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Hauts Grades

Le Geste

2 Avril 2013 , Rédigé par J\M\ D\ Publié dans #Planches

Je voudrais vous préciser que nous sommes le 14 octobre de l’an 2009 année profane, et ce, vous le savez, mais ce que nous oublions bien facilement c’est que depuis dix milles ans qu’est-ce qui a changé dans le monde ? rien, Les hommes continuent à s’entre-tuer allègrement pour divers prétextes : religieux, racistes, sexistes, politiques et que sais-je encore ! non rien à changer, d’autant que l’homme continue à exploiter l’autre, continue à escroquer l’autre etc. etc.

Le geste qui permet de tuer l’autre, et l’autre est bien sur l’ennemi, reste tel qu’il est, seules les armes ont changé et ce n’est pas sur puisque certains trucident leurs voisins avec des machettes et ce à grandes échelles.

Nous nous sentons tellement impuissant, chacun d’entre nous dans notre environnement familier, que nous nous créons le plus souvent possible, une petite bulle pour nous protéger !…

Mais c’est vrai, nous aussi à notre niveau, nous sommes plongés, touchés, affaiblis, dans nos affections, dans nos cœurs, par nos propres tragédies, mais simplement à notre petite échelle.

Alors assez souvent je me pose les questions suivantes, pourquoi sommes-nous là ici ensemble ? Pour faire quoi exactement ? N’est ce pas dérisoire ? Est-ce que nous ne nous ne faisons pas de la masturbation intellectuelle ?

Pour moi, il y a une réponse et celle là est simple : Pour améliorer l’homme et la société, en fait pour améliorer le monde ! Et puisque le monde commence en chacun de nous, pour nous améliorer ! Finalement vaste programme et pas si dérisoire que cela !

Quelle distance ! Je dirais même des années-lumière ou presque, entre le monde des finances, des pouvoirs, des guerres de religion, bref du monde dans sa complexité, dans sa vanité, dans sa folie, et chacun d’entre nous en son for intérieur !

Mais peut-être pas…voyons de plus prés…

Je pense alors souvent dans ces cas là (de doute de découragement) à le peine de mort.

Qui de nous n’a pas été tenté de dire : la mort pour ce pédophile, ce tueur d’enfant, pour ce criminel récidiviste, pour ce criminel contre l’humanité… Pourtant chez nous en France, la peine de mort a été abolie, et malgré tout, beaucoup encore autour de nous, sont encore pour cette sentence fatale. Nombreuses ces petites voix en chacun de nous, spontanées et sauvages qui seraient tentées..

Mais à force de travail sur soi, de réflexion, de contrôle des pulsions, à force d’intelligence, de lucidité, ce qui en nous est primaire, animal, est dominé, jugulé, domestiqué et ce qui prévaut enfin, c’est le bien, le juste, et non la barbarie…

On devine peu à peu où est le bien, certaines valeurs deviennent plus précises, plus impérieuses.

Alors oui nous avons raison d’être ici, ensemble, à travailler ensemble, c’est en s’améliorant soi-même que nous améliorons le monde, et cela sera sans fin, puisque tous les êtres qui naissent, auront ce combat à mener contre eux même.

Mais nous maçons, nous avons un gros avantage sur les non initiés, nous travaillons dans un endroit sacré et nous nous servons d’un rituel et des symboles:

Un rituel, ce sont des gestes et des paroles.

Gestes et paroles, sont le fondement de la tradition orale, l’écrit n’étant que pour mémoire.

Les gestes dans le temple sont souvent des mouvements bizarres, et beaucoup d’entre nous attachent peu d’importance à leur beauté, c’est à dire leur précision, leur exactitude, porteuses de sens.

Quant à moi, j’ai mis du temps à admettre que c’était important et c’est en travaillant et en avançant sur mon chemin que j’ai découvert leur rigueur, leur exigence, et que j’ai pu ainsi leur donner du sens.

Comment en effet pourrait-on ici faire un travail sur soi, si le rituel qui nous porte dans ce chantier n’est pas bien servi ?

Et un rituel est bien servi :
- Par la disposition des objets et des outils dans le temple (c’est le travail du maître des cérémonies avec l’aide des apprentis).
- Par les paroles et les sons (musique et coups de maillet avec le rythme qu’ils imposent)
- Et par les gestes.

Les gestes ne peuvent pas être compris dés notre initiation. C’est pourquoi tout d’abord, ils sont imposés sans explication, d’où l’importance des gestes modèles exécuter par les maîtres (théoriquement modèle bien sur).

Le néophyte fait des gestes qu’il ne comprend pas, en toute humilité et en toute confiance, il fait confiance aux maîtres qui eux en principe ont compris, ceux ci sont censés les réaliser à la perfection, c’est la transmission ! Ainsi avec cette aide, le nouvel apprenti comprendra plus tard qu’il est sur un chemin initiatique.

Evidemment les maîtres n’ont pas tous compris, ni tout compris ! Eux aussi sont sur leur chemin initiatique, à leur rythme, et sont loin de l’avoir totalement parcouru.. Et comme nous ne sommes pas initiés mais que nous nous initions nous même, le chemin pour certains peu être encore plus long.

Par cette initiation qui en fait n’en finit pas, nous sommes tous des apprentis, vous le savez bien.

C’est pourquoi les chantiers de maître permettent d’apprendre encore et encore.

Tout geste est un tracé ; ce tracé est porteur de sens ; ce n’est donc pas n’importe quoi ;

C’est le corps qui exécute ce tracé ; en fait le corps est le premier à être initié avant l’esprit, puisque l’initiation est créatrice de sensations et mise en éveil de tous nos sens. La compréhension viendra par la suite
Après la lecture, et l’interprétation qu’il se fera du rituel.

Un geste, je le fais, je le répète encore et encore, je le comprends ensuite, tout le monde connaît la vertu pédagogique de la répétition.

Le corps possède ses mémoires, il mémorise les attitudes, les gestes, le ressenti des mouvements, puis l’étude intellectuelle suivra, et c’est un champ d’investigation immense.

Nous sommes, nous maçons, d’abord physiquement dans le temps et dans l’espace du temple, de ce lieu sacré à partir de l’ouverture des travaux jusqu’à leur fermeture, nous y sommes alors différents du monde profane, et le franc-maçon s’y tient autrement : Nous sommes ne l’oubliez pas en tenue !

Car enfin, comment consentirions-nous à faire des gestes que tout profane trouverait idiots, insensés s’il les voyait, si nous ne savions pas au fond de nous, de façon très certaine, que ce n’est pas insensé justement, que tout geste à un sens, en tous cas celui que nous lui donnons, et que pour cela tout geste exige la perfection ou tout du moins sa recherche.

Le geste précède la parole :
L’apprenti apprend les gestes et les réalise avant de pouvoir prendre la parole, dés la cérémonie d’initiation, et ensuite au silence sur la colonne du nord ou il prend place.

Mais pas seulement l’apprenti ! Tous les Compagnons et tous les maîtres ne prennent la parole qu’après l’avoir demandé et qu’après s’être mis à l’ordre, c’est même par un geste (le même) que les francs-maçons sont reconnus comme tels sur leurs colonnes respectives par les deux surveillants. C’est aussi par un geste appelé attouchement que les Francs-maçons se reconnaissent entre eux dans le monde profane.

Je l’ai dit plus haut, tout geste est un tracé, mais il faut apprendre à tracer droit, en effet dans tous nos gestes, l’équerre domine ; c’est à dire la droiture d’abord, et avant tout : respect des lois, des règlements, respect du rituel, rectitude morale, recherche du bien.

Mes frères n’oubliez pas la devise d’HARMONIO « rectitude et fraternité » Car comme disait un membre fondateur aujourd’hui passé à l’Orient éternel : La rectitude sans la fraternité serait de la rigidité, et la fraternité sans la rectitude serait du copinage.

Revenons à l’équerre, il y a aussi tout ce qu’elle symbolise : la mesure, les limites, l’équilibre, la verticale et l’horizontale donc tout l’espace.

Mais dans tout geste, l’équerre rappelle la droiture de ce qui sera dit ou fait, elle rappelle que nous nous sommes engagés dans cette recherche, par serments, recherche de travail sur le chantier pour tailler la pierre brute, recherche de la vérité, recherche de servir à améliorer l’homme et la société etc.. Etc..

Pour ma part je vois l’équerre tracée en préambule de tout comme une promesse de droiture.
Je vous soumets quelques exemples :
- On ne marche jamais dans le temple sans se tenir à l’ordre.
- On ne prend jamais la parole sans se tenir à l’ordre.
- On tient l’épée de la main gauche pour pouvoir se mettre à l’ordre de la main droite, sauf les officiers qui tiennent le glaive symbole de leur fonction de la main droite, et dresse celui-ci à la verticale, pour se mettre à l’ordre.
- L’équerre existe même dans la chaîne d’union, nos pieds doivent être en équerre ! Et cela est important car pour moi à ce moment précis, notre esprit va voguer vers les étoiles au-dessus de nous, nous serons alors en plein équilibre dans notre relation avec l’univers.
- Lorsque nous « traçons » un geste, il faut que celui-ci soit conforme, à ce qu’il doit signifier, au sens que nous lui donnons, il faut le réaliser avec tout son être, c’est à dire avec son corps et son esprit, c’est la seule condition.

Je suis persuadé, qu’un beau geste est fait par quelqu’un qui est concentré, attentif, absorbé par ce qu’il fait. Une personne distraite ou agitée, éparpillée, ne réussira pas à exécuter un beau geste ; n’oublions pas : il faut laisser les métaux à la porte du temple.

Peut être à méditer aussi sur les trois colonnettes présentent seulement au rite écossais ancien et accepté « sagesse, force, beauté ».

Donc il faut être concentré, afin de se rassembler, ou plutôt rassembler ce que nous avons en nous (assembler ce qui est épars en nous) tel est le travail à exécuter en loge.

Les frères qui ont eu à pratiquer des sports connaissent l’importance de la concentration pour exécuter un mouvement parfait et juste, qui permettra de marquer un essai ou mettre un ballon au fond des cages.

En fait nos gestes sont le reflet de ce que nous sommes, et nous savons tous, combien nos émotions peuvent perturber ceux-ci.

En conclusion, il m’a fallut beaucoup de temps pour comprendre que la méthode maçonnique s’adressait aussi au corps. L’esprit bien sur participe sans doute plus que le corps, mais le corps n’est pas exclus, loin de là.

Le geste fait partie de la tenue générale de tous les Francs-maçons dans leur temple, c’est un point de convergence des Sœurs et des Frères, c’est un processus collectivement vécu et ressenti ; il participe par-là même à l’Egrégore de la tenue, qui est l’expression la plus aboutie de l’harmonie de la loge.

C’est un outil de transmission et il exige en cela l’assiduité et le travail, il faut prendre place, toute sa place, mais rien que sa place, et celle ci doit être active.

Tout geste, comme tout le rituel, fait appel à l’ETRE dans sa totalité.

Tout geste maçonnique est un tracé, et le sens de ce geste dépend du sens qu’on lui donne et de la beauté qui en résulte.

Ce sens va nous toucher d’autant plus, qu’il participera à notre construction, qu’il s’inscrira dans la recherche initiatique fondamentale, car n’oublions pas et je le répète encore une fois, nous ne sommes pas initiés, nous nous initions nous même.

J’ai dit.

Source : www.ledifice.net

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