Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

L'Opus Dei une Eglise comme les autres ?

26 Avril 2012 Publié dans #spiritualité

« Si tu te tais, tu ne t'en reprentiras jamais : si tu parles, souvent tu t'en repentiras '. (Chemin, 639). « De callar no te arrepentirás nunca: de hablar, muchas veces '(Camino, 639)

« Il y a beaucoup de gens - de saintes gens - qui ne comprennent pas ton chemin. - Ne t'efforce pas de le leur faire comprendre : tu perdras ton temps et tu donneras lieu aux indiscrétions '. (Chemin, 650). « Hay mucha gente -santa- que no entiende tu camino. - No te empeñes en hacérselo comprender: perderás el tiempo y darás lugar a indiscreciones '. (Camino, 650)

L'Opus Dei est une Association religieuse et profane pas tout à fait comme les autres, puisqu'elle a pignon sur rue chez nous, pays champion de la laïcité, quoi de plus normal, qu'elle a eu la bénédiction du Vatican, de Jean-Paul II en tout cas, qu'elle est habilitée à ordonner des prêtres, qu'elle n'est pas considérée par notre Parlement comme une secte, qu'elle est donc reconnue dans toute son honorabilité et édification morale, qu'elle est derrière bon nombre d'autres associations, centres culturels et éducatifs, et entreprises, qu'ellle ne néglige pas le monde économique et financier, qu'elle inspire le discours de certains députés, et pourtant, par ailleurs, elle ne cesse d'intriguer, de susciter méfiance et enquêtes de journalistes, ouvrages très critiques...

Si l'on regarde du côté de la laïcité, de certaines institutions républicaines, de certains courants de pensée, il n'est pas courant de s'interroger sur la nature exacte de l'Opus Dei, comme s'il n'y avait aucun problème, d'autant plus que notre Parlement n'a pas retenu les mouvements dépendant des grandes religions et qui ont leur aval, comme c'est le cas justement pour notre objet d'étude. Nonobstant, la question qu'il nous faut bien poser tout de suite est la suivante : l'Opus Dei est-elle une secte, malgré les apparences honorables, sa non inclusion dans les rapports parlementaires (1983, 1995, 1999), ou bien n'est-elle qu'un mouvement religieux catholique inoffensif et tout à fait BCBG dans un pays qui respecte institutionnellement la liberté de conscience?...

I. L'Opus Dei et l'Eglise catholique, apostolique et romaine

1. Le fondateur : le bienheureux Josemaría Escrivá de Balaguer y Albas. Sa vie. Son oeuvre apostolique et son oeuvre écrite.

Né le 9 janvier 1902 à Barbastro, province d'Aragon, en Espagne, d'un père commerçant en chocolat et tissus, dans une famille pieuse. C'est à l'âge de 15-16 ans qu'il a une illumination, qu'il sent l'appel divin et qu'il décide de se faire prêtre. A partir de 1918, il fera des études religieuses au Séminaire de Logroño, et les poursuivra jusqu'en 1920 à Saragosse. Il est supérieur du séminaire à 20 ans, et commence des études de Droit civil en 1923 à l'Université, avec l'autorisation de l'Autorité ecclésiastique. Le 20 décembre 1924 , il est ordonné diacre, et accède au sacerdoce le 28 mars 1925. Au printemps 1927, il va à Madrid où il exerce son sacerdoce intensivement dans tous les milieux, s'occupant également des pauvres et handicapés des quartiers défavorisés, et en particulier des incurables et des mourants dans les hôpitaux. Il prépare également pendant ce temps un doctorat en Droit civil, et le soir il s'adonne aux mortifications corporelles. En fait, on ne sait pas où il a obtenu son diplôme d'avocat, ni exactement dans quelle faculté il a obtenu son doctorat en droit (Saragosse ou Madrid?).

Mais la date importante en ce qui nous concerne est le 2 octobre 1928 où le Bienheureux Josemaría Escrivá a eu l'idée lumineuse et probablement divine de fonder l'Opus Dei, en latin, l'OEuvre de Dieu, le travail de Dieu... Le 14 février 1930, sans doute une fois de plus inspiré par le Seigneur, il comprendra qu'il faut étendre l'apostolat de l'OEuvre également parmi les femmes. Fin 1933, il crée la première structure officielle de l'Opus Dei, avec l'Académie DYA (Academia de Derecho y Arquitectura). Pendant la guerre civile, il va acquérir une haine farouche des communistes et du petit peuple. En fait, il y a une zone d'ombre dans sa biographie entre 1935 et le 14 février 1943, date à laquelle il fonde la Société Sacerdotale de la Sainte Croix, rendant possible de la sorte l'ordination de membres laïcs de l'Opus Dei Le 11 octobre 1943, l'approbation officielle est notifiée par le Vatican. L'Opus Dei s'installe au Portugal en 1945, en Angleterre et en Italie en 1946, en France et en Irlande en 1947, aux Etats-Unis d'Amérique en 1949, au Chili en 1950, en Belgique en 1965, etc... Dès la fin 1946, Josemaría Escrivá s'installe à Rome où il résidera jusqu'à la fin de sa vie. En 1948, pour former les membres masculins il fonde le Collège Romain de la Sainte Croix. Le 16 juin 1950, l'Opus Dei bénéficie d'une vraie reconnaissance pontificale avec le décret Primum inter de Pie XII (comme institut séculier).

En 1953, c'est le tour de la section féminine, avec la fondation du Collège romain de Sainte Marie. En résumé, on peut dire que l'Opus Dei s'est principalement développée de 1939 à 1958, sous le pontificat de Pie XII, celui que l'on a surnommé "le Pape silencieux". Le fondateur de l'Opus Dei décède à Rome le 26 juin 1975. Le 17 mai 1992, il sera prestement béatifié (sur 92 témoins cités, 56 sont membres reconnus de l'Opus Dei, un témoin hostile sera récusé).

- L'oeuvre écrite de Josemaría Escrivá n'est pas négligeable, ni quantitativement ni qualitativement, sans préjuger de l'idéologie qui l'irrigue. Lui-même a dit de lui: « Je m'appelle Escrivá et j'écris beaucoup '. (jeu de mots en espagnol sur son nom et le verbe écrire, « j'écris 'se disant en espagnol « escribo '...). Sans trop s'y attarder, de 1934 aux oeuvres publiées à titre posthume, citons Chemin (Camino), recueil de 999 pensées qui constitue en quelque sorte le petit livre rouge du parfait opusdéiste, Saint Rosaire (1934), Entretiens avec Mgr Escrivá de Balaguer (1968), Quand le Christ passe (1973), Amis de Dieu (1977, sa première oeuvre posthume), Chemin de Croix (1981), Sillon (1986), Forge (1987)... Le tirage le plus important est sans conteste celui de Chemin, avec 3 818 228 exemplaires vendus (chiffres de 1992).

L'Opus Dei est une structure hiérarchique pyramidale et tripartite : à la tête de l'état-major, bien entendu, le président général nommé à vie, et dont l'élection doit être confirmée par le pape, soit d'abord le fondateur Josemaría Escrivá jusqu'à sa mort, en 1975; puis de 1975 à 1994, Alvaro del Portillo, et depuis 1994, Javier Echevarría Rodríguez. Précisons tout de suite qu'à partir de 1991, le prélat de l'Opus Dei est promu au rang d'évêque. Pour le gouvernement central, le président général est aidé dans sa tâche par un Conseil général qui comprend, le cas échéant, le vicaire auxiliaire, le vicaire secrétaire général, le vicaire secrétaire central, trois vice-secrétaires, un délégué au moins de chaque région, le préfet des études et l'administrateur général. Mgr Dominique Le Tourneau, auteur du « Que sais-je? 'sur l'Opus Dei - et qui n'indique pas sa qualité de prêtre de l'Opus Dei dans l'exemplaire utilisé - écrit : « Le vicaire auxiliaire, le vicaire secrétaire général et le vicaire secrétaire central sont choisis parmi les prêtres '(p. 74). Il nous informe également sur le lien entre Prélature de l'Opus Dei et le Vatican en ajoutant : « Un procurateur qui doit être prêtre, représente la Prélature auprès du Saint-Siège et un prêtre directeur spirituel central veille à la direction spirituelle commune de tous les fidèles de la Prélature, sous la direction du prélat et de ses conseils '(p. 74).

Cette organisation se retrouvera au niveau régional, dans « 87 nations ', selon l'Opus Dei elle-même, ou 59 Etats selon les estimations de Peter Hertel qui conteste le sérieux des chiffres « officiels ', faisant état de l'impossibilité pour toute personne extérieure de vérifier les chiffres de l'Annuaire pontifical, et l'absence de liste officielle des membres.

Les membres de l'Opus Dei peuvent être masculins ou féminins, mais de fait les femmes sont réduites à des tâches plutôt subalternes. Pour la base masculine, distinguons entre les numéraires, qui peuvent être ordonnés prêtres, obligatoirement célibataires par conséquent, les membres inscrits (âgés d'au moins 32 ans et membres depuis plus de 9 ans), les membres élus (en fait nommés par la hiérarchie), les surnuméraires (avec une activité professionnelle, vivant avec leur famille, tenus de faire des dons à l'OEuvre, et représentant de 30 à 35% des membres), enfin gravitant autour de l'organisation les sympathisants appelés membres coopérateurs.

Quant à la base féminine, nous retrouvons la même structure, mais avec voix consultative seulement... Il est vrai que le fondateur lui-même a dit des femmes : « Les femmes n'ont pas besoin d'être savantes, il leur suffit d'être prudentes '...

Quant à l'adhésion, il faut faire une demande écrite, qui donne lieu à une enquête de moralité. L'âge minimum requis : 16 ans. Mais pour être définitivement admis, c'est-à-dire accéder à la « fidélité ', il faudra attendre 6 ans, divers contrôles, diverses épreuves.

2. La spiritualité, le corpus doctrinal et l'idéologie sous-jacente.

Pour la version officielle, il faut se reporter au principal ouvrage du père Escrivá, Camino ou Chemin. Il faut tenir compte également de déclarations officielles faites à des journalistes par le fondateur lui-même, comme celle-ci recueillie par Peter Forbarth, correspondant du Time de New York, parue le 15 avril 1967, et dont je vais citer un large extrait, édifiant : « L'Opus Dei a pour activité principale de donner à ses membres et aux personnes qui le désirent les moyens spirituels nécéssaires pour vivre dans le monde en bons chrétiens. Il leur fait connaître la doctrine du Christ; il leur insuffle une mentalité qui les amène à bien travailler par amour de Dieu et au service de tous les hommes. Il s'agit, en un mot, de se conduire en chrétiens; en s'entendant avec tout le monde, en respectant la liberté légitime de chacun et en faisant en sorte que notre monde soit plus juste. (...) Toute l'activité des dirigeants de l'Opus Dei se fonde sur un point dont l'importance est capitale et dont dépend l'existence même de l'OEuvre. (...) Chaque membre peut exercer la profession qu'il exercerait s'il ne faisait pas partie de l'Opus Dei, de sorte que ni l'Opus Dei, en tant que tel, ni aucun des autres membres n'ont rien à voir avec le travail professionnel de chacun des membres en particulier. Les membres prennent un engagement lorsqu'ils adhèrent à l'OEuvre : celui de s'appliquer à rechercher la perfection chrétienne à l'occasion et par le moyen de leur travail, et à prendre une conscience plus claire du caractère de service rendu à l'humanité que doit revêtir toute vie chrétienne '.

Cet extrait est suffisant pour donner une idée du ton et de l'idéologie de l'OEuvre qui s'efforce toujours de mettre ainsi en relation harmonieuse les principes de l'institution et la pratique quotidienne de ses membres.

Pour continuer avec Camino, c'est d'après son éditeur « l'Imitation des temps modernes '. Or, l'Imitation de Jésus-Christ est un des plus célèbres traités de mystique chrétienne, un ouvrage anonyme probablement rédigé au XVe siècle. Un certain nombre de maximes de cet ouvrage n'est pas sans rapport avec le moment historique, témoignant d'un esprit de « croisade 'franquiste. En fait, si bon nombre de pensées sont plutôt banales, ne révèlent pas un niveau théorique bien élevé, si l'ouvrage tout entier donne dans le sentimentalisme, le piétisme, le paternalisme, l'aspect "clérical-autoritaire", il n'en a pas moins eu un immense succès et continue à bien se vendre. Ce succès est dû à une stratégie de la séduction qui passe, par exemple, par l'affirmation d'une sanctification possible pour tout homme quelle que soit son activité professionnelle, et le tutoiement systématique qui assure un ton amical, de confidentialité, une insinuation pénétrante, comme s'il s'agissait de conseils chuchotés à l'oreille, et qui oblige le lecteur à partager les sentiments et les idées de l'auteur sans trop s'en rendre compte :

« Si cela ne te manque point, si jamais - fût-ce au cours d'un lointain passé peut-être - le Seigneur a mis dans ton âme une faim et une soif de Dieu, sois sûr que tu n'auras pas ouvert ce livre en vain. Il est même très possible, si plongé sois-tu dans les affaires du monde, que, par-dessus la rumeur de la rue et de la foule, tu entendes à nouveau la voix puissante du Christ qui te dit : « Festinans descende, quia hodie in domo tua oportet me manere" (Luc, XIX, 5), « Descends vite, car il ne faut aujourd'hui demeurer chez toi '.

A travers ses quelque 135 thèmes principaux, des traits saillants apparaissent dessinant un certain sens de l'élitisme et de la domination, un caractère autoritaire, voire fascisant, comme par exemple la maxime n° 16 :

« Te laisser aller? toi... ferais-tu donc partie du troupeau? alors que tu es né pour être un chef!... '.

Pour aller vite, et définir maintenant ladite idéologie, disons qu'elle présente au moins quatre caractères principaux :

- une grande et indéniable ferveur religieuse, et surtout un sens très aigu de l'apostolat, ce qui conduit à une sorte de « totalitarisme théocratique '.

- la platitude d'un grand nombre de maximes

- la tendance très nette à un certain élitisme (pensée n° 7 : « Ne vole pas comme un oiseau de basse-cour quand tu peux t'élever comme un aigle ', n°28 : « Le mariage est pour la troupe et non pour l'état-major du Christ '...), ce qui a amené certains à parler d'un surhomme chrétien en puissance, d'un « Homo-Opus Dei '...

- enfin, la volonté de sauver le monde par et avec les moyens du monde.

En fait, l'essentiel de l'idéologie de l'OEuvre est fait d'efficacité et de pragmatisme. Nous ne sommes pas ainsi très loin d'un conception catholique intégriste puisque le projet de société que l'Opus Dei propose renvoie finalement à une doctrine de l'ordre moral, s'appuyant sur l'exaltation nationaliste, la recherche sécuritaire d'une identité, une conception cléricale de la société où la clef de voûte ne saurait être que religieuse, et où tout doit dépendre - sauf erreur d'interprétation - de l'autorité ecclésiastique.

3. L'Opus Dei : sphères d'influence et les affaires

Son expansion mondiale (brèves données)

En 1975, l'Opus Dei compterait 60 000 membres dans 80 pays; en 1978, 75 375 membres dans 87 pays (dont 2% de prêtres) ; en 1990, l'annuaire pontifical donne 76 246 membres dont 74 508 laïcs, 1 395 prêtres et 343 séminaristes de grands séminaires; en 1998, 82 135 membres toujours selon l'Annuaire pontifical, et selon les calculs de Peter Hertel, tout au plus 70 000 membres répartis dans seulement 59 pays, ce qui n'est déjà pas si mal...

Au total, l'Opus Dei dirigerait et/ou financerait 479 universités, lycées et collèges, 604 publications d'importance, 52 stations de radio, 38 agences de presse, 12 sociétés de production et de distribution de films.

Sa présence et son influence en Espagne (en dehors du champ politique et financier)

Je ne peux donner qu'un aperçu -qui va virer fatalement au catalogue -des domaines d'intervention de l'Opus Dei, le plus souvent de manière déguisée puisque son identité n'apparaît clairement au grand jour que fort rarement.

Tout de suite, mentionnons Torreciudad, à 30 km de Barbastro (lieu de naissance de Josemaria Escriva), « le bastion de la véritable Eglise '(Peter Hertel), dans un site idylique, au-dessus du lac El Grado (Pyrénées d'Aragon). Les travaux y ont commencé en 1956 sur le lieu d'un événement jugé miraculeux survenu en 1904 au jeune Josemaría Escrivá alors qu'il était gravement malade. C'est un sanctuaire, un centre de pélerinage, le centre spirituel de l'Opus Dei qui forme 4000 personnes, et compte 40 confessionnaux..

En ce qui concerne les oeuvres collectives d'apostolat, l'Opus Dei va être présente dans les centres de formation professionnelle, pour ouvriers, comme Tejamar, à Madrid, et pour paysans, comme l'Instituto técnico agrario Bell-Lloc del Pla, à Gérone. Il y a aussi les centres éducatifs, à travers :

a) les collèges et clubs de jeunes (Club Montelar, à Madrid, Gaztelueta, à Bilbao, Viaró, à Barcelone, etc.)

b) les résidences d'étudiants (Centro Cultural Pineda, à Barcelone, Colegio Mayor Alcor, à Madrid)

c) les Universités

Tout d'abord l'Université de l'Opus Dei, créée par Josemaría Escrivá lui-même en 1952, c'est-à-dire l'Université de Navarre, à Pamplune, dont j'ai déjà parlé dans mon introduction. Elle comprend : faculté de droit, médecine, philosophie et lettres, pharmacie, sciences biologiques, droit canon, théologie, sciences de l'information, une Ecole technique supérieure d'architecture, de sciences économiques et de l'entreprise, des instituts de sciences de l'éducation, d'arts libéraux, de langue et de culture espagnoles, de langues, des écoles de techniciens industriels, de bibliothécaires, d'infirmières, de laboratoires, d'histoire de l'Eglise, de sciences pour la famille, de sciences appliquées, plus une vingtaine d'autres sciences. La bibliothèque de l'Université compte plus de 400 000 ouvrages; l'Université a ses propres éditions avec la EUNSA et 6 revues spécialisées (Nuestro Tiempo, Revista de Medicina, Scripta theologica, Jus Canonicum, Persona y Derecho, Anuario filosófico).

Il faut ajouter l'Université de Saint Sébastien : une école d'ingénieurs et un institut supérieur de secrétariat et d'administration.

Depuis 1952, et jusqu'en 1994, 28 718 étudiants ont terminé leurs études à l'Université de Navarre.

En 1988-1989, 15 828 inscrits dont 863 étrangers + 6000 participants aux programmes de perfectionnement et de formation permanente. 5 781 étudiants ont sollicité une bourse de l'université.

8 Colegios mayores (résidences d'étudiants) d'une capacité totale de 800 places dépendent de l'université.

Le financement de l'université (toujours pour 1988-1989) était ainsi réparti:

. inscriptions : 84, 3%
. aides privées et services de recherche : 11, 8%
. organismes régionaux : 2, 1%
. Etat espagnol : 0, 2%
. divers 1, 6%

La Clinique universitaire dépend de la Faculté de Médecine (500 lits).

Citons aussi l'Instituto de Estudios Superiores de la Empresa (IESE), créé à Barcelone en 1958, institut de renommée mondiale et qui collabore avec Harvard. Il offre des programmes de perfectionnement de la direction d'entreprises, un master en économie et direction d'entreprises, un doctorat en science de la direction et des affaires.

Et, en matière de centre de promotion de la femme, il y a, par exemple, à Madrid la Escuela técnica de Formación profesional Besana.

Présence et influence en France (en dehors du domaine politico-financier)
L'Opus Dei existe en France de façon officielle depuis 1966, sous forme d'association loi de 1901 (siège : 122, boulevard Bineau, Neuilly).

Depuis 1982, elle s'est érigée en prélature personnelle (siège : 5, rue Dufrénoy, Paris).

Elle est présente à travers diverses associations, comme l'ACUT (Association de Culture Universitaire et Technique) qui a son siège au 199, bd St Germain à Paris. Je me contenterai de signaler un centre féminin hôtelier dans l'Aube, près de Soissons, école qui appartient non à l'Opus Dei, évidemment, mais à la SAIDEC (Société Anonyme d'Investissements pour le Développement Culturel), et qui recrute dans les familles modestes de la région. Depuis 1970 donc, il s'agit de l'Ecole technique hôtelière Dosnon, qui forme au CAP d'employées d'hôtel 20 jeunes filles à l'issue de la classe de Troisième. C'est une formation en 3 ans selon les programmes de l'Etat. Précisons tout de suite que Dosnon assure un débouché à tous ses élèves. A proximité, se tient le centre de rencontres de Couvrelles.
En 1992, et selon des données officielles, sous l'influence de l'Opus Dei existent en France :

2 centres culturels à Marseille
2 " " Toulouse
1 " " Aix
2 " " Lyon
2 " " Grenoble
2 " " Strasbourg
4 " " Paris, Ile de France

Mais l'Opus Dei s'intéresse aussi aux enfants et adolescents, à travers 2 centres d'aide à la formation humaine et spirituelle des enfants (associations loi 1901) qui forment des animateurs diplômés BAFA :

. le club Fontneuve 46, rue Schaeffer Paris XVI
. le club Fennecs 199bis, bd St Germain Paris VII

L'Opus Dei, les hommes politiques et les affaires

Pour l'Espagne, pays d'origine de l'Opus Dei, et malgré bon nombre d'atomes crochus entre le pouvoir franquiste et la « Obra ', et même si cela peut paraître un peu lointain, il n'est pas possible d'ignorer « el escándalo Matesa '(le scandale Matesa) qui éclata à l'été 1969. Matesa, ce sont les initiales d'une société commerciale espagnole : « Maquinaria Textil (del Norte de España), Sociedad Anónima '(Outillage textile du nord de l'Espagne, société anonyme). Il s'agissait d'une entreprise créée le 20 juillet 1956, au capital de 600 millions de pesetas en 1968, et dont le siège social était à Pampelune.

En apparence, on ne voit pas le rapport entre une société industrielle spécialisée dans l'exploitation d'un brevet français de machines à tisser et une organisation religieuse qui dit elle-même n'avoir pour but que de « diffuser dans la société contemporaine, notamment dans les milieux intellectuels, les principes de la perfection chrétienne '(définition donnée par le Grand Larousse Encyclopédique). Oui, mais... Matesa crée de nombreuses filiales en Espagne et dans le monde entier (plus de 70). Matesa s'inscrit dans le « Plan de Développement 'franquiste, voulant être le symbole d'une Espagne nouvelle, ouverte au développement économique et apte à affronter la concurrence internationale.

En fait, au lieu d'exporter des métiers à tisser, Matesa transfère surtout des capitaux espagnols lui permettant de prendre des participations dans des sociétés étrangères, et ces capitaux sont principalement d'origine officielle et en principe destinés à aider les entreprises exportatrices... Il y a donc, dans le cas Matesa, détournement pur et simple des deniers publics.

Les emprunts frauduleusement obtenus par l'intermédiaire de la « Banco de Crédito Industrial 'atteignirent quelque 10 milliards de pesetas (soit 80 milliards d'anciens francs). Le journal barcelonais La Vanguardia se demande comment une telle escroquerie a pu passer si longtemps inaperçue alors que les dossiers transitaient par des bureaux, organismes et institutions tout à fait officiels...

La presse espagnole, pourtant si soumise à la tutelle gouvernementale à cette époque, se met alors à établir une multitude de relations personnelles entre des hommes politiques et les milieux d'affaires proches de Matesa. C'est ainsi que l'on apprend que le principal dirigeant de Matesa, Juan Vila Reyes, qui avait exporté clandestinement des devises en Suisse (pour 103 510 428 pesetas) pendant de nombreuses années, était lié à de nombreux hommes politiques de premier plan.

Ce financier ambitieux qui a subventionné la première campagne de Richard Nixon était un ami personnel de Laureano López Rodo, l'une des personnalités alors les plus importantes de l'Espagne, et membre de l'Opus Dei (López Rodo a joué un rôle capital dans l'évolution du régime franquiste, et passe pour avoir été le principal conseiller de l'amiral Carrero Blanco). Il était aussi un des principaux conseillers de Jorge Luis Palasi, à l'époque ministre de l'Education nationale. En outre, le directeur de la banque « Banco de Crédito Industrial 'impliquée dans le scandale était aussi un membre de l'O.D. Comme de telles relations privilégiées se retrouvaient dans de nombreux établissements bancaires publics ou privés, il était tentant d'en conclure que l'OEuvre était un des principaux centres de rassemblement de l'oligarchie espagnole, et un moyen d'imposer les décisions politiques favorables au néo-capitalisme dans les années 60...

Quant à l'influence politique, et pour être bref, il faut savoir que la proclamation solennelle par les Cortes de Juan Carlos, successeur de Franco, est due à des leaders politiques tels que López Rodo, membre de l'O.D., et l'amiral Carrero Blanco, l'obligé de López Rodo. C'était aussi l'éviction de la Phalange qui, du coup, voulut profiter de l'affaire Matesa pour régler ses comptes avec l'Opus Dei qui la supplantait comme groupe de pression... Mais, peine perdue, à l'occasion d'un remaniement ministériel en octobre 1969, les « opusdeistas 'au lieu d'être écartés du pouvoir occuperont en force les ministères clefs. Actuellement, l'Espagne compte environ 30000 membres de l'O.D., qui est donc bien loin d'être affaiblie par le scandale en question... Organisation de type maffieux, où le secret est jalousement gardé, avec un règlement secret, en effet, comment qualifier autrement ce conglomérat multinational et financier de plus de 600 entreprises et 20 banques représentant 60000 salariés, avec des « dons 'd'un montant de 2 milliards de dollars en mai 1986, des scandales politico-financiers comme celui de Ruiz Mateos, certaines disparitions, comme celle de Jean de Broglie le 24 décembre 1976, dont on sait qu'il était en très étroites relations d'affaires avec le groupe espagnol Matesa à travers une filiale luxembourgeoise, la Sodetex?...

Il faudrait aussi se souvenir pour la France de « l'affaire Meleux ', révélé par le Canard Enchaîné en 1966, accusation contre l'O.D. qui n'a jamais été démentie (le délit de diffamation existe, n'est-ce pas?...), et qu'Yvon Le Vaillant a bien résumée dans Sainte Maffia, le dossier de l'Opus Dei (Mercure de France, Paris, 1971).

Louis Meleux, associé de l'Opus Dei, était un chef d'entreprise travaillant pour l'Etat, avec la garantie de la Caisse Nationale des Marchés. Une vérification des comptes de son entreprise révéla un « trou 'd'un milliard cinq cents millions d'anciens francs. Il fut retrouvé mort en forêt de Fontainebleau, en mars 1965. Or les sommes disparues avaient été investies en Espagne en profitant au passage et indirectement à une banque espagnole qui perçut plus de 3 millions de nouveaux francs de frais d'agio... Cette banque, un des actionnaires de l'entreprise Meleux, était la Banque des Intérêts français, dont plus de 34000 actions avaient été acquises par le Banco Popular Español très lié à l'Opus Dei...

L'O.D. : organisation discrète, secrète, secte ou pas secte?

1. La difficile définition d'une secte :

Je rappellerai l'étymologie latine du mot « secte ': du latin sequi, suivre. Le disciple d'une secte est celui qui suit une voie devant faire de lui un adepte, c'est-à-dire quelqu'un qui a atteint le but (du latin adptus, ayant atteint). Le disciple « suit 'donc un maître, et s'isole en même temps, se coupe du reste de la communauté humaine. Le mot « secte ', à l'origine, désigne soit un petit groupe qui a fait sécession, soit l'ensemble des disciples d'un maître hérétique. Je ne parlerai pas de l'erreur -erreur volontairement entretenue par certains- qui consiste à confondre secte et organisation secrète ou initiatique.

Quel point commun existe, par exemple, entre la Triade chinoise, la Soka Gakkai, la Franc-Maçonnerie (hors la loge P2), la Fraternité blanche, la Nouvelle Acropole, la Scientologie? Le problème se corse, pour ainsi dire, avec la revendication habituelle du statut d'Eglise par la plupart des sectes. Il y a donc une première définition d'ordre théologique, et Max Weber fut le premier à définir la secte par opposition à l'Eglise. Cette ambiguïté subsiste, et le cas de l'Opus Dei est un bon exemple, puisque notre commission parlementaire a bien pris soin de ne pas inclure dans sa liste les mouvements religieux gravitant autour des grandes religions, des Eglises, donc, et nous en sommes toujours là.

Selon Jean-Marie Abgrall, psychiâtre, criminologue, et membre de l'Observatoire interministériel sur les sectes, il conviendrait de distinguer entre les concepts de secte et de secte coercitive : « La secte est un groupe plus ou moins évolué rassemblé autour d'un leader ou d'une idéologie, religieuse ou non, fonctionnant selon un mode fermé et secret mais respectant néanmoins le libre arbitre et l'identité de l'adepte. La secte coercitive, SC, se qualifie par son caractère contraignant et par l'absence de liberté qui en résulte '(La mécanique des sectes, 1996). Mais, il ajoute aussitôt que cette différence reste « aléatoire ', la survie de toute secte exigeant l'application d'une stricte discipline, par conséquent dans toute secte l'évolution vers la coercition s'avère inéluctable...

Le 3 février 1999, Madame Catherine Picard, député socialiste de l'Eure, et les membres du groupe socialiste et apparentés, proposent une loi « ouvrant à certaines associations le droit de se porter partie civile 'dans des procès intentés à des sectes, et de ce fait ont été amenés à redéfinir les sectes. Voici donc une autre définition : « tout mouvement ou organisation ayant pour but ou pour effet de créer ou d'exploiter une dépendance psychologique ou physique '.

La très récente proposition de loi About-Picard (jeudi 22 juin) visant à introduire dans le code pénal le délit de « manipulation mentale 'est très intéressante et suscite une levée de boucliers, non seulement de sectes comme la Scientologie, ou la secte Moon, ce qui n'a rien de surprenant mais -fait révélateur- également de la part de représentants de plusieurs Eglises, dont le père Jean Vernette, délégué de l'épiscopat pour la question des sectes, estimant qu'un tel délit formellement identifié risquerait de mener à « la législation d'exception que l'on voulait éviter '(La Croix du 20 juin).

L'Opus Dei : secte ou pas secte?...

L'Opus Dei n'est donc pas considéré officiellement, juridiquement, comme une secte en France, pas plus que « les légionnaires du Christ 'ou d'autres mouvements religieux dépendant des grandes confessions. Soit. Pourtant... si l'on examine d'un peu plus près l'Opus Dei, certains extraits de ses constitutions secrètes à la lumière des 11 caractéristiques sectaires définis par le Saint-Siège lui-même (document romain du 19 mai 1986, « les Nouveaux Mouvements religieux ou les sectes ', publié dans l'Osservatore Romano, n°20), on reste confondu. Cette démarche subtile a déjà été faite par une association américaine regroupant des parents, et qui a débouché sur la publication par J.J.M. Garvey du Guide des parents (en américain, Parents'Guide to Opus Dei) décrivant l'organisation et le mode manipulatoire de l'OEuvre, un travail tout à fait d'actualité, comme on le voit.

Je ne vais pas toutes les citer, pour ne pas être fastidieux, mais seulement en citer trois :

- Caractéristique n°1 : « Un processus subtil d'introduction du converti et une découverte progressive de ses véritables interlocuteurs ainsi que l'approche générale basée sur la tromperie et l'affection '.

Or, que disent d'autre les articles 190 et 191 des constitutions secrètes de l'Opus Dei?...

Extrait de l'art. 190 : (...) le fait même d'être membre de l'Institut (de l'Opus Dei) ne permet aucune manifestation extérieure; et l'on cachera aux gens de l'extérieur le nombre des membres (de l'Institut); bien plus, nos membres n'en parleront pas aux gens de l'extérieur '.

Mais déjà dans Camino ou Chemin, le chef d'oeuvre de Josemaría Escrivá, ne disait-il pas lui-même : "Il y a beaucoup de gens, de saintes gens, qui ne comprennent pas ton "chemin". Ne t'évertue pas à le leur faire comprendre; tu perdrais ton temps et susciterais des indiscrétions" (650).

Les nouveaux venus sont invités à ne pas « se dévoiler 'à leurs parents eux-mêmes, et savent rarement qui est membre de l'oeuvre et avec quelle qualification...

- Caractéritique n°2 : Utilisation de « technique 'de domination : « matraquage d'amour '(love-bombing)...

Le recrutement auprès des enfants est interdit par le Droit Canon, mais l'Opus Dei contourne l'obstacle en créant la catégorie des « aspirants '. En fait, toutes les émanations collectives de l'Opus Dei, les écoles, les auberges, les clubs, les centres culturels, les écoles d'hôtellerie, les universités, les résidences universitaires, les maisons d'éditions, etc., sont aussi des centres de recrutement, financés, gérés et pourvus en personnel par des membres de l'Opus Dei, mais jamais, grâce à Dieu ou au Diable, propriété « légale 'de l'Opus Dei!... Dans les résidences internationales, par exemple, les membres de l'Opus Dei ont ainsi l'occasion de « bavarder 'aimablement avec de futures recrues qui ne se rendent pas compte qu'ils sont passés au crible, au milieu d'une ambiance agréable, de flatteries, d'une atmosphère qui paraît naturelle et bon enfant alors que tout a été minutieusement organisé...

- Caractéristique n° 3 : Utilisation de « l'isolement ': contrôle du processus rationnel de pensée, élimination de toute information ou influence extérieure (famille, amis, journaux, etc.) qui pourraient briser la fascination et le processus d'assimilation des sentiments, des attitudes et des modèles de comportement.

L'Opus Dei ne craint pas de donner dans le prosélytisme à fond, et dans Camino le fondateur lui-même traite de ce thème (il lui consacre 23 maximes, dont celle-ci que je traduis, la 812 : « Il s'agit d'inculquer, sous couvert d'une instruction religieuse catholique, la vision du monde propre à l'Opus Dei '. En fait, l'Opus Dei est jalouse des attaches parentales, et il s'agit pour elle d'extraire de leurs familles les jeunes recrues dès le départ, de les répartir en groupes homogènes pour les « cercles 'hebdomadaires où l'on enseigne la soumission à la parole et à la pensée d'un maître.

Personnellement, je crois reconnaître là une technique psychique de conditionnement dont sont friandes toutes les sectes, c'est-à-dire la scotomisation**. Le directeur spirituel (un numéraire laïc) endoctrinera alors les jeunes recrues de quatre manières : en gagnant leur confiance; en projetant une image hautement séduisante de l'Opus Dei; en imposant un système de confessions obligatoires hebdomadaires avec un directeur de conscience (un prêtre de l'Opus Dei); enfin, en dirigeant le très important « plan de vie '... Il est évident que ledit « plan de vie 'n'est connu que du recruteur/directeur spirituel, du confesseur de l'Opus Dei, et de la jeune recrue, ce qui donnera lieu à une intimité longuement prolongée, à la possibilité de manipulation mentale, et sera utilisé le cas échéant pour provoquer la « crise de vocation '.

Enfin, et sans avoir épuisé le sujet, il faudrait examiner la possibilité de quitter l'OEuvre, le discours théorique de l'organisation et les témoignages d'anciens membres recueillis par Peter Hertel. Et les manipulations mentales. Un exemple rapporté par Peter Hertel dans Les secrets de l'Opus Dei : « A Stuttgart, la fiancée d'un membre de l'Opus Dei a reçu un appel téléphonique anonyme. A l'âge de dix-sept ans, ce membre avait fait la promesse de demeurer célibataire. Mais il avait changé d'avis et voulait se marier et quitter l'Opus Dei. Au téléphone, une femme se fit reconnaître comme membre de l'Opus Dei mais ne voulut pas décliner son identité. Elle déclara qu'un serviteur de Dieu était en la circonstance précipité dans les abîmes du péché. La responsable - sa correspondante - était une femme diabolique pour qui il n'y avait rien de sacré. Il fallait attacher une meule au cou de cet homme et le jeter dans les profondeurs de la mer. La jeune femme de Stuttgart tenta alors de se suicider après que la correspondance anonyme eut raccroché '(p. 185).

Comment conclure après une telle approche de ce qu'est ou pourrait être l'Opus Dei? Eglise, « Sainte Maffia 'ou secte?... Les quelques informations et connaissances ici rassemblées ne sont pas trop rassurantes, il faut bien en convenir, si elles n'ont jamais eu la prétention d'apporter la preuve définitive, et encore moins d'avoir pu réunir un faisceau de présomptions véritablement convaincantes. Il faudrait amasser une quantité considérable d'informations, de faits, de preuves, et les appuis de l'Opus Dei sont bien trop importants. La seule prétention est de susciter une interrogation, légitime, car les évidences sont loin d'être évidentes, et l'esprit critique et de libre examen n'est pas un crime - que je sache - dans le pays de Voltaire. Tout lecteur ou citoyen intéressé par la question véritablement préoccupante des sectes (et la nature exacte de l'Opus Dei - entre autres mouvements religieux - ses objectifs réels et ses méthodes d'action peuvent également susciter quelque inquiétude) n'a qu'à chercher à se tenir informé, au quotidien, et un site sur le web comme, par exemple, le réseau voltaire (http://www.reseauvoltaire.net/) , pourra contribuer parmi d'autres sources à sa propre édification personnelle.
Jean Dupont
Professeur d'Univérsité

* La structure et le fonctionnement de l'organisation (voir l'organigramme, « Structure directrice de l'Opus Dei, in Peter Hertel, les secrets de l'Opus Dei, Editions Golias, 1998, p. 62).

** SCOTOMISATION : Cette notion désigne le processus mental qui fait qu'un individu confronté à une contradiction évidente entre le discours et les actes tend à scotomiser (à ne pas voir) cette différence. Ce processus de déni a pour fonction d'éviter le conflit avec l'entourage, ou d'éviter une perte d'énergie en explications répétées ou tentatives de conviction. L'isolement affectif et la coupure avec la famille vont de pair et font l'objet d'une véritable théorisation (Jean-Marie Abgrall). Laforgue fournit sa contribution la plus originale en tentant de décrire le développement des fonctions cognitives dans ses relations avec l'évolution libidinale. C'est là qu'apparaît pour la première fois le terme de scotomisation pour désigner ce qui représenterait, sur le plan perceptif et cognitif, l'équivalent du refoulement sur le plan affectif.

Source : http://www.ledifice.net/7207-1.html

Partager cet article

Commenter cet article

clovis simard 17/04/2013 17:35


L'OPUS DEI A UNE MENTALITÉ
SECTAIRE(fermaton.over-blog.com)