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Hauts Grades

L'Etoile Flamboyante (2)

7 Juin 2012 , Rédigé par Baron de Tschoudy Publié dans #hauts grades

......D. 51

Que faut-il donc prendre précisément pour le sujet de notre matière ?

R.

On doit prendre la semence seule ou grain fixe, & non pas le corps entier, qui est distingué en mâle vif, c'est-à-dire, soufre ; & femelle vive, c'est-à-dire, mercure.

D. 52

Quelle opération faut-il faire ensuite ?

R.

On doit les conjoindre ensemble, afin qu'ils puissent former un germe, d'où ensuite ils arrivent à procréer un fruit de leur nature.

D. 53

Qu'entend donc de faire l'artiste dans cette opération ?

R.

L'artiste n'entend faire autre chose, sinon de séparer ce qui est subtil de ce qui est épais.

D. 54

A quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?

R.

Elle se réduit à faire d'un deux & de deux un, & rien de plus.

D. 55

Y a-t-il dans la maçonnerie quelque analogie qui indique cette opération ?

R.

Elle est suffisamment sensible à tout esprit qui voudra réfléchir, en s'arrêtant au nombre mystérieux de trois, sur lequel roule essentiellement toute la science maçonnique.

D. 56

Où se trouve la semence & la vie des métaux & minéraux.

R.

La semence des minéraux est proprement l'eau qui se trouve au centre & au cœur du minéral.

D. 57

Comment la nature opère-t-elle par le secours de l'art ?

R.

Toute semence, quelle qu'elle soit, est de nulle valeur, si par l'art ou par la nature elle n'est mise en une matrice convenable, où elle reçoit sa vie en faisant pourrir le germe, & causant la congélation du point pur ou grain fixe.

D. 58

Comment la semence est-elle ensuite nourrie & conservée ?

R.

Par la chaleur de son corps.

D. 59

Que fait donc l'artiste dans le règne minéral ?

R.

Il achève ce que la nature ne peut finir, à cause de la crudité de l'air, qui par sa violence a rempli les pores de chaque corps, non dans les entrailles de la terre, mais dans sa superficie.

D. 60

Quelle correspondance ont les métaux entre eux ?

R.

Pour bien entendre cette correspondance, il faut considérer la position des planètes, & faire attention que Saturne est le plus haut de tous, auquel succède Jupiter, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, & enfin la Lune. Il faut observer que les vertus des planètes ne montent pas, mais qu'elles descendent, & l'expérience nous apprend que Mars se convertit facilement en Vénus, & non pas Vénus en Mars, comme étant plus basse d'une sphère : ainsi Jupiter se transmue aisément en Mercure ; parce que Jupiter est plus haut que Mercure, celui-là est le second après le firmament, celui-ci est le second au-dessus de la Terre, & Saturne le plus haut ; la Lune la plus basse : le Soleil se mêle avec tous, mais il n'est jamais amélioré par les inférieurs. On voit clairement qu'il y a une grande correspondance entre Saturne & la Lune, au milieu desquels est le Soleil ; mais à tous ces changements, le Philosophe doit tâcher d'administrer du Soleil.

D. 61

Quand les Philosophes parlent de l'or ou de l'argent, d'où ils extraient leur matière, entendent-ils parler de l'or ou de l'argent vulgaires ?

R.

Non : parce que l'or & l'argent vulgaires sont morts, tandis que ceux des Philosophes sont pleins de vie.

D. 62

Quel est l'objet de la recherche des Maçons ?

R.

C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre humain, & d'arriver au trésor de la vraie morale.

D. 63

Quel est l'objet de la recherche des Philosophes ?

R.

C'est la connaissance de l'art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral, & d'arriver au trésor de la pierre philosophale.

D. 64

Qu'est-ce que cette pierre ?

R.

La pierre philosophale n'est autre chose que l'humide radical des éléments, parfaitement purifiés & amenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu'elle opère de si grandes choses pour la santé, la vie, résidant uniquement dans l'humide radical.

D. 65

En quoi consiste le secret de faire cet admirable œuvre ?

R.

Ce secret consiste à savoir tirer de puissance en acte le chaud inné, ou le feu de nature renfermé dans le centre de l'humide radical.

D. 66

Quelles sont les précautions qu'il faut prendre pour ne pas manquer l'œuvre ?

R.

Il faut avoir grand soin d'ôter les excréments à la matière, & ne songer qu'à avoir le noyau, ou le centre qui renferme toute la vertu du mixte.

D. 67

Pourquoi cette médecine guérit-elle toutes sortes de maux ?

R.

Cette médecine a la vertu de guérir toutes sortes de maux, non pas à raison de ses différentes qualités, mais en tant seulement qu'elle fortifie puissamment la chaleur naturelle, laquelle elle excite doucement, au lieu que les autres remèdes l'irritent par un mouvement trop violent.

D. 68

Comment me prouverez-vous la vérité de l'art à l'égard de la teinture ?

R.

Cette vérité est fondée premièrement sur ce que la poudre physique étant faite de la même matière, dont sont formés les métaux, à savoir, l'argent vif ; elle a la faculté de se mêler avec eux dans la fusion, une nature embrassant aisément une autre nature, qui lui est semblable ; secondement, sur ce que les métaux imparfaits n'étant tels, que parce que leur argent vif est cru, la poudre physique, qui est un argent vif mûr & cuit, & proprement un pur feu, leur peut aisément communiquer la maturité, & les transmuer en sa nature, après avoir fait attraction de leur humide cru ; c'est-à-dire, de leur argent vif, qui est la seule substance qui se transmue, le reste n'étant que des scories & des excréments, qui sont rejetés dans la projection.

D. 69

Quelle route doit suivre le Philosophe pour parvenir à la connaissance & à l'exécution de l'œuvre physique ?

R.

La même route que le grand Architecte de l'univers employa à la création du monde, en observant comment le chaos fut débrouillé.

D. 70

Quelle était la matière du chaos ?

R.

Ce ne pouvait être autre chose qu'une vapeur humide, parce qu'il n'y a que l'eau entre les substances créées, qui se terminent par un terme étranger, & qui soit un véritable sujet pour recevoir les formes.

D. 71

Donnez-moi un exemple de ce que vous venez de dire ?

R.

Cet exemple peut se prendre des productions particulières des mixtes, dont les semences commencent toujours par se résoudre en une certaine humeur, qui est le chaos particulier, duquel ensuite se tire comme par irradiation toute la forme de la plante. D'ailleurs, il faut observer que l'écriture ne fait mention en aucun endroit, que de l'eau pour sujet matériel, sur lequel l'esprit de Dieu était porté, & la lumière pour forme universelle.

D. 72

Quel avantage le Philosophe peut-il tirer de cette réflexion, & que doit-il particulièrement remarquer dans la manière dont l'Etre suprême créa le monde?

R.

D'abord, il observera la matière dont le monde a été créé, il verra que de cette masse confuse, le souverain Artiste commença par faire l'extraction de la lumière, qui dans le même instant, dissipa les ténèbres qui couvraient la surface de la terre, pour servir de forme universelle à la matière. Il concevra ensuite facilement que dans la génération de tous les mixtes, il se fait une espèce d'irradiation, & une séparation de la lumière d'avec les ténèbres, en quoi la nature est perpétuellement imitatrice de son créateur. Le Philosophe comprendra pareillement comme par l'action de cette lumière se fit l'étendue, ou autrement le firmament séparateur des eaux d'avec les eaux : le ciel fut ensuite orné de corps lumineux ; mais les choses supérieures étant trop éloignées des inférieures, il fut besoin de créer la lune, comme flambeau intermédiaire entre le haut & le bas, laquelle après avoir reçu les influences célestes, les communique à la terre ; le Créateur rassemblant ensuite les eaux, fit apparaître le sec.

D. 73

Combien y a-t-il de Cieux ?

R.

Il n'y en a proprement qu'un ; à savoir, le firmament séparateur des eaux d'avec les eaux ; cependant, on en admet trois. Le premier, qui est depuis le dessus des nues, où les eaux raréfiées s'arrêtent, & retombent jusqu'aux étoiles fixes, & dans cet espace sont les planètes & les étoiles errantes. Le second, qui est le lieu même des étoiles fixes. Le troisième, qui est le lieu des eaux surcélestes.

D. 74

Pourquoi la raréfaction des eaux se termine-t-elle au premier ciel ; & ne monte-t-elle pas au-delà ?

R.

Parce que la nature des choses raréfiée est de s'élever toujours en haut, & parce que Dieu, dans ses lois éternelles, a assigné à chaque chose sa propre sphère.

D. 75

Pourquoi chaque corps céleste tourne-t-il invariablement comme autour d'un axe sans décliner ?

R.

Cela ne vient que du premier mouvement qui lui a été imprimé, de même qu'une masse pesante mise en balan, & attachée à un simple fil, tournerait toujours également, si le mouvement était toujours égal.

D. 76

Pourquoi les eaux supérieures ne mouillent-elles point ?

R.

A cause de leur extrême raréfaction ; c'est ainsi qu'un savant chimiste peut tirer plus d'avantage de la science de la raréfaction, que de toute autre ?

D. 77

De quelle matière est composé le firmament, ou l'étendue ?

R.

Le firmament est proprement l'air, dont la nature est beaucoup plus convenable à la lumière que l'eau.

D. 78

Après avoir séparé les eaux du sec & de la terre, que fit le Créateur pour donner lieu aux générations ?

R.

Il créa une lumière particulière destinée à cet office, laquelle il plaça dans le feu central, & tempéra ce feu par l'humidité de l'eau & la froideur de la terre, afin de réprimer son action, & que sa chaleur fût plus convenable au dessein de son auteur.

D. 79

Quelle est l'action de ce feu central ?

R.

Il agit continuellement sur la matière humide qui lui est la plus voisine, dont il fait élever une vapeur, qui est le mercure de la nature, & de la première matière des trois règnes.

D. 80

Comment se forme ensuite le soufre de la nature ?

R.

Par la double action ou plutôt réaction de ce feu central, sur la vapeur mercurielle.

D. 81

Comment se fait le sel marin ?

R.

Il se forme par l'action de ce même feu sur l'humidité aqueuse ; lorsque l'humidité aérienne qui y est renfermée, vient à s'exhaler.

D. 82

Que doit faire un Philosophe vraiment sage, lorsqu'une fois il a bien compris le fondement & l'ordre qu'observa le grand Architecte de l'univers, pour la construction de tout ce qui existe dans la nature .

R.

Il doit être, autant qu'il se peut, un copiste fidèle de son Créateur ; dans son œuvre physique, il doit faire son chaos tel qu'il fût effectivement ; séparer la lumière des ténèbres ; former son firmament séparateur des eaux d'avec les eaux, & accomplir enfin parfaitement, en suivant la marche indiquée, tout l'ouvrage de la création.

D. 83

Avec quoi fait-on cette grande & sublime opération ?

R.

Avec un seul corpuscule ou petit corps, qui ne contient, pour ainsi dire, que fèces, saletés, abominations, duquel on extrait une certaine humidité ténébreuse & mercurielle, qui comprend en soi tout ce qui est nécessaire au Philosophe, parce qu'il ne cherche en effet que le vrai mercure.

D. 84

De quel mercure doit-il donc se servir pour l'œuvre ?

R.

D'un mercure qui ne se trouve point tel sur la terre, mais qui est extrait des corps, & nullement du mercure vulgaire, comme il a été dit.

D. 85

Pourquoi ce dernier n'est-il pas le plus propre à notre œuvre ?

R.

Parce que le sage artiste doit faire attention que le mercure vulgaire ne contient pas en soi la quantité suffisante de soufre, & que par conséquent il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le soufre & le mercure, lesquels l'artiste doit séparer.

D. 86

Que doit-il faire ensuite ?

R.

Les purifier & les rejoindre derechef.

D. 87

Comment appelez-vous ce corps-là ?

R.

Pierre brute, ou chaos, ou illiaste, ou hylé.

D. 88

Est-ce la même pierre brute dont le symbole caractérise nos premiers grades ?

R.

Oui, c'est la même que les Maçons travaillent à dégrossir, & dont ils cherchent à ôter les superfluités ; cette pierre brute est, pour ainsi dire, une portion de ce premier chaos, ou masse confuse connue, mais méprisée d'un chacun.

D. 89

Puisque vous me dites que le mercure est la seule chose que le Philosophe doit connaître, pour ne s'y pas méprendre, donnez-m'en une description circonstanciée.

R.

Notre mercure, eu égard à sa nature, est double, fixe & Volatil ; eu égard à son mouvement, il est double aussi, puisqu'il a un mouvement d'ascension, & un de descension : par celui de descension, c'est l'influence des plantes, par laquelle il réveille le feu de la nature assoupi, & c'est son premier office avant sa congélation : par le mouvement d'ascension, il s'élève pour se purifier, & comme c'est après sa congélation, il est considéré alors comme l'humide radical des choses, lequel sous des viles scories ne laisse pas de conserver la noblesse de sa première origine.

D. 90

Combien compte-t-on d'humide dans chaque composé ?

R.

Il y en a trois :

1°. l'élémentaire, qui n'est proprement que le vase des autres éléments ;

2°. la radicale, qui est proprement l'huile, ou le baume dans lequel réside toute la vertu du sujet ;

3°. l'alimentaire, c'est le véritable dissolvant de la nature, excitant le feu interne, assoupi, causant par son humidité la corruption & la noirceur, & entretenant, & alimentant le sujet.

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