Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

La Loge et les obédiences

28 Janvier 2011 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

 

Nous savons tous que ce sont les Loges qui font l’obédience, sans elles point d’Obédience.

Mais encore, qu’est ce que la Loge maçonnique? D’autant que l’on nous dit qu’elle est le lieu, momentanément orienté et éclairé, qui sert entre autre à la transmission d’une influence spirituelle laquelle s’effectue via le VM en chaire au moyen du Rite et de l’ensemble des FF, faisant passer ainsi l’individu qui la reçoit de l’état de profane à l’état  d’initié.

La Loge est donc à la fois:

* le lieu où s’opère cette «modification» d’état du profane au néophyte, cette jeune pousse qui une fois initié devra grandir,

* le rassemblement des FF comme autant de maillons d’une chaîne «immémoriale» entre le passé et le présent et

* l’usage du Rite qui conduit cette opération. Outre ce «commencement», elle est aussi suivant d’autres modalités rituelles, le lieu où se délivre les degrés par lesquels tout FM doit passer pour atteindre à la Maîtrise, aboutissement de son parcours aux Petits Mystères, qui ne sont autres que la perfection des possibilités individuelles, dans les trois degrés de la Maçonnerie symbolique.

Il est historiquement impossible de tenter de trouver quand et où a été crée la première Loge, tout comme il est impossible et illusoire de déterminer qu’elle aurait bien pu être le premier édifice construit sur Terre. La «méthode historique» si chère à nos contemporains qui ne peuvent envisager rien de «réel» qui puisse exister sans preuves autres que «matérielles», relègue ainsi tout ce qui a pu être transmis «oralement» au rang de mythes, compris non pas dans leurs sens originel, mais péjorativement comme des fables, c’est-à-dire comme une invention purement humaine. En fait il ne peut pas y avoir d’origine «historique», puisque l’origine réelle se situe dans un monde auquel ne s’appliquent pas les conditions de temps et de lieu qui définissent les faits historiques comme tels; et c’est pourquoi ces choses échapperont toujours inévitablement aux méthodes profanes de recherche qui ne peuvent donner des résultats relativement valables que dans l’ordre purement humain.

         Ce qu’il convient de retenir, c’est que dans toutes civilisations traditionnelles, et il en était ainsi sur toute la Terre, avant que ne naisse le monde moderne qui apparaîtra en Occident dans le courant du XIVème siècle - sa première manifestation avérée étant ce qui a été appelé la Renaissance - l’organisation de la société dans toutes ses modalités est réglée par des principes d’ordre spirituels, car elle se doit de refléter l’Ordre cosmique. En ce sens tout ce qui est manifesté dans l’Univers est «sacré». ça n’est qu’au fur et à mesure que se développe le monde dit «moderne» que l’on va émettre un «point de vue» profane, et alors commencera la «désacralisation» du monde, renversant ainsi tout l’édifice, certains philosophes contemporains emploierons une terminologie profane en parlant du «désenchantement» du monde, comme si celui-ci avait été vécu jusqu’alors comme une sorte de conte imaginaire, c’est-à-dire un rêve. Désormais ce n’est plus le premier adage hermétique de la Table d’émeraude qui prévaut: «ce qui est en bas est comme ce qui est en haut», mais bien le second «ce qui est en haut est comme ce qui est en bas», d’une certaine manière on assujetti le Ciel à la Terre et l’on veut faire passer l’inférieur pour le supérieur.

         Tout cela pour dire, que tous les arts et les sciences traditionnelles se rattachent bien évidemment à des principes supérieurs, et que pour l’art de construire, ce dernier se rattache plus particulièrement au Principe constructif universel que la doctrine hindoue appelle Vishwakarma et que nous appelons-nous le GADL’U. C’est de là qu’émane cette «influence spirituelle» dont sera dépositaire dans notre monde manifesté et en «mode subtil» l’Ordre, appelé ainsi parce qu’il reflète l’Ordre cosmique, devenant ainsi le centre initiatique primordial, auquel se rattacheront autant de centres initiatiques secondaires que sont symboliquement les Loges, symboliquement car les symboles tous comme les rites sont également «non-humain» dans leur origine et leur essence et parce que la Loge se manifeste en «mode grossier», c’est-à-dire telle un «corps vivant» qu’entre le moment de son ouverture et de sa fermeture rituellement exécutés. Cet organe qu’est la Loge maçonnique symbolisant à son tour l’Homme dans toute la plénitude de ses états d’être, est à la fois «être» et «existence» ; pleinement «être» pendant la durée éphémère de son activation, «existante» en dehors de celle-ci. Il en est ainsi de nos jours, conséquence inéluctable de la marche du cycle temporel correspondant à un éloignement toujours croissant de sa source originelle. Si la Loge a pu avoir des dénominations autres par le passé, sa fonction en tant que «lieu» initiatique est toujours de rassembler des individualités dont les qualifications sont requises en vue d’une part de recevoir l’initiation et d’autre part permettre la transmission de celle-ci. A propos de cette transmission il faut savoir que l’individu qui confère l’initiation, et cela concerne toutes les initiations et pas seulement l’initiation maçonnique proprement dite, cet individu n’agit pas en tant que tel, mais en tant que support d’une influence qui n’appartient pas à l’ordre individuel, il est uniquement un anneau de la «chaîne» dont le point de départ est en dehors et au delà de l’humanité. C’est pourquoi il ne peut agir en son nom propre mais au nom de l’organisation à laquelle il est rattaché et dont il tient ses pouvoirs et pour l’initiation maçonnique cette organisation est l’Ordre c’est-à-dire la FM universelle, d’ailleurs la formulation à l’ouverture des travaux est précise: à la gloire du GADL’U, au nom de la FM Universelle puis, sous les auspices de la Grande Loge. Pour mieux comprendre maintenant la «fonction» de transmission, je ferai une comparaison avec ce qui nous est le plus connu à nous occidentaux à savoir ce qui a lieu pour les rites exotériques d’ordre religieux, en effet cette «capacité» de transmettre l’influence spirituelle dévolue à l’individu qu’est le prêtre est consécutive à la réception d’un sacrement spécial qu’il reçoit appelé «l’ordination» dont je ferai remarquer que l’étymologie vient du mot «ordre». Dans le domaine qui est le notre, la similitude de cette ordination est celle où le futur VM de la Loge est rituellement «installé» uniquement, remarquons-le, par les ou des anciens VVMM, dans la chaire du Roi Salomon symbolisant l’Ordre.

         La Loge maçonnique du métier outre qu’elle était dépositaire des connaissances des règles de l’art, des techniques et du tracé des épures était aussi dépositaire de la Connaissance directe appelée Gnose, qui n’est autre alors, dans des circonstances particulières, que cette influence spirituelle en acte. Ces épures devenaient alors de véritables tracés de lumière lorsqu’il s’agissait de construire les temples devant abriter la présence divine. L’histoire nous montre que ces constructions prestigieuses qui subsistent, ne sont pas le fruit d’une connaissance relevant d’une technique empirique acquise au fil des temps par un soi-disant progrès comme aime à le faire valoir nos contemporains, puisqu’aussi loin que l’on remonte dans l’histoire connue des hommes, qui n’est autre que celle du dernier cycle de notre humanité, cet « âge sombre », elles rayonnent de toute leur splendeur: pensez aux temples égyptiens, grecs, romains et plus près de nous aux cathédrales gothiques, pensez-vous que de ces chefs d’œuvre le dernier est plus élaboré et doit tout au premier?

         Ainsi voilà d’où provient la Loge qui aussi amoindrie qu’elle soit devenue, subsista encore, même après que le monde moderne eu fait son apparition. En effet, au XVIIème et encore au XVIIIème siècle, elle est toujours vivante et l’on y pratique une Maçonnerie en 7 degrés où les Maîtres sont ici ceux qui possèdent le septième et dernier degré opératif, auquel appartenait primitivement la légende d’Hiram. Cette Franc-Maçonnerie moderne, regroupant des hommes de métier, n’est pas née en Angleterre mais en Ecosse où l’on trouve historiquement, les «preuves» les plus anciennes de son existence comme l’historien écossais contemporain David Stevenson l’a établi.

         La Maçonnerie spéculative qui elle voit le jour en Angleterre en 1717 s’appuie sur les anciens mythes et surtout sur les Constitutions du Compagnon Anderson et de ses “associés” Payne et Désaguliers qui commirent un véritable “acte de vandalisme” suivant l’expression de l’historien Thory en voulant faire disparaître tout ce qui pouvait fournir la preuve des changements qu’ils avaient apportés aux anciennes Constitutions, ne représentant qu’une vue maçonnique purement «spéculative» et dénuée d’une perspective «opérative». Comment pouvait-il en être autrement puisqu’ils n’étaient que Compagnons acceptés lorsqu’ils fondèrent de leur propre initiative la Grande Loge d’Angleterre et ignorant des degrés supérieurs et de la légende d’Hiram réservée au degré de Maître. Aussi ne pouvaient-ils naturellement transmettre rien de plus que ce qu’ils avaient eux-mêmes reçu. Il fallut d’ailleurs attendre presque cent ans, en 1813, pour que cette Maçonnerie spéculative dite Moderne à l’époque se mette d’accord avec la Maçonnerie des Anciens porteuse du véritable sens «initiatique» de la Loge pour faire en sorte que la FM demeure une organisation authentiquement traditionnelle en occident, désormais cette Grande Loge deviendra la Grande Loge Unie d’Angleterre.

         Il y a lieu de s’attarder un moment à ces notions de Maçonnerie opérative et spéculative, ce deuxième terme laissant entendre qu’il s’oppose au premier car on confond «opératif», avec «corporatif» s’arrêtant ainsi à l’aspect le plus extérieur et superficiel des choses ainsi qu’il est naturel pour qui n’a aucune idée de la «réalisation» initiatique. L’opinion la plus répandue étant que les Maçons «opératifs» étaient exclusivement des hommes de métier et que peu à peu ils «acceptèrent» parmi eux, à titre honorifique surtout et souvent protecteur mais toujours à titre onéreux, des personnes étrangères à l’art de bâtir et qu’il arriva que finalement ceux-ci devenant l’élément prédominant, la Maçonnerie passa de la modalité dite «opérative» à la modalité «spéculative», d’autant que déjà, certains avaient pu constater la présence de membres non ouvrier dans la maçonnerie opérative. Or dans cette dernière, ces Maçons «acceptés» qui n’étaient pas des professionnels étaient avant tout des ecclésiastiques, lesquels étaient initiés dans des loges spéciales dites Lodges of Jakin afin de remplir le rôle de «chapelain» dans la loge ordinaire d’où le nom porté d’ailleurs par ce F accepté appelé Brother Jakin. La Loge ordinaire n’aurait d’ailleurs pas pu fonctionner normalement sans être pourvue d’un «chapelain». Ce passage de la Maçonnerie dite «opérative» vers une Maçonnerie «spéculative» loin de pouvoir être considérée comme un progrès est en fait une «dégénérescence» au sens d’un «amoindrissement» consistant dans la négligence ou l’oubli de tout ce qui est «réalisation» car c’est là ce qui est véritablement «opératif». Ainsi cette Maçonnerie «spéculative» ouvrait les Loges à la fois aux influences profanes extérieures puisqu’on n’allait bientôt plus, pour certaines qu’y «philosopher» et pour la grande majorité des autres, comme pour beaucoup actuellement faire de la transmission de l’influence spirituelle un simple souvenir, quasi synonyme d’une utopie à ranger au grenier dans la malle des vieilleries conservées mais oubliées.

 

Abordons maintenant la notion d’obédience maçonnique.

 

         Nous voyons d’abord que l’idée de «fédérer» plusieurs Loges est venue d’Anderson et de ses compagnons, tous travaillant dans des Loges spéculatives proches des idées alors toutes nouvelles qui connaîtront leur apothéose dans ce qu’il est convenu d’appeler le siècle des Lumières, entendant par là, la primauté de la raison humaine sur toute autre possibilité d’accès à la connaissance. Les liens d’Anderson, et surtout de Désaguliers avec Newton sont connus qui ont fait dire à certains de nos FF contemporains que ce dernier était le véritable «fondateur» de la Maçonnerie moderne, ce qui n’est pas tout à fait faux, si l’on s’en tient à cette vision de la chose. Mais outre l’idée de rassembler des Loges en vue de les administrer selon un processus centralisateur et d’uniformisation, prolégomènes à une autorité qui sera imposée; l’idée plus noble était qu’il convenait de tenter de faire cesser l’intolérance née de la guerre civile suivie d’une guerre de religion lorsqu’en 1688 à l’appel des protestants, Guillaume III d’Orange débarque en Angleterre pour s’opposer au règne de Jacques II Stuart de confession catholique et qui de surcroît venait d’avoir un fils pouvant prétendre légitimement au trône.

         L’obédience ainsi fondée qui mettra tout de même quelques années avant d’en arriver à la forme connue, prend tout naturellement le titre de Grande Loge, mais comme il s’agit d’une création purement humaine, elle ne peut prétendre à aucune fonction d’ordre strictement initiatique et n’aura d’autres choix que de «copier» le fonctionnement de la Loge en s’attribuant des droits de part une nouvelle Constitution dont on a vu qu’elle a été  littéralement «fabriquée» et des offices imitant celui de la Loge, tel celui du Grand Maître en place du Vénérable, et tous les autres précédés du superlatif «grand». L’usage au sein d’une telle structure de l’emploi de rituels ne la rend pas plus «initiatique» pour cela, imaginez par exemple qu’au théâtre on joue avec les décors appropriés l’ouverture rituelle des travaux au premier degré de n’importe quel rite, croyez vous pour autant que les acteurs deviendront en quoique ce soit un tant soi peu «initiés» et que le théâtre deviendra un lieu «initiatique»? Aussi aux rituels a-t-on substitué par la force des choses des cérémonies, notamment celle dite de Grande Loge, ou celle de consécration des Loges, à ce sujet si l’on entend par là une identité de vue avec sa définition première qui est celle qui consiste à établir la destination d’un lieu à un usage religieux, par exemple la consécration d’une église, nous remarquerons que cela va totalement à l’encontre même de la fonction de la Loge pour la bonne raison que la Loge véritable n’existe que durant les «tenues» et non en dehors de ces dernières, si on l’entend alors en mode figuré comme, selon la définition du dictionnaire, approbation c’est-à-dire reconnaissance publique qui confère la notoriété, il y a là a erreur puisque cette cérémonie n’est pas publique mais réservée. Citons encore la cérémonie d’installation des GM Provinciaux, lorsqu’on aura décentralisé pour des raisons pratiques l’administration des Loges. En définitive tout ce «cérémonialisme» plus ou moins imposant, au goût typiquement anglais pour les «pompes», est fait pour ancrer «psychologiquement» chez ceux qui y assistent, l’idée que désormais seule la Grande Loge gouverne «de droit immémorial» toutes les Loges. Dorénavant elles sont soumises à sa seule volonté hégémonique et on imposera à chaque Loge un droit de patente en vue de leur délivrer une charte qui fera office d’acte quasiment «notarié» pour exercer le droit de jouir de l’usage de se réunir en Loge. Pour ancrer tout cela définitivement, on l’assujetti à une prestation de serment individuel imposé à chaque postulant et inscrit dans le rituel d’initiation, autrefois de soumission à l’Ordre et substitué de nos jours à l’obédience, (voir à ce sujet à la GLNF la dernière modification du Rituel d’initiation du REAA en 2003). De plus comme à l’époque on vit dans une période ou l’aristocratie est au pouvoir, on s’inspirera de ce mode de gouvernance pour asseoir son autorité, en créant à l’imitation du Collège des Anciens de la Loge un comité que l’on nommera «souverain». Puis on fera à terme de la Grande Loge une sorte d’institution qui se verra mise, à l’imitation des autres institutions légales du pays, sous la protection bienveillante d’un membre de la famille royale qui sera alors par coutume désigné comme le Grand Maître en la personne du Duc de Kent pour l’Angleterre et du Roi dans certains autres pays protestants, ceux-ci déléguant leurs pouvoirs à un pro-GM.

         Disons maintenant quelques mots sur les questions de la «régularité» et de «reconnaissance» maçonniques en rapport avec à la notion d’obédience.

         La régularité maçonnique est fondée essentiellement sur la reconnaissance effective d’un élément «non-humain» dans l’activité initiatique, on peut remarquer que en fait, il n’existe pas de forme rituéliques traditionnelles auxquelles ont puisse assigner comme auteur des individus déterminés. Il est facile de comprendre qu’il en soit ainsi, si l’on réfléchit que le but essentiel et final de l’initiation dépasse le domaine de l’individualité et ses possibilités particulières, ce qui serait impossible si l’on en était réduit à des moyens d’ordre purement humain. Ici je citerai notre regretté F Jean-Pierre Schnetzler fondateur entre autre de la Loge « Les Gardiens de la Terre Sainte » à l’Orient de Grenoble qui dans son ouvrage intitulé « La FM comme voie spirituelle » nous dit qu’en fait «les règles sont données par Dieu et n’ont d’autre but que de faciliter le retour à Lui de ceux qui suivent la voie initiatique qu’il a tracé pour les constructeurs». Ce qui l’amène à considérer la régularité :

1- Sur le plan historique : régularité d’origine, «où la filiation opérative et elle seule fonde l’efficacité initiatique de la Maçonnerie actuelle et permet de remonter avec une certitude historique au Moyen Âge et avec une certitude spirituelle au Temple de Salomon et au delà même de la Tour de Babel disent les légendes du métier jusqu’à l’instauration divine de l’initiation des constructeurs».

2- Sur le plan géographique : une régularité toute réglementaire qui n’est autre qu’un arrangement « politique » entre les Grandes Loges et qui n’offre aucun intérêt sur le plan initiatique, puisqu’elle a sa raison d’être sur le seul plan de l’administration des Loges.

3- Sur le plan doctrinal : une régularité initiatique de très loin la plus essentielle puisqu’elle touche à la transmission de l’influence spirituelle au fil des générations dans l’organisation régulière qu’est la Loge dont il a été parlé ci-avant.

         Ainsi, poursuit Jean-Pierre Schnetzler : «lorsque la régularité d’origine et la régularité initiatique sont respectées, on peut dire que le Maçon est initiatiquement régulier, même s’il ne l’est pas administrativement. Par exemple un initié dans une «loge sauvage», formées par sept Maçons réguliers, rassemblés par force dans un camp de prisonniers est irrégulier sur le plan réglementaire, mais spirituellement un vrai Maçon, il lui suffira de prêter serment pour être régularisé. La situation de nombreuses obédiences est analogue : régulières par leur origine et leur pratique initiatique, elles ne sont pas reconnues par la Maçonnerie régulière pour des motifs d’ordre administratif».

         Pour ma part, je pense que ce qu’il nomme régularité géographique et administrative relève plus de la reconnaissance que de la régularité, ce qui ressort explicitement d’ailleurs dans sa dernière phrase citée.

         La régularité c’est aussi le respect des «landmarks» mot signifiant bornes ou frontières, pierres servant de limite de propriété en Angleterre. Dans la Rome antique elles représentaient le dieu Terme figuré par une pierre cubique ou une statuette sans jambes pour marquer la fixité. Le mot hébreux « gvoul » (guimel, beth, vav, lamed) traduction de «borne» est cité 240 fois dans la Bible en voici quatre citations qui marquent l’importance capital du respect de ces normes :

«Tu ne déplaceras pas les limites du terrain de ton voisin tel que l’auront délimité les premiers arrivés, dans l’héritage que tu auras reçu au pays que le Seigneur ton Dieu te donne en possession» Dt. 19,14.

«Maudit celui qui déplace les limites du terrain de son voisin!» Dt. 27,17.

«Le Seigneur renverse la maison des orgueilleux, mais affermit la borne de la veuve» Pr.15,25

«Ne déplace pas une borne ancienne que tes pères ont posée» Pr. 22,28

         Les anciens Francs-Maçons sont parfaitement en accord avec cet esprit biblique qui donne en quelque sorte le canevas de la déclinaison des nombreux «landmarks» considérés comme des règles immémoriales de conduite à suivre le plus scrupuleusement possible.

         Par ailleurs les obédiences se sont pourvues, pour l’exercice de leur imposition auprès des Loges, de textes qui se veulent en quelque sorte «législatifs», tels une constitution, des règles diverses et autres règlements qui tentent de donner un cadre «légaliste» à leur action. Mais force est de reconnaître qu’en l’espace d’un peu moins de trois cents ans la notion d’obédience, sous la pression extérieure, des idées du monde profane et des besoins d’émancipation de la société, ou sous la pression intérieur des comportements banalement humains et profane de certains de ses dirigeants qui se prétendaient ou se prétendent «pleinement» initiés, l’obédience originelle a volé en éclats, le processus n’est pas fini qui pourrait bien voir comme certains l’ont déjà envisagé, la fin de cette Franc-Maçonnerie de façade plus ou moins «institutionnalisée», car selon la parole évangélique : « toute maison divisée contre elle-même s’écroulera ». Luc. XI,17.

         Qu’est ce qui subsistera alors? Sinon, le noyau, cette amande d’immortalité, le luz de la tradition hébraïque, le cœur de la FM : la cellule de base, la LOGE.

         Pour terminer je n’aurais pas l’outrecuidance du GM Stifani qui après avoir dans la revue de la GLNF « Actualités » plagié sans vergogne René Guénon, termine son propos en disant : «d’ailleurs René Guénon ne dit pas autre chose… ». Vous l’aurez compris cette planche a directement et largement puisée dans les écrits de notre F René Guénon dont l’œuvre riche, dense et claire permet au Franc-Maçon s’il est aussi un «homme de désir» de prendre conscience du dépôt sacré inestimable qui lui est légué par ses Anciens en vue de sa « transformation intérieure »

J’ai dit T F P M – Pi Mo.

Partager cet article

Commenter cet article

Pierre Mourier 31/01/2011 04:31



Pour répondre au  commentaire de J-C Villant, notre regretté F Jean-Pierre Schnetzler fait
bien la différence entre une régularité d’origine fondée comme il est dit sur des documents de toute nature établissant l'authenticité historique vérifiable de la FM Opérative du Moyen-Âge et une
“certitude spirituelle” dit-il remontant au Temple de Salomon et même bien avant.
Nous sommes là dans le même cas pour toutes les Traditions spirituelles de la planète, à part la dernière en date l'Islam (née le 16 Juillet 622 du calendrier Julien), qui elle seule peut
revendiquer un historique avéré de la vie du Prophète Mahomet qui est donné d’ailleurs comme le Sceau de la prophétie. Point d’historicité “démontrée” avec documents à l’appui pour Jésus-Christ,
pour Moïse, pour Bouddha et pourtant ces Traditions sont bel et bien encore vivantes et illuminent toujours la conscience du genre humain.
Fraternellement



Jean-Claude Villant 30/01/2011 11:05



Bonjour


Quand on parle de vérité historique, on se base sur des documents, des textes, des monuments, des sculptures, etc sur des faits parfaitement établis répertoriés et à la disposition du
chercheur.


 Sur quels éléments vérifiable notre frère se base -t-il pour écrire1-


Sur le plan historique : régularité d’origine, «où la filiation opérative et elle seule fonde
l’efficacité initiatique de la Maçonnerie actuelle et permet de remonter avec une certitude historique au Moyen Âge et avec une certitude spirituelle au Temple de Salomon et au delà même de la
Tour de Babel disent les légendes du métier jusqu’à l’instauration divine de l’initiation des constructeurs».


Très fraternellement


Jean-Claude Villant         jvillant@yahoo.fr