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Hauts Grades

L'axe theurgique de la Franc-Maçonnerie

18 Novembre 2012 , Rédigé par J Hautefort Publié dans #spiritualité

Introduction

 

Convenons d’emblée, que l’esprit ne pense et n’agit sur le monde, qu’au travers des systèmes de représentation qu’il se construit. Convenons de même que ces systèmes doivent obéir à des règles strictes d’architecture, à un «art royal » par excellence, avec notamment des règles de logique, de géométrie, de chronologie et de bien d’autres encore. Mais remarquons aussi, que l’univers quant à lui, n’est soumis à aucune de ces lois, pour n’être qu’interactions de proximité, et propagation de proche en proche des effets de celles-ci. L’univers, la nature, tente tout, même le mariage de la carpe et du lapin, pour ne retenir que les systèmes stables, capables à leur tour d’interagir avec leur environnement. L’univers ignore les contraintes que nous devons donner à nos modèles de représentation, il ignore notamment le temps et il n’est animé par aucune volonté particulière, pour n’être que l’ordre des possibles, si et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. Enfin convenons avec modestie que nos systèmes de représentation seront toujours incomplets et qu’ils ne seront toujours qu’une vue de l’esprit, parfois marquée d’une imagination démesurée, où l’on peut prendre ses désirs ou ses craintes pour desréalités. Cette vue de l’esprit, souvent exprimée dans un soucis d’esthétique, se doit d’être partageable, sans quoi elle ne resterait qu’un rêve, qu’une illusion personnelle. A la complexité de cette vue, peut alors s’ajouter la complexité de la transmission elle-même, par la capacité de l’émetteur à énoncer clairement son propos, par la capacité du récepteur à entendre et à comprendre ce qui lui est communiqué, par la possession de cultures compatibles, par le choix de vecteurs de communication plus où moins compréhensibles selon les cultures. Ainsi dans « l’Art royal », outres les règles d’architecture, propres au système de représentation, il est nécessaire de posséder l’art de s’exprimer pour rendre celui-ci intelligible par un interlocuteur pétri dans sa culture. Pour illustrer cette difficulté à entendre et à comprendre le même signifié, regardons les conséquences d’un simple changement d’article, entre LE et LA dans l’acronyme GADLU. LE GADLU est le signifiant de Grand Architecte De l’Univers. LA GADLU est le signifiant de Grande Architecture De l’Univers. Dans la première acception : Le GADLU, il y a personnification en une entité, manifestant une volonté particulière. Cette entité pouvant être « transcendante », c’est-à-direextérieur à l’Univers, ou pouvant être « immanente », c’est-à-dire constitutive de l’Univers. En d’autres termes, pour certain Dieu est créateur et extérieur au monde, pour d’autres Dieu est le monde et sonpropre créateur. Dans la deuxième acception : La GADLU, il s’agit de l’architecture de l’univers, sans manifestation d’une volonté particulière. Dans ce « principe créateur », les évènements ne surviennent que si, et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. En d’autres termes, la GADLU est le signifiant d’un « ordre des possibles », de ce que PEUT l’univers, et non de ce qu’il VEUT. Pour autant ces deux acceptions ne sont pas inconciliables, mais cela demande, dans un esprit de concorde, d’accepter l’idée que dans un ordre des possibles, ne manifestant aucune volonté particulière, puisse apparaître une entité qui consciente d’elle-même, manifeste sa volonté particulière, dans le respect de l’ordre des possibles. Ainsi par sa connaissance de l’ordre des possibles, cette entité aurait la capacité de potentialiser tous les possibles, si et seulement si, elle sait en réunir et en maintenir les conditions nécessaires. L’humain est déjà une entité de cette nature, mais on peut imaginer qu’à un plus haut degré de conscience, celui d’une humanité toute entière, un autre type de volonté puisse se manifester. C’est à ce degré que se situe la notion d’Adam primordial.

 

Un axe virtuel d’élévation

 

Remarquons maintenant, quand l’esprit vient aux choses, que ces choses n’ont de cesse d’arpenter l’univers pour déterminer la place qu’elles y occupent, comme pour se l’approprier et donner un sens à leur existence. Elles se placent alors sur un axe virtuel reliant l’intelligible, non pas à l’inintelligible, mais à ce qui ne l’est pas encore (l’infini au sens de non fini). Cela dans un rapport allégorique de lumière et de ténèbres. Le pari de l’esprit est de rendre intelligible et lumineux l’univers tout entier, pour parvenir à la « connaissance suprême » qui éclaire l’univers. Dans sa propension, sinon sa manie, de faire des catégories et de les personnifier, l’esprit imagine qu’au bas de cet axe virtuel, il y aurait les «esprits simples » et dans les ténèbres et qu’en haut se situeraient les « esprits supérieurs» capables de vivre dans la pleine lumière de la« connaissance suprême ». Sur cet axe virtuel, imaginé comme vertical pour signifier une élévation de l’esprit, la progression ne serait pas continue, mais procédant par « sauts qualitatifs », représentant chacun un «niveau de prise de conscience ». Le processus de progression s’avère être un processus « d’élévation– ascension » à des niveaux successifs de prise de conscience. L’esprit s’est ainsi construit plusieurs représentations allégoriques de cet axe virtuel : celle d’une ziggourat, comme celle d’ETEM AN KI, de la «Tour de Babel » ou encore la fameuse « échelle de Jacob » et de bien d’autres encore, comme notamment celle des « alchimistes » qui transposant la science reine de leur époque : la chimie, ont imaginé cet axe virtuel, comme des transitions de phases dans un processus chimique. Dans cette idée de transposition, on pourrait imaginer qu’aujourd’hui on utiliserait d’autres analogies scientifiques, empruntées à la physique quantique, à la génétique, à l’informatique et à bien d’autres encore. Dans sa propension à vouloir nommer toutes choses, l’esprit a donné à cet axe virtuel, le nom « d’axe théurgique ».

 

Une élévation quantifiée

 

Cet axe théurgique concerne toutes les formes d’esprit, par leur propension à vouloir se situer sur une échelle de progression dans les niveaux successifs de prise de conscience de l’univers. Il apparaît que ces niveaux sont au premier chef, des niveaux où l’esprit prend déjà conscience de lui-même, en remarquant qu’il y a des formes successives d’esprit, et que chacune à ses propres lois et contingences. Quelque soit l’endroit de l’univers où l’esprit vient aux choses, on remarquera que l’on peut distinguer 4 niveaux de prise de conscience, auxquels sont attachés des niveaux de connaissance et qui requièrent des « capacités » spécifiques pour atteindre un état d’être, et en posséder les vertus (qualités) correspondantes. En d’autres termes, dans chaque niveau, l’esprit s’élève pour se doter de toutes les capacités requises, pour parvenir à un état où il possédera les vertus nécessaires pour s’y maintenir et envisager une « ascension » dans le niveau suivant. Ces quatre niveaux que l’on retrouve dans presque tous les systèmes spirituels globalisant, sont ceux de l’esprit individuel, puis celui d’un esprit collectif, puis celui où cet esprit collectif ayant pris conscience de sa finitude, envisage de transmettre sa connaissance acquise à une postérité. Enfin le 4ème niveau est celui où l’esprit tente de s’affranchir de son support physique, non pas pour lui-même, mais pour le système de connaissances qu’il a su développer, et dont il aura pu lui-même hériter en partie. A ce stade le « verbe » condense la« connaissance ». Un verbe « performatif » qui crée l’action par le simple faitd’être prononcé. Il s’agit bien sur d’une image, celle d’un système d’information qui se déploie de lui-même dans l’esprit de celui qui le reçoit, l’entend et qui travaille parfois toute une vie, pour le comprendre et le communiquer à son altérité. Une altérité qui n’est pas qu’une somme d’individus, mais constituée de réseaux enchevêtrés, formant des « ordres », qui progressivement s’acheminent vers une conscience collective, vers une autre forme d’esprit. Cette notion « d’ordre » est importante car elle épouse les différente phases d’évolution des connaissances de cette entité collective. Elle est épistémologique, chaque « ordre » est pertinent à une époque, à la configuration de ses connaissances. Un ordre naît comme un outil nécessaire, et disparaît comme un outil obsolète. Ce ne serait que pur romantisme, que de vouloir faire perdurer, voire « ressusciter », des ordres disparus. Mais ces ordres à peine nés de besoins de convergences, où il est nécessaire de rassembler ce qui est épars, ont la propension de vouloir s’inventer des racines, à s’écrire une histoire, avec moult mythes fondateurs. L’ordre maçonnique n’échappe pas à cette propension.

 

L’ordre maçonnique

 

Les historiens de la maçonnerie nous montrent les prémices de l’ordre, comme une transition avec lesordres anciens, certains chevaleresques : Templiers, teutoniques, assassins, etc. , mais aussi ésotériques : druidiques, alchimistes, rosicruciens, etc. Par le travail de nettoyage radical mené par quelques-uns, comme notamment le révérend Anderson (1678-1739), et Desaguliers (1683-1744) rédacteurs des Constitutions dites d’Anderson de 1723, l’ordre maçonnique sembla se donner une cohérence, sinon une unité. L’ordre maçonnique comme représentatif d’une époque, en épouse la diversité, et il se présente comme une palette d’obédiences ne se reconnaissant pas toutes entre-elles. Mais laissons cet aspect aux historiens, pour revenir à l’axe théurgique de l’ordre maçonnique. L’ordre maçonnique comme réseau de convergences en phase avec son temps, dans son ambition de rassembler ce qui est épars dans son époque, est une sorte de sous-ensemble représentatif de l’humanité de son époque, où ses membres (F.°. ou S.°.) sont des esprits individuels, où les loges sont les prémices d’un esprit collectif et les obédiences les prémices d’organisations de ces esprits collectifs. Ainsi l’ordre maçonnique comporte tous les éléments pour être une sorte de laboratoire où l’axe théurgique pourra être modélisé et expérimenté, pour que chacun ensuite, à l’extérieur du temple, puisse en diffuser l’expérience acquise. L’ordre maçonnique reprenant les quatre niveaux de l’axe théurgique, il sera bien sur possible de faire des correspondances avec les autres ordres qui empruntent le même schéma, sans pour autant imaginer une quelconque filiation entre ces ordres. Néanmoins, certaines obédiences aiment faire remonter leur création dans les limbes de l’histoire et s’inventent d’improbables filiations, oubliant qu’un ordre naît à une époque donnée, comme un outil nécessaire, et disparaît comme un outil obsolète. Chemin faisant, un maçon pourra découvrir que l’ordre maçonnique est fortement influencé et imprégné par la Cabbale, où l’axe théurgique est présenté comme traversant quatre mondes : action, formation, création et émanation. Il n’est pas utile de reprendre les termes hébreux, car ils ne font que désigner un modèle universel et le signifiant utilisé risque de cacher le signifié universel. Pour autant l’arbre séfirotique de la Cabbale est intéressant car il indique pour chaque niveau, quelles seraient les capacités (les sefirots) à réunir pour parvenir à l’état de conscience correspondant au niveau et en posséder les vertus (les qualités). Remarquons que dans une vision hébraïque, une vertu n’est pas une qualité innée, mais acquise, notamment par le travail. Ainsi pour chaque niveau de l’axe théurgique il est possible de définir un système de sefirots, un état de prise de conscience, et un niveau de vertu. Nous maçons, nous aimerons associer à chaque niveau un symbole représentatif.

 

Le système spirituel de l’ordre maçonnique

 

Cet ordre maçonnique est un système spirituel, constitué de quatre niveaux « d’élévation – ascension », basés sur les quatre mondes de la Cabbale : l’action, la formation, la création et l’émanation, correspondant respectivement : Loges bleues, ateliers de perfection, ateliers capitulaires, ateliers philosophiques. Comme pour montrer qu’il s’agit d’une être différent, à chaque niveau correspond une loge spécifique, et aucune loge ne travaille sur l’intégralité de l’axe théurgique.

 

ß Le premier monde (Assiah) : l'action, est celui où issus du chaos, la matière inerte est apparue, puis la matière vivante et enfin un être pensant, doté d’une conscience individuelle et d’une volonté particulière. Dans ce premier monde la matière et l’esprit se confrontent. Un esprit qui ne peut se libérer qu’en empruntant « la voie du milieu », celle qui donne un sens à ce qu’il est et à ce qu’il fait, en lui donnant l’espérance, la perspective, de maîtriser son devenir. Dans ce 1er monde, le FM.°. travaille sur lui-même, il est dans sa terminologie allégorique, « une pierre brute » qu’il doit sans cesse tailler pour parvenir à la maîtrise de lui-même. Les trois premiers degrés de l’ordre maçonnique se situe dans ce premier monde, où le FM.°. prend pleinement conscience de lui-même et de l’altérité dans laquelle il vit. A ce stade il acquière un premier « niveau de vertu » (yachar) : il est un homme de rectitude, celui qui veut se conduire d'après un chemin droit (la voie du milieu) et cela avant toute norme, avant toute loi.Ce « niveau de vertu »correspond à un « état de conscience ». Une vertu n’est pas une qualité innée, mais une qualité nécessaire que l’on acquière par le travail. Le symbole de cet état est l’équerre et le compas où symboliquement le FM.°. se situe entre l’équerre et le compas, entre la rigueur et l’ouverture. Combien même l’ordre maçonnique s’arrêterait à ce seul niveau, qu’il aurait déjà produit des FM.°. libres et de bonnes mœurs, oeuvrant au bien-être de l’homme et de la société, chacun dans sa vie, chacun dans son exemplarité.

 

ß Le deuxième monde (Yetzirah) : la formation, est celui d’une prise de conscience collective au sein des groupes sociaux et par extention de l’humanité toute entière, consciente d’elle-même et de son altérité, dotée d’une volonté particulière qui va au-delà de la simple somme des volontés particulières des individus et qui transcende la multitude dans une unité. Dans ce deuxième niveau, dans ce deuxième monde, le FM.°. travaille à l’édification du 3ème temple, celui de la « Jérusalem céleste »,qui est l’avènement d’une humanité consciente d’elle-même et de son altérité. La Loge maçonnique en préfigure l’organisation, où sous les auspices de « la GADLU », 3 la dirigent, 5 l’éclairent et 7 la rendent juste et parfaite. A ce stade le FM.°. acquière un deuxième « niveau de vertu » (tsadik ) où il prend pleinement conscience de la place de l’humanité dans « l’ordre naturel des choses », de son rôle dans l’univers en se «révélant » être l’héritière d’une tradition ancestrale. Le symbole de cet état sera un compas (sans l’équerre) s’ouvrant sur la série 3, 5, 7 et 9. Cette série représentera pour les uns les « ages symboliques » successifs du FM.°. dans son parcours initiatique. Pour d’autres la série 3, 5, 7, symbolisera le principe d’organisation de ce niveau et le 9 symbolisera dans le mythe d’Hiram, les 3+6 compagnons partis à la recherche de la dépouille (de l’enseignement) d’Hiram, que d’aucuns considère comme l’allégorie des générations adamiques antérieures à celle de Noé (la notre) : ADAM, SETH, ENOSH, KENAN, MAHALALEEL, JERED, HENOC, METUSCHELAH, LEMEC. C’est en effet à ce niveau que le FM.°. découvre allégoriquement, sous les ruines du temple de Salomon, l’existence d’un soubassement remontant à Enoch et où, chemin faisant, il approche les enseignements de la Cabbale qui lui donnera les clés de compréhension des 4 mondes. Le message est assez stupéfiant : notre génération, celle de Noé, serait dans la lignée des 9 générations adamiques précédentes et pourrait en être l’héritière.

 

ß Le troisième monde (Briah) : la création, est celui de la transmission, où une génération consciente de sa finitude, envisage de transmettre son savoir à une nouvelle génération par l’opération d’un système qu’elle aura fabriqué dans le but d’enseigner la nouvelle, afin que la connaissance se perpétue. La recherche porte sur le « rite » et les « rituels » qui en découlent. Le rite, du sanscrit« rita »,est une représentation de l’univers. Le rituel, du latin « ritus », est un fréquentatif, une formalisation des éléments du rite, pour qu’il se déroule toujours d’une manière identique. En effet l’enseignement ne découle pas de l’acquisition de connaissances transmises, mais de la pratique assidue des rituels, qui peu à peu imprègnent l’esprit de ceux qui les pratiquent. C’est en cela que l’on dit qu’ils sont «performatifs ». A ce stade, le FM.°. acquière un troisième « niveau de vertu »(hassid), où il veut par lui-même, ce que peut « l’ordre naturel des choses ». Il sait ce qui est de l’ordre du possible car il en connaît les lois et fondements. Il sait maîtriser les chimères que fabrique sonimagination féconde. Il sait que nul n’est tenu à l’impossible. La représentation allégorique de ce monde est celle d’une «trinité », où un « père » procède à l’enseignement d’un « fils », par l’opération d’un « Saint-Esprit». Sur l’axe théurgique, cette verticale qui relie l’humain à la « connaissance suprême » (divine), il se situe à un niveau caractéristique de son état (niveau de vertu) où il est doublement capable de comprendre le divin et l’humain. Le symbole de cet état sera celui de Rose + croix. La croix symbolisant sa situation sur l’axe théurgique et la rose par la floraison de ses pétales symbolisant lesdifférents niveaux de conscience qu’il lui faut maîtriser. Cette croix n’a aucun rapport avec la croix christique. A ce niveau le FM est sensé retrouver la parole, pour constater qu’elle s’exprime au travers d’un tétragramme : YHVH pour les uns, ENRI pour d’autres. Dans l’allégorie de la tour de Babel, c’est surtout l’élévation par niveaux de cette ziggourat qui est la transposition de la parole, codée dans letétragramme. La parole fut perdue par la destruction de la tour et non pas par la confusion des langues qui succéda à la langue adamique.

 

ß Le quatrième monde (Atziluth) : l'émanation, est celui de la dernière ascension. Il est appelé Monde des Emanations ou encore Monde des Archétypes. C'est le lieu du tout indivisible, de l'ensemble des potentialités, la racine des mondes. Il est constitué des schémas qui mettront de l’ordre dans la chaos, il est celui des germes capables de féconder le chaos, pour que renaisse l’ordre, un ordre inexorablement condamné à retourner au chaos ; Car toute chose naît du chaos et y retourne inexorablement. Dans ce monde, l’esprit conscient de sa dualité « esprit-matière », connaissant l’aspect éphémère de son substrat matériel, a pour ambition de perdurer au-delà de la disparition inéluctable de son support.Cette ambition, n’est pas nécessairement que l’esprit survive comme entité, mais que ses connaissances, si difficilement acquises, soient transmises à une postérité méritante. Ce monde ne serait pas celui de «purs esprits » vivant dans une autre dimension, mais celui d’un système d’enseignement qui pourrait s’autodéployer sur un nouveau substrat, issu du triomphe éphémère de l’ordre sur le chaos, dans une allégorie de « revanche » de la lumière sur les ténèbres. Sur un nouveau substrat issu d’un ordre naturel des choses, qui ne manifeste aucune volonté particulière, qui est l’ordre des possibles, où les choses naissent et demeurent, si et seulement si, les conditions nécessaires sont réunies et maintenues durablement. Dans ce niveau, l’esprit tente de concevoir d’une part un système d’enseignement autodéployable et d’autre part un substrat qui sera capable de surmonter ce retour au chaos. Ce chaos n’est pas le néant, mais le retour au plus bas niveau d’organisation de l’univers. L’ordre est quant à lui celui d’une succession de niveaux d’organisation de plus en plus complexe, sansque rien ne pousse les choses à se complexifier davantage. Concernant le système d’enseignement, lui est un système d’informations, la Cabbale en donne un aperçu avec la « gématrie », par un alphabet de lettres et une expression numérique de leurs combinaisons. Cela n’est pas sans rappeler que l’ordre naturel des choses utilise le codage protéinique comme support d’informations, notamment dans l’ADN. Cette observation pourra nous donner une idée de la nature du système d’enseignement adamique et de son substrat. Un substrat qu’il conviendra de protéger lors du retour au chaos. Avant de poursuivre, nous devons examiner deux principes : l’entropique et l’anthropique. Le premier emprunté à la thermodynamique concerne la tendance à la désorganisation de tous les systèmes. Le deuxième concerne les conditions nécessaires à réunir et à maintenir pour qu’apparaisse les systèmes les plus complexes et la probabilité que ces conditions soient réunies par le hasard, notamment dans desespaces- temps voisins. Cette probabilité est non nulle, car notre seule existence en apporte la preuve, mais elle est considérée comme extrêmement faible et comme quasi nulle pour des apparitions concomitantes dans des espaces-temps voisins. La Cabbale laisse entendre qu’une première génération : l’Adam primordial, serait issue par hasard de l’ordre naturel des choses. Cette visionn’implique en rien la nécessité d’un Dieu créateur manifestant une volonté particulière, mais montre les résultats d’un principe créateur, qui lui ne manifeste aucune volonté particulière. Dans ce 4ème monde,celui de l’émanation, le FM.°. acquière un quatrième « niveau de vertu » (kadosh) où « homme de sainteté », de créature de l’ordre naturel des choses, il devient un créateur qui sait utiliser cet ordre des possibles dans le sens de sa volonté particulière. Le symbole de ce double état de créature –créatrice sera un aigle à deux têtes, enserrant dans ses serres 3 éclairs symbolisant 3 émanations, car l’esprit, avant d’être esprit, émane du chaos, puis de la matière inerte, puis de la matière vivante, pour enfin, au bout de son périple, inverser son cheminement, où né de la poussière, il retourne à la poussière, sauf son ambition que la Parole, que son enseignement, perdure dans le Siècle des siècles.

 

Savoir interpréter les allégories

 

Dans une vision allégorique l’axe théurgique, serait donc l’axe de « construction de Dieu ». Le mythe est celui de « l’océan primordial », des eaux de la Genèse, sur lesquelles l’Esprit de Dieu planait avant d’opérer la création. L’image allégorique de l’esprit s’élevant ensuite à la verticale, selon l’axe théurgique, est une belle image symbolisant un processus d’organisation de l’univers, en systèmes successifs de plus en plus complexe. Malgré sa puissance évocatrice, cette image est réductrice, car elle montre les états d’être successifs, comme extérieurs les uns des autres, alors qu’ils sont inclus les uns dans les autres. A tous niveaux, les êtres de ce niveau restent des agrégats d’êtres des niveaux inférieurs. Quand l’esprit vient aux choses, ces choses restent soumises aux contingences de leurs différents niveaux constitutifs. Au premier niveau de prise de conscience, celui de l’esprit individuel, celui de chaque humain, la propension de certains, sera de transposer les êtres des autres niveaux en les personnifiant dans leur propre plan d’existence. Ainsi certains pourront personnifier les sentiments qu’ils ressentent, comme autant de personnages allégoriques, incarnant la joie, la colère, etc. Cette personnification, cette incarnation, est une commodité que l’esprit individuel utilise pour se représenter la complexité de l’univers, il est néanmoins prudent de savoir s’en dégager. Prudence, car cette transposition est dangereuse si on donne à l’être transposé toutes les caractéristiques des êtres du niveau de transposition. Ainsi la transposition desgénérations adamiques, dans le plan des individus, conduira certains à penser que ces générations se reproduisent selon un mode sexué : il leur faudra alors considérer des éléments males ou femelles. Ceux-ci auront besoin d’associer à l’Adam primordial, une compagne Lilith ou Eve selon ce qui conviendra le mieux à leur morale. Qui peut penser qu’un groupe social se reproduise selon un mode sexué . Les textes dits sacrés, sont essentiellement allégoriques, quand ils ne sont pas de surcroît agencés selon la technique de la guématrie, où chaque lettre possède un équivalent numérique, où les mots forment une combinatoire explicite. Comment entendre ces textes dans leur plus simple expression, en fait chacun retient ce qui l’intéresse, et pour beaucoup, croire, ce n’est que retenir ce qui les rassure. Mais que penser d’un clergé qui laisserait croire en vérité, ce qui n’est qu’allégorie . Mais convenons que la lumière est dangereuse pour qui n’est pas préparé à la recevoir.

 

Conclusion

 

Dans une vision maçonnique l’axe théurgique traverse l’ordre tout entier, que les maçons découvrent progressivement, dans la pratique de rituels et de mythes performatifs, qui les sensibilisent souvent d’une manière inconsciente, comme à l’insu de leur plein gré. Beaucoup de maçons estiment que l’ordre ne concerne que le premier niveau, celui des « loges bleues » et considèrent les autres niveaux comme des fantaisies d’esprits dilettantes, qui feraient mieux de s’occuper de choses plus concrètes quand on voit la misère dont souffre l’humanité. Il est vrai que le premier niveau fabrique des maçons, et qu’il est juste que ceux-ci fabrique quelques choses à leur tour. A quoi servirai un enseignement, s’il n’avait pas une utilisation pratique . Pour autant la maçonnerie est un laboratoire, où moyennant les précautions d’usages, on pourra se livrer à des expériences potentiellement dangereuses. Le danger serait déjà de se laisser prendre au jeu, et de confondre les mythes avec la réalité, et les hypothèses avec des certitudes. La maçonnerie spéculative est …spéculative ! Chacun des quatre niveaux de l’ordre maçonnique est un terrain d’expérimentation pour des esprits de plus en plus aguerris à ce genre de spéculations. On n’y progresse pas à l’ancienneté, au bénéfice de l’age, mais parce qu’on en possède les dispositions d’esprit. Le concept le plus délicat est celui de prendre conscience comme individu, qu’il existerait un niveau de conscience collective, concernant les groupes sociaux, où selon l’expression consacrée : le tout est supérieur à la somme de ses parties. Par l’exemple de sa loge, formant ce genre d’entité collective, le maçon à la chance de pouvoir travailler à ce niveau de conscience collective, sous réserve qu’il cesse de regarder son nombril, qu’il cesse d’être un individu pour être un F.°. de la loge, qui elle, n’existe que si, et seulement si , les F.°. sont réunis dans la forme accoutumée. Dans l’allégorie, l’individu est une pierre brute, alors que le F.°. est une pierre polie, certes chacune est différente, mais elles peuvent s’assembler par la jonction de leur interface adapté. C’est dans l’harmonie de cette jonction qu’apparaît alors l’égrégore, tel une symphonie de notes parfaitement jointoyées. L’enseignement majeur est que la force n’est pas dans les êtres en eux- mêmes, mais dans ce qui les relie. Dans leur capacité à former des réseaux , à constituer des « ordres» pertinents à leur époque et capable de l’éclairer. L’ordre maçonnique est né dans les pas du « siècle des lumières ». Comme outil nécessaire, il doit travailler à la tolérance mutuelle afin permettre une concorde universelle. L’unité de l’humanité n’est pas dans un syncrétisme des systèmes spirituels, mais dans leur jointement harmonieux, certes dans le respect de leurs différences, mais aussi dans le respect de l’harmonie d’ensemble. C’est dans cette harmonie, qu’alors nous entendrons le chant divin.

 

J’ai dit …

 

source : http://leblogajean.hautetfort.com/files/axe_theurgique_fm.pdf

 

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Ordre Quaternaire 14/02/2013 10:59


L'esprit de destruction seul naît du chaos : la maçonnerie révolutionnaire est une machine létale qui sert à créer les génocides par des gens qui se prennent pour Dieu tout puissant, immortels et
qui prennent des immunités en tout genre pour échapper à la temporalité. Ce sont avant-tout des criminels, des fils de Caïn ; cette secte est bien synchrétique et utilise les principes de
substitution et de vampirisme spirituel, et les rites de réincarnation d'esprit dans un être déjà constitué en sont le symbole même. Vous créer des systèmes parallaxes aux pouvoirs temporels pour
induire indéfiniment l'humanité dans l'erreur. 


Il va falloir invoquer votre véritble Dieu dorénavant pour intrôniser dans vos ordres vos suppos de Satan, car si des familles originelles de l'Ordre du temple ont été assasinées dès 1760, comme
l'avait annoncé le seul vrai Dieu, il y a toujours des restes. Si vous osez encore invoquer le nom de mes ancêtres pour créer le bordel international en vous intronisant les-uns et les autres au
nom du Roi Salomon ou de Balian de Grenier, nous vous attaquerons pour usurpation de titre, de nom, et pour méta-sorcellerie. C'est la fin des occultations. Vos grands maîtres sont démasqués avec
leur démonologie. Vous allez connaître désormais la théorie du miroir dans lequel aucun vampire ne peut subsister. Vous devrez vous voir face à vous même et le crime contre l'humanité que vous
avez propagé de par le Monde Entier en opposition au principes du Rerum Novarum. une personne ne peut être la moitié d'elle-même ni une part d'elle même tandis que l'autre part est phagocitée par
des ordres occultes, jusqu'à n-1 à l'infini. Il vous manque un chromosome qui fait de vous des psychopathes patentés. Vous avez assez fait souffrir le Monde et l'humanité, vous avez confisqué la
Liberté des êtres et même la VIE, en vue d'enrichissement personnels illicites. Vous êtes criminels et vous espérez ravir l'espérance et le destin de tout un chacun ainsi que la Fortune
Universelle à vos seuls profits : vous serez jetés à terre et vous n'êtes que poussières. il est temps de vous en rappeller, et si vous ne le faîtes pas rapidement, il vous sera fait rappel à
l'Ordre Universel : la vie n'a pas de prix. Le Christ nous a tous rachetés depuis des lustres. Vous allez conaître le sort que vous avez réservé à des centaines de millions de personnes sur cette
terre depuis quelques siècles.


Vous cultivez l'Art du nihilisme, parce que les vérités cachées de Dieu ne vous serons jamais révélées à cause de votre esprit criminel. Vous n'avez aucun pouvoir, vous êtes juste des gens qui
agissez en cachette tel vos esprits malades et envieux, jaloux de la préscience des enfants de Dieu ; vous pensez que les gens sont vos enfants et vous êtes atteints du syndrôme de Chronos. Non
contents de cultivez l'échangisme à outrance dans n'importe quel sens, et particulièrement contre nature, vos fraternités ne sont que le reflet de l'inceste.


Il est grand temps qu'on vous dise vos vérités, celles qui sont partagées par vos frères illuminés du cabochon, les rois de l'enrichissement sans cause ni but, les maîtres de l'illusion forcenée.
Comme vous avez cherché à atomiser les êtres vivants en créant des crises artificielles, vos fameux chaos, vous serez disséqués et écartelés sur la place publique ; on analyse déjà depuis
longtemps vos troubles psychotiques de dérangés du cerveau que vous donnez en guise d'héritage à vos initiés, comme un gène de la violence institutionnalisée et perpétuelle. Voici, vous allez
connaître les secousses sysmiques que Dieu seul peut engendrer et vos esprits ne sont pas à même de contrer.