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Hauts Grades

Le Savoir

22 Août 2013 , Rédigé par P\ L\ Publié dans #Planches

Ce qui m'intéresse de découvrir dans ce petit travail, c'est l'opposition qu'il peut y avoir entre ces trois savoirs que l'on rencontre dans notre vie de tous les jours, et avec n'importe quel interlocuteur.
Le savoir académique, je dirais qu'il est le savoir de la Société, il est fait soit pour mettre en valeur, les acquis antérieurs, soit pour diffuser une certaine pensée majoritaire ou soit encore pour avoir une fonction utilitaire à la Société. D'ailleurs ce savoir est diffusé dans des écoles, écoles divisées en plusieurs disciplines, dans le but d'être très fonctionnelle, il reflète la pensée dominante, et le point de vue des dirigeants. Il ne devient innovant que lorsque, le besoin s'en fait sentir dans l'évolution de la Société. Dans un certain sens, il est figé et conservateur, en suivant un chemin tout tracé, en étant la Vérité du moment. Il est la référence qui n'admet pas de contestation.
On le voit bien dans les sociétés autoritaires, et même dans les sociétés démocratiques, même si dans ces dernières, l'autorité se montre plus souple. Le savoir académique est diffusé comme il se doit par des maîtres, qui tiennent l'enseignement des dirigeants de la Société. Le but final est de former des élèves susceptibles de remplacer les classes vieillissantes de la Société, pour ce faire il n'est pas innovant et ne donne pas dans l'imaginatif, ni dans le poétique ; il est utilitaire et il veille à reproduire le plus fidèlement possible les standards de la vie en commun, son rôle est d'assurer la continuité des valeurs alors en cause. Pas de révolution, il est relativement stable, il doit véhiculer la bonne pensée.
Certes, il repose sur des savoirs anciens, sur des acquis de civilisations disparues, ou de civilisations différentes, mais sa principale fonction étant, par la parole, par le langage, de diffuser les différents savoirs, (utilitaire, technique et culturel), pour assurer la cohésion de la société. Tout descend des Grandes Ecoles, dans un système pyramidal qui draine depuis l'école primaire, tous les éléments susceptibles d'alimenter, ces mêmes grandes écoles. C'est plus une école du paraître que de l'Etre.
Mais ce savoir académique comme tout pouvoir n'accepte pas les différences, au Moyen Age, on brûle les sorcières, dans les régimes totalitaires, on interne, les "déviants" on brûle leurs livres, et finalement on tue la Pensée vivante.
Pour conclure le savoir académique, est le savoir, orthodoxe, figé pour la vie, mais malgré les années passant, il sert de référence à l'élite en place, même si le discours n'est plus réactualisé. Et malgré le type de socialisation, il est par la force des choses, conservateur, parce qu'une société n'accepte que très rarement un changement rapide de ses critères de fonctionnement.
Le savoir académique, dirons nous est basé sur la RAISON utilitaire.

Le savoir autodidacte

Ce qui le distingue fondamentalement du savoir académique, c'est qu'il est sans maître ; ceci étant tout à la fois une force et une faiblesse.
Etant sans maître, il peut vagabonder dans tous les terrains de l'aventure humaine, il suffit d'âtre curieux, de ne pas prendre trop au sérieux le savoir académique formatant les esprits dans le même moule. Le savoir autodidacte, étant celui des cueilleurs de fleurs, des artistes, des indépendants de la pensée, celui de la tolérance, acceptant tout et son contraire, n'ayant pas d’œillères pour avancer sur le chemin du savoir, il est aussi multiple, changeant toujours à la quête de nouveaux acquis, voulant s'enrichir, mais aussi délaissant ce qui ne l'intéresse plus, ne prenant pas en compte les incohérences de ses recherches, il est comme la Vie ; Bougeant, vivant, par rapport au savoir académique et au collectif, c'est le savoir individuel, celui de la personne, de l'homme seul. Si l'on pouvait comparer la bibliothèque d'un homme de savoir académique à celle d'un autodidacte, je pense que l'on verrait une différence frappante, d'un côté policier à la philosophie).
Sans faire une démonstration, l'on voit déjà que l'autodidacte, n'a pas formaté son esprit, et cela est pour moi un handicap, car son esprit ayant la fulgurance du feu d'artifice, n'a pas la précision, du raisonnement irréprochable. Je peux dire que d'un côté il y a la raison et de l'autre l'intuition. Ce qu'il peut avoir de commun entre les deux savoirs, c'est l'intelligence, pour l'un intelligence de bien structurer son cerveau et pour l'autodidacte l'intelligence de ce que j'appelle, la curiosité et la soif d'apprendre. On peut poser la question suivante qui est le plus Libre, celui qui prend les autoroutes du savoir, ou celui qui prend les chemins de traverses ? Difficile de répondre et d'avoir une préférence, en toute objectivité, les deux sont utiles au fonctionnement des sociétés humaines, à condition que la part utile pour un bon fonctionnement soit équitable, l'histoire nous donne des exemples, sur ce sujet. Le savoir autodidacte est basé sur le doute, contrairement au savoir académique qui lui est plein de certitudes arrogantes. Le savoir autodidacte plonge dans la Vie, il est l'apanage des artistes et des poètes, c'est le savoir "fou", qui remet en cause, et qui pose les bonnes questions sur le sens de notre vie en dépassant et en transgressant les limites officielles. Le savoir autodidacte est le domaine de l'INTUITION. Nos deux savoirs, ceux qui sont le plus utilisés dans le monde sont basés, uniquement sur la Raison, et même l'intuition, après usage doit-elle aussi fournir une explication raisonnable, afin d'âtre acceptée et utilisée, dans le consensus qui autorise le fonctionnement de nos sociétés.

Le savoir Initiatique

Personne ne peut dire, d'une façon crédible, d'une façon historique, je suis le créateur du savoir initiatique. Personne ne sait d'où il vient, et à quelle époque a t il pris corps et consistance, son origine se perd dans la nuit des temps. D'hypothèse en hypothèse, des grottes préhistoriques, aux ziggourats perses, en passant par les pyramides égyptiennes, et les temples hindous, en faisant un crochet par les cathédrales occidentales, tout ce que l'on peut dire, c'est qu'il est aussi vieux que le monde, il est ce que l'on appelle la Tradition Primordiale. De tout temps, et aussi loin que l'on remonte dans le Temps, et bien avant que la majorité des gens aient accès au savoir académique et officiel, des groupes d'hommes, qu'ils soient chaman, grand prêtre, initié, ont été dépositaire du savoir initiatique. Il se peut que les gravures et dessins des grottes soient les premiers symboles, de cette Connaissance.
Il dégage les Hommes de leur gangue d'argile, en ouvrant leurs yeux sur d'autres possibilités, sur d'autres réalités, en élevant vers les étoiles leurs pensées.
Ce savoir est universel, on le trouve aux quatre coins du monde, dans toutes les religions, dans toutes les civilisations, il est comme le levain qui fait lever la pâte. Il n'y a pas à proprement parler d'écoles universelles du savoir initiatique, il y a des méthodes, des savoir-faire adaptés au besoin de chaque culture, il ne promet pas un diplôme en fin d'études car pour beaucoup, le savoir initiatique est sans fin, au moins durant notre vie terrestre, contrairement au savoir académique qui demande beaucoup d'efforts pour obtenir la reconnaissance par un diplôme, et qui après permet au diplômé de vivre de ses rentes, durant sa vie entière ; le savoir initiatique demande une constance dans sa recherche, et nul ne peut dire " : youpi je suis initié", non cette qualité n'est reconnue que par des autres initiés, à la condition que dans la spirale initiatique, ces initiés soit sur le cercle supérieur.
Mais comment définir le savoir initiatique, i l fait appel à notre raison, mais pas longtemps car il s'aperçoit bien vite que nos cinq sens sont limités et font de nous des aveugles, il se sert de notre intuition, mais là aussi, il se rencontre que la fulgurance de notre intuition conduit trop souvent à des impasses, alors il choisit la voie du cœur pour conduire sa démarche.
Contrairement aux deux précédents savoirs, on n'apprend pas le savoir initiatique dans des livres, ils existent cependant, mais ne sont que des pensums, ses moyens sont d'abord la rencontre d'un initié, l'exemple, ensuite la pratique du Symbolisme, par la découverte et la compréhension des allégories et des paraboles, utiles à la démarche initiatique, il y a aussi la pratique du doute, car les certitudes endorment le chercheur, il faut aussi savoir reconnaître les lois fondamentales de la VIE, la loi des cycles, la loi de l'équilibre(lorsque l'on est en bas on remonte) la loi de causalité, la loi d'équivalence ; sa transmission se fait par l'Oralité, et par l'exemple de vrais Initiés. Il est le fondement même de la Parole et du Verbe, faisant appel aux archétypes des sociétés humaines, et à l'inconscient collectif, afin de réveiller en nous les forces dormantes de notre vie.
Dans un premier temps, on peut se poser la question suivante : à quoi sert le savoir initiatique, qu'elle est son utilité ? dans une société qui se veut moderne, où tout doit âtre fonctionnel pratique et utilitaire, le savoir initiatique peut faire figure de douce illusion, d'une action gratuite voire d'un violon d'Ingres. A première vue dans notre société, très matérialiste, le savoir initiatique, ne sert pas àgrand chose dans une économie de marché, tout bonnement il fait partie du domaine individuelle, et puisque je fais allusion à l'économie de marché, je dirais qu'il fait partie d'un besoin essentiel, que le marketing ne prend pas en compte, lorsqu'il fabrique des besoins imaginaires. L'Histoire nous a montré que les intellectuels, ont souvent élaboré ou soutenu des théories totalitaires, conduisant l'humanité vers la barbarie et l'animalité, alors qu'au contraire le savoir initiatique ne veut, entre autre, qu'une chose élever la conscience de l'humanité, on peut parler sans exagération de l'éternel combat entre le mal et le bien. Science sans conscience, n'étant que ruine de l'Ame.
On en vient donc à l'utilité du savoir initiatique ; si le savoir autodidacte a pour mission de satisfaire la curiosité de l'individu en lui procurant une certaine jouissance, le savoir initiatique lui veut d'abord débarrasser l'individu de tout ce qui est envahissant dans la personnalité de notre individu ; envahissant et neutralisant, comme tous nos défauts, orgueil, envie, vanité, mensonges, suffisance, bonne conscience de soi et bien d'autres, mais surtout il s'attaque à notre Ego, en le débarrassant de tout ce qui obstrue sa vision du monde, du trouble il nous fait passer à la clairvoyance, du futile à l'essentiel, du petit au grand.
Le savoir initiatique est le seul savoir qui puisse permettre d'âtre le lien entre le visible et l'invisible, entre le communicable et l'incommunicable, en une méthode totalement irrationnelle.
Il n'existe pas pour instaurer un pouvoir social, il existe pour permettre aux hommes de vivre en harmonie avec eux-mêmes, et par voie de connaissance avec les autres. D'un univers à trois dimensions, il nous donne la clef d'autres univers, il nous fait franchir l'autre côté du miroir.
Il ne va pas supprimer les guerres, quoique dans ce que l'on nomme les sociétés primitives, il sert de régulateur, de la même façon, il est écologique, situant bien la place de l'homme dans la chaîne de la vie, et non comme les autres savoirs, qui seraient plutôt conquérants, et qui en voulant connaître détruise trop souvent l'objet de leur connaissance ; de plus contrairement aux deux autres savoirs qui nourrissent notre ego, le savoir initiatique comme en alchimie, réduit, calcine et transmute tous nos penchants négatifs, en qualités positives.
Le savoir initiatique est tout bonnement la Vie sans fioritures et sans complaisances.
Le savoir initiatique est abordable par tout le genre humain, car c'est la voix du cœur, si l'on a conservé un peu de notre candeur enfantine, si nous ne sommes pas blasés, si nous ne sommes pas aigri et déçus de toutes choses, le savoir initiatique permet d'atteindre la Connaissance, en prenant de la hauteur, mais aussi de la modestie, ce qui modère nos jugements, ce qui relativise nos engagements dans la vie profane, en évitant des prises de position trop nette.
Si les deux premiers savoirs, peuvent et même doivent donner les bases élémentaires d'une meilleure compréhension sociale ; seul le savoir initiatique débouche sur la Connaissance ; mais alors on peut et on se doit de poser la question ultime : à quoi sert la Connaissance, qu'elle est son utilité pour le genre humain ? A travers la Connaissance, l'Homme peut répondre aux interrogations fondamentales qui le tracassent, que faisons-nous sur Terre, à quoi sert notre Vie, sommes-nous libres d'agir ?
Depuis des millénaires, l'humanité cherche des réponses à ces questions, et des femmes et des hommes ont trouvé la réponse, et ils ont transmis au reste de l'humanité, leurs acquis, leurs méthodes et le résultat de leurs recherches, mais ils n'ont pas écrit de pages définitives, non ils, nous ont montré que pour arriver au but, il fallait faire des efforts, certains ont mis leur vie en jeu pour servir d'exemple à tous, on les appelle les Grands Initiés, et ils sont présents parmi nous chaque fois de que l'humanité, retourne vers l'animalité, chaque fois que l'humanité s'adonne à la facilité, chaque fois que l'humanité méprise la Vie ; chaque fois donc les Grands Inities redeviennent les flambeaux qui montrent le chemin, la route et la bonne voie à suivre, et si l'on devait représenter sur un graphique l'histoire de l'homme, c'est une ligne brisée qu'il faudrait tracer, allant du plus bas vers le plus haut, mais avec à chaque fois une progression vers le haut.
Je sais que je ne sais rien !
source :
www.ledifice.net

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