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Hauts Grades

Le Chevalier Kadosch Soldat de l’universel et de l’éternel au XX° Siècle

31 Octobre 2012 , Rédigé par Gérard SABATER Publié dans #Planches

« On ne peut pas commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde, sans une paille aux premiers mots ».

C’est avec cette citation de René CHAR que j’ai pris la plume pour tourner ce balustre et tenter de définir ma conception du CKS.˙. dans ce siècle que nous ne verrons pas finir.

Notre chance, ma chance, fut de voir s’achever un siècle et participer au commencement d’une nouvelle épopée en citoyen F.˙.M.˙.

Suis-je devenu meilleur depuis que je porte ce titre de « Chevalier de l’Aigle Blanc et noir, Grand Elu et parfait Initié » ?
Le rituel m’aide dans la réponse à apporter à cette question qui, depuis le début de mon parcours maçonnique, m’interpelle et souvent m’irrite. Ne pas se la poser est signe de faiblesse, répondre avec sincérité est difficile, puis je me faire juge de mes actes et quelle valeur donner à ce miroir déformant ?

Si le « Connais toi toi-même » raisonne dans ma tête, je n’ose dire que je connais l’ univers, et encore moins les dieux.

Mais c’est avec le symbole du Noir et du Blanc que je tente de répondre puisque j’accepte de ne pas être totalement blanc, car le noir de mes imperfections me recouvre souvent. Pourtant je m’efforce d’être ce Champion du Bien, conciliant les deux couleurs, non pour devenir gris, mais pour maintenir ce cap commencé il y a 34 ans quand, devenu avocat dans le monde profane, je me suis identifié à ces champions du moyen âge qui portaient les couleurs de leur camp pour faire triompher leur seigneur, comme l’avocat porte la cause de son client dans l’arène judiciaire.

J’ignorais en 1971 qu’un jour, je retrouverais cette allégorie et participerais activement à poursuivre ce chemin sans faiblesse, et même avec une certaine exaltation.

Il est écrit que le grade de CKS.˙. est l’aboutissement, le « NEC PLUS ULTRA » du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Nous avons tutoyé, avec le haut de l’échelle mystérieuse, la « Philosophie », gage de la liberté de notre esprit, pour puiser aux sources de la Raison et ainsi mesurer nos limites puisque nous sommes redescendus, armés des 7 vertus indispensables, pour exercer l’Action, une fois acquises « Connaissance et Sagesse ».

Mais quelle action pour le CKS.˙. en ce début de siècle ?

Comment bien comprendre le message porté par ce grade et comment assimiler notre devise «Fais ce que dois, Advienne que pourra » ?

Comment agir au-delà des incantations si puissantes soient elles ?

Pour essayer de répondre et être ainsi apte au travail utile et profitable , je me suis plongé d’abord dans l’histoire, remontant dans le temps, parcourant à l’envers le chemin de nos aînés, non pour réécrire l’histoire de notre rite, cela a été fait de façon remarquable par l’Aréopage SOURCES, mais pour y retrouver les racines premières qui éclairent la symbolique écossaise.

1.Entre Tradition hébraïque et tradition maçonnique, la force des symboles.

Je me suis interrogé dans un premier temps sur l’ampleur des emprunts à l’hébreu et à la Kabbale dans l’écriture des rituels des hauts grades et même de ceux de nos loges bleues.

J’ai trouvé une première réponse dans un ouvrage de l’un de nos FF.˙., Pierre Marie SAVAIGNAC, « Kabbale et Maçonnerie ».

Celui ci nous renvoie à un livre de Jean REYOR : « Sur la route des Maîtres Maçons »

« Nous avons vu que la Bible est le livre sacré des Maçons ; la conservation des mots hébreux dans le rituel de tous les grades, depuis celui d’apprenti jusqu’au plus élevé des hauts grades, indique suffisamment que l’hébreu est la langue sacrée des Maçons et que, par suite, c’est surtout le texte hébreu de l’Ancien Testament qui doit faire l’objet de leur étude. »

Le décor est là.. Incontournable mais nécessaire, car, justement, il crée le lien entre tradition et modernité, et permet de renforcer l’ aspect immémorial de la Franc-maçonnerie.

Il suffit de se reporter aux mots sacrés et aux mots de passe pour constater que l’ hébreu est la langue de la maçonnerie.

L’ hébreu est la référence, mais ce n’est que l’une des composantes.

Pour comprendre la Franc-maçonnerie, la référence à la Kabbale s’impose car de là s’explique le rôle et l’influence des nombres mystérieux tirés des mots et expressions utilisées. Les corrélations entre un thème donné et une certaine valeur numérique donnent du sens à l’emploi des mots. Les réciter sans en comprendre le sens, me paraît s’inscrire dans une démarche idolâtre, ce que nous condamnons pourtant.

Quelles significations donner à ces nombres qui rythment notre parcours initiatique, sans se référer à leurs origines, bibliques pour la plupart d’entre eux ?

Comment les F.˙.M.˙. acceptent t’ils de les prononcer en voulant gommer leur référence originelle….. ?

Pierre Marie SAVAIGNAC traite de la guémâtrie sinaïtique pour interpréter la Torah et le Cantique des Cantiques et, plus particulièrement, tenter d’élucider un des mystères les plus cachés de la Franc-maçonnerie écossaise, à savoir l’origine des divers âges maçonniques auxquels nous parvenons en tant que maçon tout au long de notre progression dans les hauts grades du R.˙.E.˙.A.˙.A.˙.

Pour lui, le R.˙.E.˙.A.˙.A.˙. peut être relié à la Mystique Cosmologique juive et à la Divine Comédie. IL suffit de constater la ressemblance entre l’échelle de Jacob et l’échelle que nous, les CKS.˙., devons franchir lors de notre initiation à la rencontre de la terre et du Ciel.

La Kabbale (qu’il écrit sans K et avec un seul b), est la doctrine de la tradition hébraïque qui a pour objet de dégager le sens secret des écritures afin de permettre à l’homme d’acquérir une compréhension totale de la manifestation et par là de faire émerger la divinité qui est en lui.

« Connaissance totale du monde : de l’homme aussi bien que de la nature, en vue d’agir favorablement sur eux.. »

Cette injonction s’identifie à celle que la tradition maçonnique développe et j’ai été interpellé par la correspondance entre l’arbre séfirotique de la Kabbale et « l’arbre » des différents degrés de perfection, chevaleresques, philosophiques et administratifs…Enfer et Terre, Purgatoire et Paradis…..

L’étude de ces correspondances nécessiterait des heures d’explication mais ce qui m’a frappé, c’est cette correspondance avec les âges maçonniques, nos âges, ceux que l’on apprend….3, 5 7 ans et, plus encore, les âges des « hauts grades ».

Je ne vais volontairement citer que deux grades, le premier 25° degré du REAA, « Chevalier du Serpent d’Airain » qui nous fut conféré lors de notre cérémonie de consécration au 30° CKS.˙.

Il faut suivre l’auteur lorsqu’il note l’égalité guématrique entre Naha sh, le serpent, et Machiah, le messie, l’âge du grade, 89 ans, et sa valeur guématrique de 89 !!!

Enfin notre grade de CKS.˙. notre age « 100 ans au moins » , nous savons que la signification de ce mot est saint sacré, séparé…

Nous sommes arrivés près de l’extrême limite de la manifestation, presque au niveau de l’ « éther primordial », Avir Qadmon, qui égale 100. Le CKS.˙. a pu apprécier la « mesure de la hauteur » (shih’our qomah) et utiliser la clé d’ivoire (mafteah mi shénav). Là encore, la correspondance est 100…..

Ces correspondances sont étranges, dérangeantes pour le CKS.˙. que je suis aujourd’hui, membre du GODF, athée au-delà des limites possibles.

Alors comment justifier l’utilisation de ces rituels, de ces nombres, de ces symboles rarement expliqués et ânonnés à chacune de nos tenues ?

Comment expliquer que l’âge du Prince de Jérusalem (16°) soit de 92 ans, si l’on ne découvre pas que cette valeur résulte en fait de l’addition du mot de passe « Tiveth », dixième mois de l’année qui correspond à la rentrée des Anciens à Jérusalem et du mot sacré « Adar » qui désigne le douzième mois de l’année , correspondant à l’action de grâce : l’addition des deux expressions 50 et 42 donne 92….. ?

Je vous l’avoue, j’ai été subjugué par cet ouvrage particulièrement dense qui m’a permis d’approcher les « mystères » (je dis bien les mystères) qui nous sont communiqués si vite que sans travail personnel, nous pouvons très vite nous égarer et perdre le sens de ce chemin initiatique tracé par nos aînés.

Est-ce un détour du balustre pour déboucher sur le rôle du CKS.˙. aujourd’hui dans ce siècle. Je ne le pense pas……Car avant de se lancer dans l’Action, le CKS.˙. doit savoir d’où il vient pour éviter de s’égarer, simple porteur d’un décor supplémentaire…..

Ce fut un travail de lecture passionnante pour commencer à écrire à partir de cette incantation de l’un des anciens rituels…

2. « Soldat de l’univers et de l’éternel » ….. Quel rôle, quelle mission, utopie absolue ou début d’un nouveau parcours ?

Parfait initié, je ne sais, je m’efforce avec vous de mériter ce titre et j’ai donc lu beaucoup, au-delà de cet ouvrage surprenant mais au combien éclairant….Les mystères demeurent mais je crois que j’approche.

Cependant comme le souligne Pierre Marie SAVAIGNAC, le rite écossais est semblable à un fleuve alimenté par nombres d’affluents importants.

Je me suis attardé sur la tradition hébraïque et kabbalistique, mais s’ajoutent la tradition pythagoricienne, le christianisme johannite, la gnose, l’hermétisme et surtout, à notre grade, la chevalerie templière.

L’intérêt de cette étude préalable est de mieux appréhender notre tradition maçonnique, de la comprendre et de tenter de l’assimiler pour en définitive s’en dégager et poursuivre son parcours sans remords et surtout sans honte.

Car n’en déplaise, il suffit de se reporter loin dans l’histoire de l’humanité pour constater qu’ont existé des hommes qui portaient des valeurs universelles bien avant les religions du LIVRE et que notre héritage est antérieur à la tradition judéo chrétienne…même s’ il fut difficile aux maçons du XVIII° siècle de s’en défaire…

La « légende » a commencé avec un premier livre :

« La DIDACHE » petit livre qui fut écrit en langue grecque, sans doute en SYRIE, vers la fin du premier siècle ou au début du deuxième siècle de notre ère, ( entre 70 et 150), découvert par le patriarche de Nicomédie vers 1873 dans la bibliothèque du Saint Sépulcre…..

Ce document a été de bonne heure l’objet d’une grande vénération et pendant longtemps la DIDACHE était lue avec les épîtres, lors des cultes de la primitive Eglise.

En grec DIDACHE ou DIDAKHE, signifie enseignement ou doctrine. Elle est composée de seize « chapitres » qui furent repris dans les livres qui composent le Nouveau Testament dont elle est contemporaine.

Premier document extra canonique du christianisme primitif, tous les enseignements sont déjà écrits !!!!

Je ne retiens que l’un des « commandements » :

….. « Réunissez vous fréquemment, cherchant ce qui convient à vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira à rien si au dernier moment vous n’êtes pas devenus parfaits ».

Sans vouloir faire de comparaison avec les phrases de notre rituel, il est signifiant de remarquer que le CKS.˙. suit cet enseignement, l’âme étant traduite du mot psyché : la vie, l’âme, le cœur , le centre sentimental.

Une adaptation libre, peu éloignée de la phrase prononcée par le T.˙.P.˙.G.˙.M.˙. lorsque le Chev.˙.Gr.˙.Serv.˙. d’Armes montre l’étendard au nouveau CKS.˙. :

« Si vous sentiez votre foi faiblir, si votre dignité risquait de s’abaisser, ressaisissez vous en vous souvenant qu’en un jour solennel, celui-ci, vous avez promis de lutter avec l’arme de lumière et de justice, que vous brandirez contre les forces de la nuit qui ne pourront rien contre elle »

Après ce détour à la recherche du temps passé, nous voilà désormais dans l’action .

3. LE CKS dans l’action en ce XXI° siècle : sa mission, utopie ou début d’une ébauche d’un état de citoyen engagé et responsable ?

Comment concilier la mission du grade illustrée par la devise « Fais ce que dois » au quotidien.

Peut-on adopter l’enseignement traditionnel récité le plus souvent lors des tenues d’initiation comme nous venons le souligner ?

Que reste-il de l’éthique chevaleresque (le bien dans le désintéressement, le beau dans le détachement, la noblesse de pensée dans la noblesse du cœur) ?

Le rappel du combat du chevalier dans l’enceinte sacrée pour faire triompher le bien sur le mal, n’est pas la seule piste de réflexion.

Certes il convient de privilégier l’action d’extériorité (action opérative) au cœur de la Cité, mais là nous pouvons mesurer la difficulté à maintenir les anciennes devises de la tradition maçonnique. D’autant que, si certaines activités profanes permettent de s’en approcher, d’autres peuvent s’en éloigner sans pour autant démériter a priori.

Devant cette difficulté, il est possible de décliner l’action intérieure du CKS.˙., qui poursuit sa quête personnelle par la réflexion, l’écriture, la parole portée au sein du temple pour aboutir à une réflexion collective développée au sein de notre communauté maçonnique, plus particulièrement à ce grade qui est conçu comme un aboutissement renforcé par notre devise « Nec plus ultra ».

Parfait initié, le CKS.˙., homme libre par excellence, se doit d’être exemplaire.

C’est là que la transmission des symboles hérités de nos aînés prend son sens.

Guides de l’action du CKS.˙. dans le monde d’aujourd’hui, vecteurs d’idées forces illustrées par les trois symboles du grade : l’échelle mystérieuse, les trois couronnes, le thème templier sont au cœur de la réflexion du CKS.˙.

Sans développer chacun de ces symboles qui à eux seuls méritent un balustre, il m’est apparu nécessaire d’y revenir en quelques lignes car ils sont la « Référence ».

Nous savons que l’échelle mystérieuse est au cœur de notre cérémonie initiatique.

La déclinaison des vertus, le franchissement virtuel des échelons, vécu dans l’émotion est un élément essentiel à la compréhension du grade.

La montée et la descente symboliques que nous effectuons lors de notre initiation a pour but de nous rappeler qu’il faut conjuguer toujours sentiment et raison, science et conscience.

Ce message est fort car il permet d’éviter l’écueil de la passion et de la haine qui conduit à la désunion, source des conflits qui agitent le monde profane où la force et l’intérêt sont devenus les piliers de cette mondialisation génératrice d’un déséquilibre croissant de toute l’humanité.

La tradition templière prend ici tout son sens ; le Chevalier du Soleil, grand Ecossais de saint André d’Ecosse entend le Grand Maître décliner la devise du CKS.˙. : « Fais ce que dois Advienne que pourra ».

Sans attendre de récompense ou de gratitude de la communauté profane, « armé » de la seule morale qu’ il s’est forgé tout au long de son parcours maçonnique, il va s’engager dans le combat le plus difficile qui l’attend désormais.

Ce thème templier, nos armes virtuelles, l’épée et sa sœur la dague ou « main gauche » sont un rappel des combats menés à l’époque de la chevalerie pour faire triompher les causes justes.

J’ai déjà souligné que ces combats en champ clos m’étaient familiers comme les « juges » du Camp. Entre l’arène judiciaire et celle recréée dans notre Aréopage, le but poursuivi est le même. Je reste ce combattant de l’idéal face aux forces obscures qui mènent la lutte contre l’équité et la justice sociale.

La démesure sécuritaire que nous vivons aujourd’hui illustre le troisième symbole, celui des trois couronnes. Lorsque nous les découvrons à l’ouverture du coffret, nous vivons un moment essentiel de la philosophie du grade.

Pour ma part, il est en définitive, le plus signifiant, toujours d’actualité, avec le décalage entre la volonté du peuple et la surdité de nos politiques pour qui démagogie et langue de bois constituent la seule réponse via des médias dépendants, un pouvoir religieux renforcé, dictant la politique des moeurs dans toute l’Europe, et un pouvoir militaire aux ordres, toujours prêt à soutenir les dérives génocidaires à l’appel du marché soucieux, non des hommes, mais de la protection des richesses naturelles à son seul profit.

Le monde dans lequel nous vivons met en évidence l’association criante des effets dévastateurs de l’alliance perpétuelle de la religion et des armées qui tiennent la main du politique pour tirer l’humanité vers les bas fonds où le XX° siècle s’est vautré avec une complaisance maléfique.

4. Comment dés lors pour le CKS.˙. restaurer la liberté et la justice en ce début du XXI° siècle ?

C’est à la source de ces symboles que le CKS.˙. doit forger sa conviction pour agir en poursuivant dans la Cité l’action contre l’injustice sociale et contribuer ainsi à respecter la promesse faite lors de son initiation.

Si la dictature s’est effacée, l’asservissement de la personne, de la pensée, de l’esprit est bien présent au quotidien.

Or, nous avons promis de résister, obligation majeure que nous avons souscrite. Cet engagement est à mon sens primordial, car de son respect se déduisent les autres promesses que nous avons faites.

Et cette action hors du temple doit être accomplie avec constance car elle est le lien fondamental qui nous conduit tous vers cet « Empire sans frontières » que nous pourrions illustrer par cette Europe sociale que nous attendons de voir se réaliser pour éclairer enfin l’humanité sur toute notre planète.

C’est là que notre esprit critique constitue la meilleure des armes, mais non la pratique du refus systématique, mais bien au contraire une gouvernance de comportement rassemblant toutes les valeurs portées par la F.˙.M.˙. pour vivre en harmonie dans le respect des droits et devoirs de chacun.

Désormais la mission du CKS.˙. est tracée : « Fais ce que dois advienne que pourras ».

Fais ce que dois dans le respect des autres mais avec justement cet esprit critique de l’homme libre, agnostique, pour éviter d’être rattrapé par la pensée unique, le politiquement correct, paravents de l’oppression religieuse et économique qui connaît à nouveau un essor considérable au prétexte de lutter contre le bonheur terrestre.

Non, ce n’est pas archaïque que de vouloir le bonheur ici et maintenant. Ce n’est pas succomber à l’ultra modernité.

Assez de sacrifices pour un prétendu « paradis » dans l’au-delà, ou d’un nouveau salut terrestre version LCR.

Edgar MORIN a souligné cette « Évangile de la perdition ».

Nous avons désormais à choisir une autre voie.

Hier avec l’avènement des Lumières, nos aînés ont accepté leurs statuts de mortels, et le pouvoir de l’Eglise a reculé.

Une religion d’un troisième type s’est créée, une religion de « salut terrestre », comme l’analyse Edgar MORIN, qui ne sait pas qu’elle est une religion et qui s’est pleinement épanouie à partir du message marxiste socialiste promettant le bonheur et l’égalité sur terre.

Cette religion s’est fondée sur une promesse absolue, MARX l’a dotée d’un Messie, le prolétariat industriel et d’une Apocalypse, la révolution.

Nous savons ce qu’il est advenu de cette religion du salut terrestre….Les religions anciennes en profitent et reviennent en force car, si le communisme n’a pas permis de tenir sa promesse de paradis terrestre, la promesse du paradis au Ciel est invérifiable….

Comme Edgar MORIN le précise, et c’est aussi le sens du combat du CKS.˙., la difficulté est celle du sens à donner à sa vie. Il nous faut accepter le fait que nous n’avons pas besoin de salut pour nous forger un sens proprement humain, à partir des idées de fraternité ou de solidarité.

C’est là notre devoir, certes avant tout personnel, mais la démarche isolée ne pourrait que rester vaine si justement elle n’était pas à un moment rassemblée.

C’est le temps fort de l’Aréopage, où nous nous ressourçons pour quelques heures dans cette réflexion collective avant de nous retrouver seul à tenter d’agir, guidé par ces valeurs intemporelles qui tracent les causes justes et qui, parce qu’elles on été bafouées depuis toujours , ont abouti aux martyrs templiers, à l’Inquisition, la Shoah, à la Kolyma, et aujourd’hui à la guerre en Irak et en Palestine, au génocide du RWUNDA, au travail forcé des enfants dans le tiers monde, à l’asservissement des femmes dans les pays musulmans, au déséquilibre Nord Sud……

Le chantier est immense, mais il nous faut l’accomplir chacun à sa mesure mais avec une volonté permanente.

Tel est notre engagement, entre morale de conviction et morale de responsabilité,c’est à ce croisement que le CKS.˙. doit trouver le juste équilibre pour rester ce « soldat de l’éternel et de l’universel ».

Source : http://emsomipy.free.fr

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