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Hauts Grades

L'Etoile Flamboyante (4)

7 Juin 2012 , Rédigé par Baron de Tschoudy Publié dans #hauts grades

D. 126

La nature ne peut-elle pas le faire d'elle-même ?

R.

Non, parce qu'après une première sublimation elle s'arrête ; & de la matière ainsi disposée s'engendrent les métaux.

D. 127

Qu'entendent les Philosophes par leur or & par leur argent ?

R.

Les Philosophes donnent le nom d'or à leur soufre, & celui d'argent à leur mercure.

D. 128

D'où les tirent-ils ?

R.

Je vous ai déjà dit qu'ils les tirent d'un corps homogène où ils se trouvent avec abondance, & d'où ils les savent extraire l'un & l'autre, par un moyen admirable, & tout à fait philosophique.

D. 129

Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?

R.

On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne se peut exécuter qu'après la sublimation du mercure, & sa due préparation.

D. 130

Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l'or vif ?

R.

Ce n'est que dans le temps qu'on l'amalgame : c'est-à-dire, par le moyen de cette amalgame, on introduit en lui le soufre, pour ne faire ensemble qu'une seule substance, & par l'addition de ce soufre, l'ouvrage est abrégé, & la teinture augmentée.

D. 131

Que contient le centre de l'humide radical ?

R.

Il contient & cache le soufre, qui est couvert d'une écorce dure.

D. 132

Que faut-il faire pour l'appliquer au grand œuvre ?

R.

Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d'art, & par la voie de la putréfaction.

D. 133

La nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre, & à délivrer ce soufre ?

R.

Non, à cause qu'il n'a pas un mouvement local ; car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier & purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la pierre physique, c'est-à-dire, un soufre exalté & multiplié en vertu.

D. 134

Comment m'expliqueriez-vous, par un exemple, cette doctrine ?

R.

C'est encore par la comparaison d'un fruit ou d'un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable pour y pourrir, & ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l'avoir bien fumée & préparée, & là il se subtilise tellement, que sa vertu prolifique s'étend & se multiplie à l'infini.

D. 135

En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?

R.

A bien connaître la terre qui lui est propre.

D. 136

Qu'entendez-vous par la semence dans l'œuvre des Philosophes ?

R.

J'entends le chaud inné, ou l'esprit spécifique renfermé dans l'humide radical, ou la moyenne substance de l'argent vif, qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en soi sa semence.

D. 137

Comment délivrez-vous le soufre de ses prisons ?

R.

Par la putréfaction.

D. 138

Quelle est la terre des minéraux ?

R.

C'est leur propre menstrue.

D. 139

Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu'il désire ?

R.

Il faut qu'il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides, & soufres impurs, après quoi on y jette la semence.

D. 140

Quel indice peut avoir l'artiste qu'il soit sur le bon chemin au commencement de son œuvre ?

R.

Quand il verra qu'au temps de la dissolution, le dissolvant, & la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme & matière.

D. 141

Combien de solutions y a-t-il dans l'œuvre philosophique ?

R.

Il y en a trois ; nombre par cette raison mystérieux & respectable aux Maçons. La première est celle du corps cru & métallique, par laquelle il est réduit dans ses principes de soufre & d'argent vif ; la seconde, celle du corps physique ; & la troisième, celle de la terre minérale.

D. 142

Comment par la première solution peut-on réduire un corps métallique en mercure, & puis en soufre ?

R.

Par le feu occulte artificiel, ou l'Etoile flamboyante.

D. 143

Comment se fait cette opération ?

R.

En tirant d'abord du sujet le mercure, ou la vapeur des éléments, & après l'avoir purifiée, s'en servir à sortir le soufre de ses enveloppes, par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.

D. 144

Comment se fait la seconde solution ?

R.

Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, & acquiert la nature céleste.

D. 145

Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?

R.

Ils l'appellent leur chaos physique, & pour lors, c'est la vraie première matière, qui n'est proprement dite telle, qu'après la jonction du mâle, qui est le soufre, & de la femelle, qui est le mercure, & non pas auparavant.

D. 146

A quoi se rapporte la troisième solution ?

R.

Elle est l'humectation de la terre minérale, & elle a un entier rapport à la multiplication.

D. 147

Est-ce dans ce sens qu'il faut entendre la multiplication usitée dans les nombres maçonniques ?

R.

Oui, nommément celle du nombre trois, pour le conduire à son cube, par les progressions connues de 3, 9, 27, 81.

D. 148

De quel feu doit-on se servir dans notre œuvre ?

R.

Du feu dont se sert la nature.

D. 149

Quel pouvoir a ce feu ?

R.

Il dissout toutes choses dans le monde, parce qu'il est le principe de toute dissolution & corruption.

D. 150

Pourquoi l'appelle-t-on aussi mercure ?

R.

Parce qu'il est de nature aérienne, & une nature très subtile participant toutefois du soufre, d'où il a tiré quelque souillure.

D. 151

Où est caché ce feu ?

R.

Il est caché dans le sujet de l'art.

D. 152

Qui est-ce qui peut connaître & former ce feu ?

R.

Le Sage sait construire & purifier ce feu.

D. 153

Quel pouvoir & qualité ce feu a-t-il en soi ?

R.

Il est très sec & dans un continuel mouvement, & ne demande qu'à corrompre & à tirer les choses de puissance en acte ; c'est lui enfin qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière, & la dissout.

D. 154

Comment connaîtrait-on plus facilement ce feu ?

R.

Par les excréments sulfureux, où il est renfermé, & par l'habillement salin, dont il est revêtu.

D. 155

Que faut-il à ce feu pour qu'il puisse mieux s'insinuer dans le genre féminin ?

R.

A cause de son extrême siccité il a besoin d'être humecté.

D. 156

Combien y a-t-il de feux philosophiques ?

R.

Il y en a de trois sortes, qui sont le naturel, l'inaturel, & le contre nature.

D. 157

Expliquez-moi ces trois sortes de feux ?

R.

Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l'inaturel est le féminin, ou le dissolvant de nature, nourrissant & prenant la forme de fumée blanche, lequel s'évanouit aisément, quand il est sous cette forme, si on n'y prend bien garde, & il est presque incompréhensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel & resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, & a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.

D. 158

Où se trouve notre matière ?

R.

Elle se trouve partout, mais il la faut chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu'ailleurs.

D. 159

Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?

R.

On doit préférer la plus mûre, la plus propre & la plus facile ; mais il faut prendre garde surtout que l'essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, & qu'il y ait une splendeur métallique.

D. 160

Tout est-il renfermé dans ce sujet ?

R.

Oui, mais il faut pourtant secourir la nature, afin que l'ouvrage soit mieux & plutôt fait, & cela par les moyens que l'on connaît dans les autres grades.

D. 161

Ce sujet est-il d'un grand prix ?

R.

Il est vil & n'a d'abord aucune élégance en soi, & si quelques-uns disent qu'il est vendable, ils ont égard à l'espèce, mais au fond il ne se vend point, parce qu'il n'est utile que pour notre œuvre.

D. 162

Que contient notre matière ?

R.

Elle contient le sel, le soufre & le mercure.

D. 163

Quelle est l'opération qu'on doit apprendre à faire ?

R.

Il faut savoir extraire le sel, soufre & mercure l'un après l'autre.

D. 164

Comment cela se fait-il ?

R.

Par la seule & complète sublimation.

D. 165

Qu'extrait-on d'abord ?

R.

On tire d'abord le mercure en forme de fumée blanche.

D. 166

Que vient-il après ?

R.

L'eau ignée, ou le soufre.

D. 167

Que faut-il faire ensuite ?

R.

Il faut le dissoudre avec le sel purifié, volatilisant d'abord le fixe, & puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes & de toute perfection.

D. 168

Ne pourriez-vous pas mettre tout à coup sous les yeux, & réunir comme en un seul point, les principes, les formes, les vérités & les caractères essentiels de la science des Philosophes, ainsi que du procédé méthodique de l'œuvre ?

R.

Un morceau lyrique, composé par un ancien savant Philosophe, qui joignait à la solidité de la science, le talent agréable de badiner avec les Muses, peut remplir à tous égards ce que vous me demandez : aucune science n'étant effectivement étrangère aux enfants de la Science ; cette ode, quoiqu'en langue italienne, la plus propre à peindre des idées sublimes, trouve ici sa place.

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