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Hauts Grades

Le Livre secret de Jean

14 Octobre 2012 , Rédigé par ANN BARKHUST Publié dans #spiritualité

Les historiens de l'Eglise ont rapporté une tradition que dans les premiers temps Chrétiens, au premier et second siècle de notre ère Chrétienne, l'Eglise Occidentale centrée à Rome regarda défavorablement l'Evangile de Jean parce qu'il était considéré comme étant Gnostique. A St. Irénée de Gaule va le crédit d'avoir soutenu cet Evangile, pour qu'il soit accepté dans le canon du Nouveau Testament.

Mais à nouveau, au Moyen Age, nous entendons que les Manichéens du sud de la France possédaient un "faux Evangile de Jean", qui avait la prétention d'être des révélations de Saint Jean reçues alors qu'il se pencha sur la poitrine du Christ. Cet Evangile, dirent les hommes d'église, confondait le Christ avec Lucifer et avait même une fausse genèse du monde, en laquelle le Démiurge rebellé contre Dieu, était chassé des cieux, et implorait Dieu d'avoir une chance de se racheter. Ceci lui fut garanti, et la manière de sa rédemption fut de créer un cosmos en sept jours.

Le Démiurge (c'est un mot Grec, adopté de Pythagore, Platon et Aristote) et ses aides purent voir les modèles archétypaux par lesquels la création devait procéder, mais ne furent pas capables de les copier, et ainsi cette création fut imparfaite. Inévitablement, lorsque le démiurge créa des créatures vivantes, devant être l'humanité, cette création fut également imparfaite. La créature signifiant l'homme était faible et pouvait seulement ramper sur le sol. Prenant pitié de cette créature, Dieu envoya Son Emissaire, le Christ, et marie, deux anges des cieux supérieurs, pour instiller un esprit vivant, et lorsque ceci fut fait, la créature devint capable de se tenir debout et de se montrer elle-même humaine. Ainsi la création fut regardée comme l'œuvre du principe des Ténèbres déchu, qui fut racheté—ensemble avec son Principe—par Christ, le Principe de Lumière.

Comment la Lumière rachète t-elle les ténèbres ? En brillant dans les ténèbres, qui ne sont pas une "chose en soi" réelle, positive, mais simplement l'absence de Lumière. Les ténèbres sont ce qui est appelé un fait "négatif", quelque chose qui existe seulement par l'absence de quelque chose d'autre, n'ayant pas de substance. De ce concept, les Manichéens décrivirent leur formule pour la conquête du mal.

La légende est qu'à une époque existaient deux royaumes, le royaume des Elfes de Lumière et le royaume des Elfes de la Nuit. Les Elfes de Lumière étaient purement bons, et les Elfes de la Nuit étaient entièrement mauvais. Mais comment les Elfes de Lumière pouvaient-ils conquérir les Elfes de la Nuit, puisqu'ils ne pouvaient pas, par leur nature ou essence, faire le mal ? Ils résolurent le problème en incorporant une partie du Royaume de Lumière au Royaume des Ténèbres, et en brillant de façon continue, maîtrisèrent l'obscurité.

Agissant sur cette formule, les Manichéens infiltrèrent les rangs de leurs ennemis, en Europe, premièrement l'Eglise Catholique Romaine, bien qu'ils aient d'autres ennemis ailleurs. Les manichéens cachés vivaient extérieurement les vies de Catholiques dévots, excepté qu'ils projetaient leur totale influence en promouvant la bonté et éliminant les maux à l'intérieur de l'Eglise. Ils doivent avoir eu des réticences mentales à l'égard de nombreux enseignements Catholiques, mais ils gardèrent celles-ci pour eux-mêmes.

Il est rapporté le cas d'un prêtre dont la vie était si sainte et belle qu'il fut presque adoré par ses ouailles, même lorsqu'il était vivant; mais après sa mort, à leur grande horreur, ils trouvèrent parmi des affaires la preuve indiscutable que leur saint adoré était, en fait, un Manichéen. Alors ils détruisirent et ensevelirent ses reliques et déversèrent la haine sur la mémoire de ce "démon" déguisé, dont la sainteté avait été pour tous eux une inspiration et dont la bonté aimante avait illuminé leurs vies.

Combien de grands réformateurs des églises orthodoxes furent en fait, des Manichéens ou des Gnostiques déguisés ? Un jour nous pourrons le savoir. Nous disons "manichéens ou Gnostiques" parce que des découvertes archéologiques, telles que celles de Nag Hammadi en Egypte, montrent que les doctrines essentielles de Mani remontent aux époques Chrétiennes primitives et pré-Chrétiennes.

Mani fut un Maître universaliste qui croyait que toutes les anciennes religions, dans leur pure essence, menaient au trône du Christ. L'Eglise Catholique Romaine, suivie par ses ramifications, les Luthériens, et autres églises orthodoxes Protestantes qui sont aussi des formes de Catholicisme, ont pris position que seul L'Ancien Testament devrait être combiné au Nouveau testament, parce que Jésus était un Juif, et que toutes les autres écritures devraient être ignorées ou détruites. Ils allèrent même plus loin et établirent une règle qu'à moins qu'un suiveur du Christ n'accepte l'Ancien Testament avec le Nouveau, et évite les écritures des autres Gentils, alors il n'était pas Chrétien, peu importe combien il aimait le Christ et peu importe combien il s'efforçait de vivre la vie du Christ. C'est la doctrine qui mena à la persécution étendue et l'intolérance universelle, car elle maintenait, en effet, que chaque homme devait être un Juif avant de pouvoir être un Chrétien.

Saint Paul avait déjà combattu pour les Gentils au premier siècle, afin qu'ils puissent être Chrétiens sans aller à travers la synagogue ou le Temple Hébreux à Jérusalem—bien qu'il soit évident qu'il aurait été heureux de les accueillir là comme "craignant Dieu" à la Cour des Gentils. Il aurait même tordu les barrières de la clôture du Temple et permis aux Gentils convertis d'adorer des Israélites eux-mêmes. Au moins, les Juifs l'accusèrent d'essayer de prendre un Gentil dans leur section intérieur sacrée. Il essaya probablement, du moins.

Nous voyons également que Saint Paul faisait référence aux enseignements des Mystères Grecs, et aux astronomes et philosophes Grecs, en qui il avait l'exemple de certains des plus dévots des Pharisiens et des Sadducéens devant lui.

Il est significatif que parmi les doctrines d'une secte appelée les Pauliciens—les historiens ne savent pas si le nom venait de leur propre leader ou de Saint Paul, mais certains pensent qu'il vient de saint Paul—nous trouvons de nombreuses doctrines qui étaient caractéristiques du Manichéisme.

La bibliothèque trouvée en Egypte en 1945 donna deux versions de l'Apocryphe de Jean. Le livre avait été découvert au 19ème siècle mais ne fut pas traduit à cette époque. Personne ne semblait être intéressé par lui, et seuls quelques passages furent remarqués dans différents livres par des auteurs qui visitèrent le musée à Berlin où ce livre remarquable était préservé.

Jean Doresse parle des livres Gnostiques comme étant des écrits "déguisés" en Chrétiens, parce qu'il ne comprend pas que les anciens peuples ne ressentaient pas être un péché de retenir leurs propres écritures anciennes et de les interpréter à la Lumière du Christ. Aujourd'hui des missionnaires essaient encore de forcer les Bouddhistes, par exemple, à rejeter et renoncer à la 'Lumière de l'Asie" quand ils deviennent Chrétiens; comme s'il était nécessaire de renoncer à une lumière parce qu'une lumière plus forte était venue dans le monde! Personne n'aurait été plus respectueux de Bouddha que le Christ Lui-même ! et personne n'aurait été plus respectueux du Christ que Gautama le bouddha.

Un des deux documents trouvés à Nag Hammadi est une variante du livre de Jean à Berlin. Les deux versions principales N°1 et N°2, la N°2 étant similaire au Codex Berlin. Il mentionne une "édition N° 36 de Codex X" qu'il dit "donner une version développée du résumé dans le texte qui est plus amplifiée et enrichie par un vernis personnel". Il donne alors un bref résumé.

Préambule : l'Apôtre Jean, frère de Jacques, est troublé par la question jetée qui lui est jetée dans le Temple par un Pharisien nommé Arimanios. "Où est parti ton maître à présent"?

"Un pharisien nommé Arimanios". Le nom du Pharisien n'était probablement pas vraiment Arimanios. Arimanios est, selon toute vraisemblance, Ahriman, le Satan perse, ou Tentateur. Ici le Tentateur parle à Jean à travers les lèvres d'un Pharisien, tout comme il paraît à Jésus à travers Pierre lorsque Jésus le réprimanda en disant, "Arrière, Satan", regardant droit en face de Pierre lorsqu'il lui parlait. De façon similaire, c'est le Tentateur, Satan, ou le Doute et le Désespoir personnifiés, qui parle à Jean dans l'épreuve du Pharisien : "Où est parti ton Maître à présent"?

Jean se retira dans la solitude de la montagne pour méditer et prier, cherchant une réponse à ceci et autres questions : Pourquoi le Christ fut-il envoyé dans le monde ? Qui est son Père ? Qu'est ce que l'Eon comme celui où voyage l'humanité ? Le ciel s'ouvre et un Etre triple apparaît—dans la forme d'un homme jeune, une femme et un vieillard—et cet Etre triple déclare qu'il est véritablement un seul Etre, Père-Mère-Fils.

 

L'Etre révèle à Jean les secrets de l'Univers, passé et futur, et lui ordonne de transmettre ces enseignements à l'Elu. (Doresse ne mentionne pas l'histoire traditionnelle, telle que racontée au Moyen Age, que Jean reçut sa vision lorsqu'il reposait sur la poitrine du Christ).

L'Etre Primordial existait seul au commencement, calme et au repos dans le Grand Silence de l'océan de Lumière. Il contemplait les vagues de pure Lumière en lesquelles il reposait et par Sa pensée, de Lui-même une image fut projetée sur les vagues. Cette Première Pensée est le "parfait pouvoir de Barbelos", l'Image de Dieu, qui est l'Homme Primordial et l'Esprit Vierge. Nous pouvons remarquer que tous ces enseignements sont véritablement des concepts Platoniciens dans une vêture mythologique; non un "déguisement", mais une allégorie poétique.

D'autres "Eons androgynes"—Principes bisexués ayant à la fois des pouvoirs masculins et féminins, Pouvoir-volonté et Amour-Sagesse, un concept grossièrement dégradé par les Pères de l'Eglise aux premiers siècles—correspondent aux Elohim de la Bible. Le Jéhovah biblique fut en fait un de ces Elohim doublement sexués, qui fut identifié par les Hébreux, ou interprété par eux, comme étant l'Etre Unique Absolu Suprême, son ancien statut ayant été rejeté et oublié.

Barbelos, le Premier Etre, la Vierge Divine—fixe résolument la Lumière de Dieu, et en fixant ainsi conçoit une Etincelle, qui devient le Fils de Dieu. Dans ces anciennes visions, la comparaison est, nous croyons, dans la manière dont une image est réfléchie dans une boule de cristal. A la fois les cristaux de quartz et de verre étaient faits en Egypte et autres lieux, peut-être même en verre blanc, bien que ceci ne soit pas certain. De toute façon, la forme ancienne de polissage de gemme était de "rouler" les pierres. Elles n'étaient pas facettées de la même manière que nous le faisons aujourd'hui. Ainsi une pièce de cristal de quartz pouvait avoir été trouvée 'roulée" dans un ruisseau ou "roulée" par un artisan; et si c'est le cas, il pourrait avoir servi en tant que cristal de voyance. Le cristal a la propriété particulière de prendre une image reflétée n lui-même, et de la réverbérer. Elle apparaît à l'envers, le cristal en est plein. Même ainsi la vision de la Lumière crée à l'intérieur le Barbelos—le Premier Ange—une Etincelle qui est de Dieu et qui est comme Dieu.

Les poètes orientaux comparent également la sympathie mystique avec Dieu à la manière dont un amoureux voit son image dans la pupille de l'œil de son aimée. Chacun voit l'autre, amant et aimé, chacun voit dans la pupille de l'œil de l'autre une image de lui-même. Ainsi l'Homme contemple Dieu et l'Image de Dieu est formée dans son âme; et inversement l'Image de l'Homme est formée dans l'Oeil de Dieu, et cette Image d'Homme dans l'Oeil de Dieu est ce que voit le mystique. Telle est la formule de l'Oeil, comme montrée dans de nombreuses anciennes allégories poétiques de l'orient; et telle est, nous le croyons, la signification de ces obscurs textes dans l'Apocryphe de Jean.

Le Christ qui est ainsi engendré est appelé le Monogène. Ce mot résonne de façon particulière, mais il signifie simplement l' "Engendré seul" comme dans l'ouverture de l'Evangile de Jean dans le Nouveau Testament. Dans celui-ci, également, si nous devions substituer la forme grecque des noms, notre texte serait méconnaissable; par exemple : "Je suis le Chemin, la Gnose, et la Vie". Ou, "Au commencement était le Verbe (Logos), et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu".

Du Christ viennent les Quatre Luminaires, les quatre Seigneurs Principaux du Karma, appartenant symboliquement aux quatre signes fixes du zodiaque. Certains disent qu'il y a sept Seigneurs du Karma; ceci se réfère, bien sûr, aux sept Principes Planétaires qui influencent la destinée humaine dans l'horoscope.

Après ces Pouvoirs Célestes, Adam fut créé, le premier homme de la Terre. Ceci est suivi (dans ce texte) de l'histoire de la "Chute de Sophia" qui voulait créer seule comme le Créateur et qui donna naissance à un monstre ressemblant à un lion et un serpent, qu'elle cachait dans un nuage—manifestement, les constellations du zodiaque, avec une référence spéciale au Lion et au Scorpion, ou autres dragons astronomiques des ciels. A nouveau nous répétons, cet apocryphe n'est rien qu'un poème—un poème compliqué, allégorique—et les étudiants se rendent eux-mêmes ridicules en le traitant comme s'il était un traité direct comme les travaux du Romain Lucretius.

L'histoire de Sophia—qui peut aussi être comparée à la Vierge, qui à présent tient le Soleil à sa chute à l'équinoxe d'automne—est suivie de l'histoire du combat des pouvoirs de la Lumière avec ceux des Ténèbres; qui survécut au Moyen Age, comme nous l'avons remarqué. Il est à noter que les Ténèbres ne peuvent seulement être détruites elles-mêmes lorsque qu'elles poursuivent la Lumière, parce que la Lumière détruit automatiquement les ténèbres par sa brillance.

L'Etre caché dans le Nuage devient le Créateur—Démiurge—des mondes inférieurs. Ceci est le "Jéhovah", le Cosmocréateur de l'Ancien Testament. Il crée Sept Rois pour gouverner les Sept Cieux (Planètes), et Cinq Rois qui gouvernent les Abysses—les royaumes du Chaos, les "Mondes Sombres" dans lesquels les âmes se rendent entre les incarnations. Ces cinq mondes sombres avec leurs Cinq Rois, représentent le "Chaos" des Grecs, et "l'abysse" dans lequel les germes de toute vie et formation se développent.

Plus tard des êtres furent créés, 360 ou 365 en nombre—un Ange pour chaque jour de l'année, évidemment. Ils sont symbolisés par les silhouettes à têtes d'animaux, dans la culture Egyptienne.

Chacun savait que les Egyptiens n'adoraient pas des animaux ou des animaux-démons; ils prenaient ces figures de façon symbolique. L'idée est précisément la même que nous trouvons dans notre Nouveau Testament, où un bœuf est dépeint pour l'Evangile de Luc, un Lion pour St. Marc, un serpent pour St. Jean, et un homme pour St. Matthieu. Il aurait été assez en droite ligne avec la symbologie Egyptienne d'avoir dépeint St. Luc comme un homme à tête de bœuf tenant un livre dans sa main. Nous pouvons ne pas aimer ce symbolisme, mais nous pouvons le comprendre.

Tous les Pouvoirs ont deux noms, en accord avec la doctrine magique de l'antiquité par laquelle le Nom "Secret" ou "Dieu" était un Nom de Pouvoir, et qui n'était jamais révélé; puisque le nom commun était le nom utilisé publiquement. Les Egyptiens donnaient toujours à leurs enfants deux noms pour cette raison, le premier étant le nom secret. Dans les Ecoles Initiatiques—comme dans le Baptême Chrétien—nous voyons une forme de coutume similaire, où le baptisé prend un nouveau nom. Il semblerait également qu'il avait un nouveau Nom Secret, comme un Initié; car le Baptême était une Initiation et une renaissance.

Chaque chose dans la vie a ses bons et mauvais aspects. Les planètes dans l'horoscope peuvent donner une destinée bénéfique ou l'opposé, ou les deux mêlées à la fois, ce qui est habituellement le cas. Par conséquent chaque Grand Ange a deux Noms, et chaque démon peut être contraint par l'usage du Nom du Grand Ange qui a gouverne sur ses activités. L'Apocryphe de Jean n'entre pas dans ceci, mais le concept est impliqué dans le fait que les Intelligences Créatrices sont dites avoir Deux Noms.

Lorsque sa création fut terminée, Ialdebaoth s'exclame fièrement : "je suis un dieu jaloux et il n'y a d'autre dieu que moi!" Et l'Apocryphe prévient que l'histoire de la création ne doit jamais être prise dans le sens que Moïse l'a décrite, mais d'un point de vue opposé.

Sophia, voyant que son fils pèche contre Dieu, va et vient comme un esprit sur l'abysse de l'espace, et elle est aidée dans sa détresse par d'autres pouvoirs. A la fin, fixant les eaux de l'abysse, les Pouvoirs, à leur étonnement, voient se refléter l'image de Dieu! Ialdebaoth commande alors que lui et ses compagnons créent un être fait à la ressemblance de cette Image dépeinte, qu'ils appellent Adam, et les Archéons (Pouvoirs) se mettent au travail. Archon est le terme Grec.

Comme pour les autres noms des Pouvoirs, le texte dit, "Si tu veux les connaître, ils sont écrits dans le livre de Zoroastre", montrant que l'influence Perse réside derrière les influences Hébraïque, Grecque, et Egyptienne de cet Apocryphe.

Adam fut créé, mais ne pouvait se tenir debout, et cinq messagers envoyés du Dieu véritable conseillèrent à Ialdebaoth d'insuffler le souffle de vie dans la bouche d'Adam. Il fit ceci, et Adam non seulement se leva, mais devint resplendissant, et Ialdebaoth craignit aussitôt qu'il ne lui dérobe son pouvoir.

Les Pouvoirs chassèrent alors Adam dans les ténèbres inférieures. Mais la Mère prit pitié d'Adam, et lui envoie une Etincelle de Pensée de Lumière, appelée Zoé, un autre mot Grec. Puis les Archéons construisent encore un autre corps, plus dense et plus matériel, dans lequel ils emprisonnent Adam. Ils créent le Paradis dans le monde inférieur, et l'y déposent, mais les joies de son Paradis sont illusoires et pleines d'amertume. L'Arbre de Vie appartient à Ialdebaoth, et son fruit est amer; l'Arbre de la Connaissance détient l'Etincelle, ou Germe, de Lumière de la Divine Mère.

"Qu'était le Serpent qui enseigna à l'Homme de manger de cet Arbre?"demande Jean. Le sauveur répond :"Le Serpent lui enseigna le germe du désir, pour mettre Adam en esclavage; mais il vit qu'Adam ne lui obéissait pas à cause du Germe de Lumière qui était en lui". Le Serpent est, comme montré ci-dessus, Jehovah-Ialdebaoth. Il est celui qui gouverne l'Arbre de "Vie", ou désir, des corps engendrés.

Le Démiurge crée alors Eve, qui est une partie de la Lumière Adamique, mais lorsqu'il ouvre le côté d'Adam, la part de lumière s'échappe, aussi il fabrique Eve avec ce qui reste. L'apocryphe dit que le Christ Lui-même se manifesta dans la forme d'un aigle et s'assit sur l'Arbre de la connaissance, pour inciter Adam et Eve à manger du fruit de la Connaissance, dans lequel était le Germe de Lumière appartenant à la Divine Mère, par lequel ils pourraient être rachetés des ténèbres de la matière et du pouvoir de Jéhovah-Ialdebaoth, le Serpent des Ténèbres. Le germe du Démiurge est à la fois dans Adam et Eve, qui apportent Caïn et Abel; mais Seth s'échappe. Seth est l'Homme Rempli de Lumière, qui plus tard renaît en tant que Jésus le Christ, le fils véritable de Sophia, la Sagesse.

St. Paul dit, parlant d'Abraham, Sarah et Agar :"lesquelles choses sont en allégories"; et il est évident que ces Gnostiques écrivaient en allégories. Elles ne peuvent pas être comprises d'une autre manière.

Nous voyons de ceci pourquoi les Catholiques croyaient que les Manichéens adoraient Satan, puisque pour les Manichéens Jéhovah était le Satan et l'Esprit de l'Arbre de la Connaissance était le Christ. Mais ils n'adoraient pas Satan, ils adoraient le Christ, comme l'Esprit qui donnait Sagesse et Connaissance à l'humanité. L'Arbre de Vie de Jéhovah n'était pas immortalité mais "génération", un arbre généalogique.

Il y a une raison de croire que le texte de la Genèse Hébraïque, écrite d'un point de vue opposé, comme Max Heindel l'a commenté une fois, a , en fait, donné la même interprétation lorsqu'elle dit que "Adam connut Eve, et qu'elle porta Caïn"; Adam connut Eve, et elle porta Seth"; identifiant ainsi clairement la génération avec l'Arbre de la Connaissance, alors que les Gnostiques et les Manichéens donnaient cette signification à l'Arbre de Vie.

Comme dans Pistis-Sophia, un long dialogue entre Jean et le Christ est donné, couvrant de nombreux sujets d'intérêt spirituel. L'Apocryphe montre qu'il y a un véritable Esprit, qui est Au-dessus, et un Esprit Contrefait (qui imite Le Véritable) qui est en-dessous, dans l'espace inférieur. Le Salut est libéré de la "caverne de perversité" dans laquelle l'homme est emprisonné, et où il passe tous ses jours regardant les ombres. (Comparez avec le Mythe Platonique de la Grotte dans la République, Livre VII).

Il y a une guerre constante entre le Véritable Esprit et l'Esprit Contrefait revendiquant pour les âmes de l'humanité. C'est le Démiurge qui envoie ses anges en bas pour séduire les filles des hommes à chaque fois qu'elles montrent quelque inclination à s'élever des cavernes de perversité, leur enseignant les soi-disant bonnes choses de la terre, leur donnant la santé matérielle, le bonheur, et le pouvoir; leur enseignant les arts, les habiletés, et les sciences du monde physique.

Mais la Grande Mère n'oublie jamais, et elle survole encore, aller et retour, sur l'abysse du temps et de l'espace, cherchant à sauver ses enfants. Elle va vers Adam pour l'éveiller de son sommeil dans les ténèbres, lui disant :

Je suis la richesse de la Lumière

Je suis la mémoire de la Plénitude (de l'Esprit)

Je marchai dans les profondeurs des Ténèbres

Et je persévérai jusqu'à ce que j'atteigne le milieu de la prison, vers la fondation du Chaos…

Je pénétrai dans le cœur de la prison, c'est à dire, la prison du corps

Et je dis 'Que celui qui entend s'éveille du lourd sommeil!'

Et Adam s'éveilla…disant, "Qui a appelé mon nom?'

Et l'Esprit répond : 'Je suis la Pensée de l'Esprit Vierge

Qui te ré-établit dans les royaumes de gloire.

Lève-toi, et souviens-toi que C'EST TOI- MÊME QUE TU AS ENTENDU

Et retourne vers ta racine!

Car je suis Le Miséricordieux.

Abrite-toi des anges de destruction, des démons du Chaos,

Et de tout ce qui te gêne, et élève-toi du lourd sommeil de la demeure infernale'.

L'étudiant Gnostique français Jean Doresse qu'il n'est pas toujours clair de savoir qui parle, si c'est le Sauveur, ou la Reine Vierge des Anges; et il dit que sans doute ceci insiste sur l'histoire du Christ ayant été mélangée à l'ancien mythe de la déesse Mère. La ressemblance au mythe Babylonien de la Descente d'Ishtar et du mythe Grec de Déméter cherchant Perséphone est évidente; pas pour mentionner l'Isis Egyptienne cherchant Osiris. Le poète a fait un effort, apparemment pour construire un mythe parmi de nombreux, une allégorie éclectique, universaliste, acceptable aux anciens peuples, incluant les Juifs.

Le texte utilisé par les Manichéens médiévaux en Europe peut avoir été une version éditée par Mani ou ses disciples.

Puisque Doresse n'est pas un mystique ou un occultiste, et puisqu'il interprète ces textes avec un littéralisme qui est déplorable, nous ne pouvons prendre sa parole pour la substance véritable de l'Apocryphe de jean. Il n'est pas réellement intéressé, sauf comme un vivisecteur est intéressé en découpant un animal dans un laboratoire; et c'est uniquement lorsque nous prenons en sympathie ces anciens livres dans nos consciences, en méditation et contemplation, utilisant l'imagination poétique, que nous pouvons entrer dans l'esprit en lequel ils furent écrits et ainsi en arriver à une sorte de compréhension de ces textes. 

  

Source : http://rosae-crucis.pagesperso-orange.fr/chantal/bible/le_livre_secret_1.htm

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