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Hauts Grades

L'Epiphanie

13 Janvier 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

Dans « La Crise du Monde Moderne » R. Guenon a écrit : « le hasard n'existe pas, dire qu'un événement s'est produit par hasard, voudrait dire qu'il peut se produire sans cause ».

Et lorsque j'ai commencé à travailler sur le thème de ce soir, j'ai réalisé que le jour de l'Épiphanie coïncidait, à l'aube de ce siècle, avec le cinquantenaire de son retour à l'Orient éternel...
Aussi ne m'en voudrez vous pas si je fais appel à sa recherche pour éclairer d'une lumière particulière le symbolisme de l'événement, même si elle émane d'un personnage plus que controversé, au moins dans son comportement…mais à qui on ne peut nier le mérite d'avoir été un « cherchant ».
Ainsi, il n'aurait pu voir de réelle coïncidence dans la survenance, en cet espace de 12 jours (nombre en soi symbolique) qui sépare l'Épiphanie de la Nativité, de Hannoukah, la fête juive des Lumières, ni de l’Aïd El Fitr, la fête qui marque la fin du ramadan, ni même de Kumbha Mela, que célèbrent 30 millions d'hindous à l'occasion d'une conjonction stellaire unique, telle celle de nos bergers et de nos mages rendant grâce à la lumière.

En effet, la quête de René Guénon et de ses disciples de l' « Ecole Traditionnaliste » a été celle d'une « tradition primordiale », qui transcenderait toutes les autres, et ferait la synthèse ésotérique de toute tradition spirituelle, - dont les religions constituent l'exotérisme, essentiellement les 3 religions du Livre, mais aussi bien le Mazdaisme, le Taoisme, le Bouddhisme et l'hindouisme, toutes ainsi réunies dans leur fondement.

Concernant l'Épiphanie, qui, rappelons-le, ne fait l'objet que de 16 phrases en 12 versets du seul Matthieu (2-1-12), René Guénon -repris par Jean Tourniac dans « Melkitsedeq ou la tradition primordiale »- en fait ainsi une fête porteuse d'un message universel, en s'appuyant « simplement » sur la symbolique des Rois/mages :

Dans la tradition chrétienne, la fête de l'Épiphanie célèbre la manifestation (sens étymologique) du Christ/logos aux nations, celui qui, dans sa gloire, « vient -selon Luc (1-68)- visiter son peuple ».

Nul ne sait d'où viennent les 3 rois/mages, guidés par une étoile flamboyante, ni où ils repartent, une fois leur mission accomplie.
Pour Guénon, si, le jour de l'épiphanie, ces rois/mages viennent rendre hommage au Christ, c'est en tant que représentants de la « tradition primordiale », en tant que chefs de l'Agartha.
L'Agartha est le lieu symbolique -déjà traçé par Zoroastre- où se conserve la tradition primordiale, et la résidence du Roi du monde, Melkitsedeq, principe personnalisé de cette Tradition, et personnalisation du logos - le « verbe », expression même de Yahwé - dans le cycle Abrahamique.

Et si les 3 rois/mages viennent rendre hommage au Christ, c'est qu'il vient de naître dans les trois mondes qui sont leur domaine respectif, cette trinité primordiale transcendant le Christianisme naissant:
Melchior, Gaspar, Balthazar sont respectivement roi, prêtre, et prophète, les trois fonctions suprêmes symbolisées par les 3 cadeaux offerts au Christ que sont l’or,l'encens,et la mirrhe.
Melchior en hébreu : c'est Melki, (ou Melek pour les Veda), l'or ou roi de la lumière. Le Roi c'est (Kshatriya), celui qui dirige les causes des événements présents (attributs bibliques : l’épée, la couronne et la balance de justice).
Gaspar est le prêtre, (Brahmane) celui qui parle à Dieu face à face (attributs bibliques: l'encens qui s'échappe des plateaux de la balance dont le fléau est l'épée)
Balthazar est le prophète, maître spirituel par excellence, (Mahatma) celui qui connaît les événements de l'avenir (le laurier symbolisant la gloire, attribut du prophète), qui offre la myrrhe, baume d'incorruptibilité (Amrita), en lequel on peut voir l'annonce de la mort physique du Christ.

Ils représentent respectivement la terre (Bhu), l'air (Bhuvas) et le ciel (swar), les 3 niveaux de responsabilité des rois, prêtres et prophètes, soit le monde de la manifestation corporelle, le monde de la manifestation psychique, et le monde principiel non manifesté, ou encore le règne, la puissance et la gloire, (les 3 expressions de ces fonctions suprêmes) (cf : « car c'est à toi qu'appartiennent le règne,la puissance et la gloire » du Pater des Chrétiens).

Cette triade serait aussi celle des 3 tau, lettre grecque chère à notre école symbolique, le tau reliant le monde de la matière au monde invisible, la branche de la croix correspondant au monde transcendantal ne pouvant apparaître aux yeux physiques, et le nombre de 3 reproduisant celui des 3 règnes ainsi rassemblés sur le triangle sacré.

Pour faire vite, je vous épargne les surprenantes corrélations de cette symbolique avec les traditions non seulement hébraïque (et même Babylonienne, où elle prend sa source), mais aussi islamique et hindoue, qui viennent à l'appui de cette thèse.

L'essentiel est qu’en ce jour de l'Epiphanie, l'Agartha, lieu symbolique de la « tradition primordiale », rend visite à JérusalemVille de David », où l'Ange du Seigneur conduit les bergers, lieu non moins symbolique à l'égard des 3 formes de monothéisme), et non pas à Béthléem, où seul Matthieu situe la naissance du Christ. Jérusalem est (étymologiquement) la ville de la Paix, et Melkitsedeq est le roi de justice et de paix, dont la capitale au pays de Canaan est Salem, ou Shalem (la paix).
Le « Salem » de Jéru-salem évoque le personnage de Melkitsedeq ; la première fois que Salem est mentionné, c’est par rapport à lui. Melkitsedeq, qui signifie « roi de la justice », est roi (de Salem, c’est-à-dire de paix) et est par ailleurs désigné comme « prêtre pour l’éternité ». On comprend donc le prestige que connut cette figure du prêtre-roi dans la tradition juive. Celle-ci y a vu la plupart du temps un type du Messie, l’identifiant selon la terminologie de Philon au « Logos éternel ».
Jérusalem est donc d’abord la ville dont le nom ancien « Salem » résonne de paix, la ville d’où venait Melkitsedeq (Genèse 14 : 8 ; cf. Hébreux 7 : 1), roi de justice qui avait béni et soutenu Abraham dans ses combats (Genèse 14 : 18).

Dans cette perspective, la prophétie d'Isaïe prend un sens nouveau : « Debout, Jérusalem! Resplendis... les nations marcheront vers ta lumière ».

Mais, dans cette tradition Abrahamique, la représentation de Melkitsedeq - à la fois Roi, Prêtre et Prophète - implique l'homogénéité des pouvoirs la constituant : Melkitsedeq les possède tous les trois (règne, puissance et gloire), mais dans l'unité et avant leur distinction.

L'Épiphanie est donc à la fois message de paix et d'universalisme, volonté de nous ramener en amont du monothéisme, vers la tradition primordiale dont chacune des 3 religions du Livre est issue. Cet volonté d'universalisme qui se retrouverait sous forme exotérique dans l'imagerie chrétienne, où les Rois/mages réunissent aussi, autour de l'Enfant-Roi, prêtre et prophète, l'Afrique, l'Europe et l'Asie…

A mon humble avis, cette interprétation de l'Épiphanie illustre bien la notion de tradition telle qu'elle a été redéfinie par René Guénon. Dans son essence, celle-ci désigne toutes formes révélées dont la fonction est de transmettre la totalité d'un Message divin à travers le temps. Dans le contexte particulier des monothéismes ce message comprend une dimension secrète, ésotérique, et une dimension religieuse exotérique, formant un tout indissociable. L'exemple de la Cabale dans le judaïsme ou du soufisme en Islam fait état de ce lien profond qui unit ces deux composantes de la Révélation.
Cela dit, chaque forme traditionnelle peut également être envisagée comme étant la manifestation adaptée et spécifique d'une Tradition originelle, véritable Dépôt primordial de la Science Sacrée. Ainsi la Tradition est-elle à la fois immuable et soumise aux lois cycliques, ce qui nécessite en conséquence la prise en compte des contingences par la Providence et par les instances spirituelles chargées de la représenter dans notre monde.

Qu'en penser ?
Permettez-moi de revenir à une vision à la fois plus classique et plus personnelle…

L' « Epiphaneia » grecque, littéralement « apparition », décrivait la visite solennelle d'un roi, et par extension, les illuminations, fêtes et réjouissances qui s'ensuivaient.
Fixée aux environs du 11eme siècle au 6 janvier, cette date fut a l'origine instituée en Orient à la fin du IIème Siècle pour marquer une triple célébration, celle de la Nativité, du baptême du Christ et du miracle de Cana, les 3 premières « manifestations du Christ » (épiphanies ou théophanies) au monde.

Cette solennité des orientaux supplantait a une date identique les rites associés chez les égyptiens a la crue du Nil, temps ou l'on puisait avec faste et splendeur l'eau du fleuve bienfaiteur. Elle intégrait également la grande fête païenne du soleil, qui chez les romains marquait le solstice d'hiver, instant transcendant du « Sol invictus » où la lumière triomphait des ténèbres, et chez les Grecs la naissance du dieu Aïon (identifié avec Hélios, le soleil), enfanté d'une vierge.

L'Orient chrétien, en reprenant a son compte l'ensemble de ces thèmes symboliques, christianisera le 6 janvier par la célébration de l'Épiphanie, à la fois fête du premier jour de l'an nouveau, commémoration du baptême du Christ, et évocation du miracle de l'eau changée en vin aux Noces de Cana.
Dans l'Église Orthodoxe, le 6 janvier demeurera l'un des temps forts du calendrier liturgique en associant a cette date la bénédiction des eaux et le baptême, signe de renaissance.
Par contre, l'Église Latine, en fixant plus particulièrement son attention sur les Mages, fruit de l'évolution de sa tendance populaire, s'attachera principalement a l'aspect second de l'Épiphanie, au détriment de la réalité initiale de cette fête. Le 6 janvier deviendra seulement la fête des rois.

Et s'il était encore besoin d'en rajouter, les dernières reformes de la liturgie romaine ont récemment reporté d'une manière très profane, la fête de l'Épiphanie au dimanche placé entre le 2 et le 8 janvier, occultant par la même toute l'importance symbolique des 12 jours se situant du 25 décembre au 6 janvier.

…et même si le prosaïsme commercial en a occulté le mystère, Il n'en demeure pas moins que le récit de la Manifestation de Jésus Christ aux Rois Mages venus l'adorer traduit ésotériquement pour le chercheur de vérité l'Épiphanie de Dieu, c'est a dire :

· La manifestation glorieuse du Verbe
· La Lumière en son commencement
· L'Universalité en sa finalité

Au-delà de tout dogme, cette trilogie de principes dévoile et révèle l'Épiphanie comme l'alpha et l'oméga de toute réintégration a l'Unité.
Ce sont les apocryphes, textes postérieurs de 1 siècle aux évangiles, plus prolixes que Matthieu sur le sujet, qui apportent le plus d'information et de renseignements sur la singulière aventure de ces rois de l'Épiphanie.

Figure emblématique de nombreux contes, coutumes et folklores, les Rois Mages, ces exotiques voyageurs, ne furent pas admis cependant sans peine dans le légendaire chrétien.
Au 9eme siècle, ils sont assimilés à des charlatans s'adonnant à la sorcellerie, et leur présence dans la crèche relève alors d'un sacrilège.
Quelques siècles plus tard, a la fin du Moyen Âge, ils seront voués à la malédiction par nombre de théologiens, au motif que leur fête donnait lieu a des libations voire a des débauches, peu en accord avec une célébration sacrée.
Mais anathèmes et condamnations restèrent néanmoins sans effet, car les Rois Mages demeurèrent toujours porteurs de ce merveilleux, dont l'imagination populaire nourrit le sentiment religieux.

Des le 14eme siècle, « l'adoration des Mages » était devenue l'une des scènes les plus représentatives de la tradition chrétienne.

Selon la version officielle, les Mages, avertis de la naissance de Jésus par une grande étoile, furent dès lors guidés jusqu'à Bethleem. Ils portaient en offrande des dons précieux : de l'encens, de l'or et de la myrrhe.
L'évangile ne fixe pas le nombre des Mages, mais la tradition, avec Origène, admet depuis le début de l'ère chrétienne qu'ils étaient trois. Quasiment a la même époque Tertullien en fera des rois conformément a la prophétie d’Isaie (60-3) : « les nations vont marcher vers ta Lumière et les Rois vers la clarté de ton lever. »

Dans leur traduction, les noms de Melchior, Balthazar et Gaspard sont d'origine orientale.
Ces dénominations sont citées pour la première fois dans les Évangiles de l'enfance, texte rédigé au 9eme siècle d'après un original syriaque daté de 590.

Mais d'ou viennent-ils ?

D'Orient, indication pour le moins bien vague, puisque précisément a l'est du Jourdain ne s'étend que le vaste désert d'Arabie.
L'Evangile dit qu'ils vinrent adorer le roi des Juifs parce qu'ils avaient vu son étoile en Orient –« Ex oriente lux »-, preuve qu'ils en attendaient le signe. Képler a montré que l'an 747 de Rome, qui pourrait être la date vraie de la naissance de Jésus, a vu en conjonction les planètes Saturne et Jupiter dans le signe des Poissons et que, l'année suivante, Mars est venu se joindre à ces planètes. Réunion rarissime des planètes dites supérieures,…comme celle du Kumbha Mela hindou.

Et c'est le même Matthieu qui nous dit (24,29-30) :
« Comme l'éclair part du levant et brille jusqu'au couchant, ainsi en sera-t-il de l'avènement », de même qu'il prédit pour le retour du Messie, le phénomène symétrique : « Alors apparaîtra au ciel le signe du Fils de l'Homme ».

« Ex oriente lux », dans sa formulation, semble aussi indiquer, dans sa symbolique première, le siège de la Lumière incréée. Le levant, ce lieu où la lumière originelle commence à paraître, le levant, cet espace sacré d'ou émerge le point central de la spiritualité, source de toute démarche initiatique…
Sous le couvert de la voûte étoilée, la voie à suivre vers l'Orient va se préciser, même si les premiers pas se doivent d'être, dans un premier temps, difficiles et hésitants…

Ces Mages, qui sont-ils ?

Le mot lui-même, dans sa sémantique n'est pas indifférent : Maga en persan - Mag en hébreu-, signifie « Don » au sens de « Révélation ». Les Mages sont Prêtres-Rois de la religion mazdéenne, 7 siècles avant Jésus Christ, Zoroastre fut en Perse l'initiateur et le prophète.
Son texte fondateur annonçait ainsi :
« A la fin des temps, au moment de la dissolution qui les termine, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d'une vierge, sans qu'un homme l'ait approché.
On verra une étoile brillante au milieu du ciel, sa lumière l'emportera sur celle du soleil.
Quand se lèvera l'astre dont j'ai parlé, que des courriers soient envoyés par tous, chargés de présents pour l'adorer et lui faire offrande. »

A la prophétie de Zoroastre fait écho le Ps 72,10 de David : « les rois de Tarsis,…de Sheba et de Seba lui apporteront des dons. »

…Mais aussi une légende plus archaïque :
Adam, chassé du paradis, avait trouvé refuge dans une caverne creusée au flanc du Mont Victoriel, aux confins de l'Iran et de l'Afghanistan d'aujourd'hui.
Il aurait, en ce lieu privilégié, caché les seuls trésors sauvegardés après sa chute : de l'encens, de l'or et de la myrrhe.
C'est sur cette montagne que les Mages astrologues guettaient de saison en saison dans l'espace céleste, la manifestation de l'Astre prévue par le prophète.
Lorsque apparut l'Étoile, ces maîtres initiés firent aussitôt prévenir les Rois qui régnaient sur l'Orient.
Ils étaient trois, se partageant les terres :
Le premier, Melchior, étendait sa domination sur la Nubie et l'Arabie.
Le second, Balthazar, régnait sur l'antique royaume de Saba.
Le troisième, Gaspard, dominait les terres du pourtour de la Perse.

Telle est apparemment transmise par la légende, la souveraineté de ces trois Rois qui vont, chacun de leur côte, se mettre en route, pour marcher ensemble vers la Palestine, a la rencontre de l'unité symbolisée par l'enfant Roi.

La tripartition géographique ne pourrait-elle pas ici symboliser les trois plans de l'homme, ces trois degrés de connaissance que notre Ordre suggère:

CORPUS - ANIMUS - SPIRITUS ?

N'est-ce pas le but de toute initiation, et plus particulièrement de la nôtre, que d'atteindre au plein éveil par la prise de conscience progressive de ces trois états ?
Il ne s'agit pas, bien entendu, de parties juxtaposées et indépendantes les unes des autres, car l'homme est un tout dans lequel ces trois composantes s'interpénètrent.
Mais il est du destin de l'Être, et plus particulièrement du devoir de l'initié, d'observer, d'analyser et de rassembler en lui ce qui apparemment est épars.

Dans l'avancée sur cette voie royale, la quête spirituelle des Rois de l'Épiphanie est une aventure aux jalons hautement symboliques.

Le Moyen Âge, dans son imagerie traditionnelle, en a eu, semble-t-il, profondément conscience :

Elle décrit ainsi l'homme dans les trois âges de sa vie :
Melchior à la longue barbe est le vieillard a cheveux blancs.
Balthazar dans la plénitude de sa maturité porte barbe noire.
Gaspard, l'adolescent imberbe, débute son périple terrestre.

Par les trois couleurs différentes de leur peau, ils incarnent également les trois branches de l'humanité, issue des fils de Noé : Japhet - Sem - Cham.
En eux, réside manifestement l'universalité de l'espèce humaine toute entière.

Le message ésotérique qu'ils transmettent semble tout aussi évident :

Chacun, en étant tout d'abord revêtu d'un long manteau, indique clairement par le port de ce vêtement symbolique leur quête de la sagesse.
De plus, la teinte dominante de leur habit, noir pour le premier, blanc pour le second, et rouge pour le troisième, reflète la succession des trois couleurs principales de la transmutation alchimique dans le travail du Grand Œuvre.
En arrivant au lieu de la naissance, dans le sein de la crèche, ils parviennent jusqu'au cœur de la matière « rectifiée », au point central ou se cache le petit Roi, que les adeptes d'Hermès appellent « Regulus », l'or de la pierre philosophale.

Se prosternant, en signe d'hommage et d'adoration, ils offrent les présents, messages éloquents de ce qu'ils voient en cet enfant :
· L'or, emblème de la royauté, pour le Roi dont le « Royaume n'est pas de ce monde ».
· L'encens, symbole du sacerdoce, pour le Dieu.
· La myrrhe, métaphore du sacrifice, pour l'Homme qui doit souffrir, mourir et être enseveli.

Guillaume Apollinaire sublimera cet instant magique en écrivant pour l'homme banal que nous sommes : « Nous ne portons pas pour beaux présents la myrrhe, l'or et l'encens mais le sel, le soufre et le mercure. »

Sur ce sentier souvent fleuri d'erreurs, gardons aussi en mémoire le récit de Marco Polo relatant dans un de ses carnets de voyage une légende transmise par un lointain pays d'Orient.
Elle raconte que l'enfant, après avoir reçu les trois offrandes donna aux trois Rois une boite close.
Regagnant leur contrée d'origine, les Mages l'ouvrirent.
Elle contenait une pierre.
Sur cette voie du retour, au milieu du chemin, (le « nel mezzo del camine » de Dante), une pierre brute, la mienne, la vôtre.

Et s'il m'était donné, en ce début d'année, de formuler un voeu, je nous souhaiterais que cette pierre se taille, afin de devenir le caillou blanc de l'Apocalypse (2-17) que celui qui se définit lui-même comme « le Premier et le Dernier » donne à celui qui vaincra : « un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, sinon celui qui le reçoit. »

En tant que seul et unique ennemi de nous-mêmes, Vaincre, c'est nous vaincre, en acceptant de vivre à ce qui nous fait mourir.

Dans ce « De Profundis » se retrouve et s'inscrit le nom de celui qui « Est ».

Et même si je préfère, à titre personnel, à l'adoration des mages celle des bergers qui étaient si petits que le Mystère leur fut révélé par des anges, et qui n'avaient à offrir que l'unique trésor qui leur appartînt - leur cœur -
Melchior, Balthazar, Gaspard, 2 000 ans nous séparent, mais votre légende, dans toute la magnificence de son Épiphanie, emplit notre cœur d'espérance :
Il y a en chacun de nous une étoile pour nous révéler la lumière.

J'ai dit, VM\

Notes :

Donc au moins quarante jours après la Nativité (Lévitique XII, 2-4). L'Enfant n'était déjà plus dans la crèche, mais dans une maison (MATTHIEU II, 11). D'autre part, LUC (II, 39) mentionne un voyage de la Sainte Famille à Nazareth après la présentation ; les mages seraient donc arrivés après le retour à Béthléhem. D'ailleurs, l'Évangile dit formellement (MATTHIEU II, 13) que c'est après le départ des mages que Joseph, divinement averti, s'enfuit en Egypte pour soustraire l'Enfant à la fureur d'Hérode.

Matthieu, qui nous raconte cette histoire, semble se plaire, tout au long de son Évangile, à nous présenter comme modèles de croyants, non pas les Juifs, fidèles jusqu’à l’esclavage à la loi de Moïse, mais le centurion romain, dont il guérit le fils, la samaritaine, la siro-phéniienne, le publicain Zachée et la prostituée Madeleine. Et il mettra dans la bouche d’un soldat romain, dès le moment de la mort de Jésus, le cri de foi : « Vraiment celui-ci était fils de Dieu ».

N’oublions pas que lorsque Matthieu écrit son Évangile, vers les années 80, soulignant la manifestation universelle de Jésus, dont les premiers adorateurs sont des mages venus d’Orient, l’Église vient tout juste de surmonter sa première crise profonde, causée par l’ouverture de sa prédication aux nations païennes.
C’est le même message déstabilisateur et quelque peu ironique – comme celui de Matthieu – que lançait Isaïe, écrivant au moment où les Juifs, à peine de retour de l’exil, sont occupés à reconstruire la Cité Sainte, et leur montrant toutes les nations païennes s’ouvrant à sa lumière.
Pour nous, Chrétiens d’aujourd’hui, c’est là une invitation, non seulement à enseigner le Christ et son message à toutes les nations, mais aussi à savoir reconnaître la manifestation (l’épiphanie) de Dieu dans le cœur de toute personne de bonne volonté, de quelque religion qu’elle soit, qui cherche Dieu sincèrement en suivant l’étoile apparue dans son cœur et dans sa conscience.

À l’aube du troisième millénaire, alors que l’universalisme culturel, idéologique et technologique est devenu un fait de tous les jours, l’universalisme religieux devient chaque jour plus important. C’est là la réalisation de la prophétie d’Isaïe.

À l'origine donc, elle célébrait l'anniversaire du baptême du Christ. Dans les Églises occidentales, l'Épiphanie commémore la révélation faite aux Gentils de la messianité de Jésus-Christ comme l'annonçait la venue des trois Mages (cfr St Matthieu, II, 1-12) apportant de l'or, le présent des rois, de l'encens, utilisé pour le culte et de la myrrhe, pour préparer le corps à l'embaumement… L'Épiphanie, observée depuis 194 apr. J.-C., est plus ancienne que Noël et a toujours été une fête de la plus haute importance.
Les Rois Mages arrivent en fait ce jour là auprès de Jésus, de retour d’Egypte où il avait fui pour échapper au massacre.

Source : www.ledifice.net

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Labrunie lydie 29/04/2013 17:31


tres cher F/S


pour aimer depuis  tant d'annees Guenon et "la recherche"en direction de la tradition primordiale,je ne peux que sauter de joie en lisant cette planche!parfois les doutes me font me sentir
bien "seule"ne sachant pas  oser dire les resultats de mes propres recherches...j'ai foncierement tort de toute evidence!! il a suffit de te lire pour me le prouver!"encore merci pour ce
vrai morceau d'architecture