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Hauts Grades

Le Bouddhisme et le Franc-Maçon

5 Novembre 2012 , Rédigé par Matthieu Belier Publié dans #spiritualité

« Le bouddhisme est athée en ce sens qu'il ne reconnaît pas un dieu créateur ; il s'appuie sur l'auto- création, considérant que nos actions modèlent chaque action de notre vie ; de ce point de vue, le bouddhisme n'est pas une religion mais une science de l'esprit ». Dalaï- Lama

"Aussi longtemps que les êtres vivront, aussi longtemps que l'espace perdurera, je resterai afin de servir et d'apporter ma modeste contribution au bien-être d'autrui."
Shantideva.

INTRODUCTION

Les débuts de la philosophie en Inde sont consignés dans les Véda (savoir ).
Les Véda sont un ensemble d'écrits volumineux réservés à l'usage culturel des prêtres ; ils rassemblent les savoirs mythologique et religieux des 1ers temps de la civilisation. Les parties les plus anciennes remonteraient à + / - 1500 avantJC.
Les Véda comprennent 4 parties :
- Rigvéda (hymne de louange )
- Sâmavéda (chants )
- Ayurvéda (formules sacrificielles )
- Altharvadéva ( formules magiques )
Leurs ont été adjoints les textes explicatifs suivants :
- les Brahmana : expliquent le sens et la finalité des sacrifices et le bon emploi des formules
- les Upanishad, philosophiquement les plus importants ,ils contiennent les textes fondamentaux de la philosophie indienne : la doctrine de Karma et de la réincarnation, la pensée unifiante de l'identification d'Atman et Brahman.
A partir d'environ 500 av JC commence l'époque des systèmes philosophiques classiques. A la différence de la sphère de pensée plutôt fermée de la période védique, apparaissent des écoles de pensée diverses.
Toutes se rejoignent derrière le fait que la personne s'efface derrière l'œuvre et que les dates historiques n'aient pas une grande importance.
Progressivement, la philosophie échappe aux prêtres (les brahmanes ) et entre dans d'autres couches de la population.
On distingue :
- les systèmes orthodoxes qui reconnaissent l'autorité des Védas comme révélation (Sâmkhya et Yoga, Nyâya et Vaisehiska, Vedânta et Mîmâmsâ
- les systèmes non orthodoxes au nombre desquels figurent le BOUDDHISME.

Outre le pays d'origine, il en existe des écoles différentes : tibétaine, vietnamienne, japonaise …

I - LES PRINCIPES GENERAUX

L'enseignement du bouddha ne se réduit ni à une philosophie, ni à une religion, ni même à un système éthique : c'est une pratique.
A la différence d'une religion, il ne fait appel ni à une croyance ni à un acte d'adoration.
Il invite au travail sur soi ; au delà d'un système éthique, il est un moyen de délivrance. C'est un moyen qui mène à l'Eveil, à la connaissance véritable des Etres et des Choses, à la délivrance radicale de la souffrance.
Bouddha a dit : " ne vous fiez point aux oui-dire, à la tradition, à l'autorité des textes religieux, aux suppositions, à la simple logique, à ce que dit l'ascète. Mais quand vous avez vu ces choses par vous-même, elles sont immorales, mauvaises, blâmées par les sages ; exécutées, elles conduisent à la ruine et à la souffrance ; alors vous les repoussez.
Quand vous avez vu par vous-même, elles sont louées par les sages, morales, non blamables, conduisent au bien être et au bonheur, c'est alors que vous les pratiquez ".
Le dalaî lama affirme : les mêmes idéaux d'amour sont à la racine des principales religions de ce monde. Bouddha, Christ, Confucius, Zoroastre …enseignent avant tout l'Amour.
Hindouisme, Islam, Jaïnisme, Judaïsme, Loi sikh, Taoïsme …ont un but identique.
Toutes les pratiques spirituelles visent la progression bénéfique de l'humanité.

I1 - le fondateur du bouddhisme

Siddhârta du clan des Gautama était un jeune prince avant de devenir Bouddha c.a.d l'Eveillé.
Il appartenait à la caste des guerriers et vivait au 6ème ou 5ème siècle avant JC dans la sécurité d'un palais sis au nord de l'Inde proche de l'actuel Népal. A 16 ans, il épouse Yasodhara qui lui donne un garçon.
4 rencontres bousculent sa vie: avec un vieillard, avec un malade, avec un cadavre et enfin avec un moine errant.
Renonçant aux plaisirs , il devient ascète en quête d'une solution aux souffrances de l'humanité
Pendant 6 ans, il rencontre des religieux célèbres, se soumet à des pratiques rigoureuses et austères qui ne le satisfont pas : il rejette les extrêmes du plaisir et de la mortification.
Il décide de vivre sous un arbre jusqu'à l'extrême compréhension des choses de la vie. Il connaît l'éveil à 35 ans ; pendant les 45 années suivantes, il se consacre à faire connaître la voie qui permet de sortir de la souffrance.

I2 - le texte fondateur

Reconnu par tous , il s'agit du sermon des 4 NOBLES VERITES. Bouddha agit en médecin :
Les quatre vérités sont la base même du bouddhisme, les fondements de la doctrine révélée par Bouddha après être parvenu à l'éveil. Comprendre les quatre nobles vérités c'est comprendre le sens et la profondeur du message de Bouddha.

1ère vérité, il pose le constat de la maladie
Pour Bouddha, toute la vie : de la naissance à la mort, des liens aux séparations, peut devenir source de frustration. La souffrance est partout.
L'originalité de la philosophie bouddhiste est de considérer que chaque Etre ou chaque " moi " est une combinaison de forces physiques et mental en perpétuel changement.
Cette combinaison dynamique peut être divisée en 5 groupes : la matière, les sensations, les perceptions, les formations mentales, la conscience.
Pour le bouddhiste, il n'y a pas d'esprit permanent appelé " soi " ou " âme ". Le " JE " source de tous les attachements et de toutes les aversions n'a pas d'identité véritable
Dans cette vérité, Bouddha montre que la souffrance (dukkha) est universelle. Tous les êtres sont touchés par la souffrance, qui est partout dans ce monde. Elle peut être physique (maladie, vieillesse... comme lors des quatre rencontres de Siddartha) ou encore morale. Elle peut être causée aussi par l'insuffisance, l'imperfection, l'impermanence de toute chose et l'insatisfaction perpétuelle de l'homme.
Bouddha affirme que :
"La naissance est dukkha, la maladie est dukkha, la mort est dukkha. La tristesse, les lamentations, la douleur, le chagrin et le désespoir sont dukkha. Etre en contact avec ce que l'on aime pas est dukkha, être séparé de ce que l'on aime est dukkha, ne pas obtenir ce que l'on désire est dukkha. Les cinq agrégats d'attachement sont dukkha." Cette citation résume bien le fait que la souffrance est universelle.

2ème vérité, Samudaya : il donne son diagnostic
La cause de la souffrance est cette soif ou convoitise, d'appropriation, de possession ; elle produit la ré-existence et le re-devenir liés à une avidité passionnée trouvant une nouvelle jouissance ici ou là dans le plaisir des sens, de l'existence, du devenir, de la non-existence (auto-annihiliation ). Elle vient de l'ignorance qui fait croire qu'un " Soi " existe et que des possessions rendent heureux. Tant que l'Homme est esclave de son attachement, de son aversion, d'une affirmation de lui-même, d'une volonté d'anéantissement, il continue à transmigrer d'une existence à l'autre.
Cette souffrance universelle à une cause, le désir. Le désir de posséder les choses ou les êtres, d'idéal, du pouvoir. Le désir ne meurt jamais car il renaît à mesure qu'on le satisfait. Les êtres sont enchaînés au désir et c'est l'origine de la souffrance. L'attachement est une cause de souffrance, ainsi que l'ignorance ou le refus de la connaissance (ou en être privé). La souffrance n'est pas une fatalité, elle est due à la volonté d'obtenir toujours plus, de pouvoir satisfaire toujours tous ses désirs.

3ème vérité,niroda, il propose un remède
Il faut mettre fin à cette soif. Il faut la délaisser, y renoncer, s'en libérer, s'en détacher.
La force du bouddhisme réside dans l'affirmation qu'une libération de la souffrance est possible par l'extinction de la soif, de tout attachement ; cette extinction de la convoitise, de la haine, de l'illusion, c'est le Nirvâna : c'est la Liberté, la Félicité, l'Ultime non conditionné.
L'or de cet éveil est dans le sol de notre esprit mais si nous ne le creusons pas, il reste caché.
Elle nous explique qu'il existe un état de cessation de la souffrance, le nirvana. C'est l'état de Bouddha, l'unique but du bouddhisme. C'est à dire qu'il est possible d'atteindre le nirvana. Il ne s'agit pas de s'isoler du monde mais d'éviter la souffrance en utilisant la connaissance des causes de celle-ci. C'est une connaissance de soi et de ses facteurs perturbateurs qu'il faut effectuer.
Bouddha présente ainsi le nirvana :
"Voici, moines, la Noble Vérité de la cessation de la souffrance : c'est la cessation totale, sans attachement, de ce désir même, y renoncer, l'abandonner, en être libéré."

4ème vérité, magga, il précise l'application de ce remède
Dans sa quatrième vérité, Bouddha décrit le chemin à parcourir pour atteindre le nirvana dont il vient de montrer l'existence. Il faut suivre la voie de l'Octuple Sentier. Il montre le chemin et la conduite à adopter pour pouvoir atteindre l'état de cessation de la souffrance. La voie est dite du "milieu" car ni dans l'extrême de vie des plaisirs, ni dans l'extrême de vie de privations et d'ascétisme.

L'Octuple Sentier :
Il se compose de huit moyens à utiliser pour atteindre le nirvana.
la compréhension juste :
Prendre conscience des quatre nobles vérités et de leur réalité et comprendre que l'homme par son comportement est le seul responsable de sa souffrance. Ce sont ses actes nuisibles qui augmentent son mauvais karma.
la pensée juste :
Examiner la signification profonde du monde et des quatre nobles vérités et si possible l'expliquer aux autres.
la parole juste :
Utiliser la parole et l'enseignement pour montrer aux autres la réalité du monde et les amener à la vue juste du monde. La parole est dépourvue de supercherie. Les paroles blessantes, humiliantes, vulgaires ou insultantes sont à éviter.
la conduite juste :
Adopter une conduite pure et morale qui puisse convaincre les autres que nos activités sont en accord avec la doctrine et sont en harmonie avec une éthique pure.
les moyens d'existence justes :
Convaincre les autres que nos moyens d'existence sont convenables, non contaminés par les fruits empoisonnés de moyens d'existence impropres et dépourvus d'éthique.
l'effort juste :
Méditer encore et encore sur la signification de la réalité afin d'être protégé contre les facteurs perturbateurs de l'esprit. C'est un travail à accomplir sur soir pour mettre en pratique l'Octuple Sentier.
la mémoire juste :
Maintenir le calme mental et l'application des quatre nobles vérités et de ne pas les oublier.
la concentration juste :
Référence à la méditation et à la stabilisation méditative libérées du laxisme ou de l'excitation qui empêchent la méditation. Ainsi la compréhension juste (ou vision juste) marque la rupture avec une mauvaise vision du monde, la pensée juste est le signe indicateur, la parole juste, les moyens d'existence justes et la conduite juste sont trois façons de convaincre les autres, tandis que l'effort juste, la mémoire juste et la concentration juste sont des antidotes contre les facteurs perturbateurs de l'esprit et du chemin à accomplir.
Ces 8 éléments peuvent être regroupés en 3 ordres
- ceux qui relèvent de la sagesse : vue et pensées justes
- de l'éthique : parole et moyens d'existence justes
- de la méditation : attention et concentration juste

La connaissance vraie, le comportement correct, la méditation adéquate sont inséparables dans la vie d'un bouddhiste.
La connaissance vraie consiste à saisir que ni le " soi " ni les " phénomènes " ne sont autonomes ou éternels. Tout subsiste en interdépendance, tout est donc impermanent, :
Dès l'instant où ils viennent à l'existence, tous les phénomènes sont éphémères par nature et ne perdurent pas même un moment. Cette fugacité résulte de la cause elle- même, sans implication d'aucun autre facteur. Tout ce qui est composé de parties ou déterminé par des causes et conditions est impermanent et passager. Rien de demeure dans l'éternité, tout se désintègre continuellement : c'est l'impermanence ; tout se fait ou se défait, tout est " vide " d'une existence indépendante ou définitive.
Parmi les 4 notions bouddhistes fondamentales (les 3 autres étant l'impermanence, l'interdépendance et la souffrance ), le vide (sunyata ) est certainement la plus mystèrieuse et la plus difficile à saisir. Le vide est une notion scientifiques ; nous sommes vides : la matière qui nous compose est vide ; la doctrine du vide n'affirme pas ou n'explique pas la non existence de toute chose. La signification du vide réside dans la nature interdépendante de la réalité. Le vide signifie qu'aucun phénomène ne peut avoir une existence inhérente ; en comprenant cela nous pouvons comprendre la nature illusoire de tous les phénomènes.
S'attacher aux éléments du monde est aussi vain que d'identifier la lune à son reflet.
Le comportement correct c'est s'abstenir du mensonge, de toute parole blessante, ou vaine se conduire de manière honorable et pacifique, exercer une profession qui ne puisse pas nuire.
Dans le bouddhisme mahâyâna, " le Grand Véhicule " ne se contente pas d'une libération individuelle mais vise le bonheur de tous, la compassion pour tous les " êtres " ignorants de leurs vraies natures et esclaves de leurs pulsions.
La méditation adéquate consiste en une discipline qui apaise les états mentaux perturbateurs. Les moyens proposés sont variés ; il faut simplement pratiquer la voie choisie avec assiduité. Le bouddha Shâkyamuni laisse, après sa mort, une Loi : le Dharma, doctrine qui pénètre l'ordre du monde. C'est un état d'esprit, la vraie nature de chaque être (la bouddhéité ).
L'esprit de chacun d'entre nous est bouddha ; ceux qui recherchent la vérité prennent conscience qu'il n'y a rien à chercher ; il n'y a pas de bouddha mais l'esprit ; il n'y a d'esprit que bouddha ; ceux qui recherche la voie ne doivent rien chercher.

CONSEILS DU DALAÏ-LAMA POUR MENER VOTRE VIE :

1. Tenez compte du fait que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques.
2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.
3. Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres, Responsabilité de tous vos actes.
4. Souvenez vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance.
5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser correctement.
6. Ne laissez pas une petite dispute meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passez un peu de temps seul chaque jour.
9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas vos valeurs s'envoler.
10. Rappelez vous que le silence est parfois la meilleure des réponses.
11. Vivez votre vie d'une façon bonne et honorable. Ainsi, lorsque vous vieillirez et que vous regarderez en arrière, vous en profiterez une deuxième fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
13. Dans les désaccords que vous avez avec ceux que vous aimez, ne vous occupez que de la situation actuelle. Ne réveillez pas le passé.
14. Partagez votre savoir. C'est une manière d'atteindre l'immortalité.
15. Soyez tendre avec la terre.
16. Une fois par an, allez quelque part où vous n'êtes jamais allé auparavant.
17. Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle l'amour que chacun porte à l'autre dépasse le besoin que vous avez de l'autre.
18. Jugez vos succès d'après ce que vous avez dû sacrifier pour les obtenir.
19. Approchez l'amour et la cuisine avec un abandon insouciant.

I3 - Les concepts fondamentaux

Le samsara :
Il désigne le cycle infini des renaissances. Les hommes naissent, meurent et renaissent sans cesse dans un cycle infini : le samsara. Enchaîné au samsara, auquel il ne peut s'échapper, l'homme souffre en vain. Assis sous l'arbre de l'éveil Bouddha se remémore ses vies antérieures et prend conscience du samsara.
L'objectif du bouddhisme est la cessation de la souffrance ; la pratique doit mener à un état de cessation de cette souffrance universelle, le nirvana. C'est uniquement lorsque l'on a atteint le nirvana que l'on peut se libérer du samsara.
La réincarnation (renaissance) n'est pas un but. La condition dans laquelle on renaît dépend de nos vies passées et de nos actes présents, avec le phénomène du karma. Cette condition peut varier de la condition d'humain à animal ou vice versa selon le karma.
Le karma :
C'est une loi de cause à effet. Cela signifie que les actions passées (causes) déterminent les vies futures (effet sur la condition de renaissance). Ce sont nos actes qui déterminent notre condition à venir, d'où la nécessité d'une conduite morale pour avoir un bon karma et renaître dans une condition supérieure ou atteindre le nirvana, si l'on s'est dépouillé de tout mauvais karma. L'homme a donc un libre arbitre sur son destin, qu'il construit tous les jours par ses actes bons ou mauvais. Ainsi l'on peut espérer avoir une meilleure condition dans ses vies futures en accomplissant de bonnes actions et en s'évitant un mauvais karma.
Le nirvana :
Mot d'origine sanskrite, il désigne l'état de cessation de la souffrance. C'est le but ultime de la pratique du bouddhisme. Atteindre le nirvana signifie aussi la sortie du cycle des renaissances.
Les personnes qui ont atteint le nirvana sont appelées des bouddhas, elles ont éliminé tout mauvais karma et ont donc obtenu l'illumination qui mène au nirvana. Lorsqu'un bouddha meurt, il reste dans le nirvana et ne renaît plus, il s'est libéré du samsara.
Il ne faut pas confondre le nirvana et le paradis céleste des chrétiens, le nirvana est un état que l'on atteint une fois nos souffrances éliminées et tout désir anéanti, ce n'est pas un lieu où l'on va après la mort. C'est un état d'esprit (ou psychique) paisible dans lequel on reste une fois l'illumination atteinte. Ainsi à sa mort, le Bouddha historique (Siddartha Gautama) est resté au nirvana et ne s'est pas réincarné.
Les douze maillons :
Ces douze maillons sont un enseignement de Bouddha concernant la vie humaine. Ils sont chacun liés entre eux par une causalité (chaque maillon implique le suivant). Ils sont ignorance, concept, conscience, nom et forme, sens, contact, sensation, désir, attachement, existence, naissance, douleurs. Si l'on peut lutter contre notre ignorance, on se libère des autres maillons et donc de la souffrance (les douleurs).

L'impermanence :
C'est l'enseignement de Bouddha qui montre que le monde est impermanent. Rien n'est immuable, éternel. S'attacher à toute chose de ce monde est donc une cause de souffrance puisque cette chose tend à disparaître. Par exemple, les joies ne durent pas, ni les peines, à la nuit succède le jour et vice-versa, à la vie la mort.

I4 - Les autres concepts

Les cinq agrégats :
Dans la doctrine bouddhiste, l'être n'est en fait qu'une combinaison de forces et d'énergies physiques et mentales en changement constant. Ce sont les cinq agrégats, ils sont aussi liés à la première des quatre vérités de Bouddha puisqu'ils sont les causes mêmes de l'attachement et du désir.
la forme (ou matière) :
Elle comprend les quatre éléments fondamentaux (terre, eau, air, feu), leur différents états et leurs dérivés. Les dérivés sont les appareils sensoriels (vue, odorat, toucher,...) et leur correspondance dans le monde (formes visibles, audibles, odeurs...) ainsi que les formes non révélées (pensées...).
les sensations :
Les sensations plaisantes, douloureuses ou neutres forment cet agrégat, qui sont de six catégories (sensorielles et pensées).
l'identification :
Identification conceptuelle ou non conceptuelle des sensations, de façon faible, étendue ou incommensurable.
les facteurs composants :
Cet agrégat comprend les activités mentales telles le désir, l'ignorance, la vanité, l'égocentrisme... (52 facteurs dénombrés) et les actes qui répondent à la volonté et qui entrent dans le contexte du karma.
la conscience :
Les états de la conscience ayant pour origine les facultés sensorielles et l'organe mental (pensées) et ayant pour objets les formes du monde physique (sons, odeurs...). Cela met en évidence qu'il ne faut simplement observer et non pas rajouter des jugements aux faits que l'on perçoit. Constatant l'impermanence de toute chose, ces composantes de la conscience sont aussi source de souffrance (première vérité).

Les trois corbeilles :
L'enseignement de Bouddha est réparti en trois Corbeilles.
la Corbeille des Discours :
Elle définit de façon claire les agrégats, la production conditionnée, les quatre vérités...Elle comprend la partie théorique, et permet de lutter contre le doute qui perturbe notre esprit et nous écarte de la voie du milieu. Elle permet la stabilisation méditative (concentration juste) et donc de pouvoir rester sur l'Octuple Sentier.
la Corbeille de la Discipline :
Elle interdit de s'impliquer dans des actions proscrites (inconduite morale, sexuelle, l'attachement). Elle permet ainsi d'éviter les facteurs perturbateurs de l'esprit. Cependant ce n'est pas une restriction aveugle et idiote, en effet si l'on parvient à réduire la force de l'attachement aux choses, on peut utiliser des objets matériels tels beaux vêtements..., voire vivre avec un minimum de confort. En revanche celui qui même avec aucun confort (guenilles...) est soumis à un certain attachement aura effectué une faute proscrite par Bouddha. C'est ainsi qu'on évite de tomber dans les extrêmes (luxure totale, ascétisme total). Cette restriction ou permission a pour unique but de diminuer les facteurs perturbateurs tels l'attachement, le désir...
la Corbeille de la Connaissance :
Elle explique les caractéristiques des phénomènes comme l'impermanence, la souffrance ou le désir. Ainsi écouter et appliquer les enseignements permettra de corriger les idées et vues fausses et la conception erronée de son propre point de vue. Cela en vue de lutter contre la croyance en la supériorité de son propre point de vue.

I5 - Les orientations du bouddhisme

Le petit véhicule ou Hinayana ou Theravada
Le bouddhisme du petit Véhicule est considéré comme la branche orthodoxe du bouddhisme. C'est le bouddhisme des anciens, qualifié par ses pratiquants de plus proche de l'enseignement de Bouddha.
Ce courant met en avant que seuls les moines qui pratiquent seuls et sans aide peuvent atteindre le nirvana. Ce mouvement privilégie en fait la délivrance personnelle.
L'idéal de l'accomplissement personnel du mouvement Theravada est l'arhat, celui qui est parvenu à atteindre le nirvana, libéré du samsara et qui a donc achevé son cheminement spirituel et obtenu la parfaite santé mentale.
L'arhat à développé les sept facteurs d'illumination qui sont l'attention, l'investigation du dharma, l'énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l'équanimité. Son esprit est imperturbable à tel point que même menacé de mort, le mental de l'arhat reste calme car il sait que la mort ne serait qu'un changement de ses composantes, ne faisant que confirmer l'impermanence de toute chose. C'est ainsi que l'arhat Adhimutta, par son calme imperturbable déstabilisa un bandit qui était prêt à l'agresser. Le bandit impressionné devint alors un de ses disciples.
La sphère d'influence du Theravada est constituée principalement de la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie, le Sri Lanka.

le Grand véhicule ou Mahayana
Le grand Véhicule est le mouvement réformé du bouddhisme. Il fut proclamé au 3ème siècle après J.C. car non en accord avec l'écart grandissant entre les moines et les laïcs (influence du Petit Véhicule). En effet, le Mahayana prône le fait que l'on peut recevoir de l'aide pour éveiller le Bouddha qui est en nous. On n'est donc pas forcé de chercher seul l'illumination. Tout le monde peut recevoir l'illumination quelque soit sa condition.
Cette idée de permettre le salut (atteindre l'éveil) à tous les êtres vivant est vécue par le phénomène puissant de la compassion envers les autres et l'idéal du bodhisattva, qui aide les autres à atteindre l'illumination, en refusant leur propre libération et restant ainsi dans le cycle des renaissances (compassion).
On comprend mieux ainsi la citation du bodhisattva Shantideva présentée sur la page d'accueil de ce site. Cette citation résume bien la volonté d'aider les autres et la compassion qui anime les bodhisattvas.
Ce courant est surtout répandu dans des pays comme la Chine et le Japon (forme Zen), la Corée et le Tibet.

le Véhicule tantrique ou Tantrayana ou Vajrayana
Le Véhicule tantrique est une forme de Mahayana fondée sur les tantras. Ce Véhicule repose sur la pratique de rituels et de méditations, de pratiques "magiques" Il est très riche en symbolisme. La pratique des rituels fait aussi appel à des mantras. Le but de ces pratiques et de ces rites est d'arriver à réaliser de profondes expériences spirituelles qui peuvent amener à la bouddhéité plus rapidement qu'en suivant la voie très longue du bodhisattva.
Les textes tantriques se sont surtout répandu vers le 6ème siècle, leur compréhension nécessite les explications d'un maître spirituel (guru en Inde ou lama au Tibet). Comme pour d'autres mouvements bouddhistes, le Véhicule tantrique s'est enrichi des croyances locales des pays concernés (ici c'est surtout le bouddhisme du Nord) tels des divinités hindoues ou autres divinités et certaines pratiques locales.
Dans ce Véhicule, partant des concepts clés du Mahayana, chaque objet peut servir de moyen d'accès à la réalité ultime, en utilisant des méthodes et motifs justes. En effet, les rites peuvent ainsi servir à maîtriser les forces perturbatrices de l'esprit comme la passion ou la haine et les transmuter "magiquement" en leur opposé. Ce Véhicule apporte alors un nouveau moyen d'atteindre l'éveil.
Ce nouveau courant tantrique (Tantrayana) est aussi nommé le Véhicule du Diamant (Vajrayana). Le Vajra qui est un sceptre est un symbole représentant la puissance invincible de l'esprit illuminé contre les facteurs perturbateurs, dure comme le diamant. Le Vajra symbolise l'illumination. Le sceptre et la cloche de Vajra, liés représentent les moyens habiles et la sagesse qui unis permettent l'illumination.
Ce Véhicule est développé particulièrement dans les pays du "Bouddhisme du Nord" (Népal, Tibet, Mongolie, Bhoutan...).
Une ancienne tradition du Vajrayana (antérieur a padmasambhava) est le Shingon. Cette tradition introduite au japon au début du 8ème siècle a notamment beaucoup influencé la culture japonaise. Elle est toujours vivante car pratiquée par environ 12 millions de personnes dans le monde.
Le bouddhisme tibétain fait partie de ce Véhicule avec en plus une hiérarchie de la communauté bouddhique du Tibet. Le Dalaï-Lama ("océan de sagesse", actuellement Tenzin Gyatso, 14ème Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix) est considéré comme la réincarnation du bodhisattva de la compassion. Il représente l'autorité religieuse et politique du Tibet. Le Panchen-Lama ("joyau de sagesse") est le chef spirituel.

Le Bouddhisme zen ou Zen ou Chan
Le Zen est un courant développé par Bodhidharma, un moine indien du 6ème siècle qui s'est rendu en Chine pour y transmettre le Chan (équivalent chinois du mot japonais Zen).
Ce courant fait partie du Grand Véhicule et met l'accent sur la pratique de la méditation pour obtenir l'illumination.
Bodhidharma, selon la légende serait resté en méditation pendant neuf années devant un mur dans une caverne (près de Shaolin en Chine). Le bouddhisme Chan met l'étude et la dévotion au second plan et renie l'attachement aux textes sacrés ou aux objets de cultes. Il favorise plutôt une transmission directe de la connaissance de l'esprit du maître à celui du disciple. Bodhidharma affirma en effet :
"Transmission spéciale hors de Ecritures,
Indépendante des mots et des lettres,
Indiquant directement l'esprit humain,
En voyant la nature innée, on devient un Bouddha."
Au Japon, le Chan est appelé Zen. Lors de l'implantation du bouddhisme Chan au Japon, ce mouvement séduit alors en particulier les samouraïs par son éthique et son indifférence devant la mort. Plus tard, grâce à Dogen, le Zen se répandit dans le peuple ("Zen des paysans") et une première communauté se forma. L'accent est mis sur la méditation assise, dite ZaZen. Cette posture est en fait un retour au vrai bouddhisme du Bouddha historique qui avait obtenu l'illumination assis en contemplation sous l'arbre de l'éveil. Lorsque le pratiquant est en ZaZen, il oubli le soi et épanouit son potentiel de nature du Bouddha en atteignant des états mentaux élevés. Pour pouvoir méditer correctement, il faut parvenir à la non-pensée et pratiquer la méditation libéré de tout objectif, simplement avec la foi en la nature de Bouddha intérieure. C'est ainsi que l'on épanouit progressivement sa nature de Bouddha innée. Le Chan ou Zen est donc un courant principalement développé en Chine et au Japon.

La terre pure
L'essence du Bouddhisme de la Terre Pure est la dévotion à Amitabha, l'invocation du Bouddha. Cela consiste en la répétition (souvent en chinois ou en japonais) de "Hommage au Bouddha Amitabha".
L'objectif est d'arriver à répéter un minimum nécessaire de dix invocations avec une concentration parfaite. Afin de purifier l'esprit des facteurs perturbateurs grâce à la concentration fixée sur Amitabha et l'illumination réalisable dans sa Terre Pure. Lorsque que la pratique est pure on peut obtenir l'état mental attendu.
C'est Shan-Tao (613-681,Chine) qui rendit primordiale l'invocation dans le mouvement de la Terre Pure. Il existe cependant des pratiques secondaires telles le chant de sutras de la Terre Pure, la visualisation d'Amitabha et la résolution d'y renaître, le développement de la générosité et de la compassion par l'aide aux nécessiteux et par le végétarisme. Il est à noter qu'on retrouve encore le principe de la compassion, présent dans chaque pratique bouddhique.
Dans le bouddhisme de la Terre Pure, on pratique aussi des méthodes de méditation contemplative, sortes de "visualisations". Il y en existe cinq types, qui permettent d'éveiller une foi absolue en Amithaba. Les trois premiers sont des formes de purification du calme mental, comme par exemple se prosterner devant Amitabha en méditant sur ses pouvoirs extraordinaires, l'invoquer ou être déterminé à renaître dans sa Terre Pure. La quatrième attention vigilante est la visualisation d'une image d'Amitabha jusqu'à ce qu'on puisse la percevoir en détail les yeux fermés. La cinquième est une série de seize méditations sur la Terre Pure (visualiser le monde de la Terre Pure, images mentales des éléments). Cela apporte à celui qui médite une meilleure perception du monde et lui assure de renaître dans Sukhavati (la Terre Pure).
Le bouddhisme de la Terre Pure est principalement pratiqué en Chine et au Japon (école Jodo-Shin).

I6 - L'idéal à atteindre

L'idéal pour suivre et mettre en pratique l'enseignement de Bouddha est bien sûr la vie de moine bouddhiste, avec un comportement exemplaire en tant que tel, membre de la Sangha. Pour la discipline des moines, il y a quatre grands interdits qui sont le mensonge, le vol, le meurtre et les relations sexuelles. Pour suivre cette voie, il est possible de s'y prendre très tôt et de consacrer sa vie à la doctrine. A partir de l'adolescence, le jeune fidèle reçoit la première ordination après des années d'apprentissage avec son maître. Le fidèle devient alors un membre de la Sangha, prend refuge dans les Trois Joyaux du bouddhisme : Bouddha, la doctrine, la Sangha (communauté).
On peut tout aussi bien rester un "fidèle laïc", être en accord avec la doctrine et en comprendre le sens au travers de la culture (lectures...) sans devenir moine et tout abandonner. D'ailleurs, les fidèles laïcs constituent les donateurs envers la Sangha et apportent donc leur contribution au mouvement bouddhiste en ce monde. Le plus important, comme le pense le Mahayana est que chacun peut pratiquer seul ou avec l'aide d'un Bouddha et obtenir l'illumination puis aider les autres à l'atteindre (idéal du bodhisattva).
A chacun sa pratique, l'important est de comprendre au plus haut niveau la doctrine et de pratiquer les enseignements de Bouddha, et si possible d'éclairer les autres sur cette voie du milieu.
On pratiquera aussi la compassion, le respect et la non-violence, le comportement moral étant primordial. La vertu morale est le fondement de la voie spirituelle.
L'éthique du bouddhisme comprend effectivement la générosité : donner, partager le mérite des autres, rendre service, respecter autrui, enseigner la doctrine. Ainsi que plusieurs préceptes tels que la résolution de ne pas tuer ou blesser aucun être vivant, le pacifisme étant une force du bouddhisme. On peut trouver dans un sutra : "La victoire engendre la haine; les vaincus vivent dans la douleur; les pacifiques vivent heureux, délaissant victoire et défaite".

I7 - Les rites et les symboles

Les cultes :
Bien que le bouddhisme ne soit pas une simple religion mais aussi une philosophie et une approche du monde véritable, il comprend quelques rites et coutumes.
le culte des statues :
Importance de la présence des statues dans les temples bouddhistes. Les fidèles ont une grande admiration pour cet art bouddhiste, qui représente un peu un idéal à atteindre pour le pratiquant (les statues sont toujours d'une indicible beauté), ainsi qu'une sorte de présence de Bouddha qui fait que les fidèle les vénèrent.
le culte des reliques :
Les ossements restants de l'incinération de Bouddha ayant été conservées sous forme de reliques dans les stupas (monuments funéraires), les reliques des saints bouddhiques conservées dans les stupas suscitent aussi une grande ferveur des fidèles qui les vénèrent tout comme les statues. Par exemple, la grande stupa de Rangoon ( 112 mètres de haut) contiendrait quelques cheveux de Bouddha et des reliques de trois Bouddhas antérieurs.

Les offrandes :
Les offrandes font partie de la dévotion des fidèles envers les Bouddhas ou les Bodhisattvas. Elles sont souvent accompagnées de prosternations ou inclinations devant des statues ou dans les temples, en respect des Bouddhas représentés et de leur pureté. On dépose des offrandes sur les autels des temples ou dans les stupas, tout comme on peut faire des dons aux monastères. Les offrandes sont de l'encens, qui symbolise le parfum émanant de Bouddha ou encore des petites lampes ou bougies qui rappelle que les bouddhas sont des êtres "illuminés" qui répandent leur lumière par leurs enseignements. On peu déposer sept sortes d'offrandes devant une statue dans placées dans sept bols. Ces offrandes sont de l'eau qui symbolise l'hospitalité, de l'encens, du parfum ou de la nourriture qui représentent les cinq sens et montrent que le fidèle se voue de tout son être au développement spirituel.
Les offrandes sont accompagnées de gestes rituels (mudras), de chants ( mantras ).

Le chapelet :
C'est le fameux collier constitué de 108 perles, qui permet au pratiquant de compter le nombre de fois qu'il prononce les mantras. Les mantras pouvant être imprimés sur des moulins à prière.

La roue :
Est le véritable emblème du bouddhisme. Tout être se situe dans cette roue, appelée aussi roue de la loi. Elle contient huit rayons qui correspondent au chemin menant à l'éveil.

L'arbre :
Est un symbole du bouddhisme puisque l'on parle souvent de l'arbre de l'éveil sous lequel Bouddha obtint l'illumination. De plus à la mort de Bouddha, l'arbre au pied duquel il est allongé se met à frémir, c'est pourquoi c'est devenu l'emblème de l'illumination. On trouve pour cela beaucoup d' oeuvres représentant l'arbre de Bodhi (de l'illumination).

Le lotus:
Le lotus est le symbole de la pureté. Tout comme le lotus prend racine dans le limon et s'épanouit au soleil, tout être humain peut accéder à l'éveil quelque soit sa condition initiale. Les bodhisattvas et Bouddha sont souvent représentés assis sur un lotus, qui symbolise l'atteinte de l'illumination.

II - BOUDDHISME ET FRANC- MACONNERIE

II1 - GENERALITES

Les deux ont des points communs comme la tradition, la transmission, la connaissance de soi, l'initiation et la recherche de la vérité dans une approche non dogmatique. Les deux traditions insistent sur la perfectibilité de l'homme. Le bouddhisme dit qu'intérieurement l'homme a la nature de bouddha et qu'il peut la réaliser en la débarrassant de ses différents voiles, en se libérant progressivement de l'illusion. La franc-maçonnerie fait référence à une pierre brute qu'il convient de dégrossir, de travailler afin de la rendre cubique ou parfaite. Pour Lama Denys, l'enseignement du Bouddha se caractérise par sa qualité thérapeutique, de même que l'est une certaine approche de la franc-maçonnerie : soigner la maladie de l'ignorance ou de l'illusion propre à la nature de notre esprit, ce que nous sommes au plus profond de nous-même. Le Bouddha- Dharma est une quête expérimentale et une pratique pour trouver la solution à la question de Socrate, "Connais-toi toi-même".
Il s'agit des fondements d'une spiritualité universelle partagée par l'ensemble des humains, comme personnes dotées d'un esprit.
Dans les 2, il y a quête de la lumière. Dans le Dharma, la nature fondamentale de l'esprit est dite "claire lumière" et a pour qualités la clarté et la lucidité. La démarche du Dharma, non dogmatique et expérimentale, permet de révéler la réalité de notre être et de notre vie. Elle tend à éveiller notre nature véritable à travers une voie médiane entre les approches théiste et athéiste.. L'approche du Dharma est agnostique et ne repose sur aucune notion conceptuelle présentée comme LA vérité. Elle considère comme relatif tout exposé, énoncé, texte ou représentation. La démarche du Dharma est à la fois rationnelle et mystique elle concilie la raison et la logique avec une rigueur extrêmement poussée qui perçoit le caractère relatif des formations intellectuelles. Et de cette intelligence peut naître une percée a-conceptuelle, une expérience d'immédiateté et de participation non dualiste, qui est de l'ordre de l'expérience de la claire lumière.

Une éthique universelle

Se constitue une éthique, religieuse, traditionnelle ou humaniste, qui a l'avantage de ne pas être dogmatique et d'ouvrir sur une éthique globale et universelle. Elle s'appuie sur une aspiration commune : tous les humains souhaitent éviter le malheur et la souffrance. Dès lors, tous se rejoignent dans le principe de la non-violence et dans celui de ne pas faire subir à l'autre la violence que l'on ne veut pas connaître soi-même. Cette règle d'or, présente dans toutes les traditions et religions, est le fondement de l'éthique du Dharma.

Entre religion et philosophie

Selon le lama Denys, "Il s'agit de savoir si la franc-maçonnerie est une voie spirituelle complète, c'est-à-dire susceptible de conduire à une pleine et authentique réalisation spirituelle. Elle est en tout cas une excellente dynamique de quête non dogmatique et fraternelle, dans le contexte occidental. Elle est donc un complément au Dharma, mais n'est ni obligatoire ni nécessaire. La pratique du Dharma se suffirait à elle-même. Ce choix relève de chacun et de sa recherche."

Dharma et franc-maçonnerie

I- Les conditions d'admission
Aujourd'hui, n'importe qui peut prendre refuge; sans formalité. Il suffit de le demander, où presque. Il en va naturellement autrement pour être ordonné. L'ordination est généralement laissée à l'appréciation du maître du candidat. Mais encore de nos jours, au Japon, le postulant doit attendre à la porte du monastère, toute une nuit, voire plusieurs jours, admission à l'ordination n'étant accordée qu'après la troisième requête. Du temps du Bouddha des conditions d'admission étaient requises, pour les moines comme pour les laïcs.
En ce qui concerne les laïcs, un certain nombre d'exclusions existaient d du temps du Bouddha pour être admis comme disciple. Les moyens d'existence non justes, c.a.d non conformes à la cinquième étape de l'octuple sentier : vivre du trafic des êtres (y compris des animaux), les tuer ou les maltraiter,(pêcheur ou boucher), vendre de la viande ou des poissons, de l'alcool ou des armes. A rapprocher avec le moderne d'être libre et de bonnes mœurs maçonnique.. En revanche, notre morale sociale admet les professions de boucher, éleveur pour la viande, pêcheur …. Cette différence est notable. Il faut comprendre que la franc-maçonnerie est empreinte de judéo-christianisme et que celui-ci n'a pas condamné la chasse ni la pêche. La grande différence d'approche est que, dans les monothéismes, les êtres n'ont qu'une seule vie et que seuls les humains ont une âme leur permettant d'accéder au salut. Les animaux sont des créatures inférieures de Dieu dont l'homme peut disposer, avec cette limite que leur maltraitance est un péché.
Pour être admis comme disciple du Bouddha, la première qualité était la vue juste (premier pas sur le Noble Octuple Sentier) : l'acceptation de la loi du karma et du caractère insatisfaisant et illusoire du samsara, de l'omniprésence de duhkkha que l'on traduit souvent, d'une façon assez réductrice, par souffrance. Cela correspond à l'exigence, dans la franc-maçonnerie traditionnelle, de croire en un Dieu révélé et en l'immortalité de l'âme. Au début du XIXe siècle, la Grande Loge Unie d'Angleterre a décrété que les bouddhistes étaient initiables parce qu'ils ont une conception impersonnelle et apophatique de l'absolu, et admettent de surcroît l'ordonnancement général du cosmos par la loi universelle (Dharma) qui régit les modalités de la délivrance, ce qui leur permet de devenir maçons;
Dans la franc-maçonnerie dite libérale, la différence est plus grande. Il ne s'agit plus, pour tous ses adeptes, d'une voie spirituelle, mais plutôt d'un humanisme pratique, d'une société de pensée et de réflexion (un laboratoire d'idées) au service du progrès humain, indépendamment des options spirituelles, philosophiques ou religieuses de chacun de ses membres. Il s'agit d'un autre type d'engagement, dont la compatibilité ou l'incompatibilité avec le bouddhisme ne se pose même pas, puisqu'il s'agit d'un engagement d'une autre nature. Etre disciple du Bouddha répond à l'exigence des Constitutions d'Anderson d'être à fidèle une religion de son pays. : ";Un maçon est obligé, en vertu de son titre, d'obéir à la loi morale ; et, s'il entend bien l'art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin sans religion "
Aujourd'hui, laissant à eux-mêmes leurs opinions particulières, on trouve plus à propos de les obliger seulement à suivre la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord. Elle consiste à être bons, sincères et gens d'honneur, par quelque dénomination ou croyance particulière qu'on puisse être distingué d'où il s'ensuit que la maçonnerie est le centre de l'union et le moyen de concilier une sincère amitié parmi les personnes qui n'auraient jamais pu sans cela se rendre familières entre elles.
Les francs-maçons étaient obligés de professer la religion catholique ; depuis quelque temps on n'examine pas sur cela leurs sentiments particuliers pourvu toutefois qu'ils soient croyants, fidèles à leur promesse et gens d'honneur et de probité.
A rapprocher des déclarations du Dalaï Lama selon lesquelles il ne faut pas abandonner sa religion mais bien peser les avantages que peut apporter la pratique du bouddhisme. En revanche, la porte est grande ouverte à ceux qui n'ont plus aucune attache religieuse..
Cette condamnation implicite du prosélytisme concorde avec l'interdiction des polémiques religieuses en loge et est dans le droit fil de l'enseignement du Bouddha.
Cet aspect correspond, dans la franc-maçonnerie traditionnelle, au fait de ne pas renier sa religion. Ainsi, dans la cérémonie de réception au premier degré du rite écossais rectifié, le vénérable maître dit au candidat, lors du deuxième voyage : Celui qui rougit de la religion, de la vertu et de ses frères est indigne de l'estime et de l'amitié des maçons.

L'ordination monastique.
D'abord, il fallait la vouloir vraiment, avec une intention pure et désintéressée, et ne pas la solliciter pour des motifs mercenaires, comme il est dit au rectifié.
L'histoire du médecin Jivaka est significative. Ce médecin attitré du roi Bimbisara, très réputé en son temps, avait été placé au service du Sangha du Bouddha par son souverain. Il suggéra au Bouddha de ne plus admettre dans l'ordre ceux qui souffraient de lèpre, eczéma, tuberculose ou épilepsie afin d'empêcher ceux qui étaient atteints par ces maladies d'entrer dans la communauté pour s'y faire soigner gratuitement par Jivaka. Etaient aussi exclus de l'ordination les soldats en service actif pour le roi, les condamnés en fuite … Les femmes mariées devaient avoir la permission de leur époux et les enfants de leurs parents. En revanche, l'ex-épouse d'un moine ,la veuve d'un moine n'avait pas à donner la permission à son époux mais le Sangha prenait en charge cette veuve et ses éventuels enfants.
Le rapprochement s'impose avec le devoir du maçon de secourir la veuve en déposant une obole dans le tronc qui porte son nom dans certains rites (au rectifié : le tronc aux aumônes). Le Bouddha n'accordait aucune importance à l'origine sociale de ses disciples, instaurant la hiérarchie à l'ancienneté pour casser le système des castes. De même admit-il les femmes dans le Sangha,
Position courageuse du Bouddha, concernant les militaires, puisque lui-même était de la caste des nobles et guerriers (les kshatrias). On s'aperçoit que la naissance n'avait pas d'importance en tant qu'origine sociale mais en avait sous l'aspect de la liberté qu'elle conférait ou refusait. Par rapport aux femmes, enfants, esclaves, militaires, fonctionnaires, appartenant au roi, etc., qui, ne jouissaient pas de liberté ni d'autonomie, le Bouddha tint compte de leur situation de naissance, pour ne pas troubler l'ordre public et permettre au Sangha de se développer harmonieusement dans la société de son temps.
Les Constitutions d'Anderson précisent aussi que les maçons doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres, d'âge mûr et circonspects, ni serfs ni femmes. Selon la tradition, les esclaves, les eunuques, et ceux affligés des trois B : boiteux, borgnes et bossus étaient exclus de l'initiation, en tant que mineurs civils, ou parce que leur imperfection physique traduisait une dysharmonie spirituelle. Cette triple exclusion relevant de l'opératif, ceux qui en étaient atteints étant inaptes au métier. On trouve ces mêmes interdictions en ce qui concerne l'ordination des prêtres .
Dans la franc-maçonnerie du XVIIIe, il y eut beaucoup d'aristocrates, donc de militaires, et aussi de nombreuses loges militaires. La franc-maçonnerie prétend permettre à ses adeptes de se libérer et d'aller à la lumière, sans que ces notions soient précisées afin d'être compatibles avec les différentes fois religieuses. De même le Bouddha ne prétendit-il pas pouvoir délivrer le monde entier mais soutenait que seuls pouvaient s'émanciper ceux qui, par une disposition karmique favorable, avaient des oreilles pour entendre ... comme dans l'Evangile !
La franc-maçonnerie essaie de déterminer qui est initiable en tenant compte de ses mœurs de son mode de vie et de ses moyens d'existence. Autre aspect: le candidat à l'ordination devait avoir un certain âge, était soumis à enquête et interrogé., devait aussi avoir un parrain. Un temps de probation était exigé. Pour recevoir l'ordination supérieure, il fallait être reconnu par un conseil composé d'au moins dix membres et dont ne pouvaient faire partie que des anciens. Le candidat devait promettre d'aimer ses compagnons, etc. Profane sous le maillet. Une période de probation de quatre mois était exigée des candidats venant d'une autre école religieuse, sauf celle des jatilas (les ascètes aux cheveux tressés) ou appartenant au clan des Sakyas. Durant la période de probation, les membres du Sangha observaient si le candidat convenait.

Apprenti : La cérémonie d'un novice était simple. Après s'être rasé la tête, il devait répéter trois fois : " Je prends refuge en le Bouddha, je prends refuge en le Dharma, je prends refuge en le Sangha "comme aujourd'hui encore pour devenir disciple laïc. Au début, le novice devait s'engager à respecter dix règles négatives.

Compagnon; La pleine ordination, qui conférait les droits d'un vrai moine, exigeait la présence d'au moins dix moines ordonnés depuis au moins dix ans. En cas de force majeure, cinq moines anciens suffisaient. Le novice devait avoir trouvé parmi les anciens un précepteur qui accepte de le proposer à l'ordination majeure. Le candidat s'agenouillait en joignant les mains et disait, par trois fois " Vénérables, je demande au Sangha l'ordination, puisse le Sangha m'élever jusqu'à lui par compassion ! "
Le consentement se faisait tacitement. Aucune objection n'ayant été formulée, un des anciens disait " Vénérables, que le Sangha m'entende ! " X demande l'ordination au Vénérable X (président du conseil), il demande l'ordination par l'intermédiaire du Vénérable Y (précepteur). Si cela paraît juste au Sangha, que le Sangha ordonne Untel par l'intermédiaire du précepteur Y. Telle est ma requête13) Après quelque temps, la cérémonie d'ordination fut étendue de telle sorte que le novice, qui avait déjà été questionné auparavant en privé devait confirmer son aptitude à l'ordination en répondant publiquement à des questions. Le président lui demandait
Es-tu un homme (c'est-à-dire pas un eunuque) et un être humain (c'est-à-dire pas un naga -sorte de serpent- sous forme humaine) ?
Es-tu un homme libre ?
Es-tu libre de dettes ?
Es-tu hors du service du roi ?
Es-tu pleinement âgé de vingt ans ?
As-tu un bol à aumônes et les robes de moine ?
Quel est ton nom ?
Quel est le nom de ton précepteur ?
Si le novice répondait à toutes ces questions de manière satisfaisante, son ordination était confirmée. Les moines sont encore ordonnés de cette façon de nos jours.
Les novices devaient suivre la direction de leur précepteur durant au moins cinq ans, mais dix ans en règle générale. Les moins doués pouvaient rester sous la coupe de leur précepteur toute leur vie.

Maître : Dix ans après son ordination majeure, le moine devenait un ancien (thera) et pouvait à son tour prendre en charge des novices en tant que précepteur et faire partie du conseil de l'ordre.
Passé maître :. Au bout de vingt ans, il devenait un grand ancien (mahathera).
Démission et réintégration : Pour quitter le Sangha, il suffisait de quitter la robe jaune et cela n'entraînait aucune disgrâce sociale.
L'ex-moine pouvait réintégrer l'ordre, mais à condition de recevoir une nouvelle ordination et de ne pas s'être engagé dans une autre école. Le moine Citta quitta et réintégra quatre fois le Sangha et cela ne l'empêcha pas de devenir un arhat.
Engagement : A noter que chaque engagement était pris trois fois. Le Bouddha enseigna sept conditions de bonheur pour le Sangha. Aussi longtemps que les moines tiendront des assemblées fréquentes et suivies par nombre d'entre eux, le Sangha prospérera et ne déclinera pas.
Aussi longtemps qu';ils se rencontreront en harmonie, prendront des décisions en harmonie et assumeront leurs fonctions en harmonie...
Aussi longtemps qu'ils n'autoriseront pas d'innovations et n'aboliront pas ce qui fut autorisé, mais procéderont selon la règle et la discipline...
Aussi longtemps qu'ils honoreront, respecteront et écouteront les aînés de grande expérience, ordonnés depuis longtemps, les pères et les instructeurs de l'ordre...
Aussi longtemps qu'ils ne tomberont pas en proie aux désirs qui conduisent à la renaissance...
Aussi longtemps qu'ils préféreront les habitations de la forêt...
Aussi longtemps qu'ils apprécieront que des compagnons du même esprit viennent à eux...
Aussi longtemps que les moines se tiendront à ces sept conditions, le Sangha prospérera et ne déclinera pas. On trouve dans ces prescription les principales règles maçonniques : aimer ses frères (et/ou ses soeurs), obéir aux règlements généraux et aux supérieurs de l'ordre, ne jamais innover mais suivre scrupuleusement les rituels et les règles, accomplir ses charges avec régularité et ponctualité, demeurer dans la vertu et la frugalité, être prêt à accueillir de nouveaux membres dans le respect de la tradition, etc.
Le Bouddha prêcha aussi la solidarité. Découvrant un moine atteint de dysenterie et laissé sans soin, il admonesta ses voisins : " Moines, vous n'avez ni père ni mère pour s'occuper de vous. Si vous ne prenez soin les uns des autres, qui, je vous le demande, le fera ? Moines, quiconque d'entre vous prendrait soin de moi si j'étais malade doit prendre soin de son camarade moine malade Cette solidarité était d'ailleurs plus : la compassion.
La référence suprême du maçon est le Grand Architecte de l'Univers, formule assez souple pour être acceptable par les fidèles de toutes les religions, soit comme Dieu soit comme bouddhéité, puis, les règles traditionnelles. Ce n'est certes pas le Grand Maître, lui-même occupant une fonction à titre transitoire et soumis aux règles qu'il promet de respecter. Les dernières paroles du Bouddha furent de refuser de désigner un successeur autre que le Dharma ! On observera aussi une hiérarchie devant être respectée dans le but de maintenir l'harmonie, fondée sur le mérité et l'ancienneté ; le refus de recevoir les eunuques ou ceux atteints de certaines difformités ; le contrôle de l'identité du postulant et un ensemble de critères d'aptitude, comme il en existe pour être initiable ; la qualité de membre du Sangha par reconnaissance des anciens et de ses pairs. La volonté propre du candidat. La nécessité de tenir des assemblées fréquemment et régulièrement. L'exigence d'une certaine ancienneté dans la maîtrise pour pouvoir initier à son tour, etc.
Enfin, le Bouddha accorda une grande place à l'amitié entre les moines pour qu'ils puissent vivre en harmonie et progresser vers l'éveil : " Vraiment, cette vie religieuse consiste en l'amitié de ceux qui aiment le bien, en leur compagnonnage, en leur camaraderie. Un moine qui est un ami du bien, un compagnon et un camarade, doit certainement développer et cultiver ce Noble Octuple Sentier (pour la libération de son compagnon comme pour la sienne propre).
A rapprocher la méthode du Bouddha pour régler les conflits, à base de consensus, afin que l'harmonie de la communauté ne soit pas troublée, et l'exigence pour le récipiendaire de désigner tout frère de l'assistance avec qui il aurait un conflit et de faire la paix avec lui. Cette exigence vaut implicitement pour toute tenue de la loge.
Enfin, à plusieurs reprises, le Bouddha insista sur le fait que la véritable noblesse (un vrai brahmane) ne relevait pas de la naissance mais des qualités de cœur ce qui est à la base des degrés blancs du RER, où le chevalier novice doit, pour devenir chevalier bienfaisant de la cité sainte, se constituer un blason, avec une devise.
De ces rapprochements, il découle que, pour entrer dans la voie du Bouddha, il fallait déjà la vue juste, qui est suggérée dans les Quatre Nobles Vérités : un constat du caractère insatisfaisant du samsara et une perspective de salut, ou de libération. De même, pour être initiable en franc-maçonnerie, du moins la franc-maçonnerie traditionnelle, il faut accepter la perspective d'une transcendance et avoir confiance en la possibilité de salut. Telle est la première condition.
Tel qui fut refusé dans le premier Sangha des moines pour cause de maladie pouvait y être admis une fois guéri. On encore pour une question d'âge. Un âge minimum était requis, mais les vieillards ne pouvaient non plus être admis. Il y a un temps pour tout. Et des heures, en franc-maçonnerie...
Dans les deux traditions, des structures régulières et des conditions particulières sont requises, conditions minimales pour un disciple laïc, plus exigeantes pour un moine ou une nonne. Ces conditions ont été rendues nécessaires, dans le premier Sangha, dès qu'il

a connu un certain développement et que le Bouddha lui-même ne put plus tout accomplir en personne, et a fortiori après son parinirvana. Les rites maçonniques se sont fixés au fil d'une longue histoire ;ils répondent à des nécessités vérifiées expérimentalement plus que fondées sur des sources historiques bien établies, dont René Guenon disait qu'elles étaient d'origine non humaine.
Quant au but, il demeure une réalisation spirituelle dont la mise sur la voie ne peut se faire que dans le cadre prescrit, comprenant obéissance aux lois et à la hiérarchie traditionnelle mais qui doivent aussi être dépassées, voire abandonnées pour atteindre l'ultime. La réalisation est indépendante de la position du disciple dans la hiérarchie : du temps du Bouddha, sont recensés vingt et un laïcs ayant obtenu l'état d'arhat, liste qui n'est pas exhaustive, et il est fait allusion aussi à quelques laïcs dont les noms ne sont pas mentionnés.
L'ultime ne dépend pas d'une quelconque hiérarchie (en grec : le pouvoir de la sainteté) pourtant nécesaire, à la fois comme référence et comme guide. Le Bouddha a comparé son enseignement à une barque nécessaire pour traverser le fleuve du samsara mais devenue inutile ensuite. Et ses dernières paroles ont été : " Soyez à vous-même votre propre lumière "

De la pratique du geste et de l'arrêt du geste dans les deux traditions

" Avec notre corps, tout notre corps et en restant immobile, trouver la vraie lumière. "
" Nous pouvons voir la vraie lumière quand nous ouvrons nos yeux dans la nuit et que nous écoutons de nos oreilles le vent qui ne souffle pas.
Quand notre corps, tout notre corps, a sa tension profonde en restant immobile, nous pouvons trouver la véritable illumination. "
Ces aphorismes ont pour auteur un député, conseiller d'Etat, philosophe à ses heures, mort à Paris en 1824, un certain Marie-François-Pierre Gonthier de Biran dit Maine de Biran.
Deux phrases peuvent résumer, l'attitude juste du corps et de l'esprit dans toutes formes de pratiques spirituelles.
" Avec notre corps, tout notre corps et en restant immobile, trouver la vraie lumière. " Ces quelques mots ont éclairé d'un jour très différent, l'esprit et le sens de la transmission dans une tradition authentique, ce qui est le cas, bien entendu, du bouddhisme et de la franc-maçonnerie.
La franc-maçonnerie est, un lieu privilégié d'expérience, de pratique où nous pouvons accéder à la vraie lumière, non par l'intellect, par les pensées discursives ou par des spéculations métaphysiques mais avec notre corps, avec la pensée du corps, révélée, réveillée par les effets du rite.
Nietzsche, qui écrit dans ses Fragments : " Il est admis que tout l'organisme pense, que toutes les formations organiques participent au penser, au sentir " (Fragments, 40).
Engagé sur une voie initiatique, il y a urgence à mettre un terme au bavardage. Ce peut être un préalable essentiel au déconditionnement de l'esprit qui nécessite bien plus que le temps de silence imposé sur la colonne d'apprenti, sur la colonne du septentrion, pour que, selon une formule de Swami Prajnanpad "que nos pensées ne soient pas des citations, nos émotions des imitations et nos actions des caricatures " ?
Pour aboutir à ce déconditionnement, pour pallier les insuffisances du langage des mots, la franc-maçonnerie dispose des outils remarquables que sont les symboles de l'Art Royal complétés ou inspirés des symboles fondamentaux de la science traditionnelle antique.
Ces outils nous ont été transmis avec le mode d'emploi : le rite. C'est l'accomplissement du rite dans ce qu'il a de gestuel qui est le véhicule véritable de la transmission et assure la pérennité de la tradition.
C'est le geste rituel qui rend le symbole agissant .Le rite n'est pas uniquement une cérémonie de mots mais une succession de gestes strictement réglementés qu'il importe de pratiquer de façon rigoureuse, exactement. L'étymologie du mot rite est " action correcte "
C'est la rigueur de la pratique qui en garantit les effets par un conditionnement gestuel avec notre corps, tout notre corps. Ce conditionnement a la particularité de déconditionner.
Deshimaru invité en tenu a été intéressé, par la rigueur de la cérémonie, la méthode, le comportement des maçons en loge, la vigilance qui préside aux travaux.
Le bouddhisme accorde une importance toute particulière à la notion de vigilance. L'une des dernières paroles du Bouddha n'est-elle pas : " Ô moines, soyez vigilants, soyez vigilants ! " Le temple maçonnique et le temple bouddhiste sont avant tout des lieux de vigilance et de silence. Le silence, le seul temple, selon Maeterlinck. La recherche de la vérité, l'objet si souvent défini de nos travaux maçonniques Deshimaru en donnait la solution : " Ne cherchez pas la vérité, ne coupez pas les illusions, simplement, laissez passer les pensées sans rien vouloir fuir, sans rien vouloir saisir, concentré sur la posture de méditation, la posture juste, parce que c'est l'attitude juste du corps qui détermine l'attitude juste de l'esprit. "
C'est le rite qui met le symbole en action dans le silence de la loge où le corps participe selon des règles de conduite qu'il importe de vivre correctement.
L'expérience du Zen auprès de Taïsen Deshimaru, peut confirmer qu'est bien là l'essentiel de la méthode maçonnique.
Les traditions ont en commun un certain nombre de principes dominants. Elles enseignent que , pour aboutir à la connaissance, à l'éveil, au satori, à la lumière c'est un itinéraire du dedans. C'est à l'intérieur et qu'il faut procéder par simple décantation, dans l'immobilité et le silence. D'ailleurs le Bouddha aurait dit à ce sujet : "Dans ce corps de six pieds de long se situe le monde, l'origine et la fin du monde, et le chemin qui conduit à l'éveil. " Donc, vous voyez, rien de mystérieux, rien de surnaturel, mais, bien au contraire, le retour aux conditions normales, originelles, dans l'unité du corps et de l'esprit. Et parce qu'il n'y a de connaissance que de l'être entier, les gestes, et surtout l'arrêt du geste, la méditation, auront un rôle capital dans la pratique d'une tradition. Arrêter le geste revient en quelque sorte à tarir le foyer d'origine où s'alimente la chaîne de réflexes qui construit notre mental et à laquelle nous identifions notre ego.
Pour le monde de plus en plus, c'est le Bouddha Sakyamouni, Bouddha historique tel qu'il est représenté depuis des siècles, qui symbolise la perfection de la pratique de la méditation, de la paix intérieure et de la sagesse. La vraie sagesse est une sagesse du corps.
Notre culture, la culture religieuse méditerranéenne, n'a pas toujours négligé le comportement du corps sans pour autant s'asseoir à même le sol en pliant les jambes comme une grenouille. Notre frère Louis Pauwels, disait : " S'il suffisait de s'asseoir en pliant les jambes pour avoir le satori, toutes les grenouilles auraient le satori. " Un jour, on lui demandait : " Comment sais-tu que les grenouilles n'ont pas le satori ? " Il a répondu : " Ca m'est égal, je ne veux pas être une grenouille ! "
Les pharaons des temples de l'Egypte ancienne sont sculptés bien droits sur leur siège, jambes pendantes, légèrement écartées, les pieds reposant sur le sol comme d'ailleurs le Bouddha du futur, le Bouddha Maitreya, qui est souvent représenté assis sur un siège, à l'européenne.
On peut méditer debout, couché, assis sur une chaise, sur un tabouret tout siège qui permet d'avoir une bonne bascule du bassin. Dans le temple maçonnique comme dans le temple bouddhique, c'est mieux ensemble, fondus comme le miel dans le lait, fondus comme l'immobilité dans le silence, " l'ego s'y dissout comme un morceau de sucre ", disait Ramana Maharshi, ce sage de l'Inde.
Il s'agit de se libérer par son corps, par une meilleure présence à soi-même dans le sensible vigilant.. Les gestes et l'arrêt du geste développent, plus encore dans un contexte moderne agité, une éducation physique du spirituel. Sensei disait : j'éduque, il ne disait pas j'enseigne. Eduquer,est un mot qui prends un sens très noble dans un contexte initiatique traditionnel. L'étymologie du mot éduquer est i : éducateur, educare, ducere, conduire.
La franc-maçonnerie est une forme d'éducation que les tendances de notre formation qui accorde un intérêt excessif aux arabesques de la pensée, transforment trop souvent en babillage.
Dans la tradition bouddhiste comme dans la tradition maçonnique, les gestes et l'arrêt du geste transmis exactement auront un rôle essentiel pour que soient réunies les conditions les plus favorables de l'aventure intérieure.

II2 - L'OCTUPLE SENTIER ET LES CATHECHISMES MACONNIQUES:

la compréhension juste :
Un maçon est un homme libre et de bonnes mœurs ami du riche comme du pauvre si ils sont vertueux ; un maçon doit évaluer la valeur doit s'évaluer sur des qualités morales ; l'estime ne doit se mesurer que selon la constance et l'énergie que l'Homme apporte à la réalisation du bien.
Un maçon doit se rappeler qu'il ne suffit pas à l'Homme d'être mis en présence de la vérité pour qu'elle lui soit intelligible ; la lumière n'éclaire l'esprit humain que lorsque rien ne s'oppose à son rayonnement. Tant que les illusions et les préjugés nous aveuglent, l'obscurité règne en nous et nous rends insensible à la valeur du vrai.

la pensée juste :
Un maçon doit se défier de lui-même et craindre de porter un jugement avant d'avoir fait appel aux lumières de ses frères

la parole juste :
Le maçon doit se rappeler de ses 3 paroles :
- frappez et on vous ouvrira (la porte du temple )
- cherchez et vous trouverez (la vérité )
-demandez et vous recevrez (la lumière )

la conduite juste :
Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès (dans la maçonnerie )
Un maçon doit pratiquer la vertu en préférant à toute chose la justice et la vérité, la rectitude et la justice envers ses semblables

les moyens d'existence justes :
Un maçon se reconnaît à sa façon d'agir, toujours équitable et franche, à son langage loyale et sincère, à la sollicitude fraternelle qu'il manifeste pour tout ceux à qui il est rattaché par des liens de solidarité

l'effort juste :
Il se traduit par les 3 degrés du maçon mais également par les 3 voyages qui lui montrent les chemins qui mènent à la vérité.
la mémoire juste :
Le maçon doit se rappeler le dénuement de l'enfant qui vient au monde, qu'il a promis sincérité et franchise, humilité, désintéressement pour apprendre à se priver sans regret de tout ce qui peut nuire à son perfectionnement

la concentration juste :
En atelier, le maçon prends un temps de recueillement pour laisser les difficultés sur le parvis ; il doit être dans l'Ici et Maintenant pour être tout à ce qu'il fait et le faire bien juste comme il faut sans excès de zèle.

J'ai dit

Source : http://www.franckbailly.fr/deh/

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