Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Le Créationnisme

5 Novembre 2013 , Rédigé par P\J\ M\ Publié dans #Planches

Introduction

Le créationnisme est à l’ordre du jour dans le temps présent.  Défenseurs et opposants s’affrontent dans des combats parfois âpres, parfois feutrés. Mais ce qui est le plus caractéristique, notamment chez les opposants, est l’absence de la connaissance des textes sur lesquels s’appuient leurs adversaires. Aussi, par souci d’objectivité, voudrais-je demander de se mettre dans la peau d’un habitant d’une planète gravitant autour de l’étoile SIRIUS qu’un engin spatial aurait déposé en cette année 2009 sur la planète TERRE. Et qui voudrait s’informer des tenants et aboutissants de ce problème qui divise actuellement une frange de la population humaine. N’ayant subi aucune imprégnation culturelle terrienne, il pourrait se permettre de poser les questions peut-être naïves qui amèneraient probablement les haussements d’épaules des spécialistes trop spécialisés pour oser mettre en cause leurs croyances philosophiques, quelles qu’elles soient. Cet extraterrestre, appelons-le SYRIAK, demanderait certainement : « La population humaine dont l’effectif actuel approche les 7 milliards d’unités, comporte un peu plus d’un milliard d’hommes et de femmes qui font allégeance à la religion chrétienne. Ces chrétiens, et parmi eux les plus nombreux à savoir les Catholiques, sont-ils créationnistes ? » Que pouvais-je lui répondre sinon lui demander de lire avec moi des extraits du CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE ? « Quel est ce document ? Quelle est son origine ?» serait certainement la question suivante.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Le 25 juin 1985, lors d’une assemblée extraordinaire du Synode des Evêques, le vœu a été émis par les « Pères du Synode » que soit rédigé un « Catéchisme » de toute la doctrine catholique tant sur la foi que sur la morale.  En 1986, le travail a été confié à une commission de 12 Cardinaux ou Evêques  qui était présidée par l’actuel Pape BENOIT XVI, à l’époque le Cardinal RATZINGER. 6 années de travail ont été nécessaires pour rédiger le document qui a été soumis à l’approbation du Pape de l’époque Jean-Paul II, document qu’il a approuvé le 25 juin1992. Sa publication a été ordonnée par ce Pape le 11 octobre 1992. « Comment est-il structuré ? » demanda par après SYRIAK.  Je n’ai aucune difficulté pour préciser que ce document de 561 pages est, après un prologue, divisé en 4 parties intitulées :

Première partie      LA PROFESSION DE FOI 
Deuxième partie    LA CELEBRATION DU MYSTERE CHRETIEN 
Troisième partie    LA VIE DANS LE CHRIST 
Quatrième partie   LA PRIERE CHRETIENNE

Chacune de ces parties est divisée en SECTIONS et chaque section en CHAPITRES, eux-mêmes divisés en ARTICLES dont les éléments sont détaillés en versets numérotés. « Comme tu vas certainement devoir au cours de notre entretien me citer l’un ou l’autre texte », ajouta SYRIAK, « borne-toi lors de cet exercice à citer le n° du verset ainsi que, éventuellement, la page du document où je pourrais le retrouver ».

LA SAINTE ECRITURE

« Pour commencer l’exercice, parle- moi de ce qui dénommé LA SAINTE ECRITURE ». Allons-y fut ma réponse. Voici, SYRIAK, ce que tu peux trouver à ce sujet dans ce CATECHISME . L’article 3 du chapitre deuxième (Dieu à la rencontre de l’homme) de la Première section (Je crois-Nous croyons) est consacré à LA SAINTE ECRITURE. Au verset 104 (page 35), il est affirmé que : « Dans l’Ecriture Sainte, l’Eglise trouve sans cesse sa nourriture et sa force, car en elle, elle n’accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu’elle est réellement : la Parole de Dieu. » Et au verset 105, il est précisé que : « Dieu est l’auteur de l’Ecriture Sainte – La vérité divinement révélée que contiennent et présentent les livres de la Sainte Ecriture, y a été consignée sous l’inspiration de l’Esprit Saint. » Ainsi que : « Notre Sainte Mère l’Eglise, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque rédigées sous l’inspiration de l’Esprit saint, ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Eglise elle-même » Et comme si cela ne suffisait pas, il est ajouté au verset 107, page 36) que : « Les livres inspirés enseignent la vérité .…il faut déclarer que les livres de l’Ecriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité … » « Tout cela me semble très clair », me dit SYRIAK, « je vois que tu as entre tes mains deux livres appelés l’ANCIEN TESTAMENT et le NOUVEAU TESTAMENT, autrement dit LES EVANGILES. Font-ils tous deux partie de l’ÉCRITURE SAINTE que les versets cités du CATECHISME ont évoqué ? » Certainement fut ma réponse. « Mais que comporte cette Ecriture Sainte et qui a établi son contenu », a été la question suivante. Je t’ai déjà donné la réponse ci avant.  Elle se trouve au verset 105, à savoir que c’est l’Eglise elle-même qui les a jugés canoniques et sacrés.  Le verset 120 (page 38) nous le précise : « C’est la Tradition apostolique qui a fait discerner à l’Eglise que les écrits devaient être comptés dans la liste des Livres Saints.  Cette liste intégrale est appelée CANON des Ecritures. Elle comporte pour l’Ancien testament 46 écrits et 27 pour le nouveau. » « Une question me brûle les lèvres.  LA GENESE fait-elle partie de ce Canon des Ecritures ? » ajouta SYRIAK. Que pouvais-je lui répondre sinon que le paragraphe suivant du verset 120 fournit la liste du CANON des Ecritures qui commence évidemment par la GENESE, le premier livre de l’Ancien Testament. Le verset suivant, 121, déclare  aussi : « L’Ancien Testament est une partie inamissible de l’Ecriture sainte.  Ses livres sont divinement inspirés et conservent une valeur permanente car l’ancienne alliance n’a jamais été révoquée. … Les Chrétiens vénèrent l’Ancien Testament comme vraie parole de Dieu. » Et SYRIAK de poursuivre : « L’écrit consigné dans la GENESE  enseignerait donc fidèlement et sans erreur la vérité. Parce qu’il aurait Dieu pour auteur, ce ne serait pas une parole humaine, mais ce qu’elle serait réellement,  la vraie Parole de Dieu. » Tu as bien résumé ce qui vient d’être énoncé. « Quelque chose me chiffonne quand même. Il est dit que l’Ancien Testament est une partie inamissible de l’Ecriture Sainte. INAMISSIBLE, cela signifie quoi ? » Eh bien SYRIAK, INAMISSIBLE signifie, en théologie chrétienne, que cela ne peut pas être effacé. « Non ! Tu me surprends.  » me dit SYRIAK « Et cela même si, à la lueur des connaissances certaines du moment, certains textes sont sans conteste faux, ils ne peuvent être biffés du LIVRE SACRE. » « Exact », fut ma réponse. « C’est donc pour cela que le 7 octobre dernier, le Pape BENOIT XVI a cru bon d’enregistrer avec le concours de la télévision publique italienne, la RAI, le premier chapitre de l’Ancien Testament.  Et cette prestation a été projetée sur grand écran dans la « Basilique Sainte Croix de Jérusalem » de Rome. D’autres personnes, vedettes du spectacle notamment, se sont relayées pour lire entièrement l’intégralité des textes religieux du Livre catholique. » Cette prestation permet de croire que le Primat de l’Eglise catholique croit dur comme fer au créationnisme tel qu’il est décrit dans les premières pages de la GENESE.  Il serait indécent de ma part, SYRIAK, de dire ce religieux n’ajoute aucune foi à ce qu’il a tenu à déclamer ! Et que ce ne serait qu’un comportement hypocrite ! «  Puisque la GENESE de l’Ancien TESTAMENT est dite la VRAIE PAROLE DE DIEU », dit SYRIAK, « parle-moi un peu de son contenu.  Mais limite-toi pour l’instant  à ce qui concerne la création du monde matériel».

La création du monde matériel

Apprends, SYRIAK, qu’il existe deux versions de la création du monde juxtaposées et très différentes l’une de l’autre : elles sont aisément repérables parce que l’appellation de la divinité est différente.  Dans l’une appelée la VERSION SACERDOTALE, le terme utilisé est  ELOHIM, (qui sera traduit dans le texte ci-après par DIEU). Dans l’autre VERSION, la YAHVISTE, c’est YAHVE accompagné de Adonaï (qui sera traduit dans le texte ci-après par  la dénomination YAHVE DIEU). « Commence donc par le texte de la version sacerdotale relative à la création du monde matériel », dit SYRIAK.. Au commencement était le Néant.  Ce n’est certes pas exprimé de cette manière, mais comment interpréter autrement le verset 1.1 libellé comme suit : « Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre ». « Avant la création, rien n’aurait existé !  Hormis la personne divine. Même pas l’atome géant initial dont on parle tant pour le moment. » Au verset 1.2, le narrateur a tenu aussi à préciser que :  « Or la Terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux ». Pour asseoir sa démonstration que la création se serait déroulée réellement en 6 journées, le « Prophète » qui aurait reçu les confidences du Créateur, a cru nécessaire de définir très vite les notions de jour et de nuit.  Aussi avait-il ajouté aux versets 1.3 et 1.4 que : « Dieu dit : Que la lumière soit » et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.  Dieu appela la lumière Jour et les ténèbres Nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour ». « Mais, » me dit SYRIAK, « même inspiré par l’ « Esprit Saint », le propos est incohérent ! Il suppute l’existence de la lumière alors que l’astre qui la produit, le Soleil, et l’astre qui la reflète, la lune, sont incréés ? » Eh oui, ta remarque est correcte, car ce n’est que 3 jours plus tard que ces astres sont fabriqués : « Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années ; qu’ils soient des luminaires au firmament du ciel pour éclairer la Terre et il en fut ainsi.  Dieu fit les deux luminaires majeurs ; le grand luminaire comme puissance du jour et le petit luminaire comme puissance de la nuit, et les étoiles.  Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière et les ténèbres, et Dieu vit que cela était bon.  Il y eut un soir et un matin : quatrième jour ». (Versets 1.14 à 1.19) « Le narrateur affirmait donc que, déjà au soir du 2ème jour de la création, la Terre était surmontée d’une voûte. Mais celle-ci était vide de tout objet. Ce n’est qu’au 4ème jour qu’il la peuple d’étoiles. Et lui donne également le rôle de voie de déambulation du soleil et de la lune qui servent de séparateurs des débuts et fins des journées éclairées. » Il y a même plus, SYRIAK, tant le soleil que la lune pouvaient arrêter sur ordre leur circulation sur cette coupole. « Et cela est arrivé ? Si oui, quand ? » Oui, lors de la conquête du Sud palestinien par les Israélites. Lorsque YAVEH,, à la demande de JOSUE, a interdit tout mouvement au Soleil et à la Lune.. « Et cela se trouve dans les textes de l’Ancien Testament ? » Oui, aux versets 10.12 à 10.14 du LIVRE DE JOSUE de l’Ancien Testament libellé comme suit : « C’est alors que JOSUE s’adressa à YAHVE, en ce jour où YAHVE livra les Amorites aux Israélites.  JOSUE dit en présence d’Israël :Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi Lune sur la vallée d’Ayyâlon ! » Et le Soleil s’arrêta, et la Lune se tint immobile jusqu’à ce que le peuple se fut vengé de ses ennemis.  Cela n’est-il pas écrit dans le livre des justes.  Le soleil se tint immobile au milieu du Ciel et près d’un jour entier retarda son coucher.  Il n’y a pas eu de journée pareille, ni avant ni depuis, où YAHVE ait obéi à la voix d’un homme ». «  Etonnant. Si je comprends bien, au soir du 1er jour de la création, le Ciel et la Terre, même si leur nom est déjà prononcé, restaient indifférenciés.  Eau et terre ne formait qu’une masse informe. Quelle tâche la divinité s’est-elle aussi imposée pour le lendemain ? » Simplement, SYRIAK, de séparer les eaux. Et c’est pourquoi, en ce 2ème jour, le Livre sacré dit : « Dieu dit : Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux et il en fut ainsi.  Dieu fit le firmament qui sépara les eaux qui sont sous le firmament d’avec les eaux qui sont au dessus du firmament, et Dieu appela le firmament Ciel.  Il y eut un soir et il y eut un matin : deuxième jour ». (Versets 1.6 à 1.8) « Le ciel est donc créé. Bien séparé du reste. Sa « coupole » retiendrait les eaux « supérieures » : celles qui donnent la pluie. » Oui, SYRIAK. Et cette vision des choses est confirmée par des versets ultérieurs du texte. Comme ceux contenus dans le récit du Déluge, et notamment le verset 7.11 libellé comme suit : « En l’an 600 de la vie de NOE, le second mois, le dix-septième jour du mois, ce jour-là jaillirent toutes les sources du grand abîme et les écluses du ciel s’ouvrirent ».  Autrement dit, YAHVE rompit les digues qu’il avait posées le 2ème jour pour séparer les eaux d’en bas et celles d’en haut. « Mais, au 2ème jour de la création, la terre était encore « mélangée » aux eaux « inférieures » ? » C’est exact, car ce n’est en effet que le jour suivant, le 3ème jour, que la séparation de la Terre et des eaux se fait. « Dieu dit Que les eaux qui sont sous le Ciel s’amassent en une seule masse et qu’apparaisse le continent et il en fut ainsi.  Dieu appela le continent Terre  et la masse des eaux Mers  et Dieu vit que cela était bon ». (versets1.9 à 1.10). « Entre nous, n’est-ce pas une façon poétique de décrire des évènements, d’élaborer une explication de la naissance du monde à la mesure des connaissances des hommes de ce temps-là ? » Je pourrais le concevoir, SYRIAK, si l’on accepte qu’il n’y ait dans ce texte aucun message d’inspiration divine. Et qu’il ne s’agit que d’une fable d’origine toute humaine ! Mais le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique interdit une telle façon de voir. « Pourquoi ne prends-tu ces textes que dans leur sens littéral ? » Simplement parce que j’ai l’honnêteté intellectuelle de me replacer dans l’ambiance de ceux qui les ont écrits. On oublie actuellement ce qu’avait proclamé en 1893 le Pape LEON XIII dans son encyclique PROVENDITISSIMUS DEO :  « Les livres de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, tels qu’ils ont été reconnus par le Concile de Trente, doivent être reconnus comme sacrés et canoniques, non pas en ce sens que, composés par le genre humain, ils ont ensuite reçus son approbation, ni seulement qu’ils contiennent la révélation sans aucune erreur, mais parce qu’ ils ont été écrits sous l’inspiration du Saint Esprit et ont ainsi Dieu pour auteur ». « Il est difficile d’être plus explicite. Mais maintenant que l’on en a mis en évidence les contradictions de ces allégations de façon irréfutable, ne pourrait-on franchir l’impasse par le biais d’une lecture allégorique. » Ce serait, SYRIAK, en totale contradiction d’ailleurs avec ce quoi est dit dans les versets que je t’ai cité du Catéchisme.  Et les torturer de cette manière n’est qu’une fuite pour se préserver de l’angoisse éventuelle qui serait consécutive à une prise de position plus rationnelle ! « Tu m’as parlé de la version sacerdotale de la GENESE relative à la création du monde matériel.  Mais l’autre version, la Yahviste, que dit-elle ? » Le texte est très laconique et est celui-ci : Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,  il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour culti­ver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol.

« Difficile d’être plus concis !  Les deux versions ne coïncident pas.  Tout est donc une question de foi. »

LES CARACTERISTIQUES DE LA FOI

Je le pense SYRIAK.  La foi est un acte humain, énonce le titre du verset 154 de la page 44. « Serais-tu sur la même longueur d’onde que les auteurs du Catéchisme ? » Je n’ai pas dit cela. « Et pourquoi ? » Tu vas immédiatement comprendre lorsque je t’aurai lu le contenu de ce verset 154. « Et que dit-il ? » Je te livre le texte : « Croire n’est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint Esprit.  Il n’en est pas moins vrai que croire est un acte authentiquement humain.  Il n’est contraire ni à la liberté, ni à l’intelligence de l'homme et de faire confiance aux vérités révélées par Lui.  …. Dès lors il est encore moins contraire à notre dignité de présenter par la foi la soumission plénière de notre intelligence et de notre volonté au Dieu qui révèle et d’entrer ainsi en communion intime avec Lui. » Plus loin, aux versets 156, 157 et 158 consacrés à la « La Foi et l’Intelligence », on insiste : Verset 156 (page 45)  « … Néanmoins pour que l’hommage de notre foi fut conforme à la raison, Dieu a voulu que les secours intérieurs du saint Esprit soient accompagnés de preuves extérieures de sa Révélation.  C’est ainsi que les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Eglise, sa fécondité et sa stabilité sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous, des motifs de crédibilité qui montrent que l’assentiment de la foi n’est nullement un mouvement aveugle de l’esprit. » « Moi », interrompt SYRIAK, « je te dis que l’on me fait tourner en rond tout comme le chien qui pivote sans arrêt  sur lui-même pour attraper le bout de sa queue. Croire aux miracles et aux prophéties permettrait de me prouver la véracité de la Révélation qui est attestée dans l’ÉCRITURE SAINTE par qui ? Mais simplement les Prophètes ! Allons donc, restons un tant soit peu sérieux . » Laisse-moi continuer en te lisant deux autres versets : Verset 157 : « La foi est certaine , plus certaine que toute connaissance humaine, parce qu’elle se fonde sur la Parole même de Dieu quine peut mentir  …. La certitude que donne la lumière divine est plus grande que celle QUE DONNE LA LUMIERE DE LA RAISON NATURELLE » Verset 159 : « Bien que la foi soit au dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de désaccord entre elles.  Puisque le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi a fait descendre dans l’esprit humain la lumière de la raison, Dieu ne pourrait se nier Lui-même, ni le vrai contredire le vrai. C’est pourquoi la recherche méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d’une manière vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais opposée à la foi :les réalités profanes  et celles de la foi trouvent leur origine dans le même Dieu.  Bien plus, celui qui s’efforce avec persévérance et humilité de pénétrer le secret des choses, celui-là, même s’il n’en a pas conscience, est conduit par la main de Dieu, qui les soutient et les fait comme ils sont. » « Restons sérieux. La foi serait donc au dessus de la raison, plus certaine que toute connaissance. », résume SYRIAK, «  Et en plus jamais la recherche méthodique menée de façon  scientifique ne pourrait jamais donner de résultat qui contredirait l’objet de la foi.  Il faudrait croire ce qui est inscrit dans les Livres Saints et notamment ce qui est relatif à la création du monde, tant inerte que vivant, dans LAGENESE de l’ANCIEN TESTAMENT. Même si cela est contredit par l’accroissement des connaissances. C’est tout simplement aberrant ! ». Comme cela a été le cas, SYRIAK, notamment dans l’affaire GALILEE. Loin de moi de croire que les théologiens qui l’ont forcé à abjurer étaient de fieffés coquins.  Ils croyaient que la terre était le centre du monde.  N’ayons pas la mémoire courte.  Les textes de GALILEE ayant reçu une grande diffusion pour l’époque, inquiétèrent le SAINT OFFICE de l’Eglise catholique.  Et l’étude qui s’ensuivit donna lieu en 1616, à un avis stipulant que : « La proposition que le soleil soit au centre du monde et soit immobile est absurde et fausse en philosophie et formellement hérétique, étant contraire à la Sainte Ecriture. » « La proposition que la terre n’est pas le centre du monde et n’est pas immobile, mais qu’elle se meut aussi d’un mouvement diurne, est également une proposition absurde et fausse en philosophie et considérée en théologie ad minus erronea in fide. » « La décision de 1616 n’était pas si grave que cela pour GALILEE qui n’est même pas nommé ! » Mais en 1632 GALILEE publie son livre « Dialogo sopra i due massimi sistemo del mondo » dans lequel sous forme dialoguée il défend la thèse de la mobilité de la terre autour du soleil.  C’en est trop pour le Magistère catholique. Le Tribunal de l’Inquisition se saisit de l’affaire et le condamne en 1633 en le déclarant :« suspect d’hérésie comme ayant cru une doctrine fausse et contraires aux Saintes et Divines Ecritures ». GALILEE se soumet, il abjure « ses erreurs », est « assigné à résidence » à ARCETRI près de FLORENCE.  Les « Dialogo » sont évidemment mis à l’index. « Est-il réel que GALILEE a dû, le 22 juin 1633, se mettre à genoux pour prononcer son abjuration ? »C’est exact. Et j’imagine sans peine son désarroi lorsqu’il a été obligé, pour échapper au bûcher, d’avouer avoir été : « … soupçonné véhémentement d’hérésie, c’est-à-dire d’avoir maintenu et cru que le Soleil est au centre du Monde et immobile, et que la terre n’est pas au centre et se meut.  Pour ce, voulant effacer dans l’esprit de vos Eminences et de tout chrétien fidèle ce soupçon véhément, à juste titre conçu contre moi, j’abjure et je maudis d’un cœur sincère et avec une foi non simulée les erreurs et les hérésies susdites, et en général toute autre erreur, hérésie, et entreprise contraire à la Sainte-Eglise ; je jure à l’avenir de ne plus rien dire ni affirmer de vive voix, et par écrit, qui permette d’avoir de moi de semblables soupçons, et s’il devait m’arriver de rencontrer un hérétique et présumé tel, je le dénoncerais à ce Saint-Office, à l’inquisiteur ou à l’ordinaire de mon lieu de résidence. » «  C’est écoeurant ! Lui que l’observation avait convaincu de la véracité de la théorie. Et l’obliger en sus à se conformer en délateur ! » Mais cela a été, SYRIAK.  Et le sera encore en tout lieu où le pouvoir théologique sera maître absolu. Cela existe toujours dans certaines contrées de ce XXIème siècle. «  Mais comment peut-on imaginer que l’on puisse, en 1992, à la fin de ce XXème siècle,  oser maintenir les vieilleries cosmologiques de l’Ancien Testament lorsque le développement des instruments d’observation et d’exploration a fait le bond prodigieux qui a permis de préciser un tant soit peu la connaissance, mais un peu énorme par rapport au connu du début du XVIIème siècle. Si l’on avait dit aux théologiens de 1633 que non seulement la Terre n’était pas le centre du monde, mais que le soleil n’était qu’une étoile quelconque parmi les cent milliards que compte la Voie Lactée, notre galaxie, que ce soleil n’était même pas au centre de la galaxie, que cette galaxie n’en était qu’une parmi un nombre incommensurable d’autres, quelle aurait été leur attitude à l’encontre du prétentieux ». Evidemment, SYRIAK. Mais laisse-moi continuer et te citer les versets 174, 176, 180 et 184 à la page 49.   La FOI y est encore évoquée. Verset 174 : « Le message de l’Eglise est donc véridique et solide, puisque c’est chez elle qu’un seul chemin de salut apparaît à travers le monde entier. » Verset 176 : « Le foi est une adhésion personnelle à Dieu qui se révèle.  Elle comporte une adhésion de l’intelligence et de la volonté à la Révélation que Dieu a faite de Lui-même par ses actions et ses paroles. » Verset 180 : « Croire est un acte humain, conscient et libre, qui correspond à la dignité de la personne humaine. » Verset 184 : « La foi est un avant-goût de la connaissance qui nous rendra bienheureux dans la vie future. » « J’y perds le peu de latin que j’ai encore à mon âge. Alors, éclaire moi.  Jusqu’à présent, on ne fait que parler de « Révélation », de « Parole de Dieu ».  Et l’on ne peut même pas citer qui était l’interlocuteur auquel Dieu aurait dicté son enseignement.  Comme dans une autre religion, l’intermédiaire était un archange, l’archange GABRIEL.  Le sujet est-il évoqué dans le Catéchisme ? » Non pas de manière explicite. Au verset 288, tu liras simplement que : « … la vérité de la création s’exprime-t-elle avec une vigueur croissante dans le message des prophètes, dans la prière des psaumes et de la liturgie, dans la réflexion de la sagesse du Peuple élu ». « Un peu court quand même !  Toujours la même rengaine.  Le message des prophètes !» ne put se retenir de dire SYRIAK. « On ne fait que parler de Dieu.  Je voudrais en savoir quand même un plus sur ce démiurge ». La réponse donnée à cette question, tu la trouves à la page 57 où l’on te dit que DIEU, « CELUI QUI EST », EST VERITE ET AMOUR. Dieu est proclamé VERITE au verset 216  parce que ; « La vérité de Dieu est sa sagesse qui commande tout l’ordre de la création et du gouvernement du monde.  Dieu qui, seul, a créé le ciel et la terre, peut seul donner la connaissance véritable de toute chose créée dans sa relation à Lui.  Dieu est vrai aussi quand Il se révèle : l’enseignement qui vient de Dieu est une doctrine de vérité. »  Dieu est proclamé AMOUR au verset 219 car «  …Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique .» A la page 58, il est ajouté que : «  Croire en Dieu, c’est …connaître la grandeur et la majesté de Dieu. Oui Dieu est si grand qu’il dépasse notre science ». La toute puissance de Dieu est multiple : (verset 268 – page 66) il faut croire : «  … qu’elle est universelle puisque Dieu qui a tout créé, régit tout et peut tout, aimante car Dieu est notre père, mystérieuse car seule la foi peut la discerner quand elle se déploie dans la faiblesse. » « Tiens, tiens.  Dieu régit tout et peut tout.  Un petit goût de prédestination. De dessein intelligent. ». Ne brûle pas les étapes, SYRIAK. Ecoute le contenu du verset 286 à la page 69, où l’on t’explique que : « L’intelligence humaine a la capacité certes de trouver déjà une réponse à la question des origines. En effet, l’existence de Dieu le Créateur peut être connue avec certitude par ses œuvres grâce à la lumière de la raison humaine, même si cette connaissance est souvent obscurcie et défigurée par l’erreur.  C’est pourquoi la foi vient confirmer et éclairer la raison dans la juste intelligence de cette vérité … » « Parlons-en de ses œuvres » .  Tu dois lire ce qui est écrit aux pages 71, 72 et 73 sur le Mystère de la Création. Ainsi tu apprendrais par la lecture du verset 295 que Dieu a créé par sagesse et amour : Nous croyons que Dieu a créé le monde selon sa sagesse. Il n’est pas le produit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard. Nous croyons qu’il procède de la volonté libre de Dieu qui a voulu faire participer les créatures à son être, sa sagesse et sa bonté. Ainsi que par le verset 296 que Dieu crée de rien  : « Nous croyons que Dieu n’a besoin de rien de préexistant ni d’aucune aide pour créer. La création n’est pas non plus une émanation nécessaire de la substance divine. » Ou par le verset 299 que Dieu crée un monde ordonné et bon : Si Dieu crée avec sagesse, la création est ordonnée. ….  Notre intelligence, participant à la lumière de l’Intellect divin, peut entendre ce que Dieu nous dit par sa création, certes non sans grand effort et dans un esprit d’humilité et de respect devant le Créateur et son œuvre… L’Eglise a dû, à maintes reprises, défendre la bonté de la création, y compris du monde matériel » « Arrête-toi », me dit SYRIAK, « le monde matériel n’est pas ordonné». Laisse-moi encore l’occasion de te citer quelques versets sur le MONDE VISIBLE. Ainsi au verset 338 de la page 79, tu apprendras que : « Il n’existe rien qui ne doive son existence à son créateur.  Le monde a commencé quand il a été tiré du néant par la parole de Dieu : tous les êtres existants, toute la nature, toute l’histoire humaine s’enracinent dans cet événement primordial ; c’est la genèse même par laquelle le monde est constitué, et le monde a commencé ». « Arrête-toi ! Tout ce qui se passe dans le monde matériel doit son existence à Dieu.  Les tremblements de terre, les tsunamis dévastateurs, les éruptions volcaniques, les ouragans, tous les phénomènes meurtriers qui ne doivent rien à l’action humaine se réalisent selon les plans imaginés par la divinité !  Une divinité que l’on proclame sage, aimante, etc.  On est en plein délire. »  Laisse-moi t’asséner cette dernière évocation avec le verset 341 consacré à la beauté de l’Univers : « L’ordre et l’harmonie du monde créé résultent de la diversité des êtres et des relations entre eux. L’homme les découvre progressivement comme lois de la nature. Ils font l’admiration des savants. La beauté de la création reflète l’infinie beauté du créateur. Elle doit inspirer le respect et la soumission de l’intelligence de l’homme et de sa volonté ». « Pardonne-moi », précise SYRIAK, « Les savants dont il est question dans ce verset, sont-ils aveugles ? Des lois de la nature existent certes, mais ce monde dans lequel nous sommes immergés,  n’est pas statique. Tu ne vois que mouvement et changement.   Ce qui est perçu du réel n'est jamais deux fois semblable à lui-même. a terre tourne sur elle-même.   Elle tourne autour du soleil qui tourne sur lui-même et se déplace dans notre galaxie, la Voie Lactée qui elle-même se rapproche ou se distancie de ses voisines.   L’observation astronomique décèle d’autres galaxies dont nous percevons des lumières émises il y a des millions, voire des milliards d’années.  Elles occupent à l’heure présente d’autres positions dont nous ne savons rien.  Des émissions phénoménales de rayons X nous arrivent. Jamais notre planète n’occupera la position qu’elle a à cet instant.  Le soleil gaspille son énergie.  Il a ses orages. Il éructe ses gaz.  Des taches naissent, puis disparaissent.  A chaque moment, il est autre.  Et sur cette terre, les cours d’eau érodent les continents, des montagnes naissent, d’autres s’amenuisent, les sédiments se déposent, les plaques continentales se déplacent, les volcans crachent leurs gaz et cendres, les météorites tombent.  Tant dans sa composition, sa structure que la disposition de ses éléments constitutifs, la terre sera différente dans 100 ans de ce qu’elle est aujourd’hui. Et l’on nous présente cette création comme achevée, ordonnée et harmonieuse ! » Je dois t’arrêter, SYRIAK.  Tu trouves la réponse à ton interrogation au verset 310 de la page 75 : « Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde aussi parfait qu’aucun mal ne puisse exister. Dieu pourrait toujours créer quelque chose de meilleur. » « Et quelle est la réponse à cette question ? » Ne m’interromps pas SYRIAK. Refrène ton impatience, et tu connaîtras la suite du verset : « Cependant dans sa sagesse et sa bonté infinie, Dieu a voulu créer un monde « en état de cheminement » vers sa perfection ultime. Ce devenir comporte dans le dessein de Dieu avec l’apparition de certains êtres, la disparition d’autres, avec le plus parfait aussi le moins parfait, avec les constructions de la nature aussi les destructions.  Avec le bien physique, existe donc aussi le mal physique, aussi longtemps que la création n’aura pas atteint sa perfection. » « Comment oses-tu appeler cela une réponse ! J’admire la pirouette. Une telle phrase permet de ne jamais être contredit.  En plus elle introduit une notion que l’on commence à entendre depuis quelques années : le fameux DESSEIN INTELLIGENT.  Une admirable volte-face qui en fait ne fait que contredire tout ce qui est proclamé dans l’ÉCRITURE SAINTE ». Eh oui, SYRIAK, cette volte-face était annoncée dès le verset 302 de la page 73 : «  La création a sa bonté et sa perfection propres, mais n’est pas sortie toute achevée des mains du créateur.  Elle est créée dans un état de cheminement (in statu viae) vers une perfection ultime à atteindre, à laquelle Dieu l’a destinée. Nous appelons DIVINE PROVIDENCE les dispositions par lesquelles Dieu conduit la création vers cette perfection. Le témoignage de l’Ecriture est unanime ; la sollicitude de la divine providence est concrète et immédiate, elle prend soin de tout, des moindres petites choses jusqu’aux grands évènements du monde et de l’histoire. Avec force, les livres saints affirment la souveraineté absolue de Dieu dans le cours des évènements…. »

 « Dieu a créé un monde matériel inachevé selon ce verset.  Mais Dieu avait bien en tête la création d’un monde parfait.  Et à chaque instant qui se passe, la souveraineté absolue de Dieu est présente.  Il en prend soin.  J’en déduis que toute catastrophe naturelle qui n’est pas le résultat d’une activité humaine a Dieu comme architecte.  Un grand architecte bien mal intentionné dois-je en déduire ! Je comprends pourquoi tu n’as voulu jusqu’à présent évoquer que le création du monde matériel.  Cela te permet de montrer toute l’incohérence du propos ». Le monde matériel qui aurait été créé par la divinité est, SYRIAK, comme les rédacteurs du CATECHISME sont bien obligés à l’heure actuelle d’admettre, en constate évolution.  Ce non achèvement - et toutes ses manifestations catastrophiques - n’a rien à voir avec une quelconque faute des premiers humains, une désobéissance aux commandements de Dieu. «Continue l’examen des textes.   Il est temps maintenant de s’intéresser au monde du vivant ». Nous allons cheminer de la même manière.  Et voyons en premier lieu les textes de la GENESE. « Quelle est la version sacerdotale ? » Il y a eu en premier la création des plantes terrestres : Dieu dit : « Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence et des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence »  et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure : des herbes portant semence selon leur espèce, des arbres donnant selon leur espèce des fruits contenant leur semence, et Dieu vit que cela était bon.  Il y eut un soir et il y eut un matin : troisième jour. « Etonnant, les plantes à chlorophylle ont besoin de la lumière solaire pour se développer.  Et le soleil n’a été créé que le 4ème jour ! » Ne sois pas si exigeant. La lumière a été créée le premier jour.  Pour les animaux vivant dans les eaux  ou peuplant l’air, la création est survenue le 5ème jour. Dieu dit : « Que les eaux grouillent d'un grouillement d'êtres vivants et que des oiseaux volent au-dessus de la terre contre le firmament du ciel » et il en fut ainsi. Dieu créa les grands ser­pents de mer et tous les êtres vivants qui glissent et qui grouillent dans les eaux selon leur espèce, et toute la gent ailée selon son espèce, et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu les bénit et dit: « Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre. » Il y eut un soir et il y eut un matin : cinquième jour. Le 6ème jour sont arrivés les autres animaux : Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce: bestiaux, bestioles, bêtes sauvages selon leur espèce » et il en fut ainsi. Et Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les bestioles du sol selon leur espèce, et Dieu vit que cela était bon. « Et le genre humain ? » C’est aussi au cours de ce 6ème jour, mais après la création des animaux terrestres : Dieu dit : ° Faisons  l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bes­tiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bes­tioles qui rampent sur la terre. » Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. »  Dieu dit : « Je vous donne toutes les herbes por­tant semence, qui sont sur toute la surface de la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence : ce sera votre nourriture. » A toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui rampe sur la terre et qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plan­tes et il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : sixième jour. « Cette version me paraît simple.  La divinité après avoir créé le ciel et la terre, un firmament pour séparer les eaux, fait naître les continents et les mers, fait pousser les végétations, agrémente le firmament du soleil, de la lune et des étoiles, peuple d’animaux les mers et le ciel, par après les terres et finalement crée l’homme et la femme à son image. Et met toute la création à leur disposition et usage. ».Les versets 355 à 370 du Catéchisme ne font référence qu’à cette version de la GENESE. Les versets suivants font appel à l’autre version, la Yahviste : Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel,  il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour culti­ver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant . Dans cette version, après la création de la terre et du ciel, l’homme fait d’argile reçoit la vie de Dieu. Yahvé Dieu planta un jardin en Éden , à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé.  Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.  Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.  Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or;  l'or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre de cornaline. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush. Le troisième fleuve s'appelle le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin.  Mais de l'arbre de la connais­sance du bien et du mal  tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort. » L’étape suivante est la création d’un jardin où poussent des arbres.  Mais déjà se profile l’idée de la mort pour l’être humain s’il n’obéit pas à son créateur. Yahvé Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. II faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie »  Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait por­ter le nom que l'homme lui aurait donné. L'hom­me donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l'aide qui lui fût assor­tie. Les animaux terrestres et la gent ailée sont créés ensuite selon le même procédé que pour l’homme.  Mais l’homme leur est supérieur puisqu’ils doivent tous défiler devant lui pour recevoir leur nom. « Comment un paléontologue chrétien peut-il se satisfaire d’un tel texte. Le premier homme aurait donc connu les grands reptiles disparus voici 65 millions d’années, les brontosaures, tyrannosaures et iguanodons par exemple. Et aussi des pré-hominidés, comme le PROCONSUL, le PARANTHROPE, l’OREOPITHECUS, ou des hominidés comme l’Homme de Toumaï, ORORIN, l’Australopithèque robuste ou gracile, l’Homo Habilis, l’Home Erectus, l’Homo sapiens archaïque, l’Homo sapiens de Neandertal, tous ces êtres qui sont disparus de la planète ». Ecoute la suite, SYRIAK. .  Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l'homme, qui s'endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu'il avait tirée de l'homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l'amena à l'homme. Alors celui-ci s'écria : « Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée " femme"', car elle fut tirée de l'homme, celle-ci ! » C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.  Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre. « Il ne faut pas être grand clerc pour constater que les deux versions sont très différentes. Alors que dans la première, l’homme et la femme sont créés ensemble.  Et en tout dernier lieu.  Dans celle-ci, l’homme est créé en premier lieu, la végétation, les animaux terrestres et les oiseaux viennent après son apparition sur terre. Et comme l’homme pourrait s’ennuyer dans sa solitude, la divinité toute rempli de sollicitude, lui fabrique une femme à partir d’une de ses côtes. Mais pourquoi le Prophète qui a reçu les confidences du Tout Puissant tient-il à faire remarquer que l’homme et la femme étaient nus.  Et que cela n’entraînait aucune gêne.  Même plus, aucune honte. Je ne comprends pas ». Tout simplement parce que cela est une introduction à l’idée de la faute : du PECHE ORIGINEL sans lequel la religion chrétienne n’aurait pas pu se développer. Le serpent était le plus rusé de tous les ani­maux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? »  La femme répondit au serpent : « Nous pouvons man­ger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort. » Le serpent répliqua à la femme: « Pas du tout! Vous ne mourrez pas! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et sédui­sant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.  Yahvé Dieu appela l'homme : « Où es-tu? » dit-il. « J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme; j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. » Il reprit : « Et qui t'a appris que tu étais nu? Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger! »  L'homme répondit : « C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé! » Yahvé Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait là? » et la femme répondit : « C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé. » Alors Yahvé Dieu dit au serpent: « Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon b. »  A la femme, il dit  : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » A l'homme, il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi!. A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs.  A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » L'homme appela sa femme « Ève », parce qu'elle fut la mère de tous les vivants. Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Yahvé Dieu dit : « Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal. Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours ». Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d'Eden pour cul­tiver le sol d'où il avait été tiré. Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie. « En t’écoutant lire ce texte, je me suis apitoyé sur les heurs et malheurs de cette malheureuse divinité qui tout en étant la puissance suprême, celle dont les pouvoirs sont incommensurables, se met à créer des êtres faibles, crédules ou mauvais comme le serpent. Il les avait créés avec leurs organes génitaux. L’homme avait un pénis comme tous les mammifères mâles, et la femme un vagin, une matrice et des ovaires comme la plupart des mammifères femelles.  Mais ils n’en avaient conscience.  Ils ne baisaient pas.  Ils ne forniquaient pas.  Et en mangeant un malheureux fruit qui était appétissant, ils se sont aperçus qu’ils étaient nus ». Cela devait, SYRIAK, être le comble de l’indécence dans cet univers où ils étaient les seuls êtres humains. « Le créateur, la puissance suprême, celle dont les pouvoirs sont incommensurables, a créé des êtres faibles, mauvais comme le serpent ou crédules comme Adam et Eve. Il les avait créés avec leurs organes génitaux. L’homme avait un pénis comme tous les mammifères mâles, et la femme un vagin, une matrice et des ovaires comme la plupart des mammifères femelles.  Mais Adam et Eve n’en avaient pas conscience.  Ils ne baisaient pas.  Ils ne forniquaient pas.  Et c’est en mangeant un malheureux fruit qui était appétissant, qu’ils se sont aperçus qu’ils étaient nus ». Et alors, Yahvé Dieu leur a offert des vêtements de peau pour remplacer les pagnes qu’ils s’étaient cousus avec des feuilles de figuier ! En guise de conclusion provisoire … ! J’espère, SYRIAK, que ce parcours rapide de certaines pages du CATECHISME DE L’EGLISE CATHOLIQUE t’aura démontré toute l’importance accordée par cette Eglise aux premières pages de la GENESE.  Et également l’introduction de la DIVINE PROVIDENCE ainsi que du DESSEIN INTELLIGENT. Que faire dès lors ?  Le laisser aller ou le combat ? Pour terminer, je voudrais évoquer les pensées d’un Curé, l’Abbé Jean MESLIER, qui a laissé à sa mort en 1729 un dossier dans lequel il clamait notamment à ce sujet : La divine providence ? Tous les livres sont remplis des éloges les plus flatteurs de la Providence dont on vante les soins attentifs … Si je porte mes regards sur toutes les parties de ce globe, je vois l’homme sauvage et l’homme civilisé dans une lutte perpétuelle avec la Providence ; il est dans la nécessité de parer les coups qu’elle lui porte par les ouragans, les tempêtes, les gelées, les grêles, les inondations, les sécheresses et les accidents divers qui rendent si souvent tous ses travaux inutiles .  En un mot, je vois la race humaine occupée à se garantir des mauvais tours de cette Providence que l’on dit occupée du soin de son bonheur. Des pages durant, MESLIER s’attache à démonter l’irrationalité de toutes les religions, en particulier de la catholique.  Déclarer que le dieu créateur soit la bonté même au delà de ce que l’homme peut imaginer, lui est incompréhensible. Il est absurde, dit-il, d’appeler Dieu de justice et de bonté, un être qui fait tomber indistinctement tous les maux sur les bons et les méchants, sur les innocents et les coupables ; il est fantasque d’exiger que les malheureux se consolent de leur infortune, dans les bras mêmes de celui qui en est l’auteur. Ou encore demande-t-il si l’on peut se fier à un dieu qui condamne à l’enfer pour l’éternité les créatures qu’il a créées. Est-il dans la nature un homme qui se sente assez cruel pour vouloir de sang froid tourmenter, je ne dis pas son semblable, mais un être quelconque, sans émolument, sans profit, sans curiosité, sans avoir rien à craindre ?  Concluez donc, ô théologiens, que, selon vos principes mêmes, votre dieu est infiniment plus méchant que le plus méchant des hommes. Les prêtres ont fait de dieu un être si malin, si farouche, si propre à chagriner, qu’il est très peu d’hommes qui ne désirassent au fond de leur cœur que ce dieu n’existât pas. Imitez dieu, nous crie-t-on sans cesse : Eh, quelle morale aurions-nous si nous imitions ce dieu ? Son rationalisme l’amène à se déclarer moniste matérialiste. Hors la matière, il n’y a rien écrit-il ; Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l'existence d'un dieu? Sur la beauté, l'ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un dieu invisible et inconnu pour créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d'attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c'est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu'on attribue à un dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle?…. Le monde est un mélange confus de bien et mal; il s'ensuit évidemment qu'il n'a pas été créé par un être infiniment parfait, et, par conséquent, il n'y a pas de dieu. Et pour qu’aucun doute ne subsiste, il s’exclame : De l’âme immortelle ! Ah! L’autre vie!  L'âme immortelle! Est-ce que nous ne sentons pas, intérieurement et extérieurement par nous-mêmes, que nous ne sommes que matière, et que nos pensées les plus spirituelles ne sont que de la matière de notre cerveau, qu'elles sont le résultat de sa constitution matérielle et que ce que nous appelons notre âme n'est en réalité qu'une portion de la matière, la plus délicate et la plus subtile? L'âme n'est ni spirituelle ni immortelle. Elle est matérielle et mortelle aussi bien que le corps. Il n'y a donc point de récompense à espérer ni de châtiments à craindre après cette vie. Il n'y a point de bonté souveraine pour récompenser les justes et les innocents, point de justice souveraine pour punir les méchants. Il n'y a point de Dieu. MESLIER est avant tout un rationaliste qui ne met aucune borne ni exclusive aux conquêtes de la raison.  Ne dit-il pas que pour se perfectionner dans les sciences et les arts qui sont ce à quoi les hommes doivent principalement d’employer dans la vie, ils ne doivent que suivre les seules lumières de la raison ». Ou encore : « Je n’immolerai pas ma raison parce que cette raison seule peut me faire distinguer le bien du mal, le vrai du faux. Je ne renoncerai pas à l’expérience parce qu’elle est un guide bien plus sûr que l’imagination ou que l’autorité des guides que l’on voulait me donner . Mais il reste sur ses gardes, il ne veut pas tomber dans ce que l’on a dénommé par après le scientisme. Il est conscient que toute observation est inféodée au subjectivisme de l’intéressé. Avec beaucoup de perspicacité, MESLIER émet aussi la conception que la matière n’est pas statique mais dynamique.  Tout est en mouvement, tout se transforme, tout progresse : écrit-il. Une conception révolutionnaire pour son temps dans le monde de la pensée. Et il poursuit en déclarant que : La matière a institué, par des modes de mouvement, tous les différents effets ou ouvrages que nous voyons dans la nature : il n'y a que des efforts naturels. La matière obéit à des lois qui, jusqu'ici, nous semblent toujours identiques à elles-mêmes, et cependant il nous appartient d'en modifier l'expression, par exemple, dans les plantes ou arbres sur lesquels nous pouvons mettre des greffes de différentes natures. La vie corporelle, soit des hommes, soit des bêtes, soit des plantes, n'est qu'une espèce de modification et de fermentation continuelle de leur être, c'est à dire de la matière dont ils sont composés, et toutes les connaissances, les pensées et les sensations qu'ils peuvent avoir ne sont, que diverses autres modifications et fermentations. MESLIER martèle à plusieurs reprises la petite phrase : Il n'y a point de Dieu.   Et que la croyance en la divinité n’est pas naturelle. Nous savons tous que la grande majorité des hommes adoptent au plan religieux la croyance du milieu dans lequel ils sont nés et ont passés leurs jeunes années. La plupart des enfants élevés dans un clan où la religion des parents est soit la catholique ou la juive ou la musulmane seront catholiques, juifs ou musulmans. Il avait exprimé cette constatation sous la forme suivante : Tous les enfants sont des athées.  Ils n’ont aucune idée de dieu … les hommes ne croient en dieu que sur la parole de ceux qui n’en ont pas plus d’idées qu’eux-mêmes.  Nos nourrices sont nos premières théologiennes ; elles parlent aux enfants de dieu comme elles leur parlent des loups-garous … Très peu de gens auraient un dieu si l’on n’eût pas pris le soin de le leur donner. Il en scandait l’idée en d’autres endroits de son texte : Les docteurs du genre humain se conduisent très prudemment, en enseignant aux hommes les principes religieux avant qu’ils soient en état de distinguer le vrai du faux, ou la main gauche de la main droite. Il serait tout aussi difficile d’apprivoiser l’esprit d’un homme de quarante ans avec les notions disparates qu’on nous donne de la divinité, que de bannir ces notions de la tête d’un homme qui en serait imbu dès sa plus tendre enfance. MESLIER assène que : Pour démêler les vrais principes de la morale, les hommes n’ont besoin ni de théologie, ni de révélation, ni de dieux … ils n’ont besoin que de bon sens ; ils n’ont qu’à rentrer en eux-mêmes, à réfléchir sur leur propre nature, consulter leurs intérêts sensibles, considérer le but de la société et de chacun des membres qui la composent ; et ils reconnaîtront aisément que la vertu est l’avantage, et que le vice est le dommage des êtres de leur espèce …  L’humanisme est en nous-même, ajoute-t-il.

L’Humanisme est en nous-mêmes

… il y a l'homme, il y a la terre, il y a la vie, il y a le sentiment de l'équilibre et de la justice, et c'est sur cette terre qui lui appartient, dans cette vie qui est sienne, que l'homme doit réaliser la justice, le bonheur, la solidarité et la fraternité universelle. Ce n'est pas en Dieu que l'homme doit chercher la puissance, la bonté, la perfection, c'est en lui-même. Par l'instruction il deviendra savant, c'est à dire puissant. Par l

'éducation, il se fera juste, c'est à dire bon. Par l'aide mutuelle et la solidarité, il réalisera sur la planète qui est son domaine la perfection possible. Il faut avoir le courage de rejeter toutes les idées préconçues et surtout d'effacer ce préjugé de la perfection des choses actuelles, comme ayant été créées définitivement par l'ordre d'un dieu. Mais pour y arriver : En vain, dit-il,  prétendrait-on guérir les mortels de leurs vices si l’on ne commence par les guérir de leurs préjugés. …  Assez longtemps les instructeurs des peuples ont fixé leurs yeux sur le ciel ; qu’ils les ramènent enfin sur la terre.  Fatigué d’une théologie inconcevable, de fables ridicules, de mystères impénétrables, de cérémonies puériles, que l’esprit humain s’occupent de choses naturelles, d’objets intelligibles, de vérités sensibles, de connaissances utiles. » Et avec emphase, MESLIER demande aux hommes de lutter ensemble pour instaurer une mise en commun de tous les biens. Et les communautés travailleraient sous la conduite des plus sages et des plus compétents pour le maintien et l’avancement du bien public.  Et les règles de distribution des vivres et produits seraient : A chacun selon son travail.  A chacun selon ses besoins. Agissez donc ô peuples crie-t-il : Unissez-vous donc, ô peuples ! Levez-vous, unissez-vous contre vos ennemis, contre ceux qui vous accablent de misère et d'ignorance. Rejeter entièrement toutes les vaines et superstitieuses pratiques des religions. N'ajoutez aucune foi aux faux mystères, moquez-vous de tout ce que les prêtres intéressés vous disent. Car c'est là la cause funeste et véritable de tous vos maux...Votre salut est entre vos mains, votre délivrance ne dépend que de vous, car c'est de vous seuls que les tyrans obtiennent leur force et leur puissance. Unissez-vous donc, ô peuples! Unissez-vous tous, si vous avez du coeur, pour vous délivrer de vos misères communes. Commencez d'abord par vous communiquer secrètement vos pensées et vos désirs. Répandez partout le plus habilement possible des écrits semblables à celui-ci par exemple, rendez odieux partout le gouvernement tyrannique des princes et des prêtres. Secourez-vous dans une cause si juste et si nécessaire et où il s'agit de l'intérêt commun de tous les peuples. Retenez pour vous-mêmes ces richesses et ces biens que vous faites venir à la sueur de votre corps, n'en donnez rien à tous ces superbes et inutiles fainéants, rien à tous ces moines et à ces ecclésiastiques qui vivent inutilement sur la terre, rien à ces orgueilleux tyrans qui vous méprisent...que vos enfants, vos parents, vos alliés quittent leur service, excommuniez-les de votre société. Ils ne peuvent pas se passer de vous, vous pouvez vous passer d'eux et n'ayez pas d'autre religion que de maintenir partout la justice et l'équité, de vous aimer les uns les autres et de garder inviolablement la paix et la bonne union entre vous. Mais aussitôt, après cette envolée lyrique, supputant l’irréalité d’un telle utopie, MESLIER retombe sur terre et se laisse aller à des propos pessimistes.  Il a déversé dans son Mémoire toute sa désespérance de voir le monde tel qu’il est, il en a analysé les causes, il en a évoqué des remèdes. Mais il ne se fait aucune illusion sur ce que les hommes en feront. Il termine son texte par ces propos désabusés : Je ne serai bientôt plus rien ! Après cela, qu'on en pense, qu'on en juge, qu'on en dise ce que l'on voudra, je ne m'embarrasse pas. Que les hommes s'accommodent et se gouvernent comme ils veulent, qu'ils soient sages ou qu'ils soient fous, qu'ils disent ou qu'ils fassent de moi ce qu'ils voudront après ma mort, je m'en soucie fort peu. Je ne prends déjà presque plus de part à ce qui se fait dans le monde. Les morts avec lesquels je suis sur le point d'aller ne s'embarrassent plus de rien et ne se soucient plus de rien. Je finirai donc ceci par le rien, aussi ne suis-je guère plus que rien et bientôt je ne serai plus rien. Et nous qui n’avons plus rien à craindre de la part de l’Inquisition, SYRIAK, allons-nous nous prélasser dans le laxisme ! J’ai choisi pour ma part le combat.  Le ferons-nous ensemble ?

Source : www.ledifice.net

Partager cet article

Commenter cet article