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Hauts Grades

La Parole perdue

24 Juin 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La Parole perdue apparaît lors de la cérémonie d'élévation au grade de Maître.
Elle est liée au mythe d'Hiram porteur d'une riche symbolique. Dans les
recherches entreprises c'est avec étonnement que l'on parcourt les différentes
directions que prennent les textes plus au moins « reconnus» sur la
signification du mythe et de cette parole perdue qui y est intimement liée.

La Parole perdue : l'expression renvoie immédiatement au meurtre d'Hiram tué par
les trois mauvais compagnons qui ont cherché par la force à s'octroyer ce qu'ils
considéraient comme un dû : accéder à la maîtrise en exigeant les mots secrets
du Maître architecte du Temple : Hiram. Celui-ci préfère la mort plutôt que de
dévoiler le mot sacré. Aussi la Parole est-elle perdue. La recherche de cette
parole se concrétise par la recherche du corps d'Hiram pour neuf maîtres maçons.
Ils le découvrent grâce à l'acacia et décident que la parole perdue sera
remplacée par la première parole prononcée. C'est la parole substituée.

Hiram est celui qui détenait la parole qui désormais ne sera plus qu'une parole
substituée, considérée comme provisoire. La quête des maçons doit continuer pour
retrouver la parole originelle.

Et ici encore tout est symbole.

Le secret d'Hiram ne lui appartient pas personnellement puisqu'il ne peut le
transmettre sans l'aide de ses frères. Et le secret ne peut être valablement
transmis qu'à quelqu'un qui est prêt à le recevoir, reconnu digne par son
travail et sa valeur personnelle et qui dispose des qualifications requises.
Hiram refuse de donner les mots aux mauvais compagnons car ce serait trahir la
tradition dont il est le gardien et le transmetteur. Il préfère la mort. Cette
notion de destruction nécessaire avant une renaissance nous est familière.

La symbolique de la mort et de la résurrection est présente dès dans la première
cérémonie d'initiation au grade d'apprenti. Avec la mort d'Hiram c'est chaque
maçon qui meurt et qui relevé fait naître symboliquement le maître en lui-même.
Il faut qu'Hiram soit tué pour que naisse le nouveau maître. Il accèdera à la
maîtrise, en étant relevé, debout et en passant par les 5 points de la maîtrise.

On associe la mort et la renaissance comme quête d'une spiritualité à travers la
connaissance de sa propre identité. Mais la Parole d'Hiram est perdue. Cette
parole perdue est une des nombreuses représentations de la quête. Quête du
Graal, quête du nom imprononçable de Dieu pour la tradition juive, quête de la
Vérité, de la Connaissance ( le logos grec ). Cette disparition offre aussi une
nouvelle perspective de recherche de la connaissance

Dans la tradition maçonnique, le mythe d'Hiram est axé sur la perte et la
recherche de la parole perdue. Pourquoi rechercher cette parole ? Qu'est-ce que
cette parole ? L'étymologie latine renvoie à « parabola » au sens de parole
divine et « paraula »en bas latin. Actuellement il y a deux significations du
terme parole : « Élément simple du langage parlé, articulé » au sens de mot.
Mais aussi « Faculté d'exprimer, de transmettre sa pensée par des sons articulés
», sens de langage.

La parole c'est aussi le Verbe, « Au commencement était le Verbe » verbum comme
parole du Christ. Pour les chrétiens Adam et Eve sont les modèles par où tout a
commencé. Adam possédait la Parole c'est-à-dire la possibilité de créer en
nommant comme le fait Dieu, par la maîtrise du Verbe. Quand Adam fut chassé du
paradis, il perdit la parole-verbe, le pouvoir d'organiser selon ses
possibilités créatrices. Dans cette symbolique, on accède à la recherche propre
au Maçon : la parole permet de nommer, de comprendre,de créer, de construire.
Elle donne accès à la connaissance des choses.

De quoi est constituée cette parole ? Quelle est sa nature ? sa substance ?

La parole c'est le mot, les mots avec leur valeur sonore. L'Apprenti ne sait ni
lire ni écrire il ne sait qu'épeler. Il ne détient que les lettres et ne peut
encore donner la première, ce que sait faire le compagnon.

Ce n'est qu'au long de son parcours initiatique que le maçon saura prononcer les
mots, c'est-à-dire désigner, nommer, donner du sens au monde et à sa propre
identité. Le parcours initiatique l'oriente vers le perfectionnement de la
parole, vers la recherche d'une parole perdue, jamais retrouvée mais qui a été
substituée. Cette parole substituée « Mohabon » et « Tubalcain » lui permet de
reconnaître et d'être reconnu comme maître maçon mais elle n'est pas la parole
d'origine. Cette parole originelle détenue par Hiram et recherchée sans fin par
les maçons ne serait-elle pas la quête perpétuelle du maçon dans sa volonté de
toujours se perfectionner, dire le plus justement possible les choses, préciser
les questions qu'il se pose, sur lui-même en tant qu'individu et qu'être social
? La parole définit, relie les choses, donne du sens, permet de communiquer avec
les autres. Tous les autres, qu'ils soient maçons ou profanes. La quête de la
parole « parfaite » d'une certaine manière qu'Hiram a sacrifié pour qu'elle ne
soit pas salie, sera notre recherche personnelle, permanente du bien penser,
bien dire et bien faire ; Sera-t-elle jamais retrouvée ? Cet objectif sera-t-il
jamais atteint ? Est-ce que ce qui compte ce n'est pas le voyage lui-même plus
que le terme de celui-ci ? Cette parole perdue ne doit-elle pas demeurée à
jamais perdue ? Car si on considère qu'on l'a trouvée, n'arrêterions-nous pas
notre avancée sur le chemin jamais achevé du perfectionnement de soi-même ?

La parole perdue rappelle la puissance initiale du Verbe au commencement de la
Genèse. Elle est aussi dans la symbolique hébraïque le nom imprononçable de
Dieu. Et dans la conception laïque c'est l'apanage de l'homme.

Source : http://fr.groups.yahoo.com/group/maitrespasses/message/16967

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