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Hauts Grades

Le Rite de Perfection

2 Mai 2012 , Rédigé par Papus Publié dans #Rites et rituels

Analyse de ses grades

C'est à ces grades ttempliersque la constitution du Rite de Perfection (1758) vint ajouter le complément du système maçonnique tout entier ainsi constitué :
Une section historique et morale dans laquelle le récipiendaire revit l'histoire du premier Temple de Jérusalem, depuis sa construction jusqu'à sa destruction
 puis il participe à la découverte du Verbe qui, en s'incarnant, va donner naissance au Christianisme et à la Nouvelle Jérusalem, dont le récipiendaire devient un chevalier.
Analogiquement, cette section historique permettait de profondes dissertations morales sur la chute et la réintégration naturelle de l'être humain :
Une section hermétique, consacrée au développement des facultés hyperphysiques de l'être humain, aux cérémonies initiatiques, reproduisait les phases du dédoublement astral et des
adaptations alchimiques.
Cette section était renfermée dans deux grades seulement du Rite de Perfection : le Prince Adepte
et le Prince du Royal Secret ;
A ces deux sections s'ajoutait, comme nous l'avons dit, la section templière.
Analysons rapidement les 25 degrés du Rite
de Perfection pour éclairer encore la classification précédente :
Du 4° au 15° grade, le président de loge représente soit Salomon, soit un de ses aides ou un de ses vassaux
. L'on s'occupe, soit de la construction du Temple, soit de la vengeance d'Hiram ou de son remplacement.
C'est cette idée de vengeance qui a fait croire à Rosen
[Note de l'auteur : Satan démasqué.] que les grades d'Elus se rapportaient à la Saint-Wœhme ; c'est une erreur qu'un illuminé n'aurait pu commettre. La Saint-Wœhme a été une adaptation germanique des vengeurs pythagoriciens, imités eux-mêmes des vengeurs d'Osiris, comme l'a fort bien vu l'auteur de Thuileur de l'Ecossisme
et cependant Aulnaye n'a pas dépassé les petits mystères et n'a compris dans l'initiation que le côté naturaliste et le plan sexuel, comme le font aujourd'hui les cléricaux. L'extrait suivant nous éclairera à ce sujet :
« Si le troisième grade de la Maçonnerie, celui de maître, nous offre le tableau de la mort d'Hiram, dit l'Architecte du Temple, ou plutôt de celle d'Osiris, de Pan, de Thammuz, Grand Architecte de la Nature, avec le premier élu s'échappe le premier cri de vengeance, celle qu'
Horus exerça contre les meurtriers de son père, Jupiter contre Saturne, etc. Ce grand et permanent système de vengeance, qui se retrouve plus ou moins clairement exprimé dans une foule de grades et notamment dans le Kadosh, remonte aux temps les plus reculés. Indépendamment de l'interprétation que l'on peut lui trouver dans les opérations même de la Nature qui présentent une suite de combats et de réactions, entre le principe générateur et le principe destructeur, il appartient surtout à la théocratie, le plus ancien des gouvernements. Suivant les différentes circonstances où se sont trouvés les fondateurs des sociétés secrètes, et suivant l'esprit particulier qui les animait, ils ont fait l'application de cette vengeance à telle ou telle légende, à tel ou tel fait historique ; de là la différence des rites ; mais les principes fondamentaux sont toujours les mêmes [Note de l'auteur : De l'Aulnaye, Thuileur général, p. 58 (note).].
Au 17° grade (chevalier d'Orient et d'Occident), nous arrivons à la prise de Jérusalem par les Romains et à la destruction du Temple.
C'est alors que nous trouvons le grade vraiment chrétien de la Maçonnerie, ce grade auquel les Rose-Croix ont donné le nom de leur Ordre et dans lequel ils ont renfermé la partie la plus pure de la tradition. Aussi les matérialistes, n'y comprenant plus rien, diront-ils que ce grade est une création des Jésuites, et les Jésuites, émus de voir la croix
et le Christ glorieux dans un temple maçonnique, diront-ils que ce grade est une création de Satan.
Comme on le voit, il y en a pour tous les goûts.
Le grade de Rose-Croix maçonnique est la traduction physique des mystères qui conduisent au titre de Frère illuminé de la Rose-Croix, titre n'appartenant pas à la Franc-Maçonnerie, mais à sa créatrice : la Société des Illuminés. Un Rose-Croix maçon, quand il connaît bien son grade, peut être considéré comme un apprenti illuminé et il possède tous les éléments d'un haut développement spirituel, comme nous allons
le voir en analysant ce grade.

La Rose-Croix maçonnique

L'initiation au grade de Rose-Croix maçonnique demande quatre chambres : la Verte, la Noire, l'Astrale, et la Rouge, qu'on réduit, dans la pratique, généralement à trois en supprimant la première.

Le thème du grade, c'est que la Parole qui doit permettre la reconstruction du Temple a été perdue. Le récipiendaire la retrouve, c'est le nom de N.-S. Jésus-Christ : INRI, et, grâce à cette parole, il traverse la région astrale dans sa section inférieure ou infernale et il parvient dans la chambre de la purification chrétienne et de la réintégration.
Au point de vue alchimique, c'est la création de la pierre au rouge par la découverte des forces astrales, la sortie de la tête du corbeau et le passage au phénix ou au pélican.
Au point de vue moral, c'est la naissance en l'homme, de l'étincelle du Verbe divin, renfermée dans son âme, par l'exercice de la prière, de la charité, du sacrifice et de la soumission au Christ.
Allez donc faire comprendre cela à un marchand de vins, courtier électoral et dignitaire du Grand-Orient, ou à un R.-P. Jésuite. Le premier remplacera la Foi, l'Espérance et la Charité par sa chère devise Liberté, Egalité, Fraternité... ou la Mort, et le second voudra absolument trouver des anagrammes qui transforment le nom du Christ en celui du Prince de ce Monde, car il ne peut pas concevoir qu'on comprenne le Christ sans passer par l'intermédiaire coûlteux de ceux qui pensent être le seul clergé divin sur la terre. Pour le clérical, c'est du "gnosticisme" que tout cela, et il entend par ce mot tout ce qu'il ne comprend pas.
Reprenons l'analyse de l'initiation.
La chambre verte rappelle la première évolution du récipiendaire dans les grades symboliques.
La chambre noire va lui ouvrir les portes de la seconde mort. Elle va indiquer un changement de plan. Elle est tendue de noir, avec des larmes d'argent.
La destruction du premier Temple est représentée par des colonnes brisées et des instruments de construction jonchant le sol. Trois colonnes restent seules debout et le transparent qui les domine se lit : Foi, au S.-O., Espérance, au S.-E. , et Charité, au N.-O.
A l'est est un des symboles les plus profonds, tout d'abord une table, recouverte d'un drap noir, et sur laquelle se trouvent, outre les instruments de construction matérielle (compas, équerre, triangle), le symbole de la création par l'homme de son être spirituel : la Croix portant une rose à l'intersection de chacun de ses bras.
Cette table est placée devant un grand rideau qui, en s'écartant, laissera apercevoir le Christ crucifié éclairé par deux flambeaux de cire de couleur solaire.

C'est là que le récipiendaire retrouvera la « Parole perdue », après avoir recréé en lui d'abord la Foi, basée sur le travail personnel ; puis la Charité, qui lui ouvre, toutes grandes, les portes de l'Espérance, de l'Immortalité.
Cette immortalité, il va en acquérir immédiatement la certitude symbolique, car, le visage recouvert d'un voile noir, il pénètre, aidé par ceux qui ont passé avant lui, dans la chambre que nous appelons astrale et qu'on appelle généralement infernale.
Disons à ce propos, et pour faire plaisir à M. Antonini
[Note de l'auteur : Doctrine du Mal], que ce que les catholiques appellent l'Enfer est appelé par les occultistes « plan astral inférieur ». Pour arriver au ciel, il faut traverser le plan astral et triompher, par sa pureté morale et par son élévation spirituelle, des larves et des êtres qui peuplent cette région de l'invisible. Le ciel envoie à ses élus des guides pour passer à travers cette région, et l'auteur de Pistis Sophia donne d'intéressants renseignements à ce sujet. Mais les occultistes mettent les larves et les démons à leur vraie place et ils ne les adorent pas, réservant leurs prières pour le Christ ou la Vierge. Il faut triompher des démons pour parvenir au plan céleste et on n'en triomphe qu'en suivant les préceptes évangéliques, en Occident, ou en suivant les révélations des maîtres, en Orient. Tout homme de bien, qu'il soit chrétien, musulman ou bouddhiste, va au ciel quand il a suivi la parole de Dieu, et tout criminel, qu'il soit pape, prêtre catholique, juif, protestant ou simple laïque de n'importe quelle religion, va faire connaissance avec les êtres du plan astral, jusqu'à la dissolution de ses écorces, à moins que la pitié divine n'efface le cliché de ses fautes. Voilà pourquoi le Dante a vu plusieurs papes en enfer.
Cette chambre astrale est formée d'un transparent à chaque bout duquel est un squelette, pour bien indiquer que la mort est la seule porte d'entrée ou de sortie de cette chambre. Sur le transparent, on a peint des larves et des êtres astraux quelconques, que le récipiendaire aperçoit en soulevant le voile qui recouvre sa tête.
Il arrive ainsi à la chambre rouge, éclairée par 33 lumières.
A l'Orient, sous un dais, le récipiendaire aperçoit un admirable symbole. En haut, une étoile flamboyante portant la lettre
ש (Schin) renversée pour indiquer l'incarnation du Verbe divin dans la nature humaine. Au-dessous est un sépulcre ouvert et vide pour montrer que le Christ a triomphé de la mort, indiquant ainsi la voie à tous ceux qui voudront le suivre.
C'est aussi dans cette direction qu'est l'étendard du chapitre sur lequel est gravé le Pélican, debout sur son nid et nourrissant ses sept petits de son sang qu'il fait couler en se perçant le côté avec son bec. Ce Pélican porte sur la poitrine la Rose-Croix. Tel est le symbole du vrai chevalier du Christ, telle est la représentation de l'action incessante de la lumière divine qui fait vivre même ceux qui commettent des atrocités en son nom, comme le soleil éclaire les bons et les méchants répandus sur les sept régions planétaires de son système.
Les inscriptions des colonnes : Infinité et Immortalité caractérisent la transformation spirituelle des vertus illuminant la chambre noire.
Cette initiation est appuyée par quinze points d'instruction qui transforment successivement le récipiendaire en chevalier d'Heredom, chevalier de garde de la Tour et Rose-Croix. Ces instructions portent sur les points suivants :
Maîtrise ; nombres 9, 7, 5 et 3 ; pierre angulaire ; mystères de l'arche et de l'immortalité (Enoch et Elie) ; les montagnes de salvation, le Moria et le Calvaire, dans tous les plans ; l'athanor hermétique ; les vertus morales nées de l'effort spirituel ; la résistance aux passions (garde de la Tour) ; la symbolique astrale ; 10° la symbolique générale ; 11° la symbolique numérale ; 12° la Jérusalem chrétienne et le nouveau Temple universel ; 13° les trois lumières chrétiennes : Jésus, Marie, Joseph ; 14° la parole perdue ; 15° Consummatum est.
Enfin, les Illuminés avaient transmis à la Maçonnerie, dans ce grade, leur système de réduction kabbalistique des noms en leurs consonnes et les cinq points figurant l'apprentissage de l'Illuminisme.

Les grades suivants : 19°, grand pontife ; 20°, grand patriarche ; 21°, grand maître de la Clef ; 22°, prince du Liban, continuent la mise en action de la tradition historique.
Ce dernier grade, prince du Liban, est devenu le chevalier royal Hache de l'Ecossisme et il commence la série des véritables grades hermétiques consacrés au développement des facultés spirituelles
[Note de l'auteur : Voyez les études du Dr Blitz sur ces grades dans la revue L'Initiation.].
Le thème initiatique de ces grades hermétiques porte sur la partie de sa vie où Salomon s'est livré à l'étude de la magie et de l'alchimie. On voit ainsi Salomon soumis aux épreuves de la mort seconde, de l'abandon du vrai Dieu pour les idoles et revenant à la vraie foi par la science. C'est une reprise sur un autre plan de l'allégorie historique des grades précédents.

Dans la Maçonnerie de Perfection, les grades hermétiques étaient renfermés dans les degrés suivants : 22, prince du Liban ; 23, prince adepte ; et 25, prince du Royal Secret.
Nous retrouvons dans ce grade de prince adepte, devenu le 28° du Rite Ecossais, chevalier du Soleil, ces études théoriques sérieuses qui forment la base de toute pratique réelle.
C'est à propos de l'Ecossisme, et à cause des développements qu'il a donnés à ces grades hermétiques, que nous étudierons en détail cette section.
Comme on le voit, le Rite de Perfection contenait tout le système maçonnique et les transformations qu'il aura à subir ne porteront que sur le développement de grades existants déjà au « Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident ».
Passons donc à l'Ecossisme ; mais, avant, énumérons les sept classes comprenant les grades de ce Rite :
1° classe. – 1, 2, 3 ;
2° classe – 4, 5, 6, 7 et 8 ;
3° classe – 9, 10, 11 ;
4° classe – 12, 13, 14 ;
5° classe – 15, 16, 17, 18, 19 ;
6° classe – 20, 21, 22 ;
7° classe – 23, 24, 25 ;

 

 Source : www.boutiquefs.com

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