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Hauts Grades

L'influence jacobite : mythe ou réalité ?

10 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

La littérature maçonnique abonde en référence aux Jacobites. Elles ont cependant l'inconvénient d'être contradictoires, en sorte que les opinions divergent. Tantôt on affirme que l'influence des Jacobites sur la naissance des "Hauts Grades" est nulle, si bien qu'elle participe du mythe; tantôt on la juge réelle, voire déterminante.
Les partisans de la thèse mythologique estiment que la source des malentendus réside dans une remarque imprudente faite par John Noorthouk en 1784 dans le livre des Constitutions de la première Grande Loge de Londres. Il y était déclaré, sans preuve, que le roi Charles II (frère aîné et prédécesseur de James II) fut constitué Franc-Maçon en Hollande durant son exil (1649-1660). Or il est établi qu'à cette époque, il n'existait pas encore de loges de Francs-Maçons sur le continent. Cette remarque visait certainement à flatter la Fraternité par la revendication de l'appartenance d'un ancien monarque. Cette légende fut embellie par John Robison (1739–1805), professeur de philosophie à l'Université d'Édimbourg dans un ouvrage anti-maçonnique publié en 1797*.
Néanmoins, avant les déclarations de Noorthouk plusieurs allusions au rôle des Jacobites se retrouvent dans les archives, et les plus importantes sont contenues dans la correspondance échangée entre 1777 et 1783 entre le baron danois von Wachter et le prince Charles Edouard, fils de Jacques III Stuart, lui-même neveu de Charles II. Dans un mémoire rédigé le 21 septembre 1777 par Wachter et approuvé par Charles Edouard, celui-ci dit très clairement que "plusieurs hommes illustres de sa maison (celle des Stuart) ont été Maçons". A l'époque, la mission de Wachter est justement de savoir quelle est la part jouée par les Jacobites dans la création de la Franc-Maçonnerie en général, et des "Hauts Grades" en particulier, surtout ceux à sensibilité templière. De la même façon, en 1767, un an après la mort de Jacques III survenue à Rome l'année précédente, le comte de Clermont, Grand Maître de la Grande Loge de France, reconnaît dans une lettre au marquis de Gages que Jacques III, qu'il appelle le "prince Edouard", selon une habitude acquise depuis le séjour de celui-ci à Saint-Germain-en-Laye, jusqu'en 1713, fut le principal dignitaire des "Hauts Grades", et que la Royale Loge qui fonctionna longtemps en France le fut en référence à sa personne.
Au milieu du XIXème siècle, le célèbre auteur maçonnique anglais George Oliver (1782-1867), dans son ouvrage « Historical Landmarks » déclare que le roi Charles II assistait régulièrement aux Tenues. Il est possible d'en douter, bien que des auteurs maçonniques français en acquiescent, comme Jean-Baptiste Ragon (1771-1862) et Emmanuel Rebold ; ce dernier imaginant même de toutes pièces une création des "Hauts Grades" au sein de la Loge Canongate Kilwinning d'Edimbourg. Mais la réfutation de cette extrapolation est une chose; l'autre, est le fait que les premiers "Hauts Grades" se focalisent sur des références constantes aux Stuarts. Ainsi, celui de la Voûte Sacrée, qui correspond en version anglaise au Royal Arch, fait explicitement référence à Jacques Ier, père de Charles II.

Source : http://fm-symbolism.com

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