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Hauts Grades

Le contraire de sagesse ce n’est pas la folie, c’est la volonté de puissance

24 Septembre 2013 , Rédigé par M\ V\ Publié dans #Planches

     

Premièrement qu’est-ce la sagesse ?
Etre bon, patient, savoir écouter, analyser, comprendre, apaiser, concilier. La sagesse consiste à prendre la raison pour guide, la folie au contraire à obéir à ses passions. La folie commence la ou se trouble le rapport de l’homme à la vérité, raison et folie s’exclue radicalement.
L’accomplissement ultime de l’individu est-il dans la plénitude d’un «état de sagesse» résultant de la connaissance de soi et du monde ?
Toutes choses lui permettant de « savoir être heureux » ?
Par contre « l’état de folie » est-il « éblouissement de l’esprit » comme semble le suggérer Foucault ?
Un secret insensé de l’homme sur l’homme fondé sur une déchirure entre raison et déraison ? La folie peut être la logique d’un esprit difficilement compréhensible. Cet esprit n’a plus la raison mais probablement une raison qui lui est propre.
l’individu, en perpétuel « état de volonté de puissance », perd-il, par là même, toute capacité d’accéder à « l’état de sagesse » ?   
Voire même, dans l’hypothèse où « la volonté de puissance » serait une forme de déraison, un éblouissement de l’esprit, ne serait-il pas au seuil de « l’état de folie » ?
Mais, quelles significations donner à la « volonté de puissance » ?
Ne serait-ce pas une tension, créative, instinctive et de rupture avec « sa sagesse ancienne en s’ouvrant aux confidences de la vie » ainsi qu’en professe le Zarathoustra de Nietzsche ?
Dans ces conditions, sagesse et volonté de puissance s’inscriraient, chacune pour leur part, dans une quête de finalité : se réaliser, c’est-à-dire s’accomplir à titre individuel en tant qu’acteur sociétal.
La volonté de puissance permet d’agir et doit être canalisée mais non pas opposée à la sagesse. La sagesse doit être au service de la volonté de puissance qui peut être bénéfique ou maléfique. L’ambition égoïste contre le reste de la société est maléfique mais si l’ambition qui se met au service de la communauté entraine le reste de l’humanité elle devient positive. Cette certaine forme de sagesse n’est pas résignation ou abandon ni tolérance passive mais quelque chose d’actif et constructeur.
Quant à « l’état de folie », en fait « état de non-réalisation » que la société résout par la mise hors du monde de l’aliéné, ne donne t-il pas socialement, par défaut, toute sa visibilité à la volonté de réalisation ?
Certes « sagesse » et « puissance » expriment au final une même volonté de réalisations. Mais il est cependant clair qu’ ‘elles ne participent pas de la même ambition.
Du coup la « volonté de puissance » n’est-elle, semble t-il, que renoncement au liant majeur du vivre ensemble des hommes en quête de progrès : la fraternité.
Renoncement aussi à la sagesse, considérée au sens socratique du terme, « cogitation, humilité, acceptation de son ignorance et respect absolu des lois de la cité »
Alors la « volonté de puissance » serait-elle en opposition formelle à la praxis maçonnique ? Et le franc-maçon instamment incité à ne pas y succomber ?
Notre ordre est constructeur et le C\K\ est mandaté pour s’élever de façon active contre toute tyrannie
Il en a gravi puis redescend les échelons de l’échelle mystérieuse.
Dans quel but ? Celui du combat, par amour de l’humanité, contre tous les dogmatismes et les intolérances, contre toutes les atteintes aux libertés et à la dignité humaine.
Par quels moyens ? Ceux que lui offre son nouvel « état ». En tant qu’accomplissement ultime de tout parcours maçonnique et qui se définit dans ce que René Guenon appelait « la réalisation descendante », en fait « le nec plus ultra » peut-être de l’initié.
Qu’est ce que le Chevalier Kadosh si ce n’est un simple militant de l’élévation spirituelle de ses frères et des hommes en général ?
Lequel, au final, a développé une volonté de puissance sur lui même, non pour accomplir une vengeance collective mais le rendant apte à organiser le chaos ?
Dans le contexte de violences et de misères que connaissent les peuples actuellement, il peut sembler dérisoire de philosopher à propos de concepts moraux.
Où peut bien se nicher la volonté de puissance ou la sagesse d’un sans domicile fixe par exemple ? Où d’un africain qui affronte la mort pour aborder aux rives de l’Eldorado que serait l’Europe ?
Eh bien justement, la mission que se donne à lui même le Kadosh d’organiser le chaos après avoir « de la vie écouter les confidences » est incitation à engagements citoyens.
Il n’est en effet aucunement nostalgique de quelque Paradis Perdu que ce soit. Pas plus qu’il ne rêve d’Age d’Or problématique.
Pour lui le temps maçonnique est infini puisque c’est celui du « Ordo ab Chao », c’est-à-dire celui du « mettre de l’ordre » dans le chaos spirituel et temporel.
Du coup et par définition, son rapport maçonnique au temps et à l’histoire peut se résumer en deux courtes mais formelles dénégations et une claire détermination :
Non ! à la fatalité du « on n’y peut rien, c’est le destin »
Non ! à l’enfermement dans le « cela a toujours été comme cela » qui traduit l’état d’assujettissement à « l’éternel retour du même » que cingle Nietzsche.
Oui ! à la volonté de puissance lorsqu’elle est toute entière mise au service de l’humanité.
Le sage connaît les aspects de la puissance et de la folie, la sagesse, c’est comprendre le chemin et tirer une voie pour venir en aide aux autres.
source :
www.ledifice.net

 

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