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Hauts Grades

La lune

16 Septembre 2012 , Rédigé par Y. H.M. Publié dans #symbolisme

La lune est avec le soleil le deuxième luminaire de la maçonnerie. À la différence de celui-ci la lune n'apparaît ni dans le manuscrit Sloane (vers 1700), ni dans le Dumfries n° 4 (vers 1710), ni dans le manuscrit de Trinity College (vers 1711). Lune et soleil sont cités, en quatrième et cinquième positions au sein de douze « lumières » dans le manuscrit Graham (1726): « Pour ce qui est de la Sainte Trinité, elle donne la sagesse. En ce qui concerne le soleil, il procure la lumière jour et nuit. Quant à la lune, c'est un corps obscur issu de l'eau, elle reçoit sa lumière du soleil et est également reine des eaux qui sont le meilleur des niveaux. »
Il en était déjà de même dans The Whole Institution of Masonry (1724):
« Combien de lumières dans une loge ?
–Douze.
–Quelles sont-elles ?
–Père, Fils, Saint-Esprit, soleil, lune, Maître maçon, équerre, règle, plomb, ligne, maillet et ciseau. »
Dans le manuscrit Wilkinson (vers 1727), la triade soleil-lune-maître de la loge est clairement définie: « Le soleil pour présider au jour la lune à la nuit, et le maître maçon à la loge.»
Il en est de même dans Samuel Prichard's Masonry Dissected (1730):
" Y a-t-il des lumières dans votre loge ?
–Oui, trois.
–Que représentent-elles ?
–Le soleil, la lune et le maître maçon.
[N.B. Ces lumières sont trois chandelles posées sur de grands chandeliers.]
–Pourquoi cela?
–Le soleil pour présider au jour, la lune à la nuit, et le maître maçon à sa loge. »
Ces expressions vont se retrouver dans les Rites des Modernes . Ainsi le manuscrit du Rite Français (1786) dit:
« Qu'avez-vous vu lorsqu'on vous a donné la Lumière ?
–J'ai vu le soleil la lune et le maître de la Loge.
–Quel rapport peut-il y avoir entre ces astres et le maître de la Loge ?
– Comme le soleil préside au jour et la lune à la nuit de même le maître préside à la loge pour l'éclairer.»
Il en est de même au Régime Rectifié comme le montre le Rituel pour le travail en loge d'apprenti (version de 1778, revue pour La Triple Union de Marseille en 1802) . On retiendra que pour les Modernes le soleil, la lune et le Maître de la Loge constituent les seules Grandes Lumières, alors que le Volume de la Loi sacrée, l'équerre et le compas sont classés dans le mobilier de la loge comme l'indiquent déjà le Wilkinson et Masonry Dissected.
Inversement, pour les Anciens, on trouve deux catégories de Lumières, les « Grandes » et les « secondaires » (soleil, lune, Maître de la Loge) même si le Guide des maçons écossais (vers 1804) précise que ces trois lumières sont « sublimes ». Les usages des Anciens nous sont connus par la divulgation dite The Three Distinct Knocks (1760).

Le Rite Émulation  se situe dans cette veine. Lors d'une réception le néophyte, après avoir prêté son obligation et s'être relevé écoute le vénérable lui dire: « Vous êtes maintenant en mesure de découvrir les trois Petites Lumières; elles sont placées à l'est, au sud et a l'ouest, et elles représentent le soleil, la lune et le maître de la loge le soleil pour gouverner le jour la lune pour gouverner la nuit, et le maître pour gouverner et diriger sa loge. »

Quoi qu'il en soit, la lune est. associée avec la colonne J chez les Modernes et avec la colonne B chez les Anciens. On retrouve cette place sur les tableaux d'apprenti et de compagnon , et sur certains tabliers . Le symbolisme traduit toujours deux caractéristiques de notre satellite: d'une part, la lune est éclairée directement par le soleil (ou par la lumière solaire réfléchie par la terre) d'autre part elle change de forme apparente pour l'observateur terrestre.

Les phases correspondent à l'éclairement du soleil vu de la terre. La lunaison (ou révolution synodique) est donc le temps moyen mis par la lune pour revenir à la même phase, soit 29,5 jours. La lune exprime le temps qui passe les rythmes biologiques, ou l es variations périodiques naturelles Elle apparaît comme la première mesure de la durée et l'universelle épiphanie du temps. Elle est liée à la nuit et à la mort. Par isomorphisme, de nombreuses figures lunaires comme Perséphone ou l'immortel génie russe Kotschei, sont chthoniennes.

Peut on voir, comme le suggère Jules Boucher, dans les « larmes d'argent » des grades de maître une image lunaire ?
La lune évoque également l'imagination, le subconscient, la lumière reçue ou réfléchie, la passivité, la réceptivité et la fécondité.
A. H. Krappe a montré que le folklore universel associe lune et menstrues. La lune est à la fois le froid, le nord, l'hiver et l'eau. La plupart des mythologies confondent les eaux et la lune dans une même divinité. Son bestiaire est riche et varié: dragon, escargot, araignée, écrevisse, crabe, grenouille, serpent. Ours, agneau ou lièvre.

Gilbert Durand explique que « la plupart des auteurs qui se sont intéressés aux théophanies lunaires ont été frappés par la polyvalence des représentations de la lune: astre à la fois propice et néfaste, dont la combinaison triadique d'Artémis de Sélène et d'Hécate est l'archétype ». La lune maçonnique entre dans ce modèle archétypal. Ainsi elle est très présente au grade de Noachite ou Chevalier Prussien (21ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté). La loge doit se tenir les nuits de pleine lune car seul ce luminaire doit donner de la lumière. La principale assemblée a lieu à la lune de mars.
Le bijou  porté à la boutonnière est une lune d'argent qui apparaît également dans l'armoirie ou le tableau du grade.

Notons également que
dans la Maçonnerie des Dames, existe un grade de Chevalière de la Lune.

source : http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke

 

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