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Hauts Grades

La Sagesse

20 Avril 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La précipitation et le superficiel sans la réflexion et l’introspection sont à l’opposé de la Franc maçonnerie. Alors en ces temps où l’information circule à la vitesse de la lumière, où l’être humain est assoiffé de rapidité d’acquisition de connaissances événementielles, où certains se targuent d’avoir des centaines d’Amis, ou d’adresses e-mails, tous joignables à tout instant, la Sagesse peut-elle apparaître désuète aux yeux de chacun, ou dépassée ?

Je ne crois pas, car elle reste une des vertus essentielles, d’autant plus qu’elle est une des grandes valeurs de la franc-maçonnerie, au même titre que l’amour de l’autre et de la fraternité.

Depuis notre naissance on a inculqué le fait d’être sage, et de le rester en toute circonstance.

La Sagesse ne devrait pas nous être étrangère, mais en Loge nous découvrons qu’il n’en est rien.

Lors de la prière d’ouverture au grade d’apprenti, il est dit :

« Daigne accorder à notre zèle un succès heureux, afin que le Temple que nous avons entrepris d’élever pour Ta gloire, étant fondé sur la Sagesse, décoré par la Beauté et soutenu par la Force qui viennent de Toi, soit un séjour de paix et d’union fraternelles, un asile pour la vertu, un rempart impénétrable au vice, et le sanctuaire de la vérité »

A la lecture du catéchisme, se pose la question concernant le temple:
” quels sont ses fondements “, la réponse ” trois grandes colonnes, ou pilier, qui sont la Sagesse pour inventer, la beauté pour orner, et la force pour exécuter “.

Nous sommes convenus, en entrant en franc-maçonnerie, d’établir notre pensée, notre action, pour essayer le plus possible de se situer dans ce que l’on nomme aujourd’hui une éthique, qui est un but, un chemin , une manière de vivre..
Il s’agit de l’objectif d’essayer de vivre, en esthétique de Sagesse, de beauté, et de force en soi, afin d’acquérir la capacité d’être un véritable être humain, et non une sorte d’animal.

Il contient l’enseignement de la justice et apprend à discerner les hommes méchants de ceux que le bien anime. Il apprend qu’il est besoin d’un long travail et d’un vif désir pour obtenir la sagesse.

La sagesse désigne le savoir et la vertu d’un être. Elle caractérise celui qui est en accord avec lui-même et avec les autres, avec son corps et ses passions (vertus de tempérance, de modération et de justice), et a cultivé ses facultés mentales, tout en accordant ses actes à ses paroles.

Dans son acception populaire, la sagesse est attribuée à celui ou celle qui prend des décisions raisonnables, aux dépens de ses propres intérêts parfois. On dit aussi couramment des enfants qu’ils sont “sages” quand ils obéissent ou ne sont pas bruyants.

Chez les philosophes grecs, la sagesse (« sophia » en grec) est l’idéal de la vie humaine. Il peut se définir comme un état de réalisation qui s’appuie sur une connaissance de soi et du monde, s’accompagne d’un bonheur suprême et correspond à l’état de perfection le plus élevé que puisse atteindre un humain. La sagesse est le “savoir être heureux” ou encore la science du bonheur. Plusieurs chemins sont possibles.

La sagesse tragique de l’obscur Héraclite propose des maximes qui mettent en lumière le perpétuel mouvement des choses, changement qui nous force à rechercher les solutions adaptatives les meilleures et auxquelles on doit s’acclimater par une connaissance de la raison des choses : “la sagesse consiste en une seule chose : connaître le symbole qui agit toujours et partout.”

A la suite de Socrate, modèle de la sagesse antique, les Stoïciens et les Epicuriensdéfinissent la sagesse comme la maîtrise des désirs par la raison et la connaissance de ce qui est de notre ressort et de ce qui ne l’est pas. Les Sophistes évoquent la relativité de la vérité qui s’élabore dans le discours, dans le maniement de la rhétorique, de la logique et de la résolution des contradictions.

Chez les Académiciens, il s’agit de rechercher le Bien et Aristote propose avec prudence les activités contemplatives et théoriques pour y arriver. Socrate prône la cogitation, l’humilité, l’acceptation de son ignorance et le respect absolu des lois de la cité, en l’occurrence : Athènes.

Dans notre rite, la Sagesse est la vertu dévolue au pilier situé vers l’Orient et correspond donc au vénérable Maître, à la Lumière.

Alors que les Apprentis et le Second Surveillant ont comme colonne celle de la force, dans d’autres rites la sagesse leur est attribuée. Autant les Apprentis doivent avoir la force pour exécuter, il peut se concevoir qu’ils aient la sagesse pour se connaître eux-mêmes. Cependant il est difficile d’imposer un ordre de réflexion dans notre cheminement.

Mais là ne se situe pas le débat.

La maxime « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux » nous permet d’avoir une vision de nos forces et nos faiblesses.

Or se connaître véritablement, avoir la vision parfaite de ses forces et ses faiblesses, se souvenir de toutes ses erreurs, les déplorer, et surtout de comprendre ce qui peut l’être encore, savoir interpréter le monde et les hommes avec humanité sincère et désintéressée, en privilégiant l’Etre sur l’avoir, belle attitude relevant de la Sagesse.

Cependant si l’arrivée dans la sagesse se perçoit aisément, il s’avère qu’elle est difficile à acquérir, et qu’elle ne s’obtient que par la maitrise ou plutôt par la domination du corps et des sens, ces perturbateurs de l’attention par les désirs qu’ils engendrent.

Une fois acquise, la sagesse présidera à la construction de notre édifice, avec la force comme soutient et la beauté pour résultat.

Reconnaître ses faiblesses c’est déjà progresser. Gardons l’espérance de se rapprocher un peu plus du sommet de la montagne, de l’arbre de Vie.

La sagesse symbolise l’esprit, source de toute compréhension, la raison, la vérité.

Il est nécessaire de reconnaître son ignorance (« Connais-toi toi-même ») pour que l’on entreprenne le cheminement vers la connaissance qui pourra nous conduire vers la sagesse.

L’humilité est une vertu du sage.

Celui qui s’abaisse sera élevé, celui qui s’élève sera abaissé dit-on.

Il est vrai que la sagesse peut s’acquérir avec l’âge, pour autant que l’on soit à son écoute.

La culture et le savoir n’en sont pas des exemples.

La sagesse est un état de vivre en harmonie avec ses principes et son idéal de vie.

Les trois Vertus du Temple que sont la Force, la Beauté, la Sagesse permettent de retrouver son Ame, son Esprit, et son corps, juste équilibre d’une progression harmonieuse. Elles engagent à agir avec toute la sagesse (de l’esprit), la force (de caractère), et la beauté (du cœur).

Ce ternaire maîtrise son moi et parvient à s’immiscer dans un moi collectif, de l’autre, et l’amour de son prochain

Les Frères sans cesse travaillent leur pierre, sans cesse ils affûtent leurs outils, pour parvenir à la perfection ou plutôt la recherche de perfection puisqu’elle est l’apanage du Grand Architecte.

Tel sera ce cheminement horizontal, sur le sol autour et en suivant le tableau de loge, et vertical vers le haut du temple qui a une hauteur infinie.

Il faudra recommencer, retravailler, réfléchir, puis consterné de son imperfection, reprendre l’ouvrage, redresser, malgré ce sentiment d’imprécision, une lueur de satisfaction, enfin chacun aboutit à son harmonie.

Il faut garder en soi la force de ne pas s’éloigner de ses enseignements, de sa quête, et de ne jamais quitter les chemins qui conduisent vers le vrai.

Il faut se remettre au travail pour progresser, sans régresser, et pour bâtir, car une fois acquise, la sagesse permettra la construction de notre édifice.

Ces valeurs doivent être travaillées car elles sont indissociables des Vertus Théologales ou Sacrées que sont la Foi, l’Espérance et la Charité.

« Dans les secrets que vole l’homme à Dieu, il y a beaucoup de savoir, beaucoup de pouvoir, et très peu de sagesse » a dit un sage.

J’ai dit V.M.

Source : http://www.info-france.fr/123LAPAROLECIRCULE/archives/2911

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