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Hauts Grades

La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions Egyptienne, Juive et Chrétienne

30 Mai 2012 , Rédigé par Fr.°. Reghellini de Shio Publié dans #fondements bibliques de la FM

Chapitre 30

Les premiers Chrétiens qui se trouvaient confondus avec les Grecs et les Romains, avaient adopté, pour signe de reconnaissance et pour cachet de leur correspondance, des bagues sur lesquelles était gravé le monogramme de Jésus, INRI, ou un des symboles suivants : un Agneau, une Colombe, un Phénix, un Poisson, une Ancre, une Lyre, le Serpent, le Serpent avec la Croix tronquée, la Croix à trois barres, la Croix avec la Rose, la Nacelle et deux Clefs en croix*. Comme tous ces emblèmes qui se trouvent dans différents rites maçonniques ont été savamment expliqués par plusieurs auteurs qui ont écrit sur la Maçonnerie, nous nous bornerons à donner quelques explications des plus essentielles.

* Ces deux derniers emblèmes, nous les avons vus communs à Janus et à St Pierre.

Le serpent chez les Egyptiens, outre ce que nous en avons dit, servait pour l'allégorie de la révolution du temps lorsqu'il tenait sa queue entre les dents ; il était le symbole de l'année, car tous les ans il se dépouille de sa peau; celui de la santé, car la décoction* des couleuvres et des vipères était fort utile à la guérison de la lèpre, maladie très-fréquente en Egypte et en Palestine.

* Encore de nos jours on fait à Venise une décoction de vipères avec des drogues : elle est appelée Thèriaque. C'est un objet de commerce précisément pour l'Egypte et les Echelles du Levant.

Cette Croix que nous avons vu occasionner des disputes entre les Payens et les Chrétiens; cette Croix, qui a tant embarrassé les antiquaires, n'est autre chose que le priepi mesure, et le phal élévation , mots égyptiens, desquels on a fait les priapes et le phalus. Ce symbole, si vénéré et si miraculeux, nous vient de l'Egypte. On avait observé à Memphis que, si l'élévation des eaux du Nil, lors de son débordement, montait à seize coudées, la récolte était très-abondante; si elle montait à quatorze, elle était moindre, et lorsqu'elle montait à dix-huit, il y avait disette. Pour faire une observation, on avait pris une verge de fer sur laquelle on avait porté et marqué nombre de fois la coudée, mesure usitée : on marquait sur cette verge les trois dimensions annoncées par trois barres en travers, en fixant les croisillons , dont le plus long était au milieu, à des angles droits sur la tige*, ce qui formait une vraie croix. On fit des croix ou des mesures, à un crosilion, à deux et à trois, que l'on appela phal, déphal, triphal, et comme l'élévation du Nil produisait la végétation, l'on perdit l'allégorie et l'idée de la mesure de la fécondité, et on en fit des figures arbitraires. Pour signifier cette fécondité , on substitua par cette idée un phal de forme naturelle ; on en a mis un, deux et trois ensemble.

* Cette mesure fut par la suite exposée dans les Temples ; elle variait tous les ans, ayant un, deux ou trois croisillons, selon l'inondation ; même elle variait de la haute à la basse Egypte.

A cette verge mesurante, on avait ajouté un anneau qui servait à la tenir. On portait en procession dans une petite pyramide, lors de l'élévation du Nil, ce phal qui servait à mesurer la fécondité du Nil ; on le plongeait perpendiculairement et on mesurait soigneusement la hauteur. Ainsi, par l'ignorance, à la suite des temps, une fête, une cérémonie qui, en soi-même, était utile, décente et religieuse, a pu devenir scandaleuse.

Si, dans un pays où il y avait des prêtres conservateurs des dogmes protégés par les Rois mêmes (car le Roi devait être initié avant de monter sur le trône, fût-il choisi même dans la caste militaire) ; si, dans ce pays, dis-je, la religion, par la suite des siècles, s'est défigurée, que doivent devenir toutes ces religions qui ont voyagé, fait le tour du globe, persécutées et accommodées suivant le bon plaisir et l'intérêt de leurs missionnaires?

La Croix, qui dés-à-présent fait aussi partie des mystères chrétiens, fut chez les Egyptiens l'hiéroglyphe de l'immortalité, ainsi que le rapportèrent Cedrenus, Socrate et Sozomène ; quelquefois elle était le signe de passion pour arriver à l'immortalité : ainsi Osiris était étendu sur l'immense Croix formée par l'intersection du méridien et de l'équateur. Cette Divinité était suspendue dans les mystères phrygiens à un arbre cruciforme que l'on découpait et que l'on distribuait* comme un talisman, et qui devenait le bois de la vie (comme le dit très-savamment l'auteur du poème de la Maçonnerie) ; ce qui est un équivalent du salut par le bois que nous avons vu être une partie de l'interprétation du mot Abraxas.

* Une infinité de fragments de bois sont tenus pour des reliques par les Chrétiens de Rome.

Jovet rapporte une tradition d'après laquelle l'acacia était considéré, lors des Croisades, comme l'arbre avec lequel la Croix du Christ avait été faite.

Cette Croix, si vénérée chez les Juifs - Chrétiens, outre qu'elle était dans les mains des grandes Divinités égyptiennes , se trouve très - fréquemment dans tous les monuments anciens, sur les obélisques, dans l'intérieur des pyramides et même dans la Table Isiaque, qu'on a toujours regardé comme le livre qui renfermait tous les mystères d'Isis; elle se trouve aussi sur trois petits autels de sa bordure. (Voyez la Table Isiaque, pl. III.) Gheber, Raymond , Lulli, Albert-le-Grand, Arnaud de Villeneuve, Bacon et tous les auteurs d'alchimie opinent que la Rose est l'emblème du Secret. Si la Rose est l'emblème du Secret, on ne peut plus être surpris si les quatre faces du monument indiqué de la Table Isiaque sont fermées par quatre roses ; les anciens Hiérophantes égyptiens voulaient par-là faire entendre à leurs initiés que tout ce qui se trouvait écrit figurativement était divin, mystérieux et secret.

Il résulte de ces documens que lorsque l'on voit une rose au-dessus d'une croix, ces deux symboles unis donneront d'une manière très-simple et très-claire le résultat écrit secret de l'immortalité*. L'idée d'une vie à venir, née dans les sanctuaires de Thèbes et d'Eleusis, est restée concentrée dans le sein des mystères ; le Grand-Prêtre ne la communiquait qu'à ses adeptes et à ceux qui en étaient dignes. Cette idée ne pouvait s'associer avec l'ignorance ; ce système était hors de la portée des êtres matériels et ignorans. Il fallait un jugement supérieur** pour sentir que la mort ne peut et ne doit jamais effacer le mérite, le génie et la vertu.

* Les écrivains qui ont cherché à faire croire que l'Ordre des Roses-Croix était récent, se trouveront bien contrariés dans leurs opinions par les renseignements que nous avons pu obtenir, et que nous venons d'exposer : observons que, dans plusieurs langues, il y a des adages qui prouvent que des peuples même ont attaché à l'emblème de la Rose l'idée du secret. Nous en rapportons un qui est usité dans le royaume des Pays-Bas : Ik verzoet u de ivos daarop te houden -. «Je vous prie d'en garder le secret».

**Les matérialistes disent qu'il faut toujours recourir à la révélation de ce secret ; car les sens ne leur fournissent aucune preuve de l'immortalité de l'âme.

L'emblème de la Croix figure dans plusieurs rites maçonniques; il sert de décor aux plus éminents de ses Ordres. Le pélican est l'emblème de la Charité, de la Bienfaisance ; l'aigle, de la Sagesse. Des grades maçonniques sont accordés en récompense aux Frères qui possèdent éminemment ces vertus, et ces décorations doivent leur rappeler toujours que le but de l'institution est une parfaite sagesse jointe à la plus parfaite charité.

Tous les autres emblèmes chrétiens se conservent dans différents Ordres maçonniques avec leurs explications, et prouvent la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament et l'union des deux lois. Les Catholiques de Rome admettent encore ces emblèmes allégoriques. Le n.° 22 de la planche I.re présente un billet qu'on délivre aux initiés à la première communion dans l'église de Ste- Gudule à Bruxelles ; les symboles des hauts initiés Maçons y sont en entier, rien n'y manque. Les diplômes maçonniques qu'on accorde aux hauts gradués n'en ont pas davantage.

Les vertus ordonnées et prêchées par le Divin Maître étaient :

1.° La foi en Dieu, Père des hommes;

2.° L'espérance d'une vie future et la rémission de nos fautes ;

3.° La charité envers les autres hommes.

Les Chrétiens se servirent de symboles pour expliquer ces préceptes et pour se les rappeler à la suite des siècles.

Les Maçons en agirent de même, et les branches les plus nouvelles s'en servent aussi. Nous donnons les emblèmes des trois vertus, comme on les voit dans des diplômes des Frères Maçons et comme ils sont dans ceux des Bons-Cousins. (Pl. I.re, n° 17 et 29.)

Un phénix gravé dans un Abraxas, rapporté dans l'Antiquité dévoilée, t. II, p. 375, porte l'inscription H. M. A. O., qui répond au mot hébreu Héma, le Soleil ; cet emblème est celui des Rose-Croix et des Chevaliers du Soleil.

Nous arrêtons ici l'explication des symboles, quoiqu'il nous serait facile de donner une très-grande étendue à cette matière.

Dans le Christianisme dévoilé, 1767, Londres, pag. 41, on lit : « Les différentes nations, auxquelles les Juifs furent réciproquement soumis, les avaient infectés d'une multitude de dogmes empruntés du Paganisme. Ainsi la religion judaïque, égyptienne dans son origine, emprunta les rites, les notions et une partie des idées religieuses des peuples avec lesquels les Juifs conversèrent. »

Les critiques osent soutenir que la religion de Rome a pris dans l'idolâtrie le culte de ses saints personnages, dont une partie est payenne, comme le démontre l'almanach, inséré dans l'ouvrage des Fêtes et Courtisannes de la Grèce, et de plus les eaux lustrales qu'elle a empruntées des Juifs, les exorcismes, les démons, le droit de les chasser; et plus, leurs chants, leurs ornements pontificaux et leurs traditions ; enfin qu'elle s'est approprié, d'après le Paganisme et le Mahométisme, les miracles, les fables et les pèlerinages.

Un des principaux dogmes dont les Juifs-Chrétiens, les Carpocratiens, les Cabalistes, etc. etc., se servirent après la destruction de Jérusalem, fut celui d'Adonis avec le mystère de la résurrection* que nous avons vu établie au temps d'Elysée ; cette fête contentait ceux qui croyaient aux résurrections. Les Phéniciens, après avoir rempli l'air de leurs pleurs et de leurs gémissements, après de longs jeûnes, et des macérations pour la mort de leur Adonis ou grand Dieu Androgyne, faisaient éclater une joie immodérée dans les fêtes qui suivaient à l'occasion de la résurrection de leur Dieu ; elles étaient célébrées le troisième jour après la pleine lune du mois Thischri. Les premiers Chrétiens adoptèrent cette fête en place de l'ancienne Pâque juive ; elle était célébrée comme par les Juifs eux-mêmes, le 4e jour de la lune Thischri ou mars; ce ne fut que deux siècles après l'établissement du Christianisme qu'on renvoya la Pâque chrétienne au dimanche suivant.

* Les anciens Hiérophantes égyptiens, phéniciens, grecs, ont toujours pris les allégories de la résurrection pour le renouvellement de la vigueur du Soleil à l'équinoxe du printemps.

Il paraît que ces fêtes et mystères n'avaient pour but, dans l'origine, que de rappeler les trois vérités égyptiennes, enseignées aux néophytes par les prêtres , dans l'histoire d'Osiris, qui ressuscite et triomphe des ténèbres et du mauvais principe; ce qui était répété en Perse, dans la mort et résurrection de Mythra, en Phénicie et en Grèce, dans la mort et résurrection d'Adonis, et postérieurement dans les provinces limitrophes de la Judée par les Juifs, en particulier par Paul (voyez les Actes des Apôtres, ch. xxv, vers. 23, et ch. XXVI) dans la mort et résurrection de Jésus-Christ, triomphant des ténèbres, de Satan, du mauvais principe et de la mort, et apportant la lumière au monde.

Des critiques ont prétendu que les trinitaires qui vinrent ensuite, lorsqu'ils constituèrent le symbole de leur foi, y placèrent la susdite doctrine égyptienne dans ces paroles : « Nous croyons à la résurrection de la chair » ; ce qui, selon eux, veut dire que nous croyons à la destruction et régénération des êtres, à la cause première, et aux deux principes lumière et ténèbres, au bien et au mal physique.

En analysant toutes les religions, disent-ils, et en les dépouillant de leurs mystères, elles présentent toutes le même système, et se réduisent au culte de la nature.

 

http://graal.over-blog.com/article-7363025.html

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