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Hauts Grades

La Stricte Observance

8 Mai 2012 , Rédigé par JM Ragon Publié dans #Rites et rituels

L'Ordre de la Stricte-Observance fut définitivement fondé en Allemagne par le frère Charles Gathel, baron de Hund, seigneur d'Altengrotkau et Lipse, lequel avait été reçu maçon à Francfort-sur-Mein en 1742, et initié à Paris, en 1754, dans les hauts grades du chapitre de Clermont. Ce novateur, animé de la pensée de Ramsay, que tout vrai maçon est un chevalier templier dont l'ordre, selon lui, est toujours subsistant, divisa sa nouvelle Maçonnerie en différents grades, et basa son ordre, à l'instar de celui du Temple, sur un vaste territoire, divisé en neuf provinces, qui comprenaient toutes les contrées de l'Europe.

Le système de Ramsay étant connu en Allemagne avant la fondation du chapitre de Clermont, et, par conséquent, l'admission du baron à l'Ordre supérieur ou templier, à Paris, il y trouva un prédécesseur dans la personne du baron de Marschall, auquel il était même adressé.

Le régime templier comprenait alors six grades, savoir :

1. Apprenti,

2. Compagnon, }Symboliques.

3. Maître.

4. Maître écossais,

5. Novice,

                                                      Eques,

6. Templier, divisé en 3 classes } Socius,

sous les noms de                           Armiger (62).

Entre 1763 et 1770, le baron de Hund y ajouta un 7e degré sous ce nom :

7. Eques professus.

Plus tard encore, il s'y joignit une branche de clercs francs-maçons, qui cultivaient la magie naturelle et divine, la chimie et l'alchimie.

 La partie historique de ce système se borne à la continuation secrète de l’Ordre des Templiers ; voici l’histoire qu'il en communique :

 « Dans l’année 1303, deux chevalière de l'Ordre : Noffodei et Sguin de Florian, furent punis pour leurs crimes. Le dernier perdit sa commanderie de Montfaucon. Ils demandèrent au G.-M. provincial de nouvelles commanderies, et comme il les leur refusa, ils l'assassinèrent à sa campagne, près de Milan, et cachèrent son corps dans le jardin, sous des arbrisseaux. Ils se réfugièrent à Paris et accusèrent l'Ordre des crimes les plus horribles, ce qui entraîna la perte de l'Ordre et le supplice du G. M. qui fut brûlé vif, en 1314.

Le G.-M. provincial d'Auvergne, Pierre d'Aumont, s'enfuit avec deux commandeurs et cinq chevaliers. Pour ne pas être reconnus, ils se déguisèrent en maçons, changèrent leurs noms et se nommèrent Mabeignac (c'est de là que dérive le mot de maître Mac-Benac). Ils abordèrent sur l'île écossaise Mull, où ils trouvèrent le grand-commandeur Hamptoncourt, Georges Harris, avec plusieurs autres frères et résolurent d'y constituer l'Ordre.

Ils tinrent à la Saint-Jean 1312 un chapitre. Aumont y fut nommé G.-M. Pour se soustraire aux persécutions, ils adoptèrent des signes et des mots, à la manière des maçons, et se nommèrent maçons-libres et acceptés, pour indiquer, par ce moyen, qu'ils s'étaient mis en liberté et avaient accepté d'autres usages (63).

En 1361, la résidence du G.-M. fut transportée à Aberdeen, et c'est de cette manière que l'Ordre a été successivement conservé et répandu en Italie, en France et en Allemagne.

La Basse-Saxe a été érigée en province par le G.-M. Charles Stuart le prétendant, et proclamé comme tel en 1745. Quant au chapitre d'Aberdeen, le grand-prieuré en fut confié à Kessler, de Sprengeisen, en 1750.

Le catéchisme du 4e grade (grand-écossais) contient entre autres ces questions :

D. — Combien de symboles présente-t-on à un maître écossais ?

R. — Quatre : le lion, le renard, le singe et l’épervier. — D. — Expliquez-les.

R. — Un Écossais doit joindre aux qualités d'un maître : le cœur d'un lion, la finesse d'un renard, l'esprit d'un singe et la vitesse d'un épervier (oiseau de proie) (64).

Le tableau est dessiné en blanc sur un fond vert. Aux coins se trouvent les quatre bêtes indiquées. Au milieu est représenté un cercueil surmonté d'une étoile à huit rayons.

Le système enseigne que ce grade signifie le rétablissement de l'Ordre des Templiers par Aumont, sur l'île écossaise de Mull ; ce qui n'est qu'une allusion au rétablissement de la hiérarchie jésuitique.

Dans le 5e grade ou novice, le prieur ou commandeur, qui était en même temps chef du diocèse, faisait la réception à la place du G.-M. provincial ; il avait le titre de supérieur ; il occupait un fauteuil surmonté des armes du G.-M.

Pendant la réception, on éteignait toutes les lumières et l'on allumait une seule lampe en disant : Je fais cela en mémoire de ceux qui ont été et qui ne sont plus. Après la prestation de serment, on rallumait trois flambeaux et l'on disait : Je fais cela en mémoire de ceux qui ont été, qui n'étaient plus et qui sont de nouveau.

Le néophyte était obligé, après la réception qui se faisait au nom du G.-M., de baiser le pommeau de l'épée du supérieur qui lui disait qu'il ne venait d'entrer que dans un noviciat de trois ans, pendant lequel il avait à se rendre digne d'avancement par une obéissance aveugle à ses supérieurs.

Il n'y avait plus de tableau, et l'on déclarait ouvertement au nouveau reçu qu'il n'était plus question de maçonnerie, mais de l’Ordre des Templiers, dont il avait commencé le noviciat.

Le 6e grade ou chevalier templier était divisé en eques, socius et armiger.

On tenait chapitre ; l'aspirant quittait le tablier doublé de vert, et le commissarius ordinis, faisant fonction de prieur, lui faisait prêter serment en langue latine. L'installation du nouveau reçu se faisait de même en latin ; on lui disait, entre autres choses, en lui remettant le casque : Ordo te clibano contrà hostes olim fidei, nun ordinis ut eo magis intertepias per duellum.

Le nouveau chevalier déposait alors sur une table un don gratuit pour le prœses, puis il se mettait à genoux devant lui pour recevoir de ses mains la croix rouge de l'Ordre et une bague d'or qu’il devait porter au petit doigt de la main droite. Il recevait des armes d'Ordre et un caractéristique ou motto y afferante (se rapportant à ces mêmes armoiries. Les membres de la Stricte-Observance perdaient leur nom de famille et signaient avec ce caractéristique, système adopté par les Écossais de Kilwinning.)

La réception d'un armiger était peu différente ; au lieu de eques, on ne l'appelait que frater.

Une troisième réception était celle des sociorum et amicorum ordinis. Elle n'était pas sans importance. Si le récipiendaire était une personne de distinction, on réglait son introduction, soit par des écuyers, soit par des chevaliers, soit par des commandeurs. Au lien de s'engager à une obéissance absolue, il promettait par serment estime et dévoûment parfait A ceux qui 1e reçoivent parmi eux. Après la réception, on te conduisait à sa place, en disant : Prenez possession de ta place que l'Ordre impérieur vous accorde par préférence, pour l'assister, en cas de besoin, de vos bons conseils et de votre nom.

Cette dernière institution fait assez connaître l'origine de cet Ordre ; car le véritable Ordre des Templiers ne connaissait point ces amici socii (65) ; ils ne sont autres que ce qui formait la deuxième classe de l'Ordre des Jésuites. Cette classe était composée de prêtres et de laïques, qui vivaient dans le monde et servaient les jésuites, surtout auprès des cours ; ils s'appelaient jesuitœ in voto, parce qu'ils avaient fait le vœu de prendre l'habit de l'Ordre aussitôt qu'il plairait au pater generalis.

 Venait ensuite la réception des fratres servientes, des socii et des amici ordinis.

Le baron de Prinzen fut le premier qui fonda un chapitre de ce système, à Berlin ; il ne tarda pas à se répandre.

En 1763, le baron de Hund vint à Neuvierden, dans le Pusac, et se déclara G.-M. de la 7e province ; car l'Allemagne était divisée en provinces d'Ordre.

Un certain Johnson, qui prétendait posséder des instructions beaucoup plus étendues que celles du baron de Hund, s'annonça peu après à Jene, comme grand-prieur de l'Ordre.

Durant son séjour à Altembourg, il exténuait de fatigues, jour et nuit, les frères chevaliers et les nobles qui habitaient leurs terres dans le voisinage, et qui étaient membres de l'Ordre. Ils étaient obligés de monter à cheval au premier ordre qu'il leur en donnait, fût-ce même durant la nuit, sous peine de se voir enfermés dans les chambres obscures, s'ils étaient en retard au convent des Templiers, à Altembourg. Le baron de Hund reconnaissait Johnson comme grand-prieur de l'Ordre, et lui rendait obéissance.

Mais tout cela n'était que duperie ; car de Hund, lui-même, avait accrédité cet aventurier, qui était un juif nommé Leicht ou Leucht, pour accroître son système, lui donner plus d'authenticité et en tirer le plus de profit possible. Mais bientôt, soit qu'il trouvât que Johnson pouvait lui devenir dangereux, soit qu'il craignît qu'il trahît son secret, de Hund déclara lui-même que cet homme n'était qu'un aventurier. Peu de temps après, il fut arrêté sur l'ordre du conseiller intime de Fritsch, chaud partisan du baron, membre de la Stricte-Observance et tuteur alors du prince mineur de Wei-mar. Johnson fut transporté à Wartbourg (ancien château fortifié près d'Eisenach) ; il fut entretenu aux frais de la Stricte-Observance ; il mourut subitement, parce que apparemment, dit-on, approchait le moment de la majorité du jeune duc de Weimar.

Par suite de cette affaire, de Fritsch réclama au couvent de Brunswick le remboursement de 3,000 rixdales (12,000 fr.), comme frais alimentaires de Johnson.

L'enthousiasme pour cet Ordre commençait à se refroidir, on chercha, pour le relever, à en faire une sorte de tontine, on taxa les hauts grades depuis 300 jusqu'à 1,000 rixdales (1,200 à 4,000 fr.), mais ce plan ne réussissant point, on y ajouta une branche cléricale.

 Les jésuites recoururent à cette nouvelle invention pour détourner l'attention des amateurs de secrets. Starck, professeur à Rostock, et, depuis, prédicateur à la cour de Kœnigsberg, puis à Darmstadt, fut le chef de cette branche, dont les membres les plus actifs étaient le baron de Raven, à Ranefeld, en Mecklembourg, et le conseiller de la cour d'appel de Veffel, à Zell.

Les clercs faisaient partie de la 7e province (suit la composition de leur chapitre général, inutile ici). (V. les Fastes initiat.)

 Bien qu'on ait séduit un grand nombre de curieux qui désiraient profiter des connaissances cléricales, le convent tenu à Kohlo, en 1772, pour unir les clercs à la Stricte-Observance, n'eut pas toùt-à-fait le résultat qu'on espérait. Un autre convent fut tenu ; il y parut un nouvel imposteur nommé Gugomos (comme Schropfer, quelque temps après), qui apportait de nouvelles charlataneries, mais qui prit la fuite bientôt après.

 Le duc de Brunswick convoqua, vers la fin de 1782, un nouveau convent à Wilhemsbad, pour rechercher le vrai but de la Maçonnerie. Son résultat fut que tous les chevaliers reconnurent qu'ils n'étaient point de vrais chevaliers templiers. Ils convinrent qu'à l'avenir, ils ne donneraient, dans leur dernier grade maçonnique, qu'une instruction historique sur l'Ordre templier.

A cet effet, ils composèrent aussi de nouveaux cahiers. Tout n'en resta pas moins comme auparavant : l'une des branches de la Stricte-Observance continua à créer des templiers ; une autre fit de l'alchimie, une troisième attendit patiemment ce que feraient les supérieurs.

Cependant le baron de Hund mourut en bon catholique, ayant abjuré sa religion pour le catholicisme romain, et ayant continuellement près de lui un capucin. Puis il survint des circonstances ridicules à regard du chevalier Stuart, prétendant d'Angleterre.

Ce chevalier étant venu en Allemagne pour chercher son épouse, la princesse de Stolberg, fut secrètement reçu templier par de Hund et reconnu par lui-même comme G.-M. de l'Ordre. En récompense, il donna à de Hund une patente de G.-M. provincial pour L’Allemagne et l’antidata. Cette patente fut la seule que de Hund put exhiber au convent de Kohlo pour établir sa légitimité. Le pauvre chevalier Stuart, transporté de joie, en perdit presque la raison, parce qu'on l'assura que l'Ordre ne prendrait aucun, repos qu'il ne l'eût mis en possession de quelque pays important, ne fût-ce qu'en Amérique ; et qu'on lui persuada qu'il formait un parti puissant, qui comptait, dans son sein, un grand nombre de souverains. Aussi, lorsqu'il revint à Rome, y fit-il une entrée solennelle et se fit-il devancer par des hérauts, qui le proclamèrent roi, réclamant, pour lui, les honneurs dus aux rois ; mais le pape, plus sage que lui, s'y opposa. Toute l'Europe rit de cette affaire, que publiaient toutes les gazettes, sans que cependant, on en connût les vrais motifs.

Le système templier s'était aussi répandu en Alsace et en Lorraine, sous les auspices du duc de chartes ; mais par crainte de quelques démêlés avec la police, ses membres, réunis au convent de Lyon, changèrent leur nom contre celui de Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte. Saint-Martin, dit le philosophe inconnu, et Willermoz, de Lyon, furent les principaux mobiles de ce changement, qui n'avait non plus rien de maçonnique. Ils composèrent plusieurs grades mystiques dont l'esprit a été divulgué par les écrits de cette école, tels que les archives mytho-hermétiques, des erreurs et de la vérité, etc., etc.

Voici la distribution des provinces de l’Ordre, avant le couvert de Wilhemsbad :

1. Province d’Aragon,

2.          d'Auverne,

3.           d'Occident ou du Languedoc,

4.            de Lyon,

5.          de Bourgogne,

6.           de la Grande-Bretagne.de Bourgqjne,

7.           de la Basse-Saxe, l’Elbe, l’Oder, la Pologne prusienne, la Livonie et la Courlande.

8.            d’Alemagne supérieure, du Po, du Tibre, l’Italie et de la Sicile

9.             la Grèce et l'Archipel.

Distribution des Provinces, après ce convent.

1. Prov. de la Basse-Allemagne, de la Pologne et de la Prusse (on lui a donné ce rang, parce qu’elle a été mise la première en activité),

2.        d'Auvergne,

3.       de l’Occident,

4.       d’Italie et de la Grèce,

5.        de Bourgogne et Suisse,

6.        de l'Allemagne supérieure,

7.        d’Autriche et Lombardie,

8.        de Russie,

9.      de Suéde.

On rayait du matricule les provinces d'Aragon et de Lyon, parce qu'elles n'étaient point en activité, et celle de la Grande-Bretagne, parce qu'il n'y avait pas lieu d'espérer qu elle s'y remît (66).

Chaque province se subdivisait en prieurés, en préfectures, en commanderies, en loges écossaises (jésuitiques), en loges symboliques, où la Maçonnerie est un culte.

Toutes les provinces, après la mort du baron de Hund, furent subordonnées au G.-M. général le duc Ferdinand de Brunswick ; mais chaque province eut son G.-M. provincial ; la 7e avait le baron de Hund.

Les statuts sont en 16 articles et ont pour titre : Statuts de l’Ordre illustre de la Stricte-Observance ; ils confirment l'idée que l'on doit se faire, par ce qui précède, de la nature et du but de l'Ordre. Citons-en quelques articles :

Аrt. 1er « Quoique les régies prescrites par l'Ordre, dans les premiers temps de son existence, soient encore d'obligation pour chacun de nos frères, alors surtout qu'ils y sont assujettis, par serment, lors de leurs réceptions, il est certain aussi que ces  obligations souffrent quelques restrictions et qu'elles ne sont applicables que dans les cas où elles peuvent être convenablement observées, suivant la différence des religions, mœurs et gouvernement politique des divers pays dans lesquels nous vivons. C’est donc sous ce rapport que les frères de l'Ordre doivent considérer ces règles, qui seront toujours pour eux un monument respectable de l'antiquité, et c'est, après ces restrictions, qu'ils ont à observer et à exécuter les obligations qu'ils ont contractées. »

Ainsi, il n'est pas question d'un absurde attachement à ces règles, ni aux anciennes possessions. Car les premières étaient spécifiques, tandis que les autres n'étaient que casuelles ; d’ailleurs les chefs de l'Ordre n'ont jamais eu des idées assez romanesques pour espérer de rentrer un jour dans les biens des anciens frères.

Аrt. 6. « Comme l'Ordre a généralement reconnu bon de se cacher sous le manteau de la Franc-maçonnerie, sous lequel nous nous sommes trouvés en sûreté depuis tant d'années, la prudence nous conseille de ne point lever ce voile ; du moins ne devons-nous pas le faire de nos jours, peut-être jamais ; en tout cas, pas avant que nous trouvions que ce voile est insuffisant ou inutile pour nous garantir de la curiosité. Nous devons, au contraire, continuer à bâtir tout notre système sur la Franc-maçonnerie, comme sur sa pierre fondamentale. C'est elle qui doit nous fournir les hommes que nous pourrons employer pour mettre en pratique nos bonnes intentions. »

Que les dupes de l'écossisme qui savent lire comprennent !

Ramsay, le baron de Hund et leurs partisans mentaient donc quand ils avançaient que tout vrai maçon est templier, puisqu'au contraire ils savaient que tout templier devait, pour exister, être maçon. Un vrai maçon, qui a la connaissance de cet article, dont le sens se dévoile d'ailleurs à chaque pas dans cette œuvre de ténèbres, peut-il rester dans un pareil ordre, n’importe le titre sous lequel il se cache, sans être à la fois maçon parjure et faux frère ?

Art. 13. « Nos efforts pour consolider notre bien-être et celui de l'Ordre doivent nous concilier la bienveillance des princes qui ont à cœur la prospérité de leurs Etats. Quand nous aurons réuni des fonds par notre activité et par les moyens indiqués, nous devons nécessairement nous occuper (après avoir payé les diverses avances des frères qui auront contribué au bien de l'Ordre, et les commandes et prébendes aux dignitaires, suivant leur ancienneté) d'employer tout l'argent excédant à acquérir des biens-fonds, et de fonder des établissements qui contribuent, en même temps, au bien particulier de l'Ordre et à celui des Etats. L'établissement de fabriques et d'institutions charitables, l'encouragement de certaines branches de commerce et de fabriques indigènes et autres, sont des choses qui peuvent nous assurer la bienveillance des princes et l'approbation du public, et jamais on ne nous enviera les bénéfices que l'Ordre et les membres en retireront, dés qu'il sera démontré que noue ne cherchons pas seulement notre intérêt, mais que nous avons aussi en vue, pour ainsi dire, le bien-être du pays tout entier. » Etc.

Ces statuts, qui étaient déjà observés en 1767 et qui n'étaient pas destinés à être rendus publics, dévoilent parfaitement le système : l'intérêt intime de l'Ordre sous les apparences des intérêts des États sur tous les points du globe.

 

Une telle société qui, par la captation dont elle usait si lucrativement, aurait absorbé journellement des legs en capitaux et immeubles que l'intérêt et le rapport doubleraient à de courtes périodes d'années, sans cesse accumulées dans une progression effrayante, finirait, dans un laps de temps moins long qu'on ne le pense, après s'être emparée, par ses établissements immenses, ses principes accrédités dans un enseignement uniforme et général, finirait nécessairement par envahir toutes les possessions du monde matériel en vrais Tubalcains, qui s'empareraient en outre de l'existence des ouvriers, comme seuls gérants de l'industrie-universelle sur les deux hémisphères. Alors cette société serait maîtresse de l'âme, du corps et du bien des hommes ; le rêve de la domination universelle et absolue serait réalisé ; ce qui convenait mieux à ses membres que la prétendue récupération des biens et des richesses des anciens Templiers, mise en avant pour amuser les niais et faire des dupes. On a dû concevoir le danger d'une aussi formidable association, qui, dans son ambition insatiable, trouvait son rêve trop séduisant, trop beau pour y renoncer.

Nous omettons, pour ne pas grossir le volume, des documents intéressants, tels que :

1° L'acte d'obéissance des frères de la Stricte-Observance, tel qu'il fut envoyé de Berlin en 1772, dont copie avait été envoyée de Londres (sous la marque A, dans le bordereau) au G.-O. de France, le 6 octobre 1771.

2° L'acte de réunion et de soumission des membres cléricaux des nouveaux Templiers, an G.-M. provincial baron de Hund et au concile provisoire de la Stricte-Observance.

3° L'acte d'affirmation et de reconnaissance des mêmes, au nombre de quatre, fait à la préfecture d'Eckhorst, le 2 juillet 1767.

4° La composition du Chapitre général des Clercs de la 7e province.

5° La composition du chapitre provincial de la 7e province et de ses dix-neuf préfectures.

6° Une liste de soixante-deux personnages marquants, ayant leurs caractéristiques.

7° Les statuts de l'Ordre, rédigés par le chancelier de la province et publiés, en 1767, par le concile provincial, dont un extrait est ci-dessus.

 Ces documents se trouvent dans les Fastes initiatiques.

source : www.edifice.net

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