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Hauts Grades

La Pierre des philosophes(E.Kelly)

19 Janvier 2010 Publié dans #Alchimie

LA PIERRE

DES

PHILOSOPHES

 

AU PLUS PUISSANT DES SEIGNEURS

DU SAINT EMPIRE GERMANIQUE,

RUDOLFUS II.,

Roi de Hongrie et de Bohême, etc.,

Son Maître Très Miséricordieux.

CE LIVRE EST DÉDIÉ PAR

EDWARD KELLY.


LA PIERRE DES PHILOSOPHES

 

Bien que j'aie par deux fois souffert des chaînes et de l'emprisonnement en Bohême, indignité que je n'ai souffert en aucune autre partie du monde, il se trouve que mon esprit, libre lui, s'est tout ce temps exercé à l'étude de cette philosophie uniquement méprisée par les méchants et les sots, mais qui est louée et admirée par le Sage. Bien plus, l'adage d'après lequel seuls les sots et les hommes de loi haïssent et méprisent l'Alchimie est devenu proverbial. Par ailleurs, m'étant ces trois dernières années usé en labeurs, dépenses et précautions afin de découvrir pour votre Majesté ce qui pourrait lui apporter grand profit et plaisir, je ne puis en aucun cas demeurer oisif durant mon emprisonnement - une infortune qui m'est survenue par l'action de votre Majesté. En conséquence j'ai rédigé un traité, grâce auquel votre esprit impérial puisse être guidé à travers toute la vérité de la très ancienne philosophie, depuis lequel, comme s'il s'agissait d'une haute montagne, il puisse contempler et discerner les étendues fertiles des déserts arides et rocailleux. Mais si mon enseignement vous contrarie, sachez que vous vous détournez totalement de la bonne voie et ignorez les vraies visées et le but de cette affaire, et gaspillerez complètement temps, labeur, argent et espérance. Une fréquentation intime des différentes branches de la connaissance m'a enseigné cette seule chose, à savoir que rien n'est plus antique, excellent, ou plus désirable que la vérité, et que quiconque la néglige doit passer toute sa vie dans les ténèbres. Et pourtant, il a toujours été et toujours sera dans les manières de l'humanité que de relâcher Barabbas et crucifier Christ. Ceci, je l'ai - pour mon bien, sans nul doute - constaté dans le cadre de ma propre expérience. J'ose espérer que ma vie et ma personne deviendront suffisamment connues de la postérité pour que je sois compté parmi ceux qui souffrirent beaucoup par amour de la vérité. La pleine certitude du présent traité, le temps est incapable de l'abroger. Si votre Majesté daigne l'examiner à loisir, elle s'apercevra aisément que mon esprit est profondément versé dans cette étude.

(1) Tous les philosophes authentiques et judicieux sont remontés jusqu'aux principes premiers des choses, à savoir ceux compris dans la triple division de la Nature. Ils attribuèrent la génération des animaux à un mélange du mâle et de la femelle durant l'union sexuelle; celle des végétaux à leur propre semence; tandis qu'aux minéraux ils ont attribué pour principe la terre et l'eau visqueuse.

(2) Toutes les choses spécifiques et individuelles appartenant à une certaine catégorie obéissent aux lois générales et se réfèrent aux principes premiers de la catégorie à laquelle elles appartiennent.

(3) Ainsi, tout animal est le produit d'une union sexuelle; toute plante, de sa semence propre; tout minéral, du mélange de sa terre générique et eau.

(4) Il en découle qu'une loi immuable de la Nature règle la génération de toute chose dans les limites de son genre spécifique.

(5) Il s'ensuit que, eu égard à leur origine, les animaux sont, relativement au genre, distincts des végétaux et des minéraux; la même différence existe respectivement entre végétaux et minéraux et les deux autres règnes naturels.

(6) La matière commune et universelle de ces trois principes est nommée Chaos.

(7) Le Chaos contient en lui les quatre éléments présidant à tout ce qui est, à savoir le feu, l'air, l'eau et la terre, par mélange et mouvement desquels les formes de toutes choses terrestres sont imprimées à leurs sujets.

(8) Ces éléments ont quatre qualités : la chaleur, la froideur, l'humidité, la sécheresse. La première est inhérente au feu, la seconde à l'eau, la troisième à l'air, la quatrième à la terre.

(9) Au moyen de ces qualités, les éléments agissent les uns sur les autres, et le mouvement apparaît.

(10) Les éléments agissent les uns sur les autres ou sont les uns par les autres influencés, et on les appelle actifs ou passifs.

(11) Les éléments actifs sont ceux qui, dans un composé, impriment au passif un certain caractère spécifique, selon la force et l'importance de leur mouvement. Ce sont l'eau et le feu.

(12) Les éléments passifs - terre et air - sont ceux qui par leur qualité inactive reçoivent volontiers les impressions des éléments actifs susmentionnés.

(13) Les quatre éléments se distinguent non seulement par leur activité ou passivité mais également par la priorité et postériorité de leurs mouvements.

(14) La priorité et la postériorité sont ici affirmées, ou relativement à la position de la sphère tout entière, ou relativement à l'importance du résultat ou but du mouvement.

(15) Dans l'espace, les objets lourds tendent vers le bas, et les légers vers le haut; ceux qui ne sont ni lourds ni légers occupent une position intermédiaire.

(16) De cette façon, parmi les éléments passifs, la terre occupe une place supérieure à celle de l'air, car elle aime beaucoup rester immobile; et moins il y a de mouvement, plus il y a de passivité.

(17) L'excellence du résultat est question de perfection ou d'imperfection, le mature étant plus parfait que l'immature. Or, la maturité est totalement imputable à la chaleur du feu. D'où que le feu tienne la place supérieure chez les éléments actifs.

(18) Parmi les éléments passifs, la première place revient au plus passif, i.e., à celui qui est le plus rapidement et le plus aisément influencé. Dans un composé, la terre est passivement affectée en premier, puis c'est l'air.

(19) De même, dans chaque composé, l'élément d'achèvement agit en dernier; car la perfection est passage de l'immaturité à la maturité.

(20) La maturité étant causée par la chaleur, le froid est la cause de l'immaturité.

(21) Il est donc clair que les éléments, ou lointains principes premiers des animaux, végétaux et minéraux, dans le Chaos, sont susceptibles de mouvements actifs dans le feu et l'eau, et de mouvements passifs dans la terre et l'air. L'eau agit sur la terre, et la transmue en sa propre nature; le feu chauffe l'air, et le change à sa propre ressemblance.

(22) Les éléments actifs peuvent être dits mâles, cependant que les éléments passifs représentent le principe femelle.

(23) Tout composé appartenant à l'un de ces trois royaumes - animal, végétal, minéral - est femelle dans la mesure où sont présents terre ou air, et mâle dans la mesure où sont présents feu ou eau.

(24) Seul ce qui possède consistance est perceptible par les sens. Les éléments feu et air, naturellement subtils, ne peuvent être vus.

(25) Seuls deux éléments, l'eau et la terre, sont visibles, et la terre est appelée cachette du feu, l'eau demeure de l'air.

(26) Dans ces deux éléments, nous avons la franche loi de limitation qui sépare le mâle de la femelle.

(27) La matière première des végétaux est l'eau et terre cachées en sa semence, l'eau y étant prépondérante par rapport à la terre.

(28) La matière première des animaux est la mixtion des spermes mâle et femelle, qui concrétise plus d'humidité que de sécheresse.

(29) La matière première des minéraux est une sorte d'eau visqueuse, mêlée à terre pure et impure.

(30) La Terre impure est soufre combustible, empêchant toute fusion, et mûrissant superficiellement l'eau qui lui est jointe, comme nous voyons dans les minéraux secondaires, marcassite, magnésie, antimoine, etc.

(31) La Terre pure est celle qui unit tellement les plus petites parties de son eau susmentionnée qu'elles ne peuvent être séparées par le plus ardent des feux, de sorte qu'elles demeurent fixes ou sont volatilisées.

(32) De cette eau visqueuse et de cette terre fusible, ou soufre, est composé ce qu'on nomme vif-argent, matière première des métaux.

(33) Les métaux ne sont que Mercure digéré à différents degrés de chaleur.

(34) Diverses modifications de chaleur suscitent, dans le composé métallique, ou la maturité ou l'immaturité.

(35) Le mature est ce qui a précisément acquis toutes les activités et propriétés du feu. Tel est l'or.

(36) L'immature est ce qui est dominé par l'élément eau et ne subit jamais l'action du feu. Tels sont le plomb, l'étain, le cuivre, le fer et l'argent.

(37) Un seul métal, l'or, est absolument parfait et mature. D'où qu'on le nomme parfait corps mâle.

(38) Les autres sont immatures et donc imparfaits.

(39) Le terme de l'immaturité est le début de la maturité; car la fin de la première est le commencement de la seconde.

(40) L'argent est moins lié par l'immaturité aqueuse que les autres métaux et, bien qu'il puisse être effectivement considéré comme impur dans une certaine mesure, son eau est néanmoins déjà recouverte de la congélative parure de sa terre, et tend ainsi à la perfection.

(41) Cette condition est la raison pour laquelle l'argent est partout nommé par les Sages parfait corps femelle.

(42) Tous les autres métaux ne diffèrent que dans leur degré d'imperfection, selon qu'ils sont plus ou moins liés par ladite immaturité; néanmoins, tous possèdent une certaine tendance à la perfection, bien que manquant de la susdite congélative parure de leur terre.

(43) Cette forme congélative est conséquence de la terrestre froideur, équilibrant son humidité propre, et occasionnant fixation dans la matière fluide.

(44) Les métaux inférieurs sont fusibles dans un feu ardent, et manquent donc de cette parfaite force congélative. S'ils deviennent solides lorsqu'ils refroidissent, la cause en est la disposition de leurs susdites particules terrestres.

(45) Selon les différentes manières dont sont ensemble unies eau visqueuse et pure terre, de manière à produire vif-argent par coagulation, grâce à l'action de chaleur naturelle, nous avons différents métaux, dont certains sont dits parfaits, comme l'or et l'argent, et les autres considérés comme imparfaits.

(46) Quiconque voudrait imiter la Nature en toute opération donnée doit tout d'abord être certain qu'il possède la même matière, et, deuxièmement, qu'une action est exercée sur cette substance d'une manière semblable à celle de la Nature. Car la Nature se réjouit en la méthode naturelle, et le même purifie le même.

(47) En conséquence ils sont dans l'erreur ceux qui s'efforcent de faire jaillir la médecine permettant de teindre les métaux des animaux ou des végétaux. La teinture et le métal teint doivent venir de même source ou relever du même genre; et comme c'est sur les métaux imparfaits que la Pierre Philosophale doit être projetée, il s'ensuit que la poudre de la Pierre sera essentiellement Mercurienne. La Pierre est la substance métallique transformant en or les formes des métaux imparfaits, comme nous l'apprenons au premier chapitre du "Code de Vérité" : "La Pierre Philosophale est la matière métallique convertissant substances et formes des métaux imparfaits" ; et tous les Sages conviennent qu'elle ne peut posséder cet effet qu'en étant semblable à eux.

(48) Que Mercure soit matière première des métaux, je vais tenter de le prouver grâce aux dits de certains Sages.

Dans la Turba Philosophorum, chapitre I, nous lisons ce qui suit : "D'après l'avis de tous les Sages, le Mercure est le principe premier de tous les métaux."

Et un peu plus loin : "Comme la chair est engendrée du sang coagulé, ainsi l'or est-il engendré du Mercure coagulé."

Et encore, vers la fin du chapitre : "Tous les corps métalliques purs et impurs sont Mercure, car ils sont engendrés du même."

Arnold écrit ainsi au Roi d'Aragon : "Sachez que la matière et sperme des métaux sont Mercure, digérés et épaissis dans la matrice de la terre; ils sont digérés par chaleur sulfureuse, et selon la qualité et quantité du soufre divers métaux sont engendrés. Leur substance est essentiellement la même, bien qu'il puisse y avoir quelques différences accidentelles, comme un degré plus ou moins élevé de digestion, etc. Toutes choses sont constituées de ce en quoi elles peuvent être résoutes, e.g., la glace ou la neige qui peuvent être résoutes en eau; et puisque tous les métaux peuvent être résous en vif-argent sont-ils donc tous engendrés du vif-argent."

La même vue est défendue par Bernard de Trévise, dans son livre consacré à la "Transmutation des Métaux" : "De la même manière, le vif-argent est la substance de tous les métaux; il est comme de l'eau en raison de l'homogénéité qu'il partage avec les végétaux et les animaux, et il reçoit les vertus de ces choses qui y adhérent dans la décoction." Un peu plus loin, le même Trévisan affirme que "l'or n'est rien d'autre que vif-argent congelé par son soufre."

Et, ailleurs, il écrit ce qui suit : "Le solvant ne diffère du soluble qu'en proportions et degré de digestion, mais non en matière, puisque la Nature a formé l'un depuis l'autre sans adjonction aucune, et elle dégage l'or du vif-argent par un procédé également simple et merveilleux."

Encore : "Les Sages soutiennent que l'or n'est rien d'autre que vif-argent parfaitement digéré dans les entrailles de la terre, et ils ont voulu dire qu'il est occasionné par le soufre, qui coagule le Mercure, et le digère par sa propre chaleur. D'où que les Sages ont dit que l'or n'est autre que vif-argent mature."

Tel est aussi le consensus d'autres autorités. "Le Son de la Trompette" fait une remarque loin d'être douteuse : "Extrais le vif-argent des corps, et tu auras au jour du vif-argent et du soufre de la même substance dont sont faits or et argent dans la terre."

Le "Chemin du Chemin" mène à la même conclusion : "Révérend Père, incline tes vénérables oreilles et comprends que le vif-argent est le sperme de tous les métaux, parfaits et imparfaits, digérés dans les entrailles de la terre par la chaleur du soufre, la diversité des métaux étant due à la diversité de leur soufre."

Nous lisons dans la même brochure un canon semblable : "Tous les métaux de la terre sont engendrés en Mercure, et ainsi le Mercure est-il la matière première des métaux."

Avicenne confirme ces paroles en son chapitre III : "De même que la glace par la chaleur fond et devient eau, l'eau étant nettement à l'origine de la glace, ainsi tous les métaux peuvent être résous en Mercure, et il est donc clair qu'ils sont engendrés de lui."

Ce raisonnement est approuvé par "Le Son de la Trompette : - "Tout corps passif est réduit à sa première matière par des opérations contraires à sa nature; la première matière est le vif-argent, étant l'huile de tous liquides et choses ductiles."

De même, le troisième chapitre de la "Correction des Fous" : "La nature de toutes choses fusibles est celle du Mercure coagulé à partir d'une vapeur, ou chaleur de l'incombustible soufre rouge ou blanc."

Au chapitre I de "L'Art de l'Alchimie", nous lisons : "Tous les Sages reconnaissent que les métaux sont engendrés par la vapeur de soufre et vif-argent."

Il y a également un passage de la Turba Philosophorum qui affirme : "Il est certain que tout sujet dérive de cela en quoi il peut être résous. Tous les métaux peuvent être résous en vif-argent, d'où qu'ils furent autrefois vif-argent."

Si cela en valait la peine, je pourrais citer des centaines d'autres passages provenant d'oeuvres rédigées par les Sages, mais comme ce serait inutile, ceux-ci suffiront.

Ces personnes font une grande erreur qui supposent que l'eau épaisse de l'Antimoine, ou cette substance visqueuse extraite du Mercure sublimé, ou de Mercure et Jupiter ensemble dissous dans un endroit humide, peuvent de quelque façon être la première substance des métaux.

L'Antimoine ne peut jamais prendre les qualités métalliques, car son eau et humidité n'est pas tempérée par la terre sèche et subtile, et de plus manque de cette onctuosité caractéristique des métaux malléables. Mais, comme Chambar le dit bien dans le "Code de Vérité" : "Ce n'est que par 'envie' que les Sages ont nommé la Pierre Antimoine."

De la même manière, ceux qui détruisent la composition naturelle du Mercure, afin de le résoudre en eau épaisse ou limpide, qu'ils nomment première matière des métaux, luttent contre la Nature dans les ténèbres, tels des gladiateurs frappés de cécité.

Dès que le Mercure perd sa forme spécifique, il devient quelque chosed'autre, ne pouvant dès lors se mélanger aux métaux dans leurs plus petites parties, et devenant de nul effet pour l'oeuvre des Philosophes. Quiconque se paye de pareilles expériences enfantines devrait écouter ce que dit le Sage de Trévise dans sa "Transmutation des Métaux" :

"Qui peut trouver une vérité détruisant la nature humide du Mercure? Quelques insensés modifient sa disposition métallique spécifique, altèrent son humidité naturelle par dissolution, et disproportionnent le vif-argent de sa qualité minérale d'origine, qui ne demande rien hormis purification et simple digestion. Au moyen de sels, de vitriol, et d'alun, ils détruisent la semence que la Nature a peiné pour développer. Car la semence, dans les choses humaines et sensitives, est formée par la Nature et non par l'art, mais par l'art est-elle unie et mélangée. La semence ne nécessite aucune addition, et ne tolère aucune diminution. Si elle doit produire une nouvelle chose de même genre, elle doit demeurer précisément la même chose qui fut formée par la Nature. Tout enseignement voulant modifier le Mercure est vain et erroné, car c'est là le sperme originel des métaux, et son humidité ne doit point être séchée, car autrement il ne pourrait dissoudre. Trop de feu causera une chaleur morbide, comme celle d'une fièvre, et changera les éléments passifs en actifs, et ainsi l'équilibre des forces sera détruit, et toute l'oeuvre gâchée. Il y a pourtant des sots pour extraire des eaux corrosives de minéraux inférieurs, eaux dans lesquelles ils projettent diverses espèces de métaux qui donc s'y corrodent."

"La seule solution naturelle est celle qui, à partir de solvant et du soluble, oumâle et femelle, engendre une nouvelle espèce. Nulle eau ne peut naturellement dissoudre les métaux sauf celle qui demeure avec eux en substance et forme, celle aussi que les métaux dissouspeuvent à nouveau congeler; ce qui n'est pas le cas avec aqua fortis, du fait qu'elle ne fait que détruire la disposition spécifique. Cette eau seule qui est inséparable des métaux dans la fixation les peut correctement dissoudre, et pareille eau est le Mercure, et non aqua fortis ou toute autre chose que ces fous se sont plu à nommer Eau Mercurielle." Suffit pour Trévisan.

Les personnes ayant commis pareille erreur fatale pourraient également profiter de l'enseignement d'Avicenne sur ce point : "Le vif-argent est froid et humide, et de lui, ou avec lui, Dieu a créé tous les métaux. Il est aérien, et devient volatil par l'action du feu, mais lorsqu'il a supporté le feu quelque temps, il accomplit de grandes merveilles, et n'est lui-même qu'un vivant esprit d'une puissance non surpassée. Il pénètreet s'introduit dans tous les corps, passe au travers d'eux, et constitue leur ferment. C'est donc l'Élixir Blanc et Rouge, et il s'agit d'une eau perpétuelle, l'eau de vie, le lait de la Vierge, le printemps, et cet Alun dont quiconque boit ne peut mourir, etc. C'est le serpent licencieux qui conçoit de sa propre semence, et enfante le même jour. Par son poison, il détruit toute chose. Il est volatil, mais le sage le soumet au feu, et alors il transmue comme il a été transmué, et teint comme il a été teint, et coagule comme il a été coagulé. En conséquence, la génération du vif-argent est à préférer à tous les minéraux; on la trouve dans tous les minerais, et tous portent sa signature. Le vif-argent est ce qui sauve les métaux de la combustion et les rend fusibles. C'est la Teinture Rouge qui s'unit de la plus intime manière aux métaux parce qu'elle est de leur propre nature, se mêle indissolublement à eux dans leurs plus infimes parties, et qui, étant homogène, leur adhère naturellement. Le Mercure accueille toutes les substances homogènes, mais rejette tout ce qui est hétérogène car il se réjouit de sa nature propre mais répugne à ce qui est étranger. Comme il est sot, donc, de gâter et détruire ce dont Nature a fait la semence de toute vertu métallique par de complexes opérations chimiques!"

Le "Rosaire" nous intime d'être particulièrement attentifs à ne point disperser la vertu du vif-argent en le purifiant, et à ne point diminuer sa force active. Un grain de blé, ou toute autre semence, ne connaîtra aucune croissance si sa vertu générative est détruite par une excessive chaleur externe. Purifie donc ton vif-argent par distillation à feu modéré.

Voici ce que dit le Sage de Trévise : "Si le vif-argent est dépouillé de la proportion métallique qui lui revient, comment les autres substances de même genre métallique peuvent-elles être engendrées de lui? C'est une erreur de supposer que tu peux faire des miracles avec eau limpide et claire extraite du vif-argent. Même si nous pouvions nous procurer pareille eau, elle ne serait d'aucune utilité, que ce soit pour une question de forme ou de proportion, ou pour restaurer ou affermir une parfaite qualité métallique. Car dès que le vif-argent perd sa nature première, il devient impropre à notre opération, puisque dépourvu de sa qualité spermatique et métallique. En vérité, j'approuve le Mercure impur et grossier que l'on sublime et purifie une ou deux fois avec simple sel, selon la méthode appropriée des Sages, tant que la fusibilité ou humeur radicale de pareil Mercure demeure intacte, c'est-à-dire aussi longtemps que sa nature mercurielle spécifique n'est point détruite, et aussi longtemps que son apparence externe ne devient pas celle d'une poudre sèche."

Dans "L'Escalier des Sages", on nous dit de nous méfier de la vitrification durant la solution des corps, avec l'odeur et le goût de substances imparfaites, et aussi de la vertu générative de leur forme qui serait de quelque manière desséchée et détruite par les eaux corrosives.

Si tu as tenté de faire une de ces choses, tu es à même de percevoir combien grave était ton erreur. Car l'eau des Sages n'adhère à rien excepté les substances homogènes. Elle ne mouille pas tes mains si tu la touches, mais dessèche ta peau, et ronge et corrode toute substance avec laquelle elle rentre en contact, sauf l'or et l'argent (elle n'affectera pas ces derniers à moins qu'ils n'aient été dissipés et dissous par des esprits et des eaux-fortes), auxquels elle s'allie très intimement. Mais l'autre mélange est fort enfantin, il est condamné par le concert des Sages et par ma propre expérience.

Je me propose maintenant d'exposer comment le vif-argent est l'eau avec laquelle, et en laquelle, se produit la solution des Sages, en citant au lecteur les opinions de divers Philosophes appartenant à diverses époques et diverses contrées.

Menalates dit, dans la Turba : "Qui allie le vif-argent au corps de magnésie, et la femme à l'homme, extrait la nature cachée par laquelle les corps sont colorés. Sache que le vif-argent est un feu dévorant qui mortifie les corps à son contact."

Un autre Sage, dans la Turba, déclare : "Séparer les éléments par le feu, les unir par l'entremise du Mercure, cela constitue le plus grand des arcanes, et de la sorte le magistère est-il complet, toute la difficulté résidant dans la solution et la conjonction. La solution, ou séparation, se produit par l'entremise du Mercure, qui premièrement dissous les corps, ceux-ci étant à nouveau réunis par le ferment et le Mercure."

Rosinus fait l'or s'adresser au Mercure de la manière suivante : "Veux-tu débattre avec moi, Mercure? Je suis le Seigneur, la Pierre qui supporte le feu." Mercure répond : "Tu dis vrai; mais je t'ai engendré, et une partie de moi en vivifie plusieurs de toi, ce pourquoi tu es jaloux de moi. Qui me réunira à mon frère ou à ma soeur vivra et se réjouira, et me fera te suffire."

Au 5ème chapitre du "Livre des Trois Paroles", nous lisons : "Je te dirai que dans le Mercure se trouvent les oeuvres des planètes, et dans ses pages toutes leurs imaginations."

Aristote dit que le premier mode préparatoire est que la Pierre doit devenir Mercure ; il appelle Mercure le premier corps, qui agit sur les substances grossières et les change à sa propre ressemblance. "Si le Mercure ne faisait rien d'autre que rendre les corps subtils et semblables à lui-même, cela nous suffirait."
Senior : "Notre Pierre est donc de l'eau congelée, c'est-à-dire du Mercure congelé en or ou argent, et qui résiste au feu lorsqu'il est fixé."

"The Son de la Trompette" : "Le Mercure contient tout ce que cherchent les Sages et détruit tout or écailleux. Il dissout, adoucit et extrait l'âme du corps."

"Le Livre de l'Art d'Alchimie" : "Les Sages tout d'abord s'abusèrent en s'efforçant de revêtir les corps inférieurs de la gloire et splendeur du corps parfait lorsqu'ils découvrirent que les métaux ne diffèrent qu'en raison du plus ou moins grand degré de digestion, et que tous sont engendrés du Mercure, avec lequel ils extrayaient l'or et le réduisaient à sa première nature."

"La Correction des Fous" : "Remarque que le Mercure grossier dissout les corps et les réduit à leur première matière ou nature. Étant fait d'eau claire, il s'efforce toujours de corroder le grossier, et tout spécialement celui qui est le plus proche de sa propre nature, à savoir l'or et l'argent." Dans le même ouvrage, l'on trouve l'observation qui suit : "Tu peux employer le Mercure grossier comme suit - afin de sceller et ouvrir les natures, puisque les choses semblables sont salutaires les unes pour les autres." Et encore : "Le vif-argent est la source de l'Art Alchimique, car les Sages disent que tous les métaux sont de lui, et à travers lui, et en lui - il s'ensuit que les métaux doivent être tout d'abord réduits en Mercure, matière et sperme de tous les métaux."

Et encore : "La raison pour laquelle tous les métaux doivent être réduits à l'état de vapeur en est que nous constatons que tous sont engendrés du vif-argent, par l'entremise duquel ils naissent à la vie."

Gratianus : "Purifie Latone, i.e., le cuivre (minière), avec Mercure, car Latone est d'or et d'argent, un corps composé, jaune, et imparfait."

"Le Son de la Trompette" : "Le Mercure commun est appelé un esprit. Si tu ne résous le corps en Mercure, avec le Mercure, tu ne peux obtenir sa vertu cachée."

"L'Art de l'Alchimie", chapitre VI : "La seconde partie de la Pierre nous nommons vivant Mercure, qui, étant vivant et grossier, est dit dissoudre les corps, car il y adhère dans leur être le plus intime. C'est la Pierre sans laquelle Nature ne fait rien."

Le "Rosaire" : "Le Mercure ne meurt jamais, excepté avec son frère et sa soeur. Lorsque le Mercure mortifie la matière du Soleil et de la Lune, il reste une matière semblable à des escarbilles."

Le Sage de Trévisan : "N'ajoute rien à la surface pour digérer et épaissir le Mercure dans la nature de l'or ou des métaux." Encore : "Cette solution est possible et naturelle, c'est-à-dire, grâce à l'Art qui est servante de la Nature, étant nécessaire et unique à cette oeuvre; mais elle n'est accomplie que par le vif-argent, dans des proportions s'offrant d'elles-mêmes à l'ouvrier habile connaissant les plus intimes qualités de la Nature."

"L'Art de l'Alchimie" : "Qui peut suffisamment porter le Mercure aux nues, le Mercure seul ayant pouvoir de réduire l'or à sa première nature?"

Ces citations nous éclairent sur ce qu'entendaient les Sages en parlant de leur eau, et sur ce qu'ils pensaient au sujet de ce merveilleux liquide, à savoir le Mercure, auquel ils attribuaient tout pouvoir dans le Magistère, car rien ne saurait être porté à la perfection en dehors de son propre genre. Les hommes digèrent les végétaux, non dans le sang des animaux, mais dans l'eau qui est leur principe premier, et les minéraux ne sauraient être affectés par le liquide végétal. D'après "Le Son de la Trompette" : "Tout le Magistère consiste à séparer les éléments des métaux, les purifier, et séparer le soufre de Nature des métaux."

De plus, comme le dit Hermès, seules les substances homogènes restent unies, et seules peuvent-elles produire une postérité de leur propre espèce, i.e., si vous désirez une médecine devant engendrer les métaux, son origine doit être métallique, car "l'espèce est teinte par son genre", comme en témoigne le philosophe.

En résumé, tout notre Magistère réside dans l'union des éléments mâle et femelle, ou actif et passif, par l'entremise de notre eau métallique et d'un degré approprié de chaleur. Or, le mâle et la femelle sont deux corps métalliques, et cela je le prouverai encore par d'irréfutables citations des Sages :

Dantius nous intime de préparer les corps et de les dissoudre.

Rhasès : "Change les corps en eau, et l'eau en terre : alors tout est accompli."

Galien : "Prépare les corps, et purifie-les de la noirceur en laquelle est corruption, jusqu'à ce que le blanc devienne blanc et rouge, puis dissous-les tous deux, etc."

Calid (chapitre I) : "Si tu ne rends point les corps subtils, de sorte qu'ils soient impalpables au toucher, tu ne parviendras pas à la fin de ton travail. S'ils n'ont pas été broyés, répète ton opération, et vois s'ils sont broyés et subtilisés. Si tu fais ainsi, tu parviendras au but désiré."
Aristote : "Les corps ne peuvent être modifiés sauf par réduction à leur première matière."

Calid (chapitre V) : "Semblablement, les Sages nous ont commandé de dissoudre les corps de sorte que la chaleur adhère à leurs parties les plus secrètes; puis nous passons à la coagulation après une seconde dissolution avec une substance très proche d'eux."

Menabadus : "Faites que les corps ne soient point corps, et corps les choses incorporelles, car c'est là tout le procédé grâce auquel on extrait la vertu cachée de Nature."

Ascanius : "La conjonction des deux est semblable à l'union du mari et de l'épouse, dont l'étreinte a pour résultante une eau dorée."

"L'Anthologie des Secrets" : "Marie l'homme rouge à la femme blanche, et tu as tout le Magistère."

"Le Son de la Trompette" : Il y a un autre vif-argent et teinture permanente qu'on extrait des corps parfaits par dissolution, distillation, sublimation, et subtilisation."

Hermès : "Joins le mâle à la femelle dans l'humidité qui leur est propre, car il n'est pas de naissance sans union du mâle et de la femelle."

Platon : "La Nature imite une nature parente, la contient, et lui apprend à résister au feu. Marie l'homme à la femme, et tu as tout le Magistère."

Avicenne : "Purifie séparément le mari et l'épouse, afin qu'ils se puissent unir plus intimement; car si tu ne les purifies point, ils ne peuvent s'aimer l'un l'autre. Par conjonction des deux natures, tu obtiens une nature claire et limpide qui, lorsqu'elle s'élève, devient magnifique et avantageuse."
"L'Art de l'Alchimie" : "Deux corps nous fournissent tout dedans notre eau."

Trevisanus : "Seule cette eau qui est de même genre, et peut être épaissie par les corps, peut dissoudre les corps."

Hermès : "Qu'on se saisisse des pierres du mélange au début de la première oeuvre, et qu'on les mélange en parts égales dans la terre."

"Miroir" : "Notre Pierre doit être extraite de la nature de deux corps, avant de pouvoir devenir un parfait Élixir."

Democrite : "Tu dois tout d'abord dissoudre les corps sur cendres blanches et chaudes, et ne pas les broyer sauf avec de l'eau."

Le "Rosaire" d'Arnauld : "Extrais la Médecine des corps les plus homogènes de la Nature."

J'ai ainsi témoigné du nombre de corps dont l'Élixir est tiré. J'établirai maintenant à l'aide de citations ce que sont ces corps.

"Exposé de la Lettre du Roi Alexandre" : "En cet art tu dois marier Soleil et Lune."

"Le Son de la Trompette" : "Le Soleil ne fait que chauffer la terre et lui confère sa vertu par l'entremise de la Lune, qui, de tous les astres, accueille le plus volontiers sa lumière et sa chaleur."

"La Correction des Fous" : "Sème or et argent, et ils récompenseront ton travail par mille, par l'entremise de cette chose qui seule possède ce que tu cherches. La Teinture d'or et d'argent présente les mêmes proportions métalliques que les métaux imparfaits, car ils ont en commun la même matière première en la personne du Mercure."

Encore : "Teins avec l'or et l'argent, car l'or procure le doré et l'argent la nature et la couleur argentines. Rejette toutes choses n'ayant point naturellement ou virtuellement le pouvoir de teindre, car en elles ne réside aucun profit mais seulement gaspillage d'argent et grincements de dents."

Senior : "Moi, le Soleil, suis chaud et sec, et toi, la Lune, es froide et humide ; lorsque nous nous marierons dans une chambre close, je te volerai doucement ton âme."

Rosinus à Saratant : "De l'eau vivante nous tirons la terre, un corps mort et homogène, composé de deux natures, celle du Soleil et celle de la Lune."

Encore : "Lorsque le Soleil, mon frère, pour l'amour de moi (l'argent) déverse son sperme (i.e., sa graisse solaire) dans la chambre (i.e., mon corps Lunaire), c'est-à-dire lorsque nous devenons un dans une puissante et totale complexion et union, l'enfant de notre amour conjugal sera né."

Hermès : "Son humidité tient de l'empire de la Lune, et sa graisse de l'empire du Soleil, et ces deux-là sont ses coagulum et pure semence."

Astratus dit : "Qui souhaite atteindre la vérité, qu'il s'empare de l'humeur du Soleil et de l'Esprit de la Lune."

Turba Philosophorum : "L'un et l'autre corps en leur perfection devraient être retenus pour la composition de l'Élixir, ou rouge ou blanc, car aucun ne devient liquide sans l'autre."
Et encore, l'Or dit : "Personne ne me tue si ce n'est ma soeur."

Aristote : "Si je n'avais point vu l'or et l'argent, certainement dirais-je que l'Alchimie n'est point vraie."

Le Sage : "Le fondement de notre Art est l'or et sa compagne inséparable."

"L'Art de l'Alchimie" : "Nous avons déjà dit que l'or et l'argent doivent être unis."

Le "Rosaire" : "Il y a un rajout de couleur orange par lequel la Médecine est portée à la perfection depuis la substance du soufre fixe, i.e., l'une et l'autre médecine sont tirées de l'or et de l'argent."

Le Sage : "Qui sait comment teindre le soufre et le vif-argent est parvenu au grand arcane. L'or et l'argent doivent être présents dans la teinture, et aussi le ferment de l'esprit."

Le "Rosaire" : "Le ferment du Soleil est le sperme de l'homme, le ferment de la Lune le sperme de la femme. Des deux nous obtenons chaste union et vraie génération."

"Le Son de la Trompette" : "Tu souhaites de l'argent pour subtiliser ton or, et le rendre volatil en retirant ses impuretés, car l'argent a grand besoin de la lumière de l'or. En conséquence, Hermès, comme Aristote dans son traité des Plantes, dit que l'or est son père, et l'argent sa mère; notre Pierre ne nécessite rien d'autre. L'argent est le champ en lequel est semé la semence d'or." Et un peu plus loin : "En ma soeur, la Lune, croît ta sagesse, et non dans quelque autre de mes domestiques, dit le Seigneur Soleil. Je suis semblable à la graine semée en terre bonne et pure, qui germe et croît et se multiplie et rapporte grand profit au semeur. Moi, le Soleil, te donne à toi, Lune, ma beauté, la lumière du Soleil, lorsque nous sommes unis en nos plus petites parties." Et la Lune dit au Soleil : "Tu as besoin de moi, comme le coq a besoin de la poule, et j'ai besoin de ton opération, qui est parfaite de moeurs, toi père des lumières, grand et puissant seigneur, chaud et sec, moi qui suis la Lune croissante, froide et humide, mais qui reçois ta nature par notre union."

Avicenne : "Afin d'obtenir l'Élixir rouge et blanc, les deux corps doivent être unis. Car bien que l'or soit le plus fixe et le plus parfait de tous les métaux, s'il est dissous en ses plus petites parties, il devient spirituel et volatil, comme le vif-argent, et cela en raison de sa chaleur. Cette teinture, qui est sans nombre, est nommée ardente semence mâle. Mais si l'argent est dissous dans l'eau chaude, il demeure fixe comme auparavant, et possède peu ou pas de teinture, bien qu'il reçoive promptement la teinture dans une complexion de chaud et de froid, et soit nommé froide et sèche semence femelle. L'or ou l'argent ne sont pas aisément fusibles en eux-mêmes, mais un mélange des deux fond promptement, comme le savent les orfèvres. En conséquence si notre Pierre ne contenait point à la fois or et argent, elle ne serait pas liquide, et ne donnerait lieu à aucune médecine par l'entremise de quelque magistère que ce soit, non plus qu'aucune teinture, car si elle produisait teinture elle n'aurait toutefois aucun pouvoir de teindre."

Et un peu plus loin : "Prenez donc garde et n'agissez que sur or, argent, et vif-argent, car tout le bénéfice de notre Art vient de ces trois-là."

Je pourrais ajouter que le Mercure grossier est l'eau que les Sages ont employée pour la solution. J'ai établi que deux corps doivent être dissous, et qu'ils ne sont rien d'autre que l'or et l'argent. Je décrirai maintenant la conjonction de ces deux corps au moyen du Mercure grossier des Sages.

"La Lumière des Lumières" : "Sache que c'est l'or, l'argent, et le Mercure qui blanchissent et rougissent à l'intérieur comme à l'extérieur. Le Dragon ne meurt point s'il n'est tué au moyen de son frère et de sa soeur, et non par l'un d'entre eux seul, mais par tous deux ensemble."

"L'Escalier des Sages : "D'autres affirment qu'un véritable corps doive être ajouté à ces deux-là, afin de renforcer et abréger l'opération."

"Le Trésor des Sages" : "Notre Pierre possède corps, âme et esprit, le corps imparfait est le corps, le ferment l'âme, et l'eau l'esprit."

"Le Chemin du Chemin" : "L'eau est appelée l'esprit, car elle donne vie au corps imparfait et mortifié, et lui confère une meilleure forme; le ferment est l'âme, car il donne vie au corps, et le modifie en lui accordant sa nature propre."

Encore : "Tout le Magistère est accompli avec notre eau, et par elle. Car elle dissout les corps, les calcine et les réduit en terre, les transforme en cendres, les blanchit et les purifie, comme dit Morienus : 'Azoth et feu purifient Latone, c'est-à-dire la lavent et lui retirent totalement son obscurité ; Latone est le corps impur, Azoth est le vif-argent'."

"Le Son de la Trompette : "Comme sans le ferment il n'est pas de teinture parfaite, selon ce que disent les Sages, ainsi il n'est pas de bon pain sans levain. En notre Pierre, le ferment est semblable à l'âme, qui donne vie au corps mort par l'entremise de l'esprit, ou Mercure."
"Le Rosaire" et Pierre de Zalentum affirment : "Si le ferment, qui est le moyen de la conjonction, est disposé au début, ou au milieu, alors l'oeuvre est plus rapidement portée à la perfection."

"Le Son de la Trompette : "L'Élixir des Sages est composé de trois choses, à savoir la Pierre Lunaire, la Solaire, et la Mercurielle. En la Pierre Lunaire est soufre blanc, en la Pierre Solaire soufre rouge, et la Pierre Mercurielle contient les deux, en cela réside la puissance du Magistère tout entier."

Eximenus : "L'eau, avec ses adjoints, disposée dans un vase, les préserve de la combustion. Les substances étant broyées avec l'eau, il s'ensuit l'ascension de l'Ethelia, et l'imbibition de l'eau est d'elle-même suffisante pour achever l'oeuvre."

Platon : "Prenez des corps fixes, unissez-les, lavez le corps dans la substance corporelle, et laissez-le s'affermir au contact du corps incorporel, jusqu'à ce que vous le changiez en corps véritable."

Pandolphus : "L'eau fixe est pure eau de vie, et nul poison teintant n'est engendré sans l'or et son inséparable compagne. Qui teinte le poison des Sages avec le Soleil et sa compagne a atteint la plus grande des sagesses."

Encore : "Séparez les éléments par le feu, unissez-les grâce au Mercure, et le Magistère est achevé."

Exercit, 14 : "L'esprit garde le corps et le préserve du feu, le corps clarifié empêche l'esprit de s'évaporer sur le feu, le corps étant fixe et l'esprit incombustible. D'où que le corps ne puisse être brûlé, car le corps et l'esprit sont un par l'entremise de l'âme. L'âme les empêche d'être séparés par le feu. Et donc, les trois ensemble peuvent défier le feu comme d'ailleurs n'importe quoi d'autre au monde."

Rhasès ("Le Livre des Lumières") : "Notre Pierre est nommée après la création du monde, étant trois et toutefois une. Nulle part ailleurs on ne trouve notre Mercure plus pur que dans l'or, l'argent, et le Mercure vulgaire."

Lorsque corps et esprits sont dissous, ils sont résous en les quatre éléments, qui deviennent substance ferme et fixe. Mais lorsqu'ils ne sont pas ensemble dissous, il reste une mixture que le feu peut néanmoins désunir."

Rosinus : "Dans notre Magistère il y a un esprit et des corps, d'où qu'il est dit : Il se réjouit d'être semé dans les trois substances associées."

Calid : "Apprêtez les corps vigoureux par l'humidité dissoute, jusqu'à ce que chacun soit réduit à sa forme subtile. Si vous ne subtilisez et ne broyez point les corps jusqu'à ce qu'ils deviennent impalpables, vous ne trouverez pas ce que vous cherchez."

Rosinus : "La Pierre se compose de corps, âme, et esprit, ou eau, comme disent les Philosophes, et est digérée dans un vase. Tout notre Magistère est de notre eau, et par notre eau, qui dissout les corps, non dans l'eau, mais par une véritable solution philosophique dans l'eau d'où sont extraits les métaux, et est calcinée et réduite en terre. Elle rend jaunes comme cire ces corps en la nature desquels elle est transformée ; elle substantialise, blanchit, et purifie le Léton, suivant la parole de Morienus."

Aristote : "Prenez votre fils chéri, et mariez-le à sa soeur, sa soeur blanche, en mariage égal, et offrez-leur la coupe d'amour, car c'est nourriture qui pousse à l'union. Toutes choses pures doivent être unies à des choses pures, ou elles auront des enfants différents d'eux-mêmes. Par conséquent, pour commencer, ainsi que le conseille Avicenne, sublimez le Mercure et purifiez dedans des corps impurs. Puis broyez et dissolvez. Répétez cette opération encore et encore."

Ascanius : "Excitez la guerre entre cuivre et Mercure jusqu'à ce qu'ils se détruisent et se dévorent l'un l'autre. Alors le cuivre coagulera le vif-argent, le vif-argent congèlera le cuivre, et les deux corps deviendront une poudre par le biais d'imbibition et de digestion assidues. Réunissez l'homme rouge à la femme blanche jusqu'à ce qu'ils deviennent Ethelia, c'est-à-dire vif-argent. Qui les change en esprit au moyen du vif-argent, et les rend alors rouges, peut teindre n'importe quel corps."

Pour ce qui est de la nature de ce cuivre, Gratianus nous instruit par les mots suivants : "Rendez Latone blanche, i.e., cuivre blanchi avec Mercure, car Latone est un corps orange et imparfait, composé d'or et d'argent."

Je vous conseille à tous sans exception de suivre mon enseignement, l'exactitude de mes citations des Anciens ne laissant aucun doute et mes propres expériences l'ayant confirmé plus encore. Tout écart de cette voie mène à la déception, à la seule exception de l'oeuvre de Saturne, qui doit être réalisée par la subtilisation des principes. Les Sages disent que les choses homogènes ne se combinent qu'entre elles, se rendant l'une l'autre blanches et rouges, et permettant la génération commune. Le point important est que le Mercure doit agir sur notre terre. C'est l'union du mâle et de la femelle dont les Sages nous parlent tant. Après que l'eau, ou vif-argent, soit une fois apparue, elle croît et se multiplie, car la terre devient blanche, et l'on nomme cela imprégnation. Puis, le ferment est coagulé, i.e., joint au corps imparfait préparé, jusqu'à ce qu'ils deviennent un en couleur comme en apparence : l'on appelle cela naissance de notre Pierre, que les Sages nomment le Roi. De cette substance, il est dit dans "L'Art de l'Alchimie" que si quelqu'un roussit cette fleur, et sépare les éléments, le germe générateur est détruit.

Je conclurai par ces mots d'Avicenne : "Le véritable principe de notre oeuvre est la dissolution de la Pierre, car les corps dissous ont endossé la nature des esprits, i.e., car leur qualité est plus sèche. Parce que la solution du corps est accompagnée de la coagulation de l'esprit. Sois donc patient, digère, broie, rends jaune comme la cire, et ne sois jamais las de répéter ces opérations jusqu'à ce qu'elles soient absolument parfaites. Car les choses saturées d'eau sont de ce fait adoucies. Broie davantage la substance, adoucis-la plus, et subtilise ses parties grossières, jusqu'à ce qu'elles soient totalement pénétrées de l'esprit et ainsi dissoutes. Car en broyant, en brûlant, en cuisant, les parties tenaces et visqueuses des corps sont séparées."

Enfin, j'aimerais que vous compreniez, fils de la connaissance, qu'il y a trois solutions dans l'oeuvre des Sages.

La première est celle du corps grossier.

La seconde est celle de la terre des Sages.

La troisième est celle qui survient durant l'accroissement de la substance. Si vous considérez assidûment tout ce que j'ai dit, ce Magistère vous sera connu. Quant à moi, combien j'ai souffert pour cet Art, l'histoire le révélera aux siècles futurs.

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Christian DELEST 30/01/2010 18:47


Sympa ...
mais toujours très hermétique,
consultez donc Patrick Burensteinas...
voilà un vrai Laboureur...
Cordialement
Christian