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Hauts Grades

La construction morale de l'occident

6 Avril 2012 , Rédigé par robert Publié dans #Planches

6-Les origines égyptiennes de la religion juive

 

Ainsi que je l’ai déjà souligné, il est sans doute vrai que le concept ésotérique d’un dieu unique existait déjà dans les plus hauts degrés des Mystères égyptiens et grecs. Il est probable également – ( en cela il faut lire l’opinion des nombreux auteurs Grecs faisant référence aux origines égyptiennes des Mystères grecs) – que cette notion fut transmise aux Grecs par les Egyptiens. De ces deux hypothèses on peut tirer une troisième : c’est que ce concept qui est à la base des Mystères égyptiens a bien pu être à l’origine des doctrines monothéistes juives.

L’hypothèse selon laquelle la religion juive a peut être une origine égyptienne a été formulée par Freud dans son essais sur Moïse. Selon lui, Moïse était un Egyptien qui devient un adepte d’une religion égyptienne assez éphémère ; la religion d’Aton ( que vous connaissez tous comme étant la première tentative égyptienne du monothéisme sous une forme prélude à l’anthropomorphisme futur !)

Anton était un dieu unique dont l’existence fut proclamé par le pharaon du nom de Akhénaton en l’honneur de son dieu, Aton. Le dieu Aton, dieu abstrait et donc non anthropomorphique, s’opposait aux doctrines polythéistes des prêtres. Akhénaton ne permettait pas qu’on sculptât la moindre effigie d’Aton. le vrai dieu disait-il n’a pas de forme et il a soutenu cette opinion son règne durant !

Il existe une remarquable similitude entre cette interdiction promulguée par Akhénaton et l’interdit qui frappe chez les juifs la représentation imagée de Dieu, similitude qui se retrouve également entre les concepts sur lesquels s’appuient ces interdictions.

Le nom d «Aton » en outre est très voisin d’ «Adonai », un des noms donné à Dieu dans l’Ancien Testament. Il faut préciser toutefois qu’aucun fait historique ne vient prouver que Moise était réellement un adepte de la doctrine d’Akhénaton.

Peu importe d’ailleurs que les enseignements de Moise aient été directement ou non influencés par les doctrines d’Akhénaton ; il a très bien pu connaître par d’autres sources le concept du dieu Aton. Akhénaton n’a pas créé lui-même son dieu Aton ; il a simplement essayé d’imposer à son peuple le règne spirituel de ce dieu à la place des anciennes doctrines primitives. Après la mort d’Akhénaton, Aton disparut de la scène et les prêtres restaurèrent les vieilles doctrines !

Voici à mon sens ce qui avait dû se passer : Aton n’était pas un des dieux de la théogonie égyptienne classique. Il correspondait plutôt au concept plus subtil d’une divinité monothéistique, tel qu’on le rencontrait dans les plus hauts degrés des Mystères égyptiens. En un mot, c’était un dieu ésotérique et non exotérique. Akhénaton était certainement un initié car dans les mystères antiques, la dignité royale allait toujours de pair avec un haut degré d’initiation. ( en Grèce par exemple, le 6ème degré des Mystères d’Eleusis – il y en avait 7 en tout – représentait l’initiation royale). Akhénaton dut éprouver l’impatience et le sentiment de révolte de l’homme qui refuse de pêcher une doctrine à son peuple tout en croyant à une autre. Il décida donc de divulguer le secret de l’initiation et de révéler au peuple qu’ « il n’y a pas d’autre dieu qu’Aton »

Les prêtres qui s’opposèrent à cette révélation n’étaient pas en désacord avec lui sur le terrain doctrinal ; il croyaient en Aton tout comme Akhénaton ; mais ils ne voulaient pas divulguer cette croyance en dehors des Mystères. Ils firent front contre le roi parce que son indiscrétion les choquait. Quand après la mort d’Akhénato,n, ils purent de nouveau imposer leur vue en matière de religion, ils se contentèrent de renvoyer Aton là où ils estimaient qu’était sa place:  au plus profond des mystères ésotériques.

Tous les grands fondateurs de religions populaires semblent avoir connu les mêmes sentiments qu’Akhénaton ; ils brûlent d’impatience de révéler aussitôt à tous ce que les initiés contemporains croient ne devoir être divulgué que lentement et dans le cadre stricte d’une initiation progressive.

Moïse se comporta exactement comme Akhénaton. Il était aussi impatient que le roi de révéler certaines doctrines auxquelles il croyait. Ces doctrines étaient en fait très voisines de l’enseignement d’Akhénaton, mais cela ne signifie pas pour autant que Moise doivent être tenu pour un disciple d’Akhénaton.

Cette coïncidence entre leurs doctrines tient peut être simplement à ce que Moise et Akhénaton avaient tous les deux été initiés aux mêmes Mystères ; et chacun puisait aux mêmes sources les éléments de la religion qu’il prêchait !

Il est extrêmement probable que Moise était un initié des rites ésotériques égyptiens. Avant d’être envoyé par Dieu aux Israélites, Moise «  fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens ; il était puissant en paroles et en œuvres » ( St Etienne Actes 7-22)

Elevé à la cour par une princesse de la famille royale, il fut sans doute admis aux plus hauts degrés des Mystères. C’est là qu’il a dû puiser ses conceptions monothéistes et ses principes moraux. Bref, c’est sans doute dans les Mystères qu’il reçut l’initiation dont il fit par la suite bénéficier les Juifs. Il conçut à leur intention l’initiation « en masse » représentée par la circoncision !

Vous serez d’accord que je ne dis rien qui aille à l’encontre de la thèse de Freud qui affirme que Moise n’était pas juif mais Egyptien. A l’appui de sa théorie il prétendait que Moise ne savait même pas parler la langue des Juifs.

Selon la Bible, Moise avait un défaut de prononciation et Aaron, qui est décrit comme son frère, était son porte parole auprès du peuple. C’est pourquoi Freud affirme qu’en réalité Moise ne parlait que l’égyptien et qu’il ignorait l’hébreu. Il utilisait les services d’Aaron, un Juif qui n’était absolument pas son frère, simplement en tant qu’interprète !.

Il me faut préciser toutefois que l’on peut accepter la tradition biblique qui fait d’Aaron le frère de Moise, car Aaron pouvait très bien être un juif initié également aux Mystères égyptiens et qui, par conséquent, considérait Moise comme un « Frère »…….vous l’aviez tous, je crois déjà compris !

Moise, tout en étant Egyptien, et peut être même un membre de la famille royale, a très bien pu avoir de bonnes raisons de quitter l’Egypte ! Peut être considérait-il les Juifs comme un excellent matériel humain à qui prodiguer son enseignement, pourvu qu’il pût les libérer de leur servitude. Il savait que quand il serait parvenu à les emmener hors d’Egypte, les prêtres égyptiens ne pourraient plus l’empêcher de révéler les doctrines secrètes !

Donc, la religion juive ( une des religions modernes qui ont contribué à former la civilisation occidentale ) a transmis l’enseignement des initiés égyptiens. Certaines de ses caractéristiques sont empruntées, bien sur, à l’ancienne religion hébraique, mais les points les plus importants de sa doctrine, et principalement la doctrine monothéiste, ainsi que les principes moraux, sont probablement d’inspiration égyptienne

 

7-L’influence grecque sur les sectes juives

 

Nous avons vu jusqu’à présent que la Grèce et la Judée, deux grandes forces spirituelles créatrices ( qui ont exercé une influence considérable sur la civilisation occidentale) semblent avoir bénéficié d’une inspiration commune ou du moins d’inspiration très étroitement liées. On retrouve en Egypte cette source commune et plus précisément dans les Mystères égyptiens.

Voyons maintenant la place qu’occupe la religion chrétienne dans cet ensemble, cette religion qui a influencé plus fortement encore notre civilisation que les Mystères grecs et que la religion juive.

Au temps de la naissance du Christ, les Juifs étaient dispersés en bien des endroits en dehors de la Palestine ; mêlés aux Romains, aux Grecs et à d’autres peuples, on en trouvait à Babylone, à Alexandrie, en Syrie, en Macédoinie, en Asie Mineure, etc…

Ils avaient sauvegardé leurs traditions mais ils avaient évidemment subi aussi l’influence des diverses civilisations avec lesquelles ils s’étaient trouvés en contact. La civilisation romaine, claire et limpide, avec son goût pour le droit, mais son caractère un peu superficiel, ne paraît pas les avoir grandement influencés. Par contre, la civilisation grecque, plus profonde, plus mystique, n’a pas manqué d’influencer la pensée juive de cette époque. Les différentes écoles philosophiques  ( Stoïcienne, Pythagoricienne, Platonicienne notamment) donnaient alors une large diffusion à certains enseignements qui n’avaient jusqu’alors pas dépassé le cadre des rites secrets des Mystères !

Il  existait déjà trois sectes « mystiques » ( ou philosophiques) parmi les Juifs : les Pharisiens, Les Saducéens, et les Esséniens.

L’historien Flavius Joseph ( 37-95) qui parle de ces trois sectes, dit des Pharisiens qu’ils étaient « proches de la secte des Stoïciens, comme les appelaient les Grecs » Et des Esséniens, il dit «  Ces hommes mènent le même genre de vie que ceux que les Grecs appellent les Pythagoriciens » ( lire : Antiquités Judaiques de Flavius J)

Cela semble indiquer qu’au moins deux sur trois de ces sectes juives s’étaient formées sous l’influence des Grecs. C’est aux Esséniens que nous nous attacherons surtout, car nous retrouverons chez eux le fil qui conduit au Christianisme.

Il y avait eu dans les cercles juifs une fermentation considérable des idées grecques. Les Saducéens eux-mêmes manifestaient une certaine inclination pour la culture grecque, mais ils s’intéressaient plutôt aux doctrines philosophiques qu’aux doctrines mystiques. On peut considérer les Saducéens comme les positivistes de ces temps là. Ils refusaient de rien accepter des traditions religieuses juives qui dépasse la lettre même de l’Ancien Testament. Certains pensent même qu’ils refusaient toute doctrine religieuse et qu’ils ne reconnaissaient le caractère sacré de l’Ancien Testament que pour sauver les apparences.

Ils ne croyaient pas, en tout cas, à l’immortalité de l’âme, conception qui ( sous l’influence sans doute des Mystères grecs) faisait alors partie de la tradition orale des deux autres sectes juives. Les renseignements que l’on possède actuellement sur les saducéens sont trop fragmentaires pour se permettre d’en tirer la moindre conclusion quand à leur influence éventuelle sur la civilisation occidentale.

En revanche, on en sait un peu plus sur les Pharisiens. On les tient d’ordinaire pour des hommes d’une avarice sordide, orgueilleux et hypocrites, description dont on attribue au Christ la responsabilité.

Sans doute la colère du Christ ne visait-elle que les brebis galeuses parmi les Pharisiens et non pour la secte tout entière. Il est possible d’ailleurs, que ces brebis galeuses aient été fort nombreuses. Les Pharisiens, en tant que groupe, exerçaient une influence considérable sur la masse du peuple. Peut-être leur grande puissance avait-elle corrompu certains d’entre eux. mais quels qu’aient pu être les défauts des Pharisiens en tant qu’individus ( défauts stigmatisés par le Christ) on peut reconnaître dans leur doctrine divers aspect, sans doute d’origine grecque, dont le Christianisme semble s’être emparé.

Les Pharisiens enseignaient que l’âme de l’homme est immortelle et qu’il y aura une résurrection pour les âmes des justes. Ils croyaient aussi à l’existence des anges. Ces doctrines, qui, comme on le sait, apparurent plus tard dans le Christianisme, ne se trouvaient pas dans l’enseignement original de Moise ! L’explication la plus évidente de leur origine, c’est que les Pharisiens les ont empruntées aux anciens mystères : le « secret » des plus hauts degrés des Mystères d’Eleusis comprenait l’immortalité de l’âme et la vie éternelle ; en outre, le dogme de la résurrection professé par les pharisiens, tout en ressemblant beaucoup au dogme de la résurrection tel qu’on le trouvera par la suite dans le Christianisme, correspond aussi dans une certaine mesure à la notion grecque de métempsycose ( Quand à la notion des anges, les juifs ont pu l’emprunter aux Mystères de Zoroastre, lors de leur captivité en Babylone)

Tout est régi par la volonté divine et l’individu conserve cependant son libre arbitre pour tout ce qui dépend de lui. Il n’y avait pas pour les Pharisiens de contradiction entre ces deux dogmes pas plus qu’il n’y en a pour les chrétiens. Comme après eux St Augustin, les Pharisiens parlaient aussi du « Royaume de Dieu sur terre ». la puissance de Dieu est au-dessus de celle des rois de ce monde, affirmaient-ils, et ils refusaient de prêter serment aux empereurs romains.

Ainsi la secte des Pharisiens représentait, dans une certaine mesure, une transition entre les enseignements mystiques grecs et le christianisme. Mais ce rôle de transition est beaucoup plus frappant chez la troisième secte, celle des Esséniens. On peut supposer qu’un grand nombre des doctrines fondamentales des Juifs Esséniens venaient de Grèce ; or ces doctrines étaient également très proches de celles que professa plus tard la religion chrétienne Les Esséniens ont donc dû être pour le Christ au moment de sa venue , des disciples modèles : ils étaient tout prêts à accepter son enseignement et à se laisser absorber par la religion nouvelle. On peut dire aussi que si la religion chrétienne n’était pas née, les Esséniens auraient sans doute continué d’exister en tant que secte juive d’un caractère distinct, ou bien qu’ils auraient fondé une religion différente, proclamant une vérité très proche, à bien des égards, de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Christianisme.

On va se pencher avec une attention toute particulière sur les Esséniens, car on peut être enclin à penser que cette secte juive représente le plus important « chaînon manquant » entre les doctrine secrètes grecques et les débuts du Christianisme.

Les Esséniens constituent une sorte de jonction entre la civilisation grecque et la civilisation occidentale !

 

8-Le « chaînon manquant » entre les enseignements grecs et le Christianisme

 

Selon la description de Flavius Josèphe, les Esséniens se manifestaient entre eux une grande affection. Ils menaient une vie communautaire qui pourrait bien avoir servi de modèle aux ordres religieux chrétiens ! Ils méprisaient les richesses et aucun d’eux ne possèdait plus que les autres. «  car c’est une loi chez eux que ceux qui viennent à eux doivent abandonner tous leurs biens à l’Ordre tout entier….. » ( cité par Flavius J dans la Guerre des Juifs)

Puis ils sont envoyés par leurs « tuteurs » pour pratiquer l’un des arts dans lesquels ils se montrent habiles. Ils travaillent des heures durant, se réunissent ensemble à nouveau, prennent un bain purificateur dans l’eau froide et revêtent des voiles blancs. C’est alors seulement qu’ils s’asseyent pour prendre ensemble quelques nourriture, mais il est interdit de commencer à manger avant que le prêtre ait rendu les grâces  Le repas terminé, ils rendent les grâces encore une fois .Puis ils se dépouillent de leurs vêtements blancs et retournent à leurs travaux. Ils procèdent de la même façon pour le dîner. Les cris et les discussions bruyantes sont interdits, mais chacun peut prendre la parole à son tour…..

Citons encore Flavius J : «  Ce silence qu’ils observent ainsi dans leurs demeures semble aux étrangers extrêmement mystérieux »…..Ils ne font rien sans instruction de leurs « tuteurs », sinon assister ceux qui ont besoin de leur aide ; ils sont libres de porter secours ou de donner à manger à ceux qui sont dans le besoin. Tout ce qu’ils disent a autant de poids qu’un serment, mais ils n’ont pas le droit de jurer. Jurer à leurs yeux est un péché plus grave encore que le parjure ( Notez que le christianisme contient des injonctions analogues contre le fait de jurer – Mat 5 34,  - mais des exceptions sont admises pour des raisons graves et en cas de force majeure. C’est pourquoi les textes apostoliques interdisent de prêter serment en général, mais il est dit aussi que l’on de doit pas prêter de faux serments ni jurer souvent et en vain -, Le parallélisme avec la doctrine essénienne est évident !) , mais en dépit de cet interdit, le néophyte qui est admis dans leurs secte ( après plusieurs années d’attente et d’épreuves sévères), doit jurer, lors de l’initiation «  qu’il ne cachera jamais rien aux membres de sa secte, et qu’il ne révèlera rien de leurs doctrines à des étrangers » ! !

Vous avez déjà bien évidemment observé que c’est le même vœux de discrétion qu’on trouve non seulement dans les anciens Mystères grecs et égyptiens, mais aussi dans les ordres religieux modernes et dans les diverses sociétés secrètes médiévales.

L’attitude des Esséniens envers  la douleur et la torture, telle que la décrit Flavius J rappelle celle de ce que l’on sait des premiers chrétiens martyrs. «  Ils méprisaient les misères de l’existence, et la générosité de leur âme les mets au dessus de la souffrance. Quand à la mort, si elle doit survenir pour leur gloire, ils la préfèrent toujours à la vie. La guerre que nous avons soutenue contre les Romains a d’ailleurs donné d’amples preuves de leur grandeur d’âme, notamment lors des procès qui leur furent fait. On eut beau les torturer de mille façons, les bruler, les déchirer en pièces, et les soumettre à toutes sortes de supplices pour les obliger a blasphémer leur législateur ou à manger des aliments qui leur étaient interdits, c’était en vain, il ne cédèrent jamais ni en flattant leur bourreau, ni même en versant une larme. Au milieu de leurs souffrances, ils souriaient ; ils moquaient ceux qui leur infligeaient ces tourments, et faisaient preuves en toute occasion d’une joyeuse résignation…….. »

Il est clair qu’il s’agit là du même matériel humain que celui dont furent issus les premiers chrétiens. Tant qu’ils étaient des Juifs de la secte des Esséniens, ils refusaient de blasphémer le nom de leur « législateur » c’est à dire Moïse ! Quand ils furent devenus chrétiens, ils témoignèrent la même fidélité à l‘égard de leur Sauveur !

A propos de la doctrine des Esséniens, revenons à Flavius. Il nous en présente une image qui donne a penser qu'elle était née du contact des croyances juives primitives avec certains enseignements grecs ( qui semblent tous dériver des Mystères d’Eleusis  - soit Esseniens proches des Pythagoriciens eux mêmes proches des Mystères ! !), il dit : «  Ils professent que les corps sont corrompus et que la matière dont ils sont fait n’est pas éternelle ; mais que les âmes sont immortelles et vivent d’une vie éternelle ; qu’elles sont constituées de l’essence la plus subtile et qu’elles sont unies au corps qui n’est pour elles qu’une prison ou elles sont aspirées par une attirance naturelle. Mais, quand elles sont libérées des biens de la chair, réjouies après ce long esclavage, elles montent vers le ciel. Cette croyance rappelle l’opinion des Grecs selon laquelle les âmes des justes avaient leur demeure par delà l’océan dans une région qui ignore les tempêtes et la pluie, la neige ou la chaleur intense : cet endroit est rafraichi par la douce brise d’ouest qui souffle sans cesse de l’océan. Les âmes mauvaises , par contre, ils les relèguent dans une antre ténébreuse et secouée par les tempêtes ou elles sont en proie à des châtiments incessants. Les Grecs semblent avoir professé la même opinion en attribuant aux braves qu’ils appellent héros et demi-dieux, la jouissance des iles heureuses, alors que les âmes perverses habitent les sombres retraites d’Hadès : c’est là que ;à en croire leurs fables, sont punis des personnages comme Sysiphe, Tantale, Ixion et Titye….. : croyance qui repose sur cette première hypothèse que l’âme est immortelle. Ainsi les hommes se trouvent-ils exhortés à la vertu et mis en garde contre le vice : les justes sont encouragés par l’espoir d’être récompensés après leur mort ; les tendances au vice des pervers sont freinées par la crainte de souffrir après leur mort un châtiment éternel. Telles sont les divines doctrines des Esséniens à propos de l’âme ; elles ne peuvent manquer d’attirer quiconque a tâté une fois de leur philosophie. »

D’après Flavius, on comptait de son temps quelques 4.000 Esséniens. Bien qu’ils se considéraient comme Juifs, on pourrait très bien les considérer’ comme les disciples d’une religion nouvelle, née sans doute du contact de la foi juive avec les doctrines mystiques grecques. L’accès de la cour du Temple leur était d’ailleurs interdit. Ce qui n’a rien de surprenant, étant donné le caractère extrêmement peu orthodoxe de leurs croyances !

 

9-Courants convergents de la « Progression vers le Haut »

 

On vient de faire un grand détours avec les Esséniens car vous avez pu le constater, cette secte aux visages multiples, qui se disait juive et qui à tant d’égards était grecque, se rapproche considérablement des formes primitives du christianisme. Les Esséniens, quelle qu’ait pu être en fait leur exacte influence historique, ont joué un rôle typique dans le processus spirituel qu’on observait en même temps dans divers domaines durant cette période de gestation de la civilisation occidentale ( par exemple les Thérapeutes, une autre secte juive qui sous l’influence des doctrines grecques, en vint à ressembler de façon frappante à une secte chrétiens !) : en cela, certains éléments grecs et juifs se mêlèrent suivant des proportions diverses et il en résultat des idées et des institutions de caractère purement chrétien. En admettant la réalité de l’influence égyptienne tant sur la civilisation grecque que sur la civilisation juive, on pourrait faire figurer cela de manière schématique :

 

Christianisme et civilisation Occidentale

Influencé d’une part :

Par les Mystères Grecs et la Religion Juive

Qui eux sont influencés par

Les Mystères Egyptiens

 

Ont peut alors mieux discerner l’évolution qui se produit dans le domaine culturel et spirituel.

Telle est à peu près la route qu’à suivie la progression vers le haut durant les 2 ou 3 derniers millénaires ( sans tenir compte des nombreux détours non figurés dans ce bref exposé) !

A côté de l’influence plus profonde des enseignement mystiques n’oublions pas que la possibilité que les enseignements des philosophes puissent avoir eut  simultanément une certaine influence, surtout parmi les gens instruits…..

D’autre part, en même temps que le courant principal du Christianisme, il existait divers courants secondaires et qualifiés d’hérétiques. Ils étaient condamnés par l’église, qui agissait dans un esprit naturel d’auto-défense : elle devait en effet se prémunir contre le danger d’une confusion due à une trop grande diversité dans les doctrines, voire d’un schisme ( ce qui arriva en notre ère avec le schisme entre les églises d’Orient et d’occident !). Ces courants ( Manichéisme, Gnosticisme, Catharisme etc..) n’en constituaient pas moins d’excellents véhicules de la progression vers le haut dont ils étendaient les effets jusqu’à des cercles extrêmement divers. Il y avait des doctrines pour les goûts les plus dissemblables et pour les échelons les plus variés d’évolution mentale.

Cela remplaçait, dans une certaine mesure, les multiples degrés d’initiation des Mystères primitifs qui correspondaient à ces différents degrés de développement mental.

Historiquement plus importante que tous ces courants secondaires, l’Eglise Romaine devint alors un extraordinaire instrument d’initiation massive des peuples barbares d’Europe, et plus tard des autres continents.

Si elle n’avait pas solidement établi ses propres traditions durant les longs siècles qui précédèrent la Réforme, les diverses religions protestantes n’auraient jamais pu manifester une aussi remarquable unité dans leur substance chrétienne fondamentale !

 

10-Le Christianisme : véhicule d’initiation et de civilisation

 

On ne va pas ici examiner les arguments des deux parties dans cette querelle séculaire qui oppose adversaires et défenseurs de Rome ! Je pense qu’un seul point de vue, une seule chose compte : toutes les religions chrétiennes ont répandu à travers le monde les germes de la même initiation et de la même civilisation.

On ne s’intéresse donc qu’a l’influence et aux contenus moraux des religions chrétiennes. Les enseignements spirituels et la cosmogonie du Christianisme ne nous concerne que dans la mesure où ils sont les véhicules de certaines vérités morales. Sur ce plan de la morale, le Christianisme a certainement fait œuvre de dessillement sur une très grande échelle : il a révélé, à des peuples nourris de conceptions barbares, ce que l’on considère communément comme une vérité morale plus élevée, plus noble. Il leur a enseigné que cette vérité morale dérive de certains enseignements spirituels : celui de l’immortalité de l’âme, de la spiritualité de Dieu, de l’origine divine de l’homme qui finit par retourner à Dieu. Ce sont des enseignements analogues à ceux que l’on révélait aux initiés des plus hauts Mystères, et dans l’un comme dans l’autre cas, on parvenait aux mêmes conclusions sur le plan moral.

A côté de ces déductions d’ordre moral, les Mystères grecs et égyptiens comprenaient également un type de déduction utilitaire ou pragmatique. Ceci s’appuyait sur les découvertes agricoles de Déméter et, dans une certaine mesure aussi, sur l’invention du vin par Dionysos. C’était là le genre de révélation utilitaire qui faisait passer les Grecs de la vie hérissés d’épines à la conception d’une vie moulue. Ces éléments des Mystères grecs ( qui existaient déjà en Egypte ) se retrouvent comme vous le savez, au sein du Christianisme, sous une forme symboliquement encore plus voilée ! Leur plus proche équivalent est le sacrement de la Sainte Eucharistie, avec la transsubstantation du pain et du vin en chair et en sang du Christ !

D’après St Thomas d’Aquin, dans sa somme théologique ( en 73-6 exactement), ce sacrement était préfiguré dans la religion juive par l’offrande du pain et du vin de Melchizedek, et aussi par la manne, qui apportait, en tant que nourriture spirituelle, tous les parfums et toutes les délices.

On peut concevoir que les différents sacrements du christianisme, baptême, confirmation etc… correspondent sans doute aux différents degrés de l’antique initiation.

Comme vous le savez, il y avait 7 degrés dans les Mystères d’Eleusis et il y a 7 sacrements dans la religions catholique ! ( on pourrait en faire une analyse comparative !)

Des deux types de déduction de la même vérité morale  ( l’utilitaire et la spirituelle, qui coexistaient déjà dans les Mystères grecs, à des degrés différents d’initiation ) l’accent fut placé sur la déduction spirituelle. Une religion qui faisait bénéficier tous ses fidèles de tous les avantages de l’initiation devait choisir entre les diverses catégories de déduction de la même vérité. Le Christianisme opta pour la forme la plus élevée, la plus spiritualisée.

Dans les Mystères grecs, les initiés des degrés inférieurs apprenaient à cesser d’aspirer au bonheur qui consiste à piller et à massacrer son prochain ! On leur faisait comprendre, grâce à des symboles transparents, que l’échange des fruits du sol pouvait leur apporter un bonheur plus sûr que celui qu’ils trouvaient dans la vie épineuse. On estimait que c’était là un raisonnement pratique auquel pouvait être sensible la masse des initiés. le bonheur qu’on peut trouver dans l’amour mystique et, à un plus haut degré, celui que l’on peut rencontrer dans l’union par delà la mort, de l’âme humaine avec l’Un, étaient des vérités réservées à une petite élite.

Le Christianisme considère des enseignements très proches de ces dernières vérités comme les principaux instruments permettant d’accéder au bonheur humain, bien que la religion ouvrît toute grande à tous les fidèles les portes de l’initiation.

Dans le Christianisme, le parfait bonheur de l’homme réside dans la vision de dieu. L’homme ne peut connaître sur terre cette béatitude parfaite, il ne peut que s’y préparer. La vision de Dieu signifie pour l’homme la possession du bien intégral et l’exclusion.de tout mal ( somme théologique)

Le Christianisme considérait tous les hommes comme capables de comprendre cette nature mystique du bonheur, dès l’instant ou le Christ était venu le révéler au monde. La venue du Christ sur la terre représente donc, dans une certaine mesure, la descente des Mystères ésotériques du haut de leurs retraites olympiennes !

Mais tout ceci ne ce fît pas sans douleurs, et ces douleurs de l’enfantement du christianisme furent bien réelles pour la mère de la chrétienté, la religion agonisante de l’ancienne Egypte. Notre vieille mère égyptienne expira pendant les siècles qui virent l’émergence de sa vigoureuse progéniture et sa prolifération dans le monde méditerranéen. Ces douleurs de l’enfantement furent en réalité les affres de sa mort !

Tout au long de ses deux millénaires d’existence, la fille chrétienne de l’Egypte est restée relativement bien informée sur sa tradition paternelle hébraïque, mais à ce jour, elle ignore tout de l’identité de la religion de sa défunte mère !

 

11-Le rôle des mouvements « marginaux » du Christianisme

 

A côté du Christianisme officiel et des doctrines chrétiennes « hérétiques », diverses sociétés secrètes servirent de véhicules à l’éducation morale au cours du Moyen Age. Les enseignements moraux des Roses-Croix et de la guilde ésotérique des bâtisseurs de cathédrales ( les maçons opératifs) étaient très proches des lois morales de l’Eglise, mais exprimés sous la forme de symboles occultes. L’ordre des Templiers, un des ordres de moines-chevaliers de l’Eglise, avait aussi son « secret ». A bien des égards, ces sociétés secrètes incarnaient la persistance des méthodes ésotériques de l’Antiquité. Elle se rattachent à la tradition des Esséniens, des Mystères grecs et peut être même aux traditions égyptiennes. Toutes ces sociétés contribuaient activement à la « Progression vers le Haut » de l’espèce humaine. Leur principal souci était de perfectionner l’individu et l’humanité tout entière.

Au premier abord, on pourrait penser qu’un pareil but était justement de ceux qu’on pouvait divulguer. Mais des considérations du même ordre que celles qui pesèrent sur les décisions des animateurs des Mystères antiques amenèrent ces sociétés à tenir secrètes leurs activités.  L’existence de sociétés secrètes ou fermées, dans lesquelles certains enseignement ou certaines pratiques se transmettent à des personnes choisies et éprouvées, réponde toujours à une tendance très générale de la nature humaine !

Au cours des 17è et 18è siècles, la Maçonnerie dite « spéculative » ( donc purement philosophique) parvint à une position de premier plan parmi les sociétés secrètes. Comme vous le savez, les historiens ont débattu la question de savoir si la Maçonnerie a contribué ou non à faire éclater la révolution Française. Il semble qu’en discutant longuement dans ses loges des idées qui étaient certainement des idées « chrétiennes » sur le plan moral, et qui se retrouvaient en contradiction avec les mœurs tyranniques et féodales de l’époque, la Maçonnerie alors pourrait bien avoir incontestablement sur ce plan tout du moins, préparer le terrain à l’élan libérateur de la révolution. Mais il faut également noter que tel fut aussi le rôle du christianisme lui-même qui par ses enseignements n’a cessé d’exercer son influence dans la direction de la « Progression vers le Haut » quand bien même certains chefs de l’Eglise se trouvaient parfois les alliés des puissances auxquelles justement s’opposait leur enseignement.

Les voies de la civilisation sont souvent paradoxales. Les idées et les tendances se répandent en empruntant les chemins les plus contradictoires ( ce qui permet de pénétrer bien plus profondément dans les diverses couches de la société) . Les différentes religions chrétiennes  se sont fréquemment trouvées en conflits entre elles. Rome, qui renaît à sauvegarder l’unité de la chrétienté, a combattu la réforme aussi vigoureusement qu’elle avait lutté contre les enseignements hérétiques. En outre, Rome a depuis longtemps lancé l’interdit contre la Maçonnerie bien qu’a l’origine, nombre de hautes personnalités ecclésiastiques ont appartenu à la Maçonnerie.

Il faut considérer toutes ces divergences comme autant de querelles intestines car au fond, Rome, les diverses autres religions chrétiennes, voire judéo-chrétienne , ainsi que Islamiste et Bouddhiste, les sociétés secrètes de types maçonniques poursuivent toutes le même but, au mois sur le plan moral ! Toutes ont pour objet la même éducation morale de l’humanité, bien que leurs opinions puissent différer sur les moyens de faire cette éducation.

Il se trouve que même certaines écoles de pensée qui raillent les méthodes « mystiques » ont accompli la même tâche civilisatrice que les religions et que les sociétés secrètes. Les mouvements sociaux modernes, par exemple, ont à leur façon contribué à la propagation des idées morales gréco-chrétiennes. Ils ont répandu ces idées dans des cercles dont la mentalité n’admet qu’un point de vue « positiviste » et qui auraient refusé de les accepter si elles leur avaient été transmises directement depuis leur source d’inspiration « mystique ». Ces mouvements – bien qu’ils ne se vantent généralement pas de cette ascendance – n’en ont pas moins les mêmes racines gréco-chrétiennes que les religions modernes et autres enseignements d’inspiration mystique ! Tout leur contenu, aussi bien critique que constructif est fondé sur une conception morale qui est essentiellement gréco-chrétienne, ou qui du moins, historiquement parlant est issue de la pensée mystique gréco-chrétienne.

Je ne peux, vous vous en doutez, examiner ici les arguments qui soient pour ou contre les théories économiques et sociales modernes dont certaines avant étaient classées sous le vocable « marxiste ».Néanmoins il faut distinguer entre ce qui a été le marxisme moderne et celui dit fondamental, car ce dernier était avant tout « critique » et non pas « constructif » comme les doctrines de ses disciples modernes. Il n’est pas dans mon propos de discuter si la critique marxiste de la société capitaliste est justifiée ou non ! Quelle que soit l’attitude que l’on adopte, force est bien de convenir que l’attitude critique de Marx s’appuyait tout à fait sur les prémisses morales gréco-chrétiennes. C’était, à n’en pas douter, l’attitude d’un homme qui, partant d’un point de vue gréco-chrétien sur la vie, considérait – à tort ou à raison – que certaines des conditions existantes étaient injustes.

Les premières théories socialistes, françaises pour la plupart – celles de Fourier, Saint Simon, Proudhon, Blanc etc..- étaient toutes plus ou moins basées sur le principe de la « bonté naturelle de l’homme » dans l’acception résolument gréco-chrétienne du mot « bonté »

On peut en dire autant des diverses idées et tendances qui sont exprimées par la formule générale de « libre-pensée ». dans leur interprétation de la moralité, les libres penseurs refusent de reconnaître le rôle des sources mystiques d’inspiration quelconque. Dans la réalité cependant, leur idéal éthique est né soit du mode chrétien de pensée, soit de la philosophie grecque ,et celle-ci a été influencée directement ou indirectement par les Mystères 

Même les écoles apparentées à la libre pensée qui estiment être en opposition absolue avec les idées grecques et chrétiennes s’inspirent indirectement des mêmes sources que ces dernières. Il faut avoir à l’esprit les divers courants de pensée populaire plus ou moins reliés aux philosophies « utilitaires » et « pragmatiques ».

« L’utilité » est considérée comme la mesure de base de la moralité et ces écoles ne reconnaissent aucun étalon moral d’inspiration divine, mystique ni même intuitive !

En pratique, les conclusions et les jugements moraux de ces libres penseurs coïncident généralement avec les idées morales gréco-chrétiennes. La raison en est que, s’ils font dépendre leurs conclusions morales du concept « d’utilité », il leur faut encore décider ce qui doit être considéré comme « utile ». La question qui se pose alors devient celle d’un choix – d’une préférence – et non pas d’une détermination scientifique, puisque « l’utilité » souhaitée dépend entièrement de l’avenir envisagé pour l’individu ou pour l’humanité.

Quand il s’agit de fixer nos préférences, il n’existe en apparence, aucune raison susceptible de nous faire pencher dans telle direction plutôt que dans telle autre.

Nous écoutons donc la « voix de notre cœur ». Et comme même les libres penseurs  « utilitaires » subissent à leur insu l’influence de leur formation gréco_chrétienne, en pratique leurs conclusions morales et leurs opinions concordent avec les idées morales gréco-chrétiennes………

 

Pour arriver à la naissance et re-naissance d’un mouvements initiatiques…la FM

 

Voilà, nous avons rapidement « balayé » ce que l’on pourrait nommer, la genèse historique cachée, il est temps maintenant de passer au vif du sujet…..

Je ferais juste un bref rappel sur la permanence immuable dans le temps des faits que nous étudions,. Vous le savez et l’avez constaté, c’est en ses sources – anciennes ou vivante – qu’un Ordre ,qu’il soit religieux ou initiatique, puise les caractères essentiels de sa tradition.

Les changements ou revêtement extérieurs que les siècles lui imposent, sont à ce noyau vivant ce que sont à l’être humain ses développements successifs et les vêtements adaptés à son âge !

Loin de détruire l’identité foncière, ils affirment sa permanence en une croissance régulière…..

C’est dans ce cadre qu’est né, qu’a été consolidée l’évolution de son essence essentiellement initiatique dont nous venons d’aborder la genèse et que se poursuit la permanence de la FM. !

Mars 2008 rf

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