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Hauts Grades

Le chapeau au Rite York

18 Septembre 2012 , Rédigé par W.M. Fa. CH. Nova Scotia Lodge n°502 Publié dans #Planches

Notre propos de ce soir a pour sujet « Le Chapeau », plus précisément, pourquoi le Vénérable Maître porte-t-il un chapeau ? Que représente ce dernier ? Quelle est sa fonction, sa signification ? En d'autres termes, quelle est la raison d'être de ce chapeau haut-de-forme, c'est-à-dire ce chapeau masculin de cérémonie à calotte haute et cylindrique, au sein du Rite York Ancien ?

Ce sujet, de prime abord, peut apparaître, si l'on en juge la quasi absence de littérature sur ce thème, comme d'un intérêt tout à fait insignifiant. Ceci semble assez surprenant, puisque traditionnellement et de tous temps les hommes importants, les chefs de Tribus ont toujours porter quelque chose sur la tête comme symbole de leur autorité, de leur fonction . Il n'est donc pas étonnant qu’en Franc-Maçonnerie, creuset de l’histoire de l'Humanité, l’on retrouve cette même coutume pour désigner le Frère qui veille et conduit aux destinées de la Loge. En outre, le Vénérable Maître en tant que « Chef » (du latin caput, tête) représente symboliquement la tête de ce corps social constitué qu'est la Loge.

Au fur et à mesure du développement de cet exposé on s'apercevra que le chapeau, le « couvre-chef » est un élément majeur, à plus d'un titre, du bon ordonnancement d'une Loge. Nous diviserons donc notre réflexion en trois parties, où nous essaierons tour à tour de définir ce qu'est un chapeau, puis d'aborder le double aspect du pouvoir royal et sacerdotal et pour finir le « chapeau-voûte » : Réceptacle et Emetteur.

I) - Définitions :

Pour mieux appréhender la signification du mot chapeau et de son champs lexical, nous nous sommes reportés aux dictionnaires le « Larousse » et le « Robert ». Et que nous disent-t-ils ?

Chapeau : n.m. (lat. Cappa, capuchon). « Coiffure d'homme ou de femme, de forme variable, composée d'une calotte souple ou rigide avec ou sans bord ». ( Fam. : Porter un double chapeau : cumuler deux fonctions. ) Dans cette définition on nous parle du mot calotte qui est

l'élément central de cette définition. Nous nous reportons donc au mot :

calotte : n.m. ( moyen fr. cale, coiffure ). « Partie du chapeau emboîtant plus ou moins la tête.// Petit bonnet rond, ne couvrant que le sommet du crâne, principalement à l'usage des ecclésiastiques. // Architecture : Portion arrondie de voûte ou de coupole ; voûte hémisphérique dont le cintre a peu d'élévation. // Anatomie : calotte crânienne ; partie supérieure de la boîte crânienne. // Recevoir le chapeau, pour un évêque, être élevé à la dignité de cardinal ».

De plus, dans le champs lexical du mot chapeau, nous trouvons des mots comme par exemple : chapitre et chapiteau.

Chapitre : n.m. ( lat. Capitulum, de caput « tête » ). « (...) Corps des chanoines d'une église, cathédrale ou collégiale. Assemblée délibérante de chanoines ou de religieux ; lieu où elle se réunit ».

Chapiteau : n.m. ( lat. Capitellum, de caput « tête, sommet » ). Architecture « Partie supérieure d'une colonne, posée sur le fût. Chapiteau dorique, ionique, corinthien. Par extension : Ornement d'architecture qui forme un couronnement ».

Ces différentes définitions étant données , les relations, connexions qui existent entre le chapeau, la tête, le « chef », la partie supérieure du crâne et des morceaux d'architecture ou des aspirations religieuses apparaissent plus clairement. Car n'oublions pas que la construction d'un édifice, quel qu'il soit, avait un caractère religieux, jusqu'à très récemment dans notre histoire. C'était donc une lourde tâche et une grosse responsabilité que d'élever vers le Ciel une construction, puisqu'il fallait connaître et maîtriser l'Art Royal, afin de se mettre en conformité avec les plans de l'inspiration divine.

II) - Chapeau : Symbole du Pouvoir Royal et Sacerdotal :

Pour construire l'architecture de cette lecture nous avons commencé par des bases solides, par le biais des définitions. Maintenant, pour continuer notre progression nous nous appuyons sur d'autres fondements bien enracinés, à savoir notre rituel, qui lors de la remise du chapeau au Vénérable Maître nous dit : « As King Solomon wore a crown, as an emblem of Royal Dignity (...) ». Il n'y a donc pas l'ombre d'une hésitation quant à la symbolique de ce chapeau, qui est une couronne, attribut par excellence du pouvoir Royal. Le Vénérable Maître est donc l'incarnation du pouvoir Royal avec son « chapeau-couronne » et son autre symbole de royauté qu'est le « sceptre-maillet ». Or, le pouvoir Royal, depuis la nuit des âges, a toujours tiré sa légitimité de la volonté divine, ce qui explique que la plupart du temps il y ait une fusion des Pouvoirs Royaux et Sacerdotaux ; le Roi ayant été « Choisi » pour diriger et gouverner le peuple, dans « les petites et les grandes choses », en accord avec les plans du Très Haut. C'est la raison pour laquelle il existe des « spécialistes », des grands prêtres ( plus ou moins indépendants du pouvoir Royal ), pour décrypter les choix et les plans de la volonté divine. Ils portent des chapeaux, car dans la Bible il est dit qu'il porteront une tiare de tissu (cf. Exode 28.4, Lévitique 8.9, Ezéchiel 21.26 ) .

Cette coutume de se couvrir la tête tirerait son origine du fait que l'on ne peut être tête nue lorsque l'on est confronté à la Présence divine (Chekhinah en hébreu. Cette coutume se perpétue chez les juifs, par le port de la kippah) . Cependant, il semble que cette pratique de se couvir la tête ne soit réservée qu'aux seuls grands prêtres, puisque pour les autres hommes, au contraire, si l'on s'en réfère aux saintes écritures, 1 Corinthiens 11.4 : « Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef. » ( c'est la raison pour laquelle le Vénérable Maître se découvre lors des prières ) et 11.7 : « l'Homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu (...) ». Tout ceci est parfaitement résumé par le Lévitique 21.10 : « Le sacrificateur qui a la supériorité sur ses frères, sur la tête duquel a été répandu de l'huile d'onction, et qui a été consacré et revêtu des vêtements sacrés, ne découvriras point sa tête et ne déchirera point ses vêtements ». Et Lév. 21.12 : « Il ne sortira point du sanctuaire, et ne profanera point le sanctuaire de son Dieu ; car l'huile d'onction de son Dieu est une couronne sur lui. Je suis l'Eternel ». ( On lira aussi avec beaucoup d'intérêt, Lévitique 21.17 à 21.21 à propos de la règle des « 3 B » ).

La couronne en tant que couvre-chef est aussi un symbole de gloire, de sainteté, de vertu et de piété. En outre, couronne se dit « Kèter » en hébreu (première sephira des Kabbalistes, couronnement de l'arbre des Sephiroth ). « (...) Or, « ce terme est également utilisé de façon métaphorique, pour désigner l'étude ( kèter Torah, « la couronne de la Torah »). Selon la Michnah, rabbi Siméon bar Yohaï disait : « Il existe trois couronnes : la couronne de la Torah, la couronne sacerdotale et la couronne royale ; néanmoins, la couronne d'une bonne réputation les surpasse toutes ».( Avot 4,17 ). L'expression Kèter Torah désigne également l'ornement qui couronne le séfer Torah à la synagogue. Les juifs orientaux désignent les manuscrits bibliques précieux sous le nom de Kèter. (...) » ( réf. : dictionnaire encyclopédique du judaïsme ). Il est intéressant de noter que l'on retrouve cette idée dans une image fort répandue dans la Franc-Maçonnerie anglo-saxonne, où l'on voit une Bible sur laquelle est posée une couronne royale. C'est en effet, une sorte d'allégorie sur la couronne, assimilée à la Loi Sacrée et dont le détenteur en est le gardien et le garant.

III) - « Chapeau-Voûte » : Réceptacle et Emetteur :

D'une part, comme nous l'avons vu dans la partie consacré aux définitions, le chapeau qui, entre autres, protège le sommet du crâne, peut être assimilé à une voûte. Il devient alors aisé de comprendre la corrélation qui existe avec le Temple en pierres et le Temple vivant qu'est l'Homme. Le sommet du crâne, ou « mont Golgotha », est la Clé de voûte du Temple de l'Homme, le lieu privilégié par lequel s'élève sa spiritualité. Par voie de conséquence, c'est le lieu où sa spiritualité prend sa force pour s'élever, sous ce « chapeau-couvercle », sorte d'incubateur, d'athanor, permettant la maturation, le bouillonnement nécessaire à la montée en puissance de l'expiration ; mais aussi le lieu de protection, rempart de cette alchimie secrète contre les mauvaises influences externes.

D'autre part, le Vénérable Maître est placé à l'Est et reçoit donc directement la Lumière divine, l'inspiration, Spiritus, le souffle divin, par l'intermédiaire de ce chapeau cylindrique axial, véritable concentrateur de flux et de chaleur . Mais ce dernier est aussi, dans le même temps, une sorte de vecteur où se mélangent les courants ascendants et descendants, porte de passage vers les étoiles et le Divin, par laquelle passe la prière communautaire et les aspirations de la Fraternité réunie. Il est le médiateur entre la divinité et l'ensemble de la Loge à laquelle il va insuffler l'énergie nécessaire à la création de l'égrégore qui remontera alors vers sa source primordiale. Il doit rayonner et éclairer la Loge en reflétant la chaleur et la Lumière qu'il reçoit des rayons du soleil. Il est d'ailleurs amusant de noter que le chapeau haut-de-forme que nous utilisons dans nos ateliers, était encore appeler, à la fin du 19ème siècle voire au début du 20ème siècle, un « Huit-facettes » ! ! !

L'outil parfait pour refléter ...

Conclusion :

Pour conclure, j'emprunterai ces quelques mots de l'épître de Paul aux Philippiens, chapitre 4 verset 1, en vous disant : « C'est pourquoi, mes bien-aimés, et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés ».

IN FRATERNITATE VERITAS EST

Source : http://www.franckbailly.fr/

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