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Hauts Grades

L'Ordre des Frères Asiatiques

7 Mai 2012 , Rédigé par Gerard Heym Publié dans #Rites et rituels

Un autre ordre fort intéressant et absolument ignoré est celui des Fréres Asiatiques ou Chevaliers et Frères de saint Jean l'Evangéliste venus d'Asie en Europe. Sans doute fondé vers 1750, il fut réorganisé de 1780 à 1784 par Von Eckhoffen. Bientôt après, l'ordre « disparut » complètement. Son origine orientale fut toujours attestée par ses membres, et dans ses statuts il est fait mention des « Fondateurs et Mandatés des sept églises inconnues d'Asie » (Apocalypse de Jean, I, 2), ainsi que du « Grand Synedrion », dont le siège serait situé à Thessalonique. On retrouve, dans certains documents secrets, l'appellation de Thessalonique donnée à Vienne, mais à cette occasion l'on précise également que Vienne n'était pas le véritable centre de l'Ordre. Ce dernier avait pour fin l'enseignement à ses membres des véritables secrets des alchimistes et authentiques Rose-Croix. On n'y prenait pas au sérieux les grades supérieurs de la Franc-Maçonnerie et l'on tenait les sociétés rosicruciennes comme une réunion de petits charlatans. Il y avait cinq échelons : deux probatoires, ceux des chercheurs et des souffrants, et trois étapes supérieures :
a) les chevaliers et frères
de saint Jean l'Evangéliste venus d'Asie en Europe ;
b) les sages maîtres ;
c) les prêtres rois, véritables Rose-Croix unis en Melchisédech.

Le collège supérieur comptait 72 frères en Europe
, formant le petit synedrion perpétuel ayant à sa tête un Grand Maître Supérieur. Les dignitaires portaient toujours des noms hébraïques cabalistiques. La chronologie de l'Ordre commençait à sa Rénovation, l'an40 après Jésus-Christ, par l'office de saint Jean l'Evangeliste. Les travaux des membres étaient contrôlés minutieusement par le synedrion. Ces travaux étaient seulement théoriques au premier échelon mais, dès le second, il était procédé à des manipulations sur un minerai ou un métal désigné par les supérieurs, chaque résultat devant être soumis à un examen sévère et donnant lieu à un compte rendu. Le but de l'ordre était l'investigation de la nature. Au troisième échelon, on abordait la pratique de la pierre au rouge ainsi que la confection de médicaments secrets. Cet enseignement était fort caché ; il ne nous en est parvenu que des fragments. Ceux-ci nous permettent cependant de nous rendre compte de l'ampleur de ces connaissances, en partie acquises par la méthode d'expérimentation, c'est-à-dire par manipulations au laboratoire au cours desquelles, dans les hauts grades, il était nécessaire de pouvoir s'ouvrir à la conscience du monde subtil.

En de nombreux points, l'enseignement de l'ordre était analogue à celui de la société de l'AUBE DORÉE, société qui a été
réveillée en Angleterre vers 1880, mais n'en avait pas moins joué un rôle fort important aux XVIIème et au XVIIIème siècle en Allemagne. Il convient de ne pas oublier non plus que cette société a été l'une des plus qualifiées ; elle procurait une véritable initiation, et gardait un contact permanent avec sa Loge mère, située au Proche-Orient. Elle joua un grand rôle dans la vie ésotérique de l'Europe.

Dans les années quatre-vingt-dix, les membres de la branche anglaise de cette société effectuèrent des recherches en Allemagne et retrouvèrent effectivement quelques vestiges à Ulm : l'ordre existait encore, mais ses membres allemands restaient sur la réserve et ne se fiaient pas aux Anglais. Le rédacteur des présentes lignes a, lui aussi, fait des recherches pendant de longues années, pour tenter de recueillir des renseignements sur la branche allemande de l'ordre de la GOLDEN DAWN. Il reçut une lettre du grand dignitaire allemand lui déclarant que l'ordre existait effectivement encore en Allemagne, mais que l'on ne savait plus rien de l'enseignement primitif, que l'on ne s'y livrait plus qu'à des activités dévotionnelles. L'auteur a été
en mesure de s'en assurer par lui-même. Notons en passant que la société d'Aleister Crowley, qui, dit-on, serait la continuatrice de la Golden Dawn, en diffère, en fait, fondamentalement et poursuit des objectifs tout différents. Le véritable ordre de l'Aube Dorée, l'auteur a pu le constater, disparut de la scène au cours du premier quart du XVIIIème siècle. Il semble vraisemblable que l'ordre des Frères Asiatiques, lequel dispensait presque le même enseignement et qui, en outre, entretenait les mêmes relations avec le Proche-Orient, en a été le successeur. Cette hypothèse résoudrait un problème historique, celui de la disparition du premier ordre.

L'enseignement de la Société des Frères Asiatiques était fondé sur la Cabale qui devait être étudiée depuis les tout premiers grades jusqu'aux plus élevés. On s'exerçait ensuite à la vision de la Nature sur des bases strictement alchimiques et de façon expérimentale. Avant d'atteindre les grades supérieurs, il était requis de connaître de façon tout à fait précise le mode de préparation de la pierre philosophale. On enseignait également les données pythagoridiennes sur les nombres et l'emploi des mantrams, dont très peu de sociétés, au XVIIIème siècle, connaissaient le maniement et l'usage. Ces mantrams devaient surtout être utilisés dans le monde intermédiaire, ou « plan subtil », et impliquaient donc le dédoublement de l'opérateur durant leur emploi.

Donnons ici un extrait de l'enseignement communiqué aux trois grades supérieurs ; il comprenait :

1) La création invisible, Aziluth, qui reste en dehors du temps ;
2) La première création visible universelle, nommée Beria ;
3) La création des esprits, Zczira ;
4) La création des mondes, Assia.

L'Ordre, entre autres connaissances, enseignait celle de la Création visible, ou Livre de la Nature, celle de l'Homme, et la Révélation, telle qu'elle est exposée dans la Bible et dans le Zohar. Il exposait également l'état de l'homme primitif, dans sa perfection première, sa chute par suite du libre cours donné à des penchants inférieurs, et – c'est ici qu'intervient la question de l'immortalité – ce qu'il deviendra après la régénération et la glorification de son corps, consécutivement à sa réunion aux forcesvitales les plus pures, qui lui communiqueront un corps de lumière éternel. Tout cela basé sur des fondements alchimiques, cabalistiques et théosophiques
Nous tenons cet ordre pour l'expression la plus haute des aspirations que l'on trouvait au sein des sociétés secrètes du XVIIIème siècle
 Il faut, bien sûr, passer sur le langage ampoulé de l'époque, et ne pas oublier non plus que la tradition chrétienne était interprétée dans un sens extrêmement ample. Il n'en reste pas moins que la totale disparition de ces ordres demeure une énigme. Nous l'avons déjà dit, l'Allemagne était le pays où les ordres initiatiques pouvaient s'épanouir le plus librement. Les contacts avec les maîtres orientaux passaient toujours par Venise, où presque toutes les sociétés secrètes européennes avaient leur « Loge ». Venise joua du reste un rôle capital dans l'histoire de l'ésotérisme. Malgré les interdits gouvernementaux, – en 1486, puis à nouveau en 1488, l'Etat interdit la société Voarchadumia, et ses dernières foudres furent lancées en 1785 contre la Franc-maçonnerie – il se faisait en cette cité un échange d'idées constant avec l'Orient, Byzance, plus tard la Turquie, la Syrie, les Indes et, ce qui est d'un grand intérêt, avec la Chine. Nous reviendrons sur Venise dans un prochain article.

Il ne nous reste plus qu'à imaginer avec nostalgie à ce qu'eût pu devenir l'Europe si les élites, qui, dans l'ensemble, appartenaient aux Sociétés secrètes, avaient saisi les chances qui s'offraient pour elles de développer notre culture en profondeur, et de nous donner ainsi la possibilité d'entrer et d'avancer, nous aussi, selon nos qualifications individuelles, dans les sentiers de la Connaissance. A présent, nous sommes obligés d'attendre le retour de l'Age d'or.

source : www.boutiquefs.com

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