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Hauts Grades

Le destin d’un Maçon

14 Avril 2014 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches

Nous avons tous connu dans nos loges respectives, un Frère qui se distinguait des autres Frères, par son activisme dans le domaine maçonnique, il arrive que cela énerve, comme il arrive que cela indiffère ; tout dépend du degré de sagesse atteint par les uns et les autres.

Donc, dans une loge de ma connaissance, j’avais moi même été confronté à ce genre de Frère, et je dois dire que la coexistence ne fut pas toujours sereine. Il frappa à la porte du Temple, à l’âge de la trentaine, bonne présentation, bonnes études et bon métier firent qu’il fut admis sans difficulté. Le temps de l’apprentissage, il resta calme et silencieux. Les choses commencèrent à se manifester, au grade de compagnon, en fait il intervenait très et trop souvent, sur tout les sujets et surtout, pour mettre en avant son savoir livresque. Nous le savons tous, la Loge est un excellent révélateur du caractère des Frères, d’ailleurs c’est ce qui permet de mesurer l’état d’avancement initiatique du Maçon. Il fallut se rendre à l’évidence notre Frère était égoïste et orgueilleux. Ce qui ne fait dire cela, c’est au cours d’agapes, il nous avait confié que dans sa vie professionnelle, il avait un plan de carrière, en bonne logique et pour être fidèle à son caractère, il devait bien en avoir un aussi pour son avancement maçonnique et peut être initiatique. Les années passèrent, il participa aux travaux d’une loge de Perfection, puis au Chapitre ; il devint donc Kadosch et enfin 33ème. Ce qui n’arrangea pas les choses, ne se contentant pas de toutes ces Tenues, il visitait pratiquement tous les jours, la plupart des Loges de la région, et peu importe l’Obédience et le rite, mais il aimait particulièrement, les Loges mixtes et féminines ; allez savoir pourquoi ? En fait il devenait arrogant, un soir dans une loge amie et comme visiteur, il se permit de reprendre le Vénérable en chaire, sur un détail du rituel ; la chose laissa des traces dans la mémoire des Frères présents, en considérant son indélicatesse, comme de la suffisance. Dans sa Loge mère, il était de coutume de mettre un testament philosophique, dans une urne scellée, et lors du passage à l’Orient Eternel d’un frère, au cours de la Tenue funèbre qui s’en suivait, le plus jeune des apprentis, lisait le testament du Frère décédé. Notre Maçon ne dérogea pas à la coutume. Ce qui fut dit, fut fait. Comme l’Orient en cause était proche de la mer, un certain nombre de Frères, pratiquait la pèche côtière en amateur, notre frère étant du nombre. Il partit donc, profitant de la marée, pour la pèche au maquereau. Son bateau était convenable, ses qualités de marin plus discutables, et puis le temps semblait propice à une sortie, de fait il n’avait pas jugé utile de passer à la capitainerie, pour voir le bulletin météo. Ciel bleu, grand soleil et vogue la galère ! Il y a bien longtemps que les Hommes ne savent plus lire les messages que la Nature nous adresse. Lorsque l’on voit très clairement les côtes de Jersey, il vaut mieux rentrer au port. Notre maçon pécheur lui ne voyait rien, sauf sa ligne de pèche et les maquereaux pris au piège des hameçons. Après le beau temps, arrive les gros nuages noirs, et au calme succéda à un grain violent et soudain comme cela arrive en mer. Gros temps, un plaisancier décontenancé par la violence des vagues et la force du vent, le bateau chavira, et notre Frère avec. Il est recommandé de mettre, lorsque l’on sort en mer, son gilet de sauvetage… Notre Homme se noya, et les poissons firent le reste… Malgré les efforts du Cross de Jobourg, le corps ne fut pas retrouvé… Comme il se doit, la Loge organisa une Tenue funèbre, comme c’est la coutume, on ouvrit l’urne, on prit le testament du Frère passé à l’Orient Eternel, et l’apprenti concerné lu les dernières volontés de notre Frère. Ce dernier, entre autre, souhaitait être enterré avec tous ses décors maçonniques, ce qui rendit l’assistance et le Vénérable perplexes, il n’y avait pas de corps, la mer avait gardé la dépouille de notre maçon.
Notre Frère, qui dans sa vie terrestre revendiquait haut et fort son athéisme et une laïcité, genre : »ni Dieu, ni Maitre ! » Fut très surpris de se trouver en face du Grand architecte de l’Univers, il se crut dans un mauvais rêve, son esprit réalisa que maintenant il était bien mort, et loin de la vie terrestre.
Le Grand Architecte le jaugea d’un regard doux mais pénétrant, et dit : pendant ta vie sur Terre, tu as été matérialiste, très égoïste, et en fait tu te croyait dieu sur Terre , sans Dieu, toute ta vie tu n’as jamais levé les yeux au ciel et pas une seule fois tu as laisser parlé ton cœur, à plusieurs reprises, j’ai essayé de t’éveiller en t’envoyant des signaux, mais ta carapace de pierre était trop dure, et pourtant tu avais choisi un système initiatique, qui devait te rendre plus réceptif au sens de l’Univers, mais là aussi tu as fait le tri choisissant le plus facile et rejetant ce qui te semblait une épreuve , tu es resté au seuil de ton temple intérieur, et ton égo a étouffé, toute possibilité de spiritualité, à la profondeur tu a choisi le superficiel, tu te voulais être un dieu sur terre , mais tu n’as pas été capable de diriger ta simple vie, alors que vais-je faire de toi, moi qui avais besoin de toi sur la Terre ? J’ignore la suite de cette réprimande, mais je me doute bien que l’âme de notre Maçon, fut emplie de tristesse, à l’idée de revenir sur Terre, et dans quelles conditions… Sur Terre, embarrassé, par tous les décors du maitre passé et les parvis étant suffisamment décorés, la Loge pris la décision de mettre tous les décors dans un placard. Après la Lumière, l’obscurité, triste fin, en vérité…

Source : www.ledifice.net

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