé de la nombreuse série de ce nom; il est le complément des deux qui précèdent. C'est à Salomon qu'est encore attribué sa création.

 

Pour être admis à ce grade, il faut prouver qu'on a puni tous les traîtres...

 

Cette obligation , aussi banale que ridicule. ressort du reste de l'historique du grade.

 

Salomon, après avoir vengé les mânes d'Hiram, voulut récompenser les quinze élus qui avaient été à la recherche des meurtriers. ll confia au sort le soin de désigner douze d'entre eux pour leur donner, en récompense de leur « noble action », le gouvernement de douze tributs. Il leur communiqua en outre les manuscrits renfermés dans le tabernacle, et les tables de la loi écrite par Moïse sur le mont Sinaï. Pourquoi Salomon, après avoir confié à quinze personnes, les plus éclairées de son royaume un office, digne d'agents subalternes, n'en récompensa-t-il que douze? L'historique se tait sur ce fait, qui a, du reste, motivé un autre grade d’Elus, dans lequel ne figurent que douze personnages. Le reste du grade est d'une incohérence et d'une invraisemblance telles, que nous renonçons à en parler.

 

Somme totale, ce grade est aussi nul sous le rapport de l'instruction, qu'il est contraire à la véritable morale.

 

Le signe du grade, qui est à peu près celui de rose-croix , signifie que le récipiendaire doit porter constamment une croix pour lui rappeler ses fautes pardonnées.

Source : http://legende-hiram.blogspot.fr/2010/07/blog-post_26.html

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