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Hauts Grades

L’union allemande, ou les XXII.

28 Juin 2012 , Rédigé par Th. Juge Publié dans #histoire de la FM

Charles-Frédéric Bahrdt, docteur en théologie, né à Bischofswerda (Misnie), en 1741, auteur d'un grand nombre d'ouvrages de polémique, remarquables surtout par l'élégance du style, et devenu célèbre par les persécutions dont a été semée sa carrière comme ministre protestant, fut le fondateur de l’Union allemande des XXII, association qui, pendant ses quatre années de durée, fit beaucoup de bruit dans le monde maçonnique et occupa les plus fortes têtes de l'Allemagne.

Bahrdt avait fait, en 1777, un voyage en Angleterre. Il y avait été recommandé par le prince Louis de Hesse-Darmstadt au frère Hesselstein, G.-secrétaire de la G.-L. de Londres, par l'intermédiaire duquel il avait été reçu aux trois grades symboliques. A son retour en Allemagne, il prétendit qu'il en avait plus appris à Londres qu'aucun frère revêtu des plus hauts grades ne pouvait lui en apprendre sur le continent. Prévenu contre la Maçonnerie allemande, il resta longtemps en dehors de toute activité maçonnique. Mais, en 1781, il fit, à Wetzlar, la connaissance du baron de Ditfurth, maçon fort instruit et qui était initié à tout ce qui se faisait alors dans la Franc-maçonnerie allemande. Ce frère le détermina à se faire recevoir illuminé. Bahrdt reprit du goût pour la Maçonnerie ; il en devint l'un des coryphées les plus ardents et des plus enthousiastes ; il se jeta, à corps perdu, dans les idées d'interprétation qui régnaient alors (1786) en Allemagne ; puis, vivement blessé de ne pouvoir devenir l'un des supérieurs inconnus, il conçut l'idée, à l'instar de Weishaupt, de fonder un nouvel ordre pour la partie protestante de l'Allemagne, sous le manteau de la Franc-maçonnerie, et qui devait avoir pour but d'éclairer le genre humain et d'anéantir les préjugés et la superstition. Il se réunit à quelques autres maçons, et expédia, en 1786, de sa campagne près de Halle, en Saxe, une circulaire aux amis de la raison, de la vérité et de la vertu. Elle était signée par lui et par vingt-un confédérés ; de là le nom donné à l'association de Union allemande des XXII. Il y exposait la nécessité de créer l’ordre qu'il annonçait, et les avantages qu'on devait en tirer. Il présentait l’Union comme étant un moyen infaillible de concourir au grand but du Christ, d'augmenter les lumières, d'anéantir la superstition et de perfectionner le genre humain ; et il invitait ceux qui voudraient se joindre à cette réunion secrète et paisible de personnes qui honoraient Dieu dans ses ouvrages, de se faire connaître à une adresse indiquée. Il voulait, pour y arriver, réunir les auteurs et les artistes les plus estimés, s'emparer de la librairie, du journalisme et des cabinets littéraires en Allemagne, et s'assurer ainsi la plus grande influence sur la nation tout entière. Tout honnête homme pouvait y être admis, sauf les princes et leurs ministres. Mais cette exception n'atteignait ni leurs favoris ni les gouverneurs des jeunes princes ; car leur coopération pouvait être utile pour réagir sur l'esprit des princes régnants et des héritiers des trônes et sur les cabinets. Bahrdt sacrifia son temps et sa fortune à l'organisation de cette union et à sa mise en activité, il mit dans ses intérêts le prince de Anhalt-Bernburg, et, fort de son appui, il ne tarda pas à établir, dans cette résidence, son centre d'action. Il eut bientôt organisé une administration qui dut s'occuper activement de l'impression et de l'expédition des ouvrages de ses membres, et il se voua entièrement à la correspondance qui était fort étendue et très dispendieuse.

En 1789, l'Union fit paraître son premier ouvrage sous le titre de Ueber aufklœrung und die Befœrde-rungsmittel derselben von einer Gesellschaft (Sur l’éclaircissement et les moyens d'y contribuer), in-8. Leipsick. — Dans l'appendice, elle proteste publiquement contre les bruits qui couraient à son désavantage et déclarait que ses membres n'avaient pour but que le bien-être du genre humain, qu'ils ne s'étaient réunis que pour cet effet en écrivant, en répandant et en recommandant les bons livres, en assistant les personnes éclairées et en reperfectionnant entre eux, par un commerce intime et par une communication fraternelle, des vérités découvertes. Ils protestaient en même temps contre tout autre but ou intention que l’on pourrait leur supposer.

Cependant, le renom d’athée, que des ennemis puissants de Bahrdt lui avaient donné, rendit l’Union suspecte aux gouvernements et aux personnes invitées à s'y joindre, et s'opposa au succès désiré.

La publication de l'ouvrage Mehr noten als text, etc. (plus de notes que de texte), ou l’Union allemande des XXII, in-8°, Leipsick, 1789, qui en divulgua toute l'organisation et tous les détails, lui enleva en outre l'attrait du mystère ; puis enfin l'emprisonnement du docteur Bahrdt, pour avoir écrit un libelle prétendu diffamatoire, intitulé : Système religieux du ministre prussien Wœllner, la priva du premier ressort de son activité ; de sorte que l’Union se sépara en 1790 ; ses membres se retirèrent et la plus grande partie se joignit aux illuminés.

La doctrine professée était : d'habituer les hommes à se servir de leur propre jugement, pour apprécier les vérités morales et économiques, et à ne rien regarder comme vrai, avant de s'en être fait une idée précise, appuyée de solides raisons.

Partant de ce point de vue, l’Union recommandait à ses néophytes, et pour première étude, la religion naturelle. Il leur était permis de traiter ce sujet dans leurs, assemblées et de discuter tout ce qui pouvait conduire à la vérité, quelque éloigné que le sujet pût être de la Franc-maçonnerie ou des opinions généralement accréditées dans le monde.

Son enseignement était distribué en six grades :

1. L'adolescent, composé de personnes sans emploi ou sans destination particulière.

2. L'homme, composé d'auteurs, d'artistes, de négociants, de voyageurs, etc.

3. L'ancien, composé des auteurs, des artistes, des négociants et des personnes en place, du 1er rang.

4. Le mésopolite,

5. Le diocésain, } choisis dans le 2e et le 3e degré, pour les différentes dignités.

6. Le supérieur.

 

Les frères possédant les trois derniers grades formaient le gouvernement de l'Union. Leurs assemblées s'appelaient des synodes, et l’on y tenait des agapes.

Quant aux trois premiers degrés, ce n'était que l’école préparatoire aux trois derniers ; aussi les membres de cette école étaient-ils obligés de faire des rapports sur leurs lectures, sur leurs opinions et sur leurs différentes relations.

 

Source www.ledifice.net

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