Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hauts Grades

Le Rite Ecossais Philosophique : description critique des éléments d'une Loge.(extrait)

31 Janvier 2014 , Rédigé par Jacques Litvine Publié dans #Rites et rituels

Analyse critique du rite philosophique aux grades symboliques.  

Bien que très proche du rite français, tant dans la disposition de la loge que celle des surveillants, le R.E.P. présente de nombreuses différences d'avec celui-ci.  

Les colonnes force, sagesse, beauté.  

· ..... "la loge est éclairée par trois grandes lumières que l'on nomme étoiles, placées en triangle autour du tapis de loge, c'est à dire, une du côté de l'Orient, à la droite en entrant dans la loge, la seconde du côté du premier surveillant ou du midi et la troisième du côté du second surveillant ou du nord" ... ou suivant le titre I art V et VI du Ms Calvet 3071: ...... " au milieu du Temple et sur le pavé, sera tracé avec de la craïe, le tableau connu de tout Maçon. Il y aura trois grands chandeliers portant chacun un flambeau: placés, l'un au coin du tableau entre l' Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le midi & l'Ouest, l' autre entre l'Ouest & le Nord .... " Cette disposition observée actuellement au rite "moderne belge", diffère notamment du français qui les place au nord-est, sud-est et sud ouest. Les colonnes sagesse, force et beauté ou piliers, n'ont aucune origine biblique. Elles ne se rencontrent pas dans les Constitutions gothiques, n'apparaissent dans les manuels maçonnique qu'avec le pamphlet de- Prichard: "Masonry Dissected", puis il n'y est plus fait allusion, en Angleterre tout au moins, que dans un manuscrit; "Dialogue entre Simon et Philip" de 1740. En France, c'est avec le "Catéchisme des Francs-Maçons" qu'apparaissent effectivement les trois colonnes, confondues avec l'étoile flamboyante, pour la beauté, avec la colonne J pour la force et la colonne B, pour la sagesse. Presque toutes les divulgations françaises reprendront cette confusion, tant dans le "Maçon Démasqué" où il est dit à propos des colonnes J & B.: ...... "sur le chapiteau des colonnes (J & B.) et au point de l'orient, sont écrits les mots : Sagesse, Force, Beauté."

Ainsi que dans la "Maçonnerie Adonhiramite" où en page 21, le catéchisme identifie la colonne du septentrion avec la sagesse, en page 54 la colonne du midi avec la Force et assimile le tout en page 59 ... "soutenue par deux grands piliers" (sagesse et force). Le rituel reconstitué du Marquis de Gages datant de 1767 reprend la même imprécision symbolique. Mais dans la deuxième édition de "L'Ordre des Francs-Maçons trahis", datant de 1744, sur la planche II du Secret des Franc-Maçons, les trois lumières sont situées: deux à l'Orient sud et nord et une à l'Occident, sud, et sont indépendantes des colonnes. La distinction, ou, comme le dit Guy Verval, la dichotomie appartiendra aux rites Ecossais pour lesquels "Colonnes "et "Piliers "sont des entités différentes.

Le rite philosophique appuie sa description de la loge sur cette différence et le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise de 1805, en page 2 art. 3, dit .... "Il y aura à l'Orient de la Loge, un siège élevé de trois marches au moins, surmonté d'un dais rouge ou bleu céleste, frangé de rouge et parsemé d'étoiles d'or, sur lequel se placera celui qui présidera la Loge. L'Orient sera décoré d'un soleil, d'une lune entourée d'étoiles et une étoile flamboyante avec la lettre connue des Maçons ... " et art. 4 ... "à l'Occident et à la porte extérieure du Temple seront les deux colonnes mystérieuses connues des Maçons. Dans l'intérieur du Temple, à l'extrémité des colonnes seront placés deux sièges élevés d'une marche au dessus des autre FF, lesquels seront occupés par les deux surveillants ... " puis l'art. 5 .... "Au milieu du Temple et sur le Pavé, .. ( .. ) .. environné de trois grands Chandeliers, portant chacun un flambeau, l'un au coin du tableau, entre l'Orient et le midi, les deux autres à l'Occident, l'un entre le Midi et l'Ouest, l'autre entre l'Ouest et le Nord .... " et l'assimilation des trois lumières aux trois flambeaux est définie dans l'article 6: · ..... " ..... ' sera présidée par un Frère que l'on nommera le Vénérable et par deux autres FF que l'on appellera Surveillants, lesquels représentent les trois lumières, ou les trois colonnes de la Loge ..... " Cette disposition sera observée tant à Marseille qu'à Paris. Pierre Noël, dans l'annuaire de 1984 souligne ce fait en page 60, bien qu'il signale dans le Règlement de la loge Saint Jean de la Vertu Persécutée en Avignon une position sud est, sud ouest et Nord-Ouest des trois chandeliers, ce que nous ne retrouverons ni dans les rituels de la Mère-Loge Ecossaise de Marseille, ni dans le manuscrit des Philalèthes, ni dans le texte souligné par Désaguliers (Ms Calvet 3071 1774) où la position est bien sud-est, N-E, N-O. Nous ajouterons une nouvelle source pour clore cette controverse, le Règlement Général de la Maçonnerie Ecossaise philosophique, scellé par Godefroid de la Tour d'Auvergne que nous a transmis René Désaguliers et qui en page 3 par. 5, reprend la même description. Le Catéchisme philosophique au degré d'apprenti définit l'interprétation:  

D - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière ?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, la Lune et le Vénérable.

D - A quoi servent ces Lumières?

R - Le Soleil à éclairer les FF. dans le jour, la Lune pendant la nuit, et le Vénérable dans le cours des travaux maçonniques.

D - N'avez-vous pas vu d'autres Lumières?

R - Trois grands flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.  

Nous ne pouvons que constater cette différenciation, elle définit deux séries distinctes: les trois grandes Lumières sur lesquelles repose le Temple représentées par trois grands Chandeliers qui placés autour du tableau représentent la triade Sagesse Force et Beauté et sont associés au Vénérable Maître et aux deux surveillants, mais ne peuvent être assimilés au porche du Temple. Ceci se retrouve d'une manière nette dans le rituel du rite des Philalèthes, citant comme grade ultime de la maçonnerie Ecossaise celui de "Sublime Philosophie",

Dans son catéchisme au grade d'apprenti, nous lisons en page 30:  

D - Que représente le Temple?

R - Le Temple de Salomon.

D - Sur combien de colonnes était appuyé le Temple?

R - Sur trois colonnes

D - Comment s'appelaient-elles?

R - Force Sagesse et Beauté. La Force pour l'entreprise, la Sagesse pour l'exécution et la beauté pour l'ornement.

D - Combien y avaient-ils de colonnes dans le Temple?

R - Deux, la colonne J et la Colonne B.  

Voilà parfaitement exprimé, la notion des colonnes ou piliers-bases du Temple idéalisés par F-S-B et le porche du Temple où se rassemblent les Ouvriers de l'Œuvre. Aux rites Ecossais, l'association des trois grands piliers soutenant le Temple de Salomon, avec la Force, la Sagesse et la Beauté et aussi avec le Vénérable Maître et les Surveillants, est un fait que Pierre Noël décrit sous-tendant un élément vétéro-testamentaire qui ne se rencontre pas d'une manière précise dans le rite moderne.

Les loges anglaises considèrent la loge située au parvis du temple.

Preston dans ses lectures (clause 5, pp. 249) donne la version suivante: What name did he confer on them ? ... ' la colonne dans sa main droite, s'appelait "J", elle symbolise l'établissement, la solidité la permanence. La colonne dans sa main gauche (Salomon), il la nomma "B.", elle était l'emblème de la force du pouvoir et de la puissance. What were both considered ? Le nom de ces piliers se doit de démontrer la solidité de la bâtisse qu'Il avait érigée et que Dieu dans sa force veut confirmer (establish) et en faire sa maison à jamais. Les manuscrits anciens, du tout début de la Maçonnerie française, relevés par Verval "Toute l'Institution de la Franc-Maçonnerie"(1724), "Le grand Mystère des Francs-Maçons découverts"(1725), "L'institution des FRANC-MAÇONS" datant des mêmes années ainsi que "Toute l'Institution des Francs-Maçons ouverte" et toutes notent la colonne J à droite de la colonne B à gauche mais leur signification est différente, Jakin signifie "force" et Boaz" Beauté". La loge se tient au parvis du Temple et le Vénérable Maître fait face à l'Est pour regarder le soleil levant et les surveillants, face à l'Ouest pour contempler le soleil couchant ce qui est conforme à l'orientation biblique du Temple de Jérusalem. Plus tard, avec l'inversion des mots aux deux premiers degrés, cette disposition des deux colonnes porche du Temple fut inversée, et c'est cette nouvelle disposition qui rencontre les commentaires de Dyer et que les rites français de la moitié du 18èmesiècle adoptèrent. L' Ordre des Francs-Maçons Trahis expose dans ses planches J à Gauche en entrant et B, à droite. Les rituels philosophiques de 1774, de 82, de 1803 et celui des Philalèthes (1783 ?), également, et cela sera le cas des rites et rituels français, à l'exception du Rite Ecossais Ancien et Accepté lui procédera à l'inversion des colonnes, mais n'en modifiera pas la signification. n réalité, ce n'est pas tant l'inversion des colonnes qui est significative, mais la position de la loge par rapport au temple: le travail maçonnique s'effectue dans le temple et le Vénérable est ou le reflet du ou dans le Saint des Saints. Avant de continuer, j'aimerais soumettre aux réflexions une hypothèse sans doute critiquable, mais néanmoins curieuse. Dans le Temple actuel de la Respectable Loge "La parfaite Amitié no11", après le porche, derrière les colonnes, est placé un miroir couvrant le mur. Déplaçons ce miroir et plaçons le au niveau des colonnes J et B, comme s'il passait au milieu de celles-ci. Regardons l'image réfléchie du Temple virtuel. Le Vénérable en image a donc la colonne du Nord à sa droite, la colonne du Sud à sa gauche, il regarde le soleil levant et le porche est orné de deux colonnes J à gauche et B à droite ce reflet répond exactement à la disposition du Saint Temple de Jérusalem. Peut-on suggérer que la Loge n'est que le reflet d'une plus haute conception qui doit inspirer actes, paroles et pensées? Ne disons plus porche ou Saint des Saint, définitions difficiles et parfois grinçantes de la localisation de la Loge, mais reflet obligé de la Grande Loge au Haut des Cieux.  

Les Grandes Lumières.  

Les trois Grandes Lumières que les loges "Ancient" transformèrent ultérieurement en Bible, Equerre et Compas, étaient dans les premiers temps le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge. Le rite philosophique comme le rite Ecossais Rectifié et le rite Français Traditionnel, en les maintenant, respectaient la symbolique traditionnelle des "Moderns". Ces trois lumières gardent un caractère trinitaire ou ternaire indiscutable, la Maçonnerie du l8èmesiècle, très chrétienne, s'inspirait largement des Ecritures, mais avait également d'autres sources originelles que nous définirons plus loin. Quid au rite Philosophique? Le Ms. des Philalèthes, donne dans son Catéchisme les instructions suivantes:  

Q - En entrant en Loge, qu'avés-vous vû ? .

R - Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

Q - Quand on vous a dessillé les yeux, qu'avés-vous vû?

R - Trois grandes Lumières, le Soleil, la Lune et le grand Maître.

Q - Est-ce que le  Maître est une lumière?

R - Oui, de même que le Soleil éclaire le jour, la Lune, la nuit, le Maître éclaire la Loge.

Q - N'avés-vous pas vû de plus grandes Lumières?

R - Oui, j'ai vu la Sainte Bible, qui est le vrai flambeau de nos âmes pour nous conduire dans la voie du Salut. 

Cette "plus grande Lumière" n'est pas sans rappeler le Catéchisme du Dialogue entre Simon et Philip, que reprend Verva1 en page 181,  

Phil- Vous dites que vous avez vu trois grandes Lumières, n'avez vous pas vu d'autres Lumières?

Sim- Si, une qui surpassait de loin le Soleil et la Lune.

Phil- Qu'était-ce?

Sim- La Lumière de l'Evangile.  

Les Instructions du premier grade de la Mère-Loge Ecossaise à l'Orient d'Avignon datant de 1774, donnent les réponses suivantes:  

Q - Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière?

R - Trois grandes Lumières: le Soleil, La Lune et le Vénérable.

Q - A quoi servent ces Lumières ?

R - Le Soleil à éclairer les Frères le jour, la Lune, de nuit et le Vénérable en Loge sur les travaux Maçonniques.

Q - N'avez-vous point vu d'autres Lumières ?

R - Trois grands Flambeaux qui représentent le Vénérable et les deux Surveillants.

Les commentaires de René Désaguliers concernant cette réponse rencontrent la proposition faite concernant les colonnes Force Sagesse-Beauté: les Flambeaux se trouvent associés au Vénérable et aux deux Surveillants, mais sont séparés des trois grandes Lumières. Ce fait a eté signalé comme caractéristique des rites Ecossais, mais Désaguliers souligne que ... "ce fait n'est pas encore explicité clairement ni peut-être même ressenti" ... et d'ajouter ... "c'est ici que commence la difficulté de la superposition de la Grande Loge des Anciens transportée en milieu continental où les habitudes des Modernes étaient fortement enracinées" .... Grâce à René Désaguliers, qui réussit à tracer et retrouver des rituels soigneusement enfouis dans le secret des bibliothèques, nous avons pris connaissance des manuscrits "officiels" des Loges des "Commandeurs du Mont-Thabor"59à l'Orient de Paris et "Les Militaires Réunis" à l'Orient de Versailles". Les réponses aux questions précédemment posées sont identiques à 1774 et resteront identiques en 1811 (L. de Marseille) et 1841 (Bruxelles). Prichard dans "Masonry dissected" cite le catéchisme datant de 1730 et cite les répliques suivantes:  

Q - Have you any lights in your Logde ?

A - Yes, three.

Q - What do they represent ?

A - Sun, Moon and Master-Mason.  

et il continue le questionnaire ou catéchisme en énumérant les fenêtres qu'il qualifie de Fixed Lights. Dyer retrace le cheminement historique et ésotérique de ce symbole bien particulier. Le candidat est tenu de recevoir et percevoir la "Lumière maçonnique" lors de son initiation et lorsque le bandeau tombe, il est invité à  découvrir des sources de lumière, bien spécifiques: les trois Grandes Lumières. D'après Dyer, en 1717, la Première Grande Loge considérait celles-ci comme étant les lumières situées à l'est, au sud et à l'ouest. Le Manuscrit "Wilkinson" datant de 1727, est le premier à les dénommer ainsi d'une manière formelle écrit Dyer et comme nous le citions plus haut ne reprend plus cette définition et donne aux fenêtres le sens suivant: des sources de lumières venant de ces points cardinaux et représentant le soleil aux différents points de sa course, différents des trois grandes lumières, le Soleil, la Lune ces deux grands luminaires de la nature, offerts par Dieu au Maçon spéculatif, afin qu'il puisse en temps étudier et travailler pour sa loge. Même dans l'obscurité, Loge et Fraternité sont présentes mais seul ces cadeaux du Grand Architecte permettent de jouir de leur présence physique. Le Vénérable Maître est alors la source la plus importante de Lumière, car il est celui qui indique et communique. Mackenzie reprend cette définition qu'il juge assez ancienne et ajoute que dans les loges modernes (il faut entendre actuelles, nous sommes en 1875) les trois fenêtres de l'Est du Sud et de l'Occident ont été remplacées par les petites lumières. Seules les fenêtres ou "Fixed -Lights" jettent un regard sur l'extérieur et laissent surtout les, rayons du Soleil pénétrer le monde sacré. Comment en est-on arrivé à assimiler les Grandes Lumières au Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas? Il s'agit plus que probablement d'un emprunt britannique, assez tardif. Dans la deuxième période du 18ème siècle, la Grande Loge des Ancients, probablement sous influence Irlandaise transforma ces trois grandes Lumières en "moins grandes lumières" et remplaça les trois grands luminaires par le Volume de la Loi Sacrée, l'équerre et le compas. La source physique de l'inspiration devenant emblématique, et spiritualiste, guidant le maçon spéculatif dans ses devoirs d'homme, de maçon dans ses responsabilités vis-à-vis de Dieu et de ses voisins. Dans Hiram la différence entre Grandes et "Moins Grandes (lesser Lights) est clairement indiquée:  

Q - When you was thus brought to Light, what were the first things you saw?

A - The Bible, Square and compass.

Q - What was it they told you they signified?

A - Three great Lights in Masonry.

Q - Explain them, Brother.

A - The Bible, to rule and govern our Faith, the Square, to square our actions, the Compass to keep us within the bounds with all men.

Q - What were the next things that was shewn to you ?

A - Three Candles, which I was told were three lesser Lights.

Q - What do they represent ?

À. - The Sun, Moon and Master-Mason.

Q - Why so, Brother ?

A - lt is the Sun to rule the day, the Moon to rule the night and the Master-Mason his Lodge.  

Cette interprétation typiquement "Ancient" fut acceptée, comme l'ensemble du rituel d'ailleurs lors de l'Union en 1813. Le Rite Ecossais ancien et accepté l'adopta et nous trouvons dans le Guide des Maçons Ecossais de 1820 :  

D- Lorsque vous eûtes reçu la Lumière, qu'est ce qui frappa votre vue?

R - Une Bible, une équerre et un compas.

D - Que vous dit-on qu'ils signifiaient ?

R - Trois grandes Lumières dans la maçonnerie.

Q - Expliquez-les moi.

R - La Bible règle et gouverne notre Loi, l'Equerre nos actions et le compas nous maintient dans les justes bornes envers tous les hommes et particulièrement envers nos Frères.

Q - Que vous montra-t-on ensuite?

R - Trois Sublimes Lumières de la Maçonnerie, le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.  

Les rites Français traditionnel, Ecossais Rectifiés et Philosophiques, gardèrent l'usage des symboles "Moderns".  

L'Etoile Flamboyante et la Lettre "G"  

Dans une loge philosophique, comme au RER ou au rite Français Traditionnel, l'étoile est toujours présente mais non illuminée au premier grade. Le Manuscrit philosophique Trumps66, le plus récent en notre possession, commence son catéchisme après les questions préliminaires, bien entendu, au grade de Compagnon par ces mots:  

D - Pourquoi vous-êtes vous fait- recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

 R- Gloire, Grandeur et Géométrie. Gloire à Dieu, Grandeur au Vénérable et Géométrie à tous les Maçons.  

Le Catéchisme de 1808, de la Resp. Loge des Commandeurs du Mont - Thabor est absolument identique. Le manuscrit Calvet de 1786, rapporté par René Désaguliers dans Renaissance Traditionnelle donne une question et réponse identique quant au fond mais légèrement différente dans la forme.  

Q - Quand vous avés été reçu Compagnon, qu'avez-vous vû ?

R. - Une grande Lumière qui était produite par l'étoile flamboyante au milieu de laquelle ét le lettre "G".

Q - Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Compagnon?

R - Pour connaître la lettre "G".

Q - Que signifie la lettre "G" ?

R - Elle signifie Gloire, Grandeur et Géométrie. La Gloire à Dieu, Grandeur au Maître et Géométrie aux Ouvriers.  

Le manuscrit de 333 cite deux réponses, la première en page 40:  

Q - Qu'avés-vous vû en entrant en Loge?

R - La Lettre "G".

Q - Que signifie-t-elle ?

R - Géométrie, cinquième des Sciences.  

Mais en page 49, lors de l'interrogatoire du Compagnon désireux d'être élevé à la Maîtrise, et qui subit un tuilage bien différent du tuilage "symbolique" de nos loges actuelles dont la brièveté cache le plus souvent une ignorance redoutable, les questions diffèrent:  

D - Que signifie la lettre "G" qui est au milieu de l'étoile flamboyante?

R - Quelque chose de plus grand que vous et moi, GOD qui en Anglois, veut dire Dieu.  

Ce qui rappelle le dialogue de Prichard  

Q - Who doth that "G" denote ?

A- The Grand Architect of the Universe and Contriver of the Universe, or he that was taken up to the top of the Pinnacle of the Holy Temple.  

Au Second Degré, c'est le terme Géométrie qui revenant comme un leitmotiv lors de l'initiation, martèle le thème principal de ce grade. Le Cooke MS. que Georges Payne introduisit comme "le plus vieux manuscrit des Constitutions" lors d'un discours en 1721 (74) mentionne les sept arts libéraux et les sciences insistant sur le fait que la Géométrie est une des plus importantes et l'origine de tout. 

Preston exprimait la pensée que Maçonnerie et géométrie devaient signifier la même chose pour ceux qui étaient concernés et s'en inquiétaient: ... "originellement, Maçonnerie et Géométrie devaient être considérés comme synonymes.  lorsque concernant les Sciences en général. La géométrie bien que limitée à une partie de la science était considérée comme essentielle à toutes et symboles de connaissance" ... , Preston affirme que la "Free-Geometry" était sujet d'études dans un cadre moral ou philosophique pour les Maçons spéculatifs. Dans la biographie de Preston par Dyer, l'auteur cite les clauses 6,7 & 8 des discours sur le second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G". Pour Preston la lettre "G" signifie second Grade. Preston y parle longuement de la lettre "G"75. Pour Preston la lettre "G" signifie bien Géométrie et énonce dans le premier alinéa de la clause 9:  

  • Quelle est la signification morale de la géométrie?
  • Dans cette recherche, nous sommes en mesure de retrouver la nature sous ses formes diverses et dans ses recoins les plus secrets, comme si par le biais de cette science, il nous y était possible de découvrir la Sagesse, le Pouvoir et la Bonté du Grand Architecte de l'Univers et examiner avec un plaisir sans bornes, les proportions sublimes qui unissent et sanctifient les fruits de la création ...... ". 

Cette conception de la figure géométrique, se retrouve dans un des dialogue de Platon le plus connu car traduit par Cicéron en Latin, mais non le plus crédible, le Timée, qui reprenant le 13èmepostulat d'Euclide qui venait d'être révélé à l'époque, fait des triangles équilatéraux le chaos originel qui mis en place par Dieu ou le Démiurge, donnent naissance à l'Univers et aux éléments, illustrés par les "corps Platoniciens". Le "G" ne pouvait alors qu'être "GOD" ou «Genèse» et cette définition est reprise dans le catéchisme au troisième grade du rite Ecossais Philosophique. Le régulateur du rite Français (1801) rejoint la définition postulée: ... "elle (la lettre "G") est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers qui brille d'une Lumière qu'il n'emprunte qu'à lui seul ... elle est aussi le symbole de cette portion de Lumière divine dont le Grand Architecte de l'Univers a formé nos âmes ... ". La lettre HG" est donc forcément l'initiale du Très-Haut, et la "Géométrie" prend la même signification que Genèse 1. Le malaise rencontré dans certains rituels du second grade provient d'une déviation dans la compréhension de la philosophie du grade, qui doit sceller le devenir de l'apprenti en le confirmant dans l'acceptation au sein de la Fraternité et en lui donnant une place et la ligne de conduite obligée par l'Etoile Flamboyante et l'étude de la Géométrie, prise dans le sens platonicien. La transformation de ce grade-clef en une apologie du Compagnonnage comme il est souvent devenu sous certaines constitutions est une erreur...

ACTA MACIONICA Volume 7 (5997)

 

Partager cet article

Commenter cet article