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Hauts Grades

La Franc-Maçonnerie Jacobite

2 Juin 2012 Publié dans #histoire de la FM

Pour bien comprendre les origines de la Stricte Observance Templière, il est indispensable que nous disions quelques mots de la Maçonnerie dite Jacobite. Cette Maçonnerie est étroitement liée à la dynastie des Stuarts.


Les Jacobites (venus surtout d’Irlande, d’Ecosse et du nord-ouest de l’Angleterre), partisans légitimistes de Jacques II Stuart et de son fils émigrèrent sur le continent de 1689 à 1750. Cet exode entraîna le départ de plusieurs dizaines de milliers d’Irlandais, d’Ecossais et d’Anglais non seulement en France mais aussi en Pologne, en Norvège, au Danemark et en Suède. Nombre de Jacobites rejoindront des couvents féminins à Ypres, Ostende et Bruxelles.


Les liens unissant l’Ecosse et la France ne datent pas d’hier : quelques rappels à propos de la guerre de Cent Ans. Alors que la France et l’Angleterre se faisaient la guerre, l’Ecosse était encore indépendante et elle était l’alliée de la France contre l’Angleterre.

Le Dauphin, le futur Charles VII, qui sera sauvé par l’intervention providentielle de Jeanne d’Arc, avait d’ailleurs planifié de fuir en Ecosse au cas où le sort des armes lui aurait été défavorable. Les soldats Ecossais jouèrent un rôle clé dans les campagnes de Jeanne d’Arc. On sait peu que l’Evêque d’Orléans, à cette époque était lui-même Ecossais. La bannière de Jeanne d’ Arc fut peinte par un Ecossais, etc.


Une des conséquences de la guerre fut la création d’une armée permanente dans laquelle la « Compagnie des Gendarmes Ecossois » jouissait d’un statut privilégié. Elle passait en première lors des parades et son commandant avait le rang de « Premier Maître de Camp de la Cavalerie Française ».

C’est d’ailleurs une unité de Gardes Ecossais qui étaient les gardes du corps du roi de France. (Souvenons-nous du roman de Walter Scott : Quentin Durward qui raconte les aventures d’un jeune noble écossais à l’époque de Louis XI). De là est née une sorte de fraternité qui avait ses rites particuliers.


Ceci persista jusqu’à ce jour tragique où Henri II (1519-1559), à l’occasion du mariage de deux de ses sœurs, participa à un tournoi et jouta contre le capitaine des Gardes Ecossais : Montgomery. Aucun des adversaire n’ayant été désarçonné le roi exigea une seconde charge. On sait que la lance de Montgomery glissa sur la visière du heaume du roi, souleva la visière et pénétra dans sa tête au-dessus de l’œil droit.

Après cette tragédie, les gardes Ecossais continuèrent à faire partie de l’armée française mais ils perdirent certains de leurs privilèges. Quoi qu’il en soit, il resta cette tradition écossaise d’envoyer les jeunes gens faire leurs classes militaires dans l’armée française.


Jacques I° (1566-1625) fils de Marie Stuart, roi d’Angleterre né à Edimbourg en 1566 et roi d’Ecosse sous le nom de Jacques VI (1567-1625) devint roi d’Angleterre (1603-1625) après Elisabeth I°.

En 1593, il constitua la Rose Croix Royale avec trente-deux chevaliers de l’Ordre de Saint André du Chardon fondé jadis en 1314 par Robert Bruce et rouvert par son père Jacques V roi d’Ecosse en 1540 (1513-1542). Devenu roi d’Angleterre, il devint Grand Maître des Maçons anglais mais les maçons écossais gardèrent le privilège de se choisir leur Grand Maître : William Sinclair de Rosslyn.


Les Francs-Maçons de l’époque étaient étroitement liés à la monarchie et durant la guerre civile et le protectorat de Cromwell, dans leur majorité, les Francs-Maçons restèrent fidèles à la monarchie des Stuarts. Son fils Charles I° devint roi de 1625 à 1649 et sera décapité en 1649. Après le protectorat et l’abdication du fils de Cromwell, son fils Charles II sera rappelé au pouvoir en 1660.


En 1685, Jacques II (1633-1701) monte sur le trône d’Angleterre (1685-1688) roi d’Ecosse sous le nom de Jacques VII (1685-1688). Catholique, intolérant et peu diplomate (la tolérance religieuse n’était pas à l’honneur à cette époque, Louis XIV venait de révoquer l’Edit de Nantes) il se fera détester tellement que le Parlement offrira la couronne à Guillaume Prince d’Orange.


Jacques II partira en exil en France en 1688. Tous ceux qui tentèrent de lui faire recouvrer le trône ou qui combattirent, après sa mort, en faveur de son successeur Jacques III Stuart dit le Prétendant ou Le Chevalier de Saint-Georges, né à Londres (1688-1766) ou de son fils, Charles-Edouard, né à Rome, dit aussi le Prétendant (1720-1788) sont désignés sous le nom de Jacobites.


Les Ecossais Jacobites se réfugièrent en nombre en France surtout après la défaite de Culloden le 16 avril 1746. A Saint-Germain, la cour des Stuarts comptera jusqu’à 2.500 personnes. Les liens étaient restés suffisamment solides entre la noblesse et le clergé des deux pays que pour leur ouvrir largement l’accès au clergé ,à l’armée, au commerce comme aux plus hautes charges du royaume de France. Un régiment écossais composé de stuardistes exilés aura ses quartiers à côté de l’abbaye de Munster.


Pour se donner une idée de l’influence des Jacobites, il suffit de savoir qu’alors que la maçonnerie bleue française a été surtout importée en France par des Loges issues des « Modernes » et donc hostiles aux Stuarts, à ses débuts, la Maçonnerie française se donnera pour Grands Maîtres des Jacobites.


La Grande Loge dite des Modernes avoue d’ailleurs qu’elle s’est constituée après la révolte écossaise de 1715. Sa fondation est le fait d’un certain nombre de Loges hostiles aux Stuarts car les constitutions d’Anderson débutent par ces mots révélateurs : « After the rebellion ». On sait qu’ elle ne parvint d’abord à rallier à ses vues que quatre Loges, les autres Loges préférant rester provisoirement indépendantes soit rester fidèles aux « Antients ».

Après l’avènement au pouvoir du roi Georges en 1714 un certain nombre de Loges sentirent bien qu’elles devaient détourner d’elles les soupçons d’être Jacobites. C’est ainsi qu’en 1723 les quatre loges étaient devenues cinquante-deux.


La Franc-Maçonnerie est bien antérieure à 1717 ou à 1723. Sur le tableau des Loges datant de 1723 au moins 36 Loges datent d’avant 1717. C’est la date de l’apparition de la Maçonnerie dite spéculative et des obédiences. Ces dates sont celles de la fondation de la Grande Loge des « Modernes » et des constitutions dites d’Anderson. Une constitution n’est qu’un texte législatif et n’a jamais été un texte rituel ou initiatique.

A cette époque, il existait toujours un grand nombre de Loges indépendantes qui se rallièrent peu à peu soit à la Grande Loge des « Modernes » soit à la Grande Loge dite des « Antients » car restée fidèle à certains anciens usages que ne pratiquaient pas les « Modernes ». D’ailleurs, on ne peut exclure totalement l’hypothèse qu’il existait peut être encore au 19° siècle, en Angleterre même, en Irlande ou en Ecosse des Loges restées indépendantes car réfractaires à la Grande Loge Unie d’Angleterre.


Cette rivalité entre les deux organisations persista jusqu’aux guerres napoléonniennes. C’est grâce à Napoléon et à son intention d’envahir l’Angleterre que la Grande Loge « Unie » d’Angleterre vit le jour ! Grande Loge « Unie » car elle mit fin aux rivalités entre les deux organisations. La population ne comprenait pas la rivalité des deux Grandes Loges, celle des « Modernes » fondée en 1717 et celle des « Antients » fondée en 1753. Le Roi exigea « l’union sacrée » de toutes les forces vives de l’Angleterre pour abattre Napoléon. Ce fut d’autant plus facile que les Grands Maîtres des deux organisations étaient tous deux frères du Roi.

Une Loge particulière dite « Loge Spéciale de Promulgation » s’est tenue à Londres du 21 novembre 1809 au 5 mars 1811 afin d’harmoniser les usages des deux Grandes Loges.


En fait, ce sont surtout les usages des « Antients » qui prirent le dessus et les « Modernes » furent peu à peu absorbés par la nouvelle organisation. Nous ne retiendrons que deux de ses décisions : la cérémonie de l’installation dite « secrète » des Vénérables fut considérée comme un usage séculaire et l’emplacement des colonnes.


Comme la Maçonnerie continentale « latine » était coupée de tout contact avec l’Angleterre à cause du blocus continental, d’une part elle ignora ces accords et d’autre part, n’y ayant pas participé, elle ne les ratifia pas non plus. Comme au 19° siècle, ce fut loin d’être « l’entente cordiale » entre la France et l’Angleterre et qu’en 1877 les relations furent rompues entre la Grande Loge Unie d’Angleterre et le Grand Orient de France on s’explique que des usages différents persistèrent. Par exemple, c’est surtout sur le continent qu’on est resté fidèle aux usages des « Modernes » comme aux Constitutions d’Anderson abandonnés en Angleterre.

 Source : http://loge-la-cite-sainte.wifeo.com/la-franc-maconnerie-jacobite.php

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