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Hauts Grades

Le Centre

30 Octobre 2013 , Rédigé par X Publié dans #Planches

La définition du Centre dans sa forme latine est centrum et kentron en grec ce qui signifie: aiguillon, pointe, c'est à dire une aspérité fine, mais pas le sens qu'on lui trouve aujourd'hui qui désigne un point situé à égale distance de tous les points d'une ligne ou d'une surface courbe, c'est sa définition dans le cercle et la sphère. 
Le Centre , en tant que point est effectivement un symbole de l'Unité. C'est par le biais de points que sont créés droites et plans dans l'espace. Etant matériel, le Centre est donc le UN manifesté. 
Mais le Centre n'est surtout pas à concevoir comme une position statique. Il est analogue au point qui correspond au milieu d'une roue, le centre de la roue est immobile et pourtant il est le moteur qui donne le mouvement à la roue. 
Dans l'aspect philosophique du centre, c'est de ce point de concentration qu'il faut partir et si le Centre est un point de rencontre en mathématique, il est un point d'où tout part, c'est un rayonnement qui part d'un Centre pour éclairer les points les plus 
lointains, et on pense tout de suite au soleil qui est le Centre de notre univers et qui éclaire les plus lointaines galaxies et là on va du UN vers le multipleOn peut imaginer des cercles de rayons croissants autour du centre, ils expriment l'épanouissement de l'individualité. Mais le centre est aussi le point ou tout revient, il s'agit alors d'une fonction dynamique qui introduit le concept du soi. 
Il y a donc deux mouvements par rapport au centre , l'un centrifuge et l'autre centripète. Dans cette perspective, le centre est l'image dynamique au plan métaphysique, de l'un vers le multiple et du multiple vers le non-manifesté, de l'éternel au temporel et du temporel à l'éternel. 

Dans notre Loge, le Maître de la Loge se tient en haut des marches de l'Orient et c'est de lui que tout part et vers lui que tout revient. 
L'ouverture et la fermeture des travaux sont ponctués d'échanges entre le VM, le 1er et le second Surveillant, l'échange entre les trois Officiers représente un triangle au centre duquel s'élève les colonnes. 
Pascal disait : 
" Dieu est une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part". 

Le Centre constitue une image paradoxale: il est visible, car il peux être désigné physiquement, c'est le centre de la croix, du cercle, du carré.., il peut être suggéré et tacite, c'est le centre d'un ensemble ordonné, désigné comme tel et pourtant parfaitement invisible, le Centre doit être vécu, éprouvé, retrouvé, recréé au cœur de soi. 
C'est le symbole de ce qui est le plus inaccessible à l'être humain, comme tout ce qui est le plus précieux et le plus rare, mais il exprime tout aussi bien la réalité la plus banale, la chose la plus commune et la vérité la plus facile. 
Atteindre symboliquement le Centre peut être une renaissance, mais c'est d'abord une mort. Il y a grand risque, car il faut trouver le chemin du retour, se défaire d'une identification du Centre , pour enfin se redresser et atteindre sa plénitude. 
Le Centre semble désigner une conversion du regard, de l'attitude, de l'attention. Le Centre permet une mise en ordre symbolique du monde et de soi, il fait basculer l'ordre du sensible dans l'ordre invisible de l'intelligible. 
Toute image archaïque du monde contient un espace organisé, un microcosme habité, entouré par l'inconnu, obscur, chaotique et dangereux. Ce cosmos a un centre, c'est à dire un lieu sacré par excellence. C'est là que se manifeste la force structurante. L'idée mythique d'un Centre est en corrélation avec le postulat d'un au- 
delà, conceptualisation qui exproprie la collectivité de sa capacité créatrice de signifiés et de symboles, pour la mettre entre les mains d'un législateur extérieur représenté par les morts, les ancêtres ou les dieux. 
Le pouvoir est au centre, là ou les hommes vont communiquer avec leurs créatures: les démons et les dieux, il vont là pour les soumettre et ne pas les subir. 
La symbolique du Centre apparaît aussi dans l'agora des grecs, la cité est construite autour d'une place centrale l'agora, mais pour que l'agora existe il faut que les citoyens se réunissent dans un espace public autour de ce centre pour y discuter de la chose commune aux uns et autres. C'est aussi chez les militaires grecs lorsque les 
guerriers souhaitaient discuter d'une résolution, ils formaient un cercle qui représentait le lieu de la libre parole et celui qui voulait parler s'avançait vers le centre du cercle pour s'adresser aux autres. 
Dans nos ateliers le VM demande à celui qui a l'autorisation de s'exprimer de le faire entre les colonnes qui se situent au centre de la Loge et l'agora écoute. 
Mircea Eliade discerne le Centre dans trois ensembles solidaires et Complémentaires 

1      au centre du monde se trouve la montagne sacrée, c'est là que se rencontrent le ciel et la terre 
2      tout temple ou palais et par extension, toute ville sacrée ou résidence royale sont assimilés à une montagne sacrée et sont promus centre 
3      leur tour le temple ou la citée sacrée par ou passe l'axis mundi sont regardés comme le point de jonction entre ciel, terre et enfer on peut citer quelques exemples. 
Les colonnes de l'église, les colonnes du Temple. 

Le labyrinthe, qui me tient à cœur étant le nom de ma Loge mère, dont la forme circulaire rappelle la roue du monde est le chemin intérieur l'errance du pèlerin avant d'atteindre le Centre. 
L'arbre de vie qui se trouve au centre du jardin d'Eden, à l'intersection des 4 fleuves du Paradis qui forment une croix dont l'Arbre est le Centre. 
En fait il est suggéré que tous les points dits centraux sont les endroits privilégiés des théophanies (apparitions divines). 
La montagne en fait partie, elle est liée à l'idée d'ascension et représente un centre , c'est à dire un endroit autour duquel les choses s'organisent, c'est sur le mont Sinaï que Moïse a rencontré l'Eternel. 
Aux Indes les dieux ne descendent jamais plus bas que les cimes. 
Les montagnes deviennent alors des Centres qui sont des images du monde, ces montagnes centre symbolisent l'enclos fermé et sécurisant , l'enceinte sacrée, elle devient centre du monde. 
Revenons à notre Temple et à ses colonnettes placées sur le pavé mosaïque, elles sont une aspérité dans le plan horizontal de la Loge et s'appellent: Sagesse, Force et Beauté, elles sont dressées face au ciel et jamais aucun ne passe entre 
elles, n'est ce pas là , la représentation de la montagne centre, du mont Sinaï de Moïse ? 
Le Centre est partout et nulle part. Lieu de rayonnement et lieu de concentration, lieu de communion de toutes les créatures et lieu de rupture (changement de monde, d'état de conscience, de niveau cosmique), c'est bien le cas de nos ateliers. 
Les symboles jettent des passerelles dans notre conscient pour mieux pénétrer notre inconscient, c'est ainsi que l'on a des symboles qui s'opposent: l'eau et le feu, mais qui peuvent être également complémentaires, c'est le cas des deux précédents lorsqu'on ajoute la terre et l'air, puisque dans ce cas ils représentent les quatre 
éléments , et là ils ne s'agit plus de symboles antagonistes puisqu'il font partie d'un ensemble de la création. 
C'est bien aussi le cas de certaines catégories de qualificatifs qui ne fonctionnent que par opposition , c'est le chaud et le froid, le clair et l'obscur et également pour le haut et le bas, c'est ainsi que nous plaçons en haut les valeurs les plus dignes et dans le niveau inférieur les passions indignes. 
En haut se trouve l'intelligence et la sagesse et en bas l'instinct et la luxure. 
C'est ainsi que les différentes cultures ont placé dans le ciel la demeure des dieux, au-dessus de la tête des Hommes. 
Cette opposition entre haut et bas nous amène naturellement à une verticalité et à l'union du ciel et de la terre, car si le centre est un point de convergence horizontale, l'atteindre c'est déjà prendre pied en soi et à partir de là s'opère une progression le long de l'axe vertical qui élève vers les états supérieurs de l'être primordial, vers les états édéniques. 
Dans notre rituel, la voie initiatique commence par l'établissement d'un espace sacré, dans un espace temps tout aussi sacré et le lieu ou doit s'accomplir ce rituel doit être clos, ce lieu devient le Centre, c'est le Centre du monde pour les individus qui vivent le rituel, c'est un Centre clos sur un plan horizontal et ouvert de façon vertical, le monde des ténèbres en dessous, la terre mère, le monde qui a enfanté l'initié, celui qui est sorti de ses entrailles en passant par la porte basse, le monde de Perséphone et de Déméter et puis le monde dans lequel l'initié travaille, cherche, médite, aspire, comprend et au-dessus la connaissance, l'éden, le divin. 
Le VM annonce à l'ouverture des travaux : "entrons dans les voies qui nous sont ouvertes"  la sacralisation de l'endroit est chose faite. 
C'est au milieu des colonnes Force Sagesse et Beauté que se trouve le fil à plomb, nous voilà en face de la montagne Centre et de l'axe du monde qui relie le Ciel et la Terre. 
L'acte rituel étant d'essayer d'élever le centre sur cet axe vertical, attention à ceux qui régressent, il est à craindre pour leur équilibre, car on ne ressort jamais intact des rites et rituels, des portes s'ouvrent, des vides se créent, des vertiges vous 
submergent, des vagues vous emportent, des visions vous assaillent, le lâcher prise est important et c'est le seul moyen qui nous est donné pour aller vers l'avant et élever son esprit hors du monde profane. 
Tous les rituels nous prescrivent de "se connaître soi-même", c'est à dire être ce que l'on est, ce qui nous amène à oublier tout ce que l'on s'imagine être ou que l'on cherche à paraître, c'est bien être le Centre, c'est à dire retrouver le divin qui est en soi. 
Une question du rituel est très claire : 
"Si un M; était perdu ou le retrouverait-on ? 
Entre l'équerre et le compas ou au Centre du cercle. " 

J'ai dit.

Source : www.ledifice.net

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