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Hauts Grades

La Fraternité ou quand l’Homme est le Miroir de l’Homme

15 Juillet 2012 , Rédigé par MS Publié dans #Planches

 Il est important de savoir distinguer dans nos rapports leur nature fraternelle.

La fraternité est un idéal relationnel qui demande un long cheminement . A la question : « Etes-vous franc-maçon ? », La réponse est « mes frères me reconnaissent comme tel ». Ce qui suppose que la fraternité est chargée de contrôler l’appartenance à la franc-maçonnerie. Un membre non fraternel ne peut pas être franc-maçon.

La Fraternité serait donc une condition de base. Est-ce qu’on naît frère en même temps qu’on reçoit la Lumière ou le devient-on à force de travail sur soi ?

Plus que l’Amour de l’autre, la Fraternité est respect de l’homme. La Fraternité est d’essence Initiatique et avant tout métaphysique dans une spiritualité laïque, transmettant une méthode de recherche de la Vérité, hors les dogmes. Elle est un trait d’union entre les Initiés.

Combien d’entre nous, au cours du temps on oublié que la Maçonnerie ne se cantonne pas à l’application stricte d’un rituel, aussi beau qu’il soit, une fois tous les quinze jours. Que notre quête de bâtisseur ne peut s’exprimer qu’avec tous nos Frères. Je dis bien tous et pas seulement ceux de notre grade ou ceux qu’on bade parce qu’il paraîtrait qu’ils sont trente troisième et que c’est bon de les côtoyer pour notre « carrière ».

La Fraternité est une mort : C’est la mort de soi-même dans son Individualité égocentrique. Car la découverte de la fraternité commence par l’apprentissage du partage.

La tolérance ne commence t’elle pas au moment où l’on accueille l’autre avec toutes ces contradictions ? Si on va jusqu’au bout d’une expérience de relation humaine, la première impression devrait naturellement s’émietter au fur et à mesure que la réalité se construit.

Ce passage est douloureux car on doit renoncer à la première impression qu’on prend souvent pour argent comptant, celle à laquelle on tient tant parfois et qui est notre jugement arbitraire, subjectif et inconscient.

La fraternité n’exerce pas de pouvoirs magiques, en revanche elle propose à tous une vertu capable de la maintenir et cette vertu, c’est la Tolérance. A mi-chemin entre la justice et l’amour se situe le respect et la tolérance. On ne peut pas tolérer sans respecter, car le fondement de la tolérance est d’abord la compréhension de l’autre, de tous les autres.

Ainsi la tolérance devient un hommage à l’impénétrable vérité dont tout homme est porteur. Egalement, cet effort qui nous est demander pour traiter l’autre comme soi-même se nomme la « justice », car la justice consiste précisément à se placer à la place de l’autre. Cependant il faut admettre que la tolérance a par définition une limite, ainsi on ne pourrait admettre la liberté d’un loup dans une bergerie. ; c’est seulement dans cette limite de la liberté de l’autre que la tolérance peut se muer en Amour, qu’elle devient une communion qui dépasse celle de l’esprit pour atteindre la communion des cœurs. Tel est le paradoxe de la Fraternité : Intelligence du cœur qui transcende celle de l’esprit.

Je dirais que celui qui gesticule et parade le plus est celui qui empêche la relation de personne à personne. Il s’exclut de la fraternité.

Si la Fraternité est un devoir pour le Maçon, elle n’est pas innée. Elle se travaille. Il faut être suffisamment pur et s’aimer soi-même pour pouvoir Fraterniser avec son prochain sans jouer un jeu ridicule qui ne trompe personne.

L’amitié c’est un attachement, une affection mutuelle, qui a beaucoup de point commun avec la fraternité. Mais le type de relations est différent. Nous choisissons notre ami, mais pas notre frère. Ce qui a pour conséquence qu’en amitié, il y a souvent plus de similitudes que de différences. La fraternité ce n’est pas l’abandon total et sans réserve de l’amitié. Il y a en plus dans la notion de fraternité, une notion de durée dans le temps, qui ne se pose même pas : Nous sommes frères à vie. La Fraternité reste indissociable de l’honnêteté, qui impose parfois de déplaire, de choquer, de heurter. Nous ne pouvons être en fraternité qu’en étant honnête vis à vis de nos Frères, mais l’honnêteté n’est pas à elle seule, la fraternité qui a une portée supérieure. Notre Fraternité de Maçon vient du fait que nous avons tous une origine commune de part notre Initiation. Nous avons tous vécu la même renaissance et nous restons tous sur le même chemin, celui de la recherche de la Lumière. Bâtir ne peut être qu’une œuvre commune donc Fraternelle. Nous devons vivre l’autre avec ses différences et nous en inspirer, sans flatterie, sans jugement et sans esprit de supériorité car elles ne sont pas rivalités mais partage et richesses.

Montaigne a dit dans les Essais : « Si l’on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

On retrouve encore ici les outils de taille ciseau et maillet qui nous serviront à pratiquer la fraternité comme un art. Agir comme un frère, c’est savoir temporiser ses passions est c’est parfois quelque chose de compliqué car nous pouvons être parfois une marmite en ébullition, ou bien un lac de béatitude et le Franc-maçon n’a pas le droit de perdre son sang froid et parfois se livrer à des attitudes, voir des comportements qui dépassent la fiction.

Aussi il est essentiel pour mériter sans honte notre place en Loge de maîtriser nos passions en général, mais en particulier celles de la possession, du pouvoir, de la vanité et de l’hypocrisie. La F.M. n’a jamais voulu être une entreprise de cadres à la recherche de pouvoir ou de places à convoiter dans l’échelle de notre organisation. Nos travaux ne devraient avoir pour unique ambition pour pouvoir participer à la construction commune que de refléter notre personnalité, dépourvus d’inutiles compilations ou de citations voulant montrer notre petit savoir ou encore de langage technique propre à notre vie profane incompréhensible du plus grand nombre. Etre fraternel c’est aussi parler le même langage que ces Frères. Nos égrégores, nos ateliers, nos obédiences ne devraient être fait que d’hommes emprunt d’humilité, de sincérité, et de volonté à faire progresser notre grande famille.

Il me semble évident que pour aider les autres, on doit commencer par s’aider soi-même.

D’autre part, il est important que la parole circule et que nous puissions en notre âme et conscience nous exprimer avec humilité et fraternité envers le frère, ou quelque personne à qui l’on s’adresse.

Si notre plus cher désir est de progresser vers la lumière acceptons de recevoir ce qui doit nous être donné et donnons sans compter tout ce que nous pouvons donner. Souvenons-nous de l’épreuve du miroir, le jour de notre Initiation. Ce fut la première confrontation avec la Fraternité Initiatique. La révélation ne se vérifie que si celui qui tient le miroir ne se détourne pas de son rôle. Si vous le confiez à quelqu’un qui ne supporte pas le rôle du miroir, il y a de fortes chances qu’il se détourne pour reprendre la parole. Savoir pratiquer ces deux fonctions me semble important pour garantir la fraternité, l’une est de savoir se poser en tant que miroir, et l’autre de savoir s’exposer en toute nudité.

Le miroir reflète dans notre rituel le visage du récipiendaire. Le visage, c’est l’individu, la personnalité.

C’est ce qui nous permet d’identifier l’autre ou d’être reconnu par lui. En me regardant dans le miroir, je confirme ma ressemblance avec les autres. Je m’identifie à l’espèce humaine. Le miroir agit donc comme un révélateur de ma personnalité et sa contemplation me permettra de me connaître.

Dans un premier temps, il va me montrer ce que je suis maintenant à l’instant de l’initiation. Il va me montrer ce vieil homme prisonnier de son ego et des haines de sa vie profane. Il va me montrer cet ennemi qui veut exister par lui-même. Si je sais regarder dans le miroir, je saurais voir comment vit ce vieil homme, comment il me dirige, comment il se met en colère, comment il est jaloux, alors seulement je pourrais le combattre en appliquant le fameux « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Le miroir est vraiment un outil de révélation. En tant que symbole, le miroir est l’objet, à mon avis, de l’introspection par excellence. Il nous fait réfléchir sur ce que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts, nos envies et nos dégoûts, nos souhaits, notre façon de voir le monde, les personnes qui nous entourent, et nos idées pour les améliorer et les amener vers le bien. Il nous fait réfléchir sur ce que nous voudrions être et que nous ne sommes pas encore.

Mais certaines personnes ne supportent pas de voir leur image. Quelques-unes, comme les « Narcisse » du mythe se perdent en regardant leur image reflétée par l’eau. L’ambivalence du symbole du miroir dépend donc essentiellement de l’attitude de la personne et de la maturité de celui qui se regarde.

Il existe bien d’autres miroirs, quant nous regardons notre voisin dans les yeux, n’est-il pas notre miroir ? Ne lui reprochons-nous pas nos propres défauts ? N’existons-nous pas par la vision des autres ?

Le miroir nous fait prendre conscience de tout cela.

Il est essentiel d’accepter le regard des autres et en particulier de nos Frères car c’est lui qui nous apprend à connaître nos limites, à les repousser pour offrir le meilleur de nous-même.

C’est par ce regard objectif que les autres doivent porter sur moi que se manifeste la notion de fraternité. Pour être réellement pratiquée la fraternité nécessite que celui qui en use soit libre. Libre de quoi ou de qui ? .

Libéré de tout jugement qui ne serait pas de lui, libéré de réflexes conditionnés, libéré de l’autorité parentale, de toute représentation du pouvoir humain qui romprait la fraternité maçonnique. Sa pérennité n’est-elle pas assurée par le dépassement de tout dogme ? . Exister par les actions et interactions que provoquent des liens fraternels suppose que nos chaînes soient rompues.

A mon sens, la démarche fraternelle prospère dans l’effacement des attentes individuelles comme des intentions dogmatiques.

Elle permet à chacun de trouver sa place et non de s’apporter des réponses. Car qui sait à l’avance quel enseignement lui sera profitable ?

La première question que nous devrions tous nous poser lors de nos enquêtes chez un postulant profane et plus encore si nous souhaitons le parrainer, devrait être : « Et-il en possession de ce petit supplément d’âme qui va lui permettre un jour de tout donner pour ses futurs FF. et ainsi de progresser sur le chemin Initiatique » ? Mais avons-nous nous même ce petit supplément d’âme pour pouvoir en avoir une idée ? Et c’est quelquefois un intérêt personnel qui nous anime ou bien nous sommes ébloui par la face visible de l’iceberg, la face qui intéresse la vie profane, celle des apparences. Qu’il soit professeur de faculté, vendeur de gaufres, policier, transformiste, catholique, juif ou agnostique, quelle importance ? Comme dit le proverbe : « C’est au pied du mur qu’on voit le Maçon ». Une fois Initié, sera-t-il capable de briser le miroir du vieil homme pour y voir renaître une nouvelle image de lui-même, qu’il aime et qui est prête à aimer sans condition ?

En résumé, la fraternité vraie, c’est me semble t-il vivre l’autre avec ses différences, sans flatterie, sans préjugé, sans jugement.

Vivre en fraternité c’est offrir : chacun fait don de ses forces, mais aussi de ses faiblesses. Les différences ne sont pas rivalités mais partage. La fraternité c’est la notion de partage aussi bien intellectuel que matériel, c’est faire don de sa vie pour l’entraide.

La fraternité ou quand l’homme est le miroir de l’homme.

Pour nous qui sommes dans une Loge de Saint jean, nous devons au moins retenir ce que dit l’évangéliste dans son épître (1, 9-11) « celui qui prétend être dans la Lumière tout en haïssant son Frère est encore dans les ténèbres, mais celui qui aime son frère est dans la Lumière.

VM J’ai tenté de dire.

source : www.ledifice.net

 

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