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Hauts Grades

La Franc-maçonnerie au Canada, au Québec et en Nouvelle France

12 Avril 2012 Publié dans #histoire de la FM

La franc-maçonnerie existe au Canada depuis l'arrivée des premiers colons. Au Québec, des loges furent constituées dès 1721. La loge "Francs-Maçons Régénérés", placée sous la juridiction de la Grande Loge Amitié et Fraternité de Dunkerque, France, existait déjà en 1721 dans la ville de Québec puis, en 1767, cette loge devint la loge "Les Frères du Canada".

Les loges françaises furent les premières à s’installer dès 1727 auxquelles succédèrent des loges anglaises vers 1760. Par contre, le long des côtes atlantiques américaines, les anglais avaient déjà établi des loges vers 1730.

Après la conquête, on retrouve des maçons au sein des loges militaires britanniques, mais la première loge maçonnique formée de civils est celle d’Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse, qui reçoit ses patentes de la loge des maçons modernes de Boston en juin 1738. Puis, ce fut l’établissement de loges à St. John (1746 et 1766), à Halifax (1750 et 1751) et à Québec (1764).

Lorsque le Québec est divisé en 1791 pour former le Haut et le Bas-Canada, seulement quatre loges maçonniques sont en activité dans le Haut-Canada (Cornwall, Brockville ainsi que deux à Niagara).

Deux des plus anciennes loges de la Nouvelle-France qui existent encore aujourd'hui, l'Antiquity Lodge no.1 et la loge Albion no.2, avaient été créées respectivement à Montréal et à Québec en 1752. Mais il faudra attendre 1788 pour que naisse à Québec la St. John's Lodge no. 3; en 1792 pour qu'apparaisse la Dorchester Lodge no.4 à Châteauguay et en 1803 pour que se forme la Golden Rule Lodge no. 5 à Stanstead.

L’année 1752 marque donc le début de la franc-maçonnerie au Canada et 1759, la naissance de l’obédience dont est issue la Grande Loge du Québec.

En 1762, il y avait dans la province 13 loges militaires et une de marchands à Québec, relevant toutes de la Grande Loge provinciale du Québec.

Le franc-maçon le plus célèbre à se manifester au Québec dans le dernier quart du XVIIIe siècle fut Benjamin Franklin, qui vint à Montréal en 1776 à titre de commissaire du Congrès américain.

La loge Albion fut d'abord une loge militaire du 4ème Bataillon de l'artillerie britannique; elle reçut sa charte en 1785 de la Grande Loge provinciale de l'État de New York, de l'obédience de la Grande Loge de Londres. En 1829, cette loge militaire devint civile et s'affilia en 1869 à la Grande Loge du Québec.

En novembre 1787, l'Hôtel du Chien d'or à Québec fut solennellement dédié à la franc-maçonnerie.

La loge "Les Frères du Canada " fut transférée à Montréal en 1788 et en 1792 se plaça sous la juridiction de la Grande Loge Provinciale du Bas-Canada.

Les autres provinces du Canada fondèrent par la suite leurs propres loges: en Colombie-Britannique (1859), au Manitoba (1864 et 1870), en Alberta (1882) et en Saskatchewan (1883). En 1855, 30 loges de l’Ouest canadien et du Québec se regroupent pour former la Grande Loge du Canada, et les loges maçonniques anciennes forment leur propre Grande Loge deux ans plus tard.

La formation dans le Haut-Canada (Ontario) de la Grande Loge du Canada, le 10 octobre 1855, devait placer sous son autorité toutes les loges de la province de Québec ou Bas-Canada.

Le 24 septembre 1869, les maçons de Montréal et des autres loges du territoire québécois réclamèrent la souveraineté maçonnique du Québec. La Grande Loge du Canada (Ontario), quoique l'ayant déjà accordée à la Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, rejeta cette demande. La Grande Loge Unie d'Angleterre fit de même. Les maçons du Québec reçurent toutefois l'appui des plus importantes Grandes Loges des États-Unis puisque les Grands Maîtres du Maine et du Vermont l’avaient déjà reconnue et avaient procédé à l’installation du Grand Maître de la Loge du Québec, John Hamilton Graham. À son convent des 8 et 9 juillet 1874, la Grande Loge du Canada reconnaissait finalement l’autonomie de la Grande Loge du Québec. Elle regroupait alors 28 loges.

En 1887, la Grande Loge du Canada change de nom pour tenir compte de la nature provinciale de la franc-maçonnerie canadienne; elle s’appellera dorénavant « The Grand Lodge of Ancient and Accpeted Masons of Canada in the Province of Ontario ».

Au Canada, les loges traditionnelles déistes du courant « régulier » et anglophones ont historiquement prédominées mais la loge Émancipation (1896) et la loge Force et Courage (1910), toutes deux fondées par le Grand Orient de France et anti-cléricale fonctionnèrent pendant quelques années.

Sous les auspices de l'Institut Canadien, la loge des Coeurs-Unis fut créée et joua un rôle primordial pour la franc-maçonnerie d'expression française au Québec. Cette loge donna par la suite naissance à la loge Émancipation.

La loge Émancipation est née dans un climat antimaçonnique des plus fiévreux alimenté par des lettres pastorales et une encyclique de Léon XIII, Humanum genus, parue en avril 1884. Deux ans plus tôt, en 1882, Mgr Louis-François Laflèche, écrivait entre autres: « … il est visible que l'influence maçonnique est la grande force qui rallie les ennemis de l'Église au Canada comme ailleurs ».

Dès la publication de l'encyclique, il dit, dans une homélie prononcée dans sa cathédrale: « Ah ! Peuple canadien, puisses-tu comprendre ainsi ta mission et ne pas te laisser égarer par les conseils des hommes pervers qui veulent te séparer de l'Église ta mère, pour te faire entrer dans les rangs d'une société maudite, le corps de Satan ».

Enfin, dans ses commentaires, publiés en 1885, Mgr Laflèche parlait d'une franc-maçonnerie clandestine, de ses « plans cachés », des « trésors » mis à contribution « pour faciliter l'ouvre de déchristianisation et de désorganisation sociale que l'on a entreprise».

Le clergé catholique a longtemps usé de son influence afin de décourager l'adhésion des francophones dans la franc-maçonnerie, dénonçant avec dureté et blâmant sévèrement les Canadiens français qui en faisaient partie. Pourtant, les clergés des confessions protestantes appuyaient ouvertement les francs-maçons puisque, étant les successeurs des bâtisseurs de cathédrales, ces derniers posaient solennellement les fondations des églises, des écoles et des hôpitaux de la communauté anglophone

En 1899, la Grande Loge du Québec comptait alors 57 loges groupant 3,825 francs-maçons. A cette époque, une seule loge, celle des Cœurs-Unis de Montréal, travaille en français.

La branche libérale fut représentée au début du XXe siècle par deux loges fondées par le Grand Orient de France : Grand Orient du Canada et le Grand Orient du Québec.

Il fallut donc attendre les années 1970 pour voir apparaître la création d’autres loges comme celle de la Grande Loge Mixte du Québec, des loges du Grand Orient de France, de la juridiction canadienne du Droit Humain, du Rite égyptien de Memphis-Misraïm. Vers la fin des années 1980, on assista à l’apparition de la Grande Loge féminine de France et de la Grande Loge de France.

Puis, en 1976, à Montréal, fut fondée la première loge de l’Ordre Maçonnique mixte internationale « Le Droit Humain » et ayant pour nom « Liberté », qui fut reconnue par l’obédience en 1980. Elle possède une juridiction canadienne qui regroupe actuellement 6 loges mixtes travaillant en anglais, en espagnol et en français.

La Grande Loge Symbolique du Canada « Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm » est de langue française. Bien qu’il y ait des loges féminines et masculines, ces dernières ne travaillent pas dans la mixité.

La franc-maçonnerie canadienne compterait aujourd’hui 200,000 membres au Canada dont plusieurs centaines représentent la maçonnerie libérale. Ces derniers sont surtout concentrés à Montréal mais de nouveaux groupes se forment à Québec et à Vancouver.

Chacune des provinces canadiennes possède sa propre obédience (Grande Loge) régulière.

Partout au Canada, sauf au Québec à cause de l’influence du clergé catholique, la franc-maçonnerie jouit d’une bonne réputation, les francs-maçons ayant participés à la vie communautaire de plusieurs localités.

Au Québec

Au Québec l'obédience régulière est représentée par la Grande Loge du Québec, qui compte plus d'une centaine de loges, dont les plus anciennes au Canada et une dizaine d’entre elles sont francophones, d’autres sont bilingues mais la majorité est anglophone.

La proportion des membres francophones est en hausse constante. En 2008, environ 30% des membres de la Grande Loge du Québec sont francophones.

Mais fidèle à ses principes, la Grande Loge du Québec n'accepte ni les athées ni les femmes.

Les rites pratiqués à la Grande Loge du Québec sont :

- Rite Émulation en français et en anglais pour la très grande majorité des loges;
- Rite d’York pour quelques loges anglophones dans l’Estrie;
- Un rite dit « Écossais », mais sans rapport avec le Rite écossais ancien et accepté ou le Rite écossais rectifié est pratiqué par deux loges anglophones;
- La loge des Cœurs-Unis utilise un rite particulier se situant entre le Rite Émulation et le Rite français.
- Un atelier d’instruction et d’exemplification (atelier Condorcet) au Rite écossais ancien et accepté en français a été créé afin d’amener la création d’une loge travaillant à ce rite.

Sur le site officiel de la Grande Loge du Québec, vous trouverez un mot de Bienvenue de la part du Grand Maître P.V.F. Opkar S. Sandhu qui nous dit que la Grande Loge du Québec de Maçons Anciens Francs et Acceptés est l'instance qui gouverne la franc-maçonnerie régulière dans la Province de Québec.

La Grande Loge du Québec compte une centaine de loges qui s'étendent aux quatre coins de la Province. En 2000, elle comptait 91 Loges dont deux inscrites au « Registre anglais » (English Register) et onze d'entre elles sont francophones.

Source : http://iciplaneteterre.e-monsite.com/

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