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Hauts Grades

L'Etoile Flamboyante (3)

7 Juin 2012 , Rédigé par Baron de Tschoudy Publié dans #hauts grades

D. 91

Combien les Philosophes ont-ils de sortes de mercure ?

R.

Le mercure des Philosophes se peut considérer sous quatre égards :

Au premier, on l'appelle le mercure des corps, c'est précisément la semence cachée.

Au second, le mercure de la nature ; c'est le bain ou le vase des Philosophes, autrement dit l'humide radical.

Au troisième, le mercure des Philosophes, parce qu'il se trouve dans leur boutique & dans leur minière ; c'est la sphère de Saturne ; c'est leur Diane ; c'est le vrai sel des métaux, après lequel, lorsqu'on l'a acquis, commence seulement le véritable œuvre philosophique.

Au quatrième égard, on l'appelle le mercure commun, non pas celui du vulgaire, mais celui qui est proprement le véritable air des Philosophes, la véritable moyenne substance de l'eau, le vrai feu secret & caché, nommé le feu commun, à cause qu'il est commun à toutes les minières, qu'en lui consiste la substance des métaux, & que c'est de lui qu'ils tirent leur quantité & qualité.

D. 92

Pourquoi les Maçons ont-ils les nombres impairs, & nommément le septénaire en vénération ?

R.

Parce que la nature, qui se plaît dans ses propres nombres, est satisfaite du nombre mystérieux de sept, surtout dans les choses subalternes, ou qui dépendent du globe lunaire ; la lune nous faisant voir sensiblement un nombre infini d'altérations & de vicissitudes dans ce nombre septénaire.

D. 93

Combien d'opérations y a-t-il dans votre œuvre ?

R.

Il n'y en a qu'une seule, qui se réduit à la sublimation, qui n'est autre chose, selon Geber, que l'élévation de la chose sèche, par le moyen du feu, avec adhérence à son propre vase.

D. 94

Quelle précaution doit-on prendre en lisant les Philosophes hermétiques ?

R.

Il faut surtout avoir grand soin de ne pas prendre ce qu'ils disent à ce sujet au pied de la lettre, & suivant le son des mots : car la lettre tue, & l'esprit vivifie.

D. 95

Quel livre doit-on lire pour parvenir à la connaissance de notre science ?

R.

Entre les anciens, il faut lire particulièrement tous les ouvrages d'Hermès, ensuite un certain livre, intitulé : le Passage de la mer Rouge, & un autre appelé l'abord de la Terre promise. Parmi les anciens, il faut lire surtout Paracelse, & entre autres son Sentier Chymique ou Manuel de Paracelse, qui contient tous les mystères de la physique démonstrative & de la plus secrète cabale. Ce livre manuscrit, précieux & original, ne se trouve que dans la bibliothèque du Vatican ; mais Sendivogius a eu le bonheur d'en tirer une copie, qui a servi à éclairer quelqu'un des sages de notre ordre .

2°. Il faut lire Raymond Lulle, & surtout son Vade mecum, son dialogue appelé, Lignum Vitoe, son testament & son codicille ; mais on sera en garde contre ces deux derniers ouvrages, parce qu’ainsi que ceux de Geber, ils sont remplis de fausses recettes, de fictions inutiles, & d’erreurs sans nombres, ainsi que les ouvrages d'Arnauld de Villeneuve ; leur but en cela, ayant été, suivant toute apparence, de déguiser davantage la vérité aux ignorants.

Le Turba Philosophorum, qui n'est qu'un ramas d'anciens auteurs, contient une partie assez bonne, quoiqu'il y ait beaucoup de choses sans valeur.

4° Entre les auteurs du moyen-âge, on doit estimer Zacharie, Trevisan, Roger Bacon, & un certain anonyme, dont le livre a pour titre des Philosophes. Parmi les auteurs modernes, on doit faire cas de Jean Fabre, François de nation, & de Despagnet, ou l'auteur de la Physique restituée, quoiqu'à dire vrai, il ait mêlé dans son livre quelques faux préceptes, & des sentiments erronés.

D. 96

Quand un Philosophe peut-il risquer d'entreprendre l'œuvre ?

R.

Lorsqu'il saura par théorie tirer d'un corps dissout par le moyen d'un esprit crud, un esprit digeste, lequel il faudra derechef rejoindre à l'huile vitale.

D. 97

Expliquez-moi cette théorie plus clairement ?

R.

Pour rendre la chose plus sensible, en voici le procédé : ce sera lorsque le Philosophe saura, par le moyen d'un menstrue végétable uni au minéral, dissoudre un troisième menstrue essentiel, avec lesquels réunis il faut laver la terre, & l'exalter ensuite en quintessence céleste, pour en composer leur foudre sulfureux, lequel, dans un instant, pénètre les corps, & détruit leurs excréments.

D. 98

Comment donnons-nous dans nos éléments maçonniques, les rudiments de cette quintessence céleste ?

R.

Par le symbole de l'Etoile flamboyante, que nous disons feu central & vivificateur.

D. 99

Ceux qui prétendent se servir d'or vulgaire pour la semence, & du mercure vulgaire pour le dissolvant, ou pour la terr, dans laquelle il doit être semé, ont-ils une parfaite connaissance de la nature ?

R.

Non vraiment, parce que ni l'un ni l'autre n'ont en eux l'agent externe : l'or, pour en avoir été dépouillé par la décoction, & le mercure pour n'en avoir jamais eu.

D. 100

En cherchant cette semence aurifique ailleurs que dans l'or même, ne risque-t-on pas de produire une espèce de monstre, puisqu'il paraît que l'on s'écarte de la nature ?

R.

Il est sans aucun doute, que dans l'or est contenue la semence aurifique, & même plus parfaitement qu'en aucun autre corps : mais cela ne nous oblige pas à nous servir de l'or vulgaire, car cette semence se trouve pareillement en chacun des autres métaux ; & ce n'est autre chose, que ce grain fixe, que la nature a introduit en la première congélation du mercure, tous les métaux ayant une même origine, & une matière commune, ainsi que le connaîtront parfaitement au grade suivant ceux qui se rendront dignes de le recevoir par leur application & une étude assidue.

D. 101

Que s'ensuit-il de cette doctrine ?

R.

Elle nous enseigne que, quoique la semence soit plus parfaite dans l'or, toutefois elle se peut extraire bien plus aisément d'un autre corps que de l'or même : la raison en est que les autres corps sont bien plus ouverts, c'est-à-dire, moins digérés & leur humidité moins terminée.

D. 102

Donnez-moi un exemple pris dans la nature ?

R.

L'or vulgaire ressemble à un fruit lequel parvenu à une parfaite maturité a été séparé de l'arbre : & quoiqu'il y ait en lui une semence très parfaite & très digeste, néanmoins si quelqu'un, pour le multiplier, le mettait en terre, il faudrait beaucoup de temps, de peine, de soins, pour le conduire jusqu'à la végétation : mais si au lieu de cela, on prenait une greffe ou une racine du même arbre, & qu'on la mit en terre, on la verrait en peu de temps, & sans peine, végéter & rapporter beaucoup de fruits.

D. 103

Est-il nécessaire à un amateur de cette science de connaître la formation des métaux dans les entrailles de la terre, pour parvenir à former son œuvre ?

R.

Cette connaissance est tellement nécessaire, que si avant toute autre étude, on ne s'y appliquait pas, & l'on ne cherchait pas à imiter la nature en tout point, jamais on ne pourrait arriver à rien faire de bon.

D. 104

Comment la nature forme-t-elle donc les métaux dans les entrailles de la terre, & de quoi les compose-t-elle ?

R.

La nature les compose tous de soufre & de mercure, & les forme par leur double vapeur.

D. 105

Qu'entendez-vous par cette double vapeur, & comment par cette double vapeur les métaux peuvent-ils être formés ?

R.

Pour bien entendre cette réponse, il faut savoir d'abord que la vapeur mercurielle unie à la vapeur sulfureuse, en un lieu caverneux où se trouve une eau salée qui leur sert de matrice ; il se forme premièrement le vitriol de nature : secondement, de ce vitriol de nature, par la commotion des éléments, s'élève une nouvelle vapeur, qui n'est ni mercurielle, ni sulfureuse, mais qui tient des deux natures, laquelle arrivant en des lieux ou adhère la graisse du soufre, s'unit avec elle, & de leur union se forme une substance glutineuse, ou masse informe, sur laquelle la vapeur répandue en ces lieux caverneux, agissant par le moyen du soufre qu'elle contient en elle, il en résulte des métaux parfaits, si le lieu & la vapeur sont purs ; & imparfaits, si au contraire le lieu & la vapeur sont impurs ; ils sont dits imparfaits, ou non parfaits, pour n'avoir pas reçu leur entière perfection par la coction.

D. 106

Que contient en soi cette vapeur ?

R.

Elle contient un esprit de lumière & de feu de la nature des corps célestes, lequel doit être proprement considéré comme la forme de l'univers.

D. 107

Que représente cette vapeur ?

R.

Cette vapeur ainsi imprégnée de l'esprit universel, qui n'est autre que la véritable Etoile flamboyante, représente assez bien le premier chaos, dans lequel se trouvait renfermé tout ce qui était nécessaire à la création, c'est à-dire, la matière & la forme universelle.

D. 108

Ne peut-on pas non plus employer l'argent vif vulgaire dans ce procédé ?

R.

Non, parce que, comme il a déjà été dit, l'argent vif vulgaire n'a pas avec lui l'agent externe.

D. 109

Comment cela est-il désigné en Maçonnerie ?

R.

Par le mot de vulgaire ou profane ; en nommant tel tout sujet qui n'est pas propre à l'œuvre maçonnique. C'est dans ce sens qu'il convient d'entendre le couplet : Vous qui du vulgaire stupide, &c. Il est appelé stupide, parce qu'il n'a pas vie en soi.

D. 110

D'où provient que l'argent vif vulgaire n'a pas avec lui son argent externe ?

R.

De ce que lors de l'élévation de la double vapeur, la commotion est si grande & si subtile , qu'elle fait évaporer l'esprit ou l'agent, à peu près comme il arrive dans la fusion des métaux : de sorte que la seule partie mercurielle reste privée de son mâle ou agent sulfureux, ce qui fait qu'elle ne peut jamais être transmuée en or par la nature.

D. 111

Combien de sortes d'or distinguent les Philosophes ?

R.

Trois sortes : l'or astral, l'or élémentaire, & l'or vulgaire.

D. 112

Qu'est-ce que l'or astral ?

R.

L'or astral a son centre dans le Soleil, qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière, à tous les êtres qui lui sont inférieurs : c'est une substance ignée, & qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif & minéral.

D. 113

Est-ce dans ce sens qu'il faut considérer le Soleil peint au tableau des premiers grades de l'ordre ?

R.

Sans difficulté : toutes les autres interprétations sont des voiles pour déguiser au candidat les vérités philosophiques qu'il ne doit point apercevoir du premier coup d'œil, & sur lesquelles il faut que son esprit & ses méditations s'exercent.

D. 114

Qu'entendez-vous par or élémentaire ?

R.

C'est la plus pure & la plus fixe portion des éléments & de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres sublunaires des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.

D. 115

Comment est-il figuré chez nos Frères les Maçons ?

R.

Ainsi que le soleil au tableau indique l'or astral, la lune signifie son règne sur tous les corps sublunaires qui lui sont subjacents, contenant en leur centre le grain fixe de l'or élémentaire.

D. 116

Expliquez-moi l'or vulgaire ?

R.

C'est le plus beau métal que nous voyons, & que la nature puisse produire, aussi parfait en soi qu'inaltérable.

D. 117

Où trouve-t-on sa désignation aux symboles de l'Art royal ?

R.

Dans les trois médailles, &c. le triangle, le compas & tous autres bijoux ou instruments représentatifs, comme d’or pur.

D. 118

De quelle espèce d'or est la pierre des Philosophes ?

R.

Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification, & alors il est appelé or vif philosophique.

D. 119

Que signifie le nombre quatre adopté dans le grand écossisme de Saint-André d'Ecosse, le complément des progressions maçonniques ?

R.

Outre le parfait équilibre, & la parfaite égalité des quatre éléments dans la pierre physique, il signifie quatre choses qu'il faut faire nécessairement pour l'accomplissement de l'œuvre, qui sont, composition, altération, mixtion & union, lesquelles une fois faites dans les règles de l'art, donneront le fils légitime du soleil, & produiront le phénix toujours renaissant de ses cendres.

D. 120

Qu'est-ce que c'est proprement que l'or vif des Philosophes ?

R.

Ce n'est autre chose que le feu du mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l'humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité & la nature du soufre, d'où il est émané : le soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d'être appelé mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.

D. 121

Quel autre nom les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?

R.

Ils l'appellent aussi leur soufre vif, ou leur vrai feu, & il se trouve renfermé en tout corps, & nul corps ne peut subsister sans lui.

D. 122

Où faut-il chercher notre or vif, ou notre soufre vif, & notre vrai feu ?

R.

Dans la maison du mercure.

D. 123

De quoi ce feu vit-il ?

R.

De l'air.

D. 124

Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu ?

R.

Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre, qui n'est d'abord qu'une exhalaison sèche & terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à force de s'exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l'humide qui lui est inhérent, qu'elle attire à soi, & transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.

D. 125

Que doit faire le Philosophe après qu'il aura extrait son mercure ?

R.

Il doit l'amener ou réduire de puissance en acte.

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