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Hauts Grades

La Théosophie de Martinez de Pasqually

15 Avril 2012 , Rédigé par Thomas Dalet Publié dans #Planches

Introduction au « Traité de la réintégration des Etres ». Cette modeste planche n'a certes pas la prétention de résumer le système philosophique du fondateur de l'Ordre des Chevaliers Maçons Elus-Cohen de l'Univers. Elle ne consiste qu'en une simple introduction basée sur une recherche personnelle. Je souhaite également apporter cette seconde remarque préliminaire : les concepts que je vais développé exprimaient la conviction et le cheminement initiatique personnel de MARTINEZ DE PASQUALLY, influencé par les idées et courants philosophiques de son temps. N'en déduisez dès lors pas trop hâtivement que l'auteur de cette planche les a adoptés stricto sensu ou les considère comme Vérité Universelle. Ce ne serait alors que dogmatisme contraire à notre réflexion maçonnique.

En conséquence, mon seul objectif restera de susciter l'envie de découvrir - et peut-être - de permettre une meilleure compréhension du « Traité de la Réintégration des Etres », œuvre souvent jugée rébarbative, complexe et dont la lecture reste souvent - malheureusement - inachevée ou incomprise.

Suivant l'enseignement de MARTINES DE PASQUALLY, franc-maçon théiste, ésoteriste et théurge, le caractère essentiel de Dieu est d'être quaternaire. La réalité métaphysique étant incompréhensible au langage profane, MARTINES a recours au symbolisme pour expliquer la chose : l'Unité a pour symboles le nombre 1 et le point. Si nous inscrivions ce point dans le cercle, il serait le centre de ce cercle, et la circonférence représenterait alors la création universelle.

Nous pouvons représenter le secret du dénaire de la manière suivante : 1 = 10 = 4. En effet, nous retrouvons ici la théorie des nombres triangulaires qui sont formés par l'addition des chiffres suivant leur ordre chronologique et dont le plus célèbre et qui nous occupe ici n'est autre que la tétraktys de PYTHAGORE : 1 + 2 + 3 + 4 = 10 =1. La somme des 4 premiers chiffres nous donne 10 et donc, un par réduction théosophique. Emanation : 1 + 2 + 3 + 4 = 10 - 1 ; Emancipation : 3 + 4 = 7 - 1 2 ; Création : 1 + 2 + 3 = 6 = 3 + 3 - 1 2 3 ; Mineur : 4 = 1 + 3 - 1 2 3 4.

Kabbaliste, MARTINES DE PASQUALLY nous dit encore que nous pouvons exprimer l'essence quaternaire de Dieu sous la forme d'un triangle avec un point au centre. Il nous dit encore que ce centre est composé des quatre lettres h w h y (Yod - Hé - Vav - Hé) qui peuvent également figurer au centre du triangle dans la tradition kabbalistique. Il semble donc qu'en nous disant que l'essence de Dieu est quaternaire, MARTINES DE PASQUALLY se réfère au Tétragramme, au nom imprononçable, la fameuse « parole perdue des maîtres » diront certains. Référons-nous à la science kabbalistique pour comprendre ceci : La première lettre du triangle, la lettre y Yod est l'attribut du Dieu d'Abraham et elle est attribuée au Père ; Le deuxième nom est composé de deux lettres h y Yod-Hé et donne le nom divin de Yah. C'est le Nom du Dieu d'Isaac et est attribué au Fils; Le troisième nom est composé de trois lettre w h y Yod-Hé-Vav et nous donne le Nom Divin de Yaho qui est le nom du Dieu de Jacob qui est assimilé au Saint-Esprit. Enfin, le quatrième nom est le Tétragramme, le Nom imprononçable h w h y. Ainsi, quand dans certains textes ou rituels, on se réfère au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, on évoque en fait la Tétraktys et implicitement le Tétragramme h w h y et donc, l'essence quaternaire de Dieu selon MARTINES DE PASQUALLY.

Pour la kabbale, l'Essence de Dieu ne peut être saisie par les créatures finies que nous sommes et c'est pourquoi, pour exprimer Dieu en tant qu'Absolu, ils emploient des termes négatifs pour exprimer que rien de ce qui peut être envisagé par notre esprit n'est adéquat à cerner l'Inexprimable. Ainsi, pour illustrer ce concept, quand nous disons de Dieu qu'il est juste, qu'il est grand, qu'il est bon, ...nous ne voyons Dieu que sous une de ses facettes et cela revient en fait à fragmenter l'Infini et toutes ces images ne sont que des voiles que nous tirons entre nous et l'Inconnu. Au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir, au-delà de tout ce que notre imagination nous transmet, Dieu est, et ce quelque chose qui « est », est pour nous une impossibilité et c'est tout ce que Dieu conçu par l'homme n'est pas. C'est ce que la cabale appelle « AIN SOPH », LE VIDE ILLIMITE.

Nous sentons immédiatement qu'entre les deux antipodes métaphysiques que sont les régions où Dieu voile « ce qui ne sera jamais, ce qui n'est pas, ce qui n'a jamais été » et « ce qui a été, ce qui est et ce qui sera » il existe une frontière, un seuil métaphysique. Cette frontière, c'est ce que la kabbale nomme KETER, « La couronne ». On lui donne le nom de couronne car toutes les émanations divines créatrices sont symbolisées par la figure de l'homme primordial, l'Adam Premier. La première de toutes est appelée « La Couronne » pour exprimer qu'elles ont leur source en ce qui est avant elles, comme la couronne est posée sur la tête de l'Homme Premier et indique ce qui est au-dessus de lui.

Toutefois, aucune manifestation ne pourrait exister dans une différenciation sans que l'unité émane la dualité. Pour cette première différenciation, la Kabbale emploie l'image de la Balance dont le point d'appui est KETER et dont les deux plateaux seront le PERE DIVIN « HOCHMAH » et la MERE DIVINE « BINAH ». Le Yod du Tétragramme h w h y est attribué au Père Divin et le premier Hé à la Mère Divine. Le WaW est attribué au Fils, TIPHERETH et le deuxième Hé à MALKOUTH, la Mère Inférieure, qui signifie « Le Royaume » et qui n'est autre que le Royaume qui n'est pas de ce monde dont parlent les textes.

Revenons au système martinésiste. Après ce dédoublement primitif, Dieu va émaner diverses catégories d'êtres auxquelles vont être dévolues diverses tâches d'ordre cosmique et agiront donc comme causes secondes dans la manifestation. Ce ne sont autre que les Anges dont nous parle l'exotérisme chrétien. Malheureusement, certaines entités arrivées au terme de la Mission pour laquelle Dieu les avait émanées se sont refusées à réintégrer l'Absolu, le Plan Divin, source du Souverain Bien. Elles ont préféré le Moi momentané, périssable, illusoire au Soi éternel, réel, impérissable. Ce sont donc elles qui se sont momentanément éloignées de Dieu. Elles voulurent s'égaler à Dieu et émaner à leur tour des créatures qui dépendraient d'elles. Mais par le fait qu'elles préféraient le moi momentané, parce qu'elles succombaient à l'illusion, elles s'exclurent du Plan Divin.

En attendant leur retour à la Lumière, elles demeurent par leur attitude égocentriste : rebelles à l'offre divine ; égarées puisqu'en dehors de leur destin légitime ; perverses puisque vivant en dehors du Souverain Bien et donc dans le Mal. Or, dans le domaine spirituel plus encore que dans le domaine matériel, ce qui est corrompu tend à corrompre ce qui est sain car s'y mêlent l'envie ou la jalousie (conscience malgré tout d'une infériorité réelle), l'orgueil (volonté d'avoir le dernier mot !) et l'intelligence (restée la même mais dans la mise en action maximale du mal). La Tradition désigne l'ensemble des Etres Spirituels Pervers sous le nom du Mal. Ne pouvant rester sur le plan qui leur était dévolu, Dieu va créer un plan qui sera leur domaine. L'homme va alors être émané avec pour mission de régenter ce domaine des Esprits Pervers. L'homme va être à l'image de Dieu et de même que Dieu est quaternaire, l'homme va être quaternaire. A l'image de Dieu, l'homme primitif va être doué d'un certain pouvoir de création. Le Verbe de l'homme primitif et le verbe divin seront semblables mais cependant non identiques.

Malheureusement, l'ensemble de l'égrégore du mal va agir sur Adam en l'incitant à franchir les bornes de ses possibilités naturelles. Sous l'impulsion de ces Entités Perverses, l'homme va se muer en démiurge indépendant et, renouvelant la faute des Anges, il va tenter de se faire créateur à son tour et d'égaler Dieu. C'est ce que nous rapportent ces deux légendes identiques pour MARTINES DE PASQUALLY, celle de LUCIFER, premier des Anges, le porteur de Lumière et celle d'ADAM, premier des Hommes. Mais alors que Dieu a des possibilités infinies, l'Homme, créature aux possibilités limitées, ne peut qu'objectiver ce qu'il a en lui. Au lieu d'une forme semblable à la sienne, il ne parviendra qu'à créer une forme ténébreuse, une forme matérielle. Mais aussitôt son crime accompli, le Créateur transmue la forme primitive d'Adam en cette forme de matière passive qu'Adam avait lui-même produite. C'est le symbolique revêtement des « peaux de bêtes » dont nous parle la Genèse « Et Dieu fit à l'Homme et à la Femme des « robes de peaux » et il les en revêtit... » (Gen. III, 21).

Nous aurons également une importante conséquence de la Chute : alors qu'avant la chute, l'Homme primitif était le régent des divers cercles planétaires et des divers plans où se faisaient sentir leurs influences, dorénavant l'âme de l'homme déchu va emprunter à ceux-ci une partie de leur substance afin de s'incarner : L'homme déchu va donc être sujet aux influences planétaires. L'essence supérieure d'Adam Kadmon, intégrée au sein de la matière nouvelle, succédant à la chute, est devenue le Soufre ; l'essence seconde, ce qui constituait la « forme » d'Adam, son double supérieur, est devenue le Mercure ; et la matière issue du second Chaos, c'est le Sel, le support, le réceptacle, la prison. Comme l'âme de l'Homme-archétype est prisonnière de la matière universelle, l'âme de l'homme-individu est prisonnière de son corps matériel et les entités déchues manifestent leur pouvoir sur l'homme déchu par la mort et les réincarnations qui se succèdent.

Toutefois, ne méprisons pas trop l'univers et le corps qui est devenu notre prison car en opérant une création autonome, Adam a été forcé de respecter les Lois qui gouvernaient l'Univers et, par conséquent, bien que de forme ténébreuse, ce corps est toujours à l'image du premier corps spirituel d'Adam. C'est sur cet espoir que se fonde le concept de la possibilité d'une réintégration. N'oublions pas que l'univers entier est le résultat de l'action du Verbe divin et, par conséquent, tout l'univers n'est autre que le langage par lequel le Verbe nous parle. C'est ce que les Rose+Croix appelaient le LIBER MUNDI. En conséquence, tout l'univers n'est qu'un symbole et suivant « que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » il suffit de savoir lire ce livre du monde pour acquérir toute la science.

La grande affaire de l'homme va donc être de retrouver ce royaume perdu, ce royaume qui n'est pas de ce monde comme disent les Evangiles. C'est la Réintégration spirituelle. Toutefois, la tâche sera rude car après la chute, l'homme se laisse engluer par la matière et il devient assoiffé de réussite matérielle. L'homme va devenir un être écartelé entre le fini et sa soif d'infini. Il risque d'oublier l'amour de Dieu qui l'appelle et attend son retour vers sa patrie perdue. Mais ce n'est pas un appel qui retentit au dehors, bien au contraire, le bruit le recouvre. Pour percevoir cet appel, il faut prêter l'oreille du cœur, oreille que nous devons exercer afin de renforcer la finesse de son ouïe. Malheureusement, Dieu ne nous appelle pas par notre nom profane qui représente notre Moi périssable mais il nous appelle par notre nom véritable, le nom de notre Soi, du Spiritus. Dans toutes les traditions, cet appel de Dieu est constant : les Proverbes sont significatifs à cet égard : « Humains, c'est vous que j'appelle ! Je crie vers les enfants des Hommes » (Proverbes, VIII, 4). Cependant, parfois, cet appel est entendu et la réponse sera de quitter la périphérie pour entrer au-dedans. L'homme se tourne en lui-même, il commence à descendre dans le cœur, dans une lente et continue marche vers le centre. On peut parler ici de conversion car cette conversion est un retournement au sens où le voyageur qui descendait la route va se retourner pour la monter. Il s'agira aussi bien d'un retournement de l'intellect, du cœur et du corps. Se convertir, c'est revenir et revenir, c'est devenir vivant. On représente souvent symboliquement, dans la tradition, ce retournement sous l'image d'un arbre renversé dont les racines sont au ciel.

L'homme est donc à la recherche de son pays natal mais il ne s'agit pas d'un lieu géographique car ce pays natal désigne le fond de l'être. « Connais-toi toi-même » enseigne l'Oracle. Mais à moins de recevoir une grâce violente, on ne revient pas chez soi en une seule étape et ce retour ne s'accomplira pas sans de sérieux dommages. Très vite, le noble voyageur comme est appelé celui qui s'engage dans l'itinéraire du dedans s'apercevra que si la route est large à la descente, elle est étroite comme un rasoir à la remontée. Cette voie passe entre deux abîmes, c'est une VIA MEDIA qui nécessite un harmonieux équilibre. Déjà LAO-TSEU avait dit : Lorsqu'un homme élevé entend la Voie, Il l'embrasse avec zèle. Lorsqu'un homme médiocre entend la Voie, Il l'écoute et l'oublie. Lorsqu'un homme grossier entend la Voie, Il éclate de rire. La Voie, s'il ne riait pas, ne serait plus la Voie.

A moins d'une grâce immédiate qui emporte tout et dont le secret est dans les mains de Dieu, la tâche semble tellement ardue que le Créateur va rétablir l'équilibre en détachant de son Cercle Spirituel Divin un Esprit Majeur pour être le guide, l'appui, le conseil et le compagnon de l'homme, du mineur comme l'appelle MARTINES DE PASQUALLY. Notons que même le nom de l'Ordre fondé par MARTINES DE PASQUALLY est sujet à une interprétation ésotérique. En effet, l'Ordre des Elus Cohen indique bien que MARTINES sentait le travail de l'Ordre comme une véritable prêtrise puisque cohen signifie prêtre. Mais si nous prenons l'anagramme de prêtre (cohen), nous obtenons Hénoch. Hénoch est un personnage sur lequel Martines insiste fortement. Qui est ce Henoch ?

C'est le premier à porter ce nom et c'est l'aîné des fils de Caïn. Il est également le constructeur de la première ville qui portera son nom, Hénochia. Ce nom est porté par le septième patriarche. Voici ce que nous dit la bible au sujet de ce personnage : « Hénoch vécut 65 ans, puis il engendra Mathusalem. Après la naissance de Mathusalem, Hénoch marcha avec Dieu durant trois cents ans ... La durée totale de la vie d'Hénoch fut donc de 365 ans. Hénoch marcha avec Dieu puis il disparut, car Dieu l'avait enlevé ». (Genèse V, 21-24). L'Ecclésiastique nous fournit d'autres précisions : « Hénoch plût à Dieu. Il a été transféré dans le Paradis, pour faire entrer les nations futures dans la pénitence... » (Eccl. XLIV, 16).

Hénoch est donc le seul homme qui a été réintégré de son vivant, en corps, âme et esprit, dans le Royaume d'Eden; c'est le seul homme qui a été choisi par Dieu pour annoncer aux Anges déchus leur condamnation et les garder captifs. C'est donc lui le maître du divin royaume et le geôlier des « veilleurs du ciel », tombés par leur union avec les filles des hommes. Or, c'est justement la le rôle assigné à l'Adam primitif. Dans les traditions de l'Orient, Hénoch est confondu avec le fils de Caïn. Pour les chrétiens d'Asie-Mineure, Hénoch est l'équivalent du Trimegistos grec et de l'Hermès égyptien. Pour les kabbalistes, c'est aussi l'Ange de la séphirah Keter, Métatron dont le nom signifie Principe de Lumière. N'oublions pas son caractère solaire par le fait qu'il vécut 365 ans, nombre symbolique du cycle solaire. On l'apparente à Adam, son homonyme par le fait qu'il bâtit la première ville. Et comme il doit revenir à la fin des temps, il est donc l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier...

Retenons donc bien qu'en choisissant Hénoch comme « patron » de son Ordre, MARTINES DE PASQUALLY nous montre qu'il entend que la Réintégration dont il parle n'est pas une réintégration partielle, embrasant seulement l'âme, mais l'homme complet : corps, âme et esprit. Comme l'avait dit D'ECKHARTSHAUSEN dans « La nuée sur le Sanctuaire » : « La re-naissance est triple : premièrement la renaissance de notre raison; secondement, celle de notre cœur et de notre volonté; troisièmement, notre renaissance corporelle. Beaucoup d'hommes pieux, et qui cherchaient Dieu, ont été régénérés dans l'esprit et la volonté, mais peu ont connu la renaissance corporelle... ».

Donnons maintenant quelques précisions sur la Pneumatologie de Martines :

MONDE DIVIN
a. Les Etres Spirituels : ce sont les Idées-Mères qui vivent au sein de la divinité.
b. Les Esprits Supérieurs : dits également Esprits Dénaires, ce sont les émanations divines, les Nombres-Dieux.

MONDE CELESTE
a. Les Esprits Majeurs : assurent la correspondance entre l'homme et Dieu. Limitent le monde inférieur composé des mondes céleste et terrestre. Ils sont les Agents des Lois de l'Univers. Ils sont préposés à la conservation du temps mais ne produisent pas les essences matérielles.
b. Les Esprits Inférieurs : assurent l'existence même de la Matière. Ce sont les puissances des Eléments, des Etres de la Région astrale supérieure, les Génies planétaires, ...

MONDE TERRESTRE
Les Esprits Mineurs : ou Mineurs Spirituels, assurent l'édification du Monde Matériel; Ce sont les Ames Humaines.

Cette dernière classe se subdivise en quatre catégories :
1. Mineurs Elus : Ce sont les grands guides de l'humanité : Hénoch, Melkissedec, Moïse, David, Salomon, Zorobabel, Platon, Pythagore, Jésus, le Bouddha, ...
2. Mineurs Régénérés : Ce sont les Adeptes, les Maîtres, c'est le stade atteint par les Rose+Croix et ceux qui étaient titulaires du grade de Réaux+Croix.
3. Mineurs Réconciliés : Ce sont les Initiés des degrés inférieurs qui ne sont pas encore parvenus au stade de Rose+Croix.
4. Mineurs en Privation: Ce sont les profanes.

Toutefois, MARTINES DE PASQUALLY nous dit que la grande affaire de l'Homme, c'est sa Réintégration. Voyons donc comment se fera cette Réintégration et quelles seront ses conséquences. Nous avons dit qu'après avoir descendu le chemin, l'homme devait remonter celui-ci. Ceci est marqué comme nous l'avons vu par une première étape que nous appelons la conversion et qui consiste pour l'homme à quitter la périphérie et à descendre dans son cœur, vers le centre, par cette fameuse voie cardiaque. Il faut donc, pour employer une image, déplanter notre arbre, le retourner et replacer ses racines au Ciel, c'est-à-dire, en fait, au plus profond de nous. Pour cette étape, il s'agira dons de s'élever moralement afin de nous détacher de cette forme ténébreuse qui nous attire d'autant plus qu'elle est, nous l'avons vu, notre propre œuvre. Cette première étape est donc un combat intérieur.

N'oublions pas que dans ce combat, nous ne rencontrons pas que des amis car nous devions être les geôliers des entités perverses et déchues. Donc, comme celles-ci ne voient pas joyeusement un homme se libérer et redevenir ce qu'il est de droit : leur maître, elles vont tout mettre en œuvre pour s'opposer à ce retour. Contre elles, l'homme devra lutter en les démasquant et en les rejetant hors de son domaine. Nous avons dit auparavant que le Créateur va aider le Mineur en détachant de son Cercle Spirituel Divin un Esprit Divin qui sera le guide et l'appui du Mineur. Mais malheureusement, les périls de la voie sont tels que le conseil d'un esprit majeur ne suffira pas.

Il lui faudra encore le secours d'un Mineur Elu, donc d'un homme qui lui est déjà réconcilié et régénéré qui par l'Initiation le rattachera aux éléments de l'Adam Premier qui ont déjà obtenu cette réintégration. L'aide qu'il leur apportera est double. N'oublions pas que depuis la chute, l'homme est privé de communication directe avec le Créateur. Le seul moyen qu'il a encore de parler avec son Créateur, la seule chose qu'il lui reste de son pouvoir primitif de création, ce sont les Images du Culte théurgique qui doit être rendu au Créateur. Le Mineur Elu transmettra donc à l'homme les instructions précises sur le Culte. Deuxièmement, il communiquera aux « hommes de désir » auprès desquels il est envoyé les dons mystiques qu'il a reçu lui-même et avec lesquels il marquera d'un caractère, d'un sceau ineffaçable le Mineur qui deviendra réconcilié.

C'est ici que nous pouvons comprendre le sens profond des mystérieuses « passes », de ces signes que l'opérateur verrait apparaître au cours des cérémonies théurgiques et dont tous les livres traitant de MARTINES DE PASQUALLY ou de l'ORDRE DES ELUS-COHEN parlent. Le but de ces cérémonies consistait uniquement à faire descendre l'Esprit Saint sur l'opérateur afin qu'il soit marqué de cette empreinte ineffaçable dont nous avons parlé. Ce n'est qu'à l'issue de ce travail intérieur qui peut durer une vie entière qu'un jour, le Mineur parviendra à retrouver ce centre perdu au plus profond de lui-même. A partir de cet instant, il sera en communication directe avec cet Esprit Majeur qui lui a été envoyé par le Créateur. Il pourra donc converser avec lui. Comme ce langage n'est pas notre langage ordinaire mais le langage angélique, cette conversation se tiendra par le moyen de symboles, de signes, de « passes » dont il faut posséder le code pour les interpréter. Les fameuses « passes » ne sont pas le but mais cette vision dans l'astral signifiera pour l'opérateur qu'il est enfin en communication avec l'Ange Initiateur.

Alors, seulement, de cette définitive libération individuelle, sortira la grande libération collective qui permettra la reconstitution de l'Archétype puis sa réintégration dans le divin qui l'émana jadis. Abandonnée à elle-même par son émanateur, la matière se dissoudra et ce sera alors « la fin du Monde » annoncée par toutes les Traditions. L'essence divine réoccupera alors graduellement ces régions d'où elle s'était primitivement rétractée et les illusions baptisées du nom de créatures, d'êtres, de mondes, disparaîtront et ainsi s'effectuera « la victoire » du Bien sur le Mal par un simple retour des choses dans le divin, le retour en KETER des kabbalistes. Telle était la philosophie ou plutôt la théosophie de l'auteur du Traité de la Réintégration qui fondait sa foi en la perfectibilité du genre humain et espérait la reconstruction du temple de Zorobabel, du temple de l'Homme.

Pour conclure MARTINEZ DE PASQUALLY doit-il être considéré comme un grand initié, comme un illuminé ou comme un charlatan ? Son message est-il irrationnel, traditionaliste, initiatique, purement symbolique ? GUENON avait-il raison de voir en la philosophie Cohen, la survivance exacte de l'ésotérisme chrétien ? Comment expliquer qu'on la retrouve en filigrane dans les rituels du RER ? A chacun d'y répondre…personnellement car chacun de nous doit rester libre de choisir le sens qu'il veut - ou qu'il peut - donner à certains mots comme Dieu, Esprit-Saint, théurgie, âme ou esprit. Et comme le souligne la FAMA des Rose+Croix : Il t'appartient de pénétrer seul ces arcanes. Personne au monde ne te les dira en langage clair, car ils sont incommunicables. Mais attention, avant de juger - et pour le peu que l'on ressente ce droit - n'oublions pas LAO TSEU ainsi que la sapience alchimique : notre matière est rejetée avec mépris par l'homme de la rue qui la trouve vile, sale, sans le moindre intérêt et, pourtant, sans elle, point de pierre philosophale. Je vous remercie de votre courageuse attention.

J'ai dit,

V\ M\

source : http://www.ledifice.net

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