Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Le Livre de Thot-Hermès première partie

25 Mai 2012 , Rédigé par Patrick-Gilbert FRANCOZ Publié dans #Hermétisme

« Le Tarot offre le cachet suprême de l'art qui est la simplicité.
Les hiéroglyphes du Tarot, ce vieil et vénérable Livre de la Nature, cette bible d'Hermès,
correspondent à un nombre, signe actif et universel d'une idée.
»
François Jollivet-Castelot

«
Les tarots sont l'hiéroglyphe complet du Grand Œuvre alchimique qui contient 21 opérations
avant d'atteindre la perfection de l'Élixir
. »
Fulcanelli

 

Le Tarot, dont nul ne connaît l'origine véritable, est considéré par ses amis comme le résumé symbolique de la Tradition primitive commune à l'ensemble de l'humanité. Mon chemin personnel au sein du Rite de Memphis-Misraïm m'a donc tout naturellement conduit jusqu'à lui et j'ai entrepris ma pérégrination au sein du labyrinthe de ce Livre unique il y a quinze ans maintenant, ce qui ne présente pas d'intérêt particulier pour autrui excepté celui de signifier qu'une telle complicité est une œuvre de longue, très longue haleine, et qu'il ne suffit pas de se rendre dans une librairie spécialisée pour acqué­rir un “jeu” et compulser une mé­thode de divination pour entrer en intimité avec lui, car un tel compa­gnonnage est le résultat personnel d'une vie. Ces quinze années ont été nécessaires pour me résoudre à fixer quelques-unes des réflexions conservées de mon pèlerinage incessant au sein des arcanes de ce “topo-guide” en images des mystères enseignés dans la grande pyramide de Thot et le grand temple d'Hermès, et au cours duquel j'ai suivi le conseil donné aux adeptes des écoles de mystères égyptiennes et grecques selon lequel l'initié doit, à un moment donné de son parcours intime, se consacrer à l'étude de l'une des trois sciences sacrées de la Tradition primordiale : L'Astronomie sacrée, à ne pas confondre avec l'astrologie évènementielle des pythonisses auto-proclamées des hebdoma­daires du week-end, la Cabbale mystique (bien antérieure à la Kabbale hébraïque) relative à l'étude des idéogrammes du Grand Livre de la nature et qui ne saurait se limiter à la correspondance analogique des lettres et des chiffres des textes vétérotestamentaires, et l'Alchimie transcendantale ou philosophale, laquelle est indépendante de l'alchimie opérative avec laquelle elle ne présente que des rapports ténus, souvent incompris; étant précisé que le Tarot appartient à la seconde de ces voies de l'Esprit et que l'étude intime de l'une d'entre elles met inévitablement l'adepte en rapport implicite avec les deux autres.

 

L'origine et la signification du nomen “Tarot” restent incertaines; il proviendrait selon Court de Gébelin des mots égyptiens Tar : la voie, et Ro : royal, et c'est à Etteilla que nous devons l'appellation utilisée par les compagnons de cette pre­mière bande-dessinée hermé­tique: “Le Livre de Thot”. Pour ma part, je lui préfère, en raison de ses correspondances avec le Corpus Herméticum et la Table d'Émeraude qu'il traduit en images-idéogrammes, le générique de Thot-Hermès; étant remarqué que Tarot est aussi l'anagramme de : Thora, Rota, Athor, dont on peut se demander, eu égard aux signifi­cations occultes de ces trois termes, s'ils ne constituent pas à eux trois la véritable origine du nom de Tarot (la ROTA ou roue d'Ezéchiel étant le synonyme de l'azoth des philosophes hermétiques).

Thot était, et demeure, comme Hermès son correspondant gréco- romain actualisé par la pensée occidentale, le Néter utilisé par les prêtres-médecins initiés aux grands mystères de l'Égypte ancienne pour désigner l'intelligence de l'âme incarnée en correspondance directe avec l'Intelligence cosmique universelle qui préside à la Grande Architecture Universelle et organisant et “gouvernant tous les mondes”; il peut se traduire par :

“TOUT”; c'était, pour les anciens égyptiens, l'archétype de la sagesse et des sciences sacrées, l'inventeur des nombres et de l'écriture occulte transmis aux humains par son alter ego féminin Séschat : “La Dame aux écritures, Maîtresse de l'architecture”. Thot est représenté avec une tête d'ibis, oiseau des dieux, et les grecs se l'approprièrent sous la dénomina­tion d'Hermès le “trois fois mage”, synthèse en Un des rois mages de la tradition de l'ancien testament ; c'est le Néter de l'Intelligence suprême accessible à l'initié qui a redressé son djed et qui a recourbé son temps propre. L'Hermétisme personnifié par Thot-Hermès, science et spiritualité opératives conjuguées, n'est donc ni une religion, ni un système de pensée parmi tant d'autres, ni une école où se transmettrait un savoir particulier, c'est tout simplement l'Art d'apprendre par le miracle de la connexion de l'intime humain avec l'Universel céleste, ce que les chrétiens d'origine, avant les réinter‑prétations erronées de Paul et de ses épigones, dénommaient la Voie du Salut Tri-Unitaire enseignée par le Christ incarné, que les hermétistes désignent sous le terme d'Idéal de résurrection.

“Hermès trismégiste, auteur sup­posé de nombreux ouvrages grecs, n'est autre que le Thot égyptien.
Dès les temps de Platon, Hermès fut identifié à ce personnage fabuleux qui passait pour l'inventeur du langage de l'alphabet, de l'écriture et de toutes les sciences. De tous les écrivains de l'ancienne Égypte, le dieu Thot a été le plus fécond, pour la bonne raison que c'est sous ce nom collectif qu'écrivait la caste sacerdotale, ce qui explique la variété et la valeur des nom­breux ouvrages dits hermétiques attribués à Hermès, lesquels ne sont parvenus jusqu'à nous que par leur traduction grecque et avec de nombreuses interpolations. Les livres de Thot sont au nombre de quarante-deux; ils renfermaient toutes les règles, préceptes et documents relatifs aux arts, aux sciences, à la religion et au gouvernement de l'Égypte ; dans leur ensemble, ces livres sacrés embras­saient toutes les connaissances humaines et formaient pour ainsi dire une vaste Encyclopédie égyp­tienne, dépositaire de tout savoir. Les livres de Thot étaient conser­vés dans les sanctuaires des temples, n'étaient jamais ouvert pour le peuple, on les lui montrait seule­ment dans les fêtes solennelles pen­dant les cérémonies religieuses.” (Ernest Bosc, Isis dévoilée, page 27).

Ce qui précède explique pour­quoi il convient, selon moi, de dénommer le Tarot en sa forme originelle du Tarot dit de Marseille :
Livre de Thot-Hermès, car il constitue une synthèse parfaite des 42 livres du Thot des mystères de la Vieille Égypte et de celui de l'Hermès des mystères d'Éleusis réunis, c'est-à-dire de la totalité de la Connaissance accessible à l'homme, pour celui qui peut la déchiffrer. Le Tarot ou Livre de Thot-Hermès constitue donc l'Ouvrage Unique destiné aux Mages réalisés, modèles discrets d'humanité, qui sont à la fois prêtres et médecins, qui portent en eux à la fois l'Intelligence divine, la Pensée incarnée et le Verbe vivant ; ce qui se trouve confirmé aussi dans cette autre citation d'Ernest Bosc (Isis dévoilée, page 26) : “Généralement, dans tous ces manuscrits, la médecine est associée à la magie, presque toutes les recettes
pharmaceutiques y sont accompagnées d'incantations spéciales qui devaient en assurer le succès ; ajoutons que les égyptiens n'accordaient pas au mot magie le même sens que nous”.

Le Livre de Thot-Hermès a été conçu et mis en forme par des guides anonymes selon l'idée que la Tradition Primordiale qu'il conserve et transmet aux initiés ne survit pas à travers une organisa­tion quelconque, car toute organi­sation humaine ne peut que se limiter à embaumer, momifier, rigi­difier et trahir ce à quoi elle a eu accès. C'est pourquoi ce Grand Livre de la Nature et de l'Univers n'est pas écrit avec un alphabet particulier, mais avec le langage universel des symboles communs à l'ensemble de l'humanité, qu'il n'appartient à aucune école de pensée en particulier, que personne ne peut en revendiquer la paternité, mais qu'il reste à la disposition, individuellement, de celui qui présente les qualités requises pour recevoir son enseignement, ce qui peut justifier une vie entière pour l'approcher dans sa globalité, traduisant en cela la loi énoncée par ceux, anonymes, qu'il convient de désigner sous le générique de Saint Jean : “Le vent souffle où il vent, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va – ainsi en est- il de quiconque est né de l’Esprit”.

Cela a déjà été dit, le Livre de Thot-Hermés est une synthèse en images-idéogrammes du Corpus Herméticum attribué à Hermès Trismégiste et de la Table d'Émeraude. Or, France Yates a démon­tré que ces ouvrages universels ne constituent pas seulement des traités ou recueils de pratiques occultes, mais qu'ils correspondent à une véritable somme scientifique qui a influencé des “esprits univer­sels” tels: Pic de la Mirandole, Copernic, Giordano Bruno, John Dee, Léonard de Vinci, Newton ; elle a aussi établi que le Corpus Herméticum, à travers son récit de la Création, explique l'Adam Hermétique qui connaît certes une chute, mais qui, à la différence de celui de la Genèse, reconquière son pouvoir sur la nature par une communion magique avec le cos­mos, avec le Maître du Tout et que cet Être régénéré, qui a retrouvé sa part interne de Divinité, n'est plus seulement un homme mais un Mage, c'est-à-dire à la fois un prêtre de la Religion Universelle et un médecin pour les corps et les âmes incarnées. Le Tarot retrace en cartes, véritables “topoguides” successifs destinés à la conscience, les étapes de ce processus de réalisation de l'Être incarné et de sa réintégration, de sa réinsertion, dans le Grand Plan Cosmique.

 

La multiplicité des “jeu de tarots” en circulation aujourd'hui (plus de 280 recensés) démontre l'intérêt que lui porte les “cherchants”, voire les passions qu'il suscite, or nous savons que, sur le chemin de La Connaissance, les passions ne sont pas les meilleurs conseillères; de surcroît, cette abondance de jeux indique qu'à chaque époque Le Livre de Thot-Hermès a subi, sous des formes diverses et variées, les influences culturelles et philo­sophiques de la pensée dominante, donc relative, des multiples sociétés humaines où elle s'exprimait, d'où l'intérêt d'essayer de déterminer la forme du Grand Jeu qui se rapproche le plus de “l'original”. Beaucoup d'hypothèses ont été émises quant à l'origine du Tarot, dont aucune n'est prouvée.

Ce que nous savons avec certitude aujourd'hui, c'est que le plus ancien livre connu sous cette forme imagée est le Tarot Yi King, composé de 64 cartes, qui serait apparu vers 3000 avant notre ère vulgaire à partir du livre sacré chi­nois : Le livre des mutations.
Il résulte des recherches sé­rieuses que, sous sa forme actuelle, le Tarot ne provient pas d'Égypte, mais qu'il a été colporté par les Tsiganes, autrement appelés Bohé­miens souvent de façon péjora­tive, grands opératifs des sciences divinatoires en raison du caractère nomade de leurs clans ou tribus (favorisés en cela par leurs circon­volutions permanentes sur notre planète Terre en concordance avec le mouvement perpétuel de la Na­ture), lesquels Tsiganes sont génétiquement d'origine indo-européenne alors qu'ils ont été considérés à tort pendant long­temps comme les descendants errants des anciens égyptiens en mal de la Vieille Égypte.

L'origine historique et géographique égyptienne du Tarot n'est donc pas établie, et si la référence à la culture ancestrale de l'Égypte ancienne reste pertinente, c'est par le fait qu'il porte en lui les grands mystères des écoles du mêmes nom à l'origine des enseignements dispensés dans les temples et pyra­mides de la vallée du Nil.

C'est en Italie, au XVe siècle, à Milan, Ferrare et Bologne, que le Tarot dit de Marseille trouve sa pleine expansion; il rayonne ensuite sur l'Europe entière, et c'est à cette époque que sont fixés sous leur forme actuelle les Arcanes majeurs ou Triomphes; ce que nous dénom­mons donc le Tarot de Marseille peut être considéré comme d'origine italienne sans que cette constata­tion logique puisse toutefois être retenue avec certitude. Ce qui est sûr, c'est qu'il correspond sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui à la pensée occidentale de la Renaissance italienne portée par les Maîtres du mysticisme, de l'occultisme et de l'ésotérisme, tels Pic de la Mirandole, Giordano Bruno, Léonard de Vinci et Dante, pour ne citer que ceux qui suscitent depuis longtemps mon intérêt, lesquels Maîtres de “l'étrange” ont créé ce qu'il convient d'appeler la Renaissance en reprenant sous les formes diverses des arts et des sciences les enseigne­ments du Corpus Herméticum et de la Table d'Émeraude contenus dans le Tarot avant même que l'œuvre gigantesque de traduction et de décryptage de Marcil Ficin n'ait été entreprise. Ce Jeu sacré, dénommé Tarot de Marseille, fut pour la première fois imprimé à Avignon pour des raisons unique­ment politiques et, surtout, fiscales.

L'un des jeux de tarots les plus anciens qui serait à l'origine du Tarot dit de Marseille sous une forme dessinée primitive est daté de 1392 et il est connu sous le nom de Tarot de Charles VI, avec les réserves nécessairement d'usage pour un tel sujet. Ce qui signi­fie, aussi, que le Tarot – Livre de Thot-Hermès a été conçu par ses auteurs anonymes comme un mo­yen de dépôt et de transmission cryptée de la Tradition Primordiale, de la Religion Universelle origi­nelle, pour être tenu à la disposi­tion de ceux qui le désirent, en se montrant respectueux et compétents, et qu'il ne saurait valable ment être rattaché à un auteur, à une époque, à une culture ou à une société particulière dès lors qu'il les comprend toutes à la fois.

Quelques-uns des Maîtres pas­sés les plus respectables et res­pectés, essayèrent pourtant de transcrire dans le Tarot dit de Marseille leurs connaissances acquises en le réformant ; ces ten­tatives sont méritoires au regard de la volonté de léguer à leurs dis­ciples sous forme cryptée le fruit de leurs recherches et décou­vertes ; elles ne doivent toutefois pas se substituer à l'œuvre origi­nale, d'autant que, malgré leurs sincérités et compétences respec­tives indéniables, ces maîtres passés n'étaient souvent pas d'accord entre eux quant à l'essentiel sur ce point, et que, pour certains, ils n'eurent que le souci de relier ce Grand Jeu de la Nature à une tra­dition donnée (kabbale hébraïque pour certains, bible pour d'autres) ce qui est par essence même une erreur dès lors, d'une part, qu'il est constant que le Tarot n'est pas issu de ces traditions particulières et ponctuelles auxquelles il s'oppose même fondamentalement en de nombreux points et, d'autre part, qu'il ne peut s'agir dans la réalisation du Grand Œuvre de réduire le Tout, aux éléments diffractés donc imparfaits et incomplets d'une culture religieuse spécifique à une race ou à une histoire particulière.

Peuvent être en ce sens cités les travaux de Court de Gébelin, de Papus, d'Oswald Wirth et d'Etteilla (de son vrai nom Alliette) dont on dit de manière absurde pour ce dernier qu'il aurait inventé la divination par le Tarot, alors que les Bohémiens, certes sous forme orale mais de manière indiscutable, l'utilisent à cette fin depuis au moins 400 ans au moment où Etteilla en développe l'usage en 1785. Le disciple du Livre de Thot- Hermès pourra se reporter avec intérêt aux travaux des maîtres précités, en prenant garde de ne pas substituer ses interprétations personnelles à la nécessaire approche intime du Livre original de la Nature; car, in fine, ces auteurs, comme tous les autres, ont travaillé à partir du Tarot origi­nel dit “de Marseille” et ils ont tenté avec plus ou moins de bonheur de lui ajouter ou de lui retrancher des éléments personnels en fonction de leur propre compréhension ponctuelle, donc relative. Malgré leurs compétences et sincérité respectives, ces adeptes de l'occultisme ne se sont pas rendu compte que la traduction du Grand Livre de la Nature que constitue le Livre de Thot-Hermès ne s'interprète pas de façon générale, qu'il est lu par chaque disciple compétent en toute intimité individuelle, qu'il se suffit à lui-même sans qu'il soit nécessaire de lui apporter quoi que se soit de supplémentaire à carac­tère humain ou intellectuel, voire philosophique.

Point n'est donc besoin de redessiner, réécrire, réinventer le Tarot synthèse des sciences sacrées ; il suffit de s'en emparer en sa forme originelle fixée au moment de la Renaissance et de vivre en symbiose avec lui dans la durée, en étant conscient que le maître véritable dans cet accouplement d'une dimension “sur-naturelle” n'est pas celui que l'on croit.

 

À suivre... ...

Publié dans le Khalam - Bulletin N° 29 - Octobre 2009

 

Source www.ledifice.net

 

Partager cet article

Commenter cet article

O.Stéphane 19/07/2014 09:28


Il a bien fallu qu'un couillon comme moi réécrive le Tarot de Papus pour que tu le saches .