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Hauts Grades

Le Savoir et la Connaissance

1 Octobre 2013 , Rédigé par André M\ Publié dans #Planches

Introduction

Le savoir et la Connaissance ont de tout temps intéressé les francs-maçons, car ils interfèrent fondamentalement dans les domaines scientifiques, culturels et sociologiques tout en interpellant la conscience, la philosophie et le sentiment religieux. Par ailleurs, ils sont inclus d’une manière implicite dans les rituels maçonniques puisqu’ils structurent comme nous le verrons par la suite la démarche initiatique et façonnent le langage symbolique. Il y a donc au moins deux bonnes raisons intellectuelles de s’intéresser à une telle étude. Mais au-delà du plaisir d’entreprendre cette recherche, il existe plus fondamentalement ce besoin impérieux de comprendre le sens de la vie en s’aventurant dans des espaces nouveaux, formateurs d’une exigence de vérité. Cette nécessité de lucidité et d’authenticité est la clé qui permettra de fortifier la volonté du cherchant. Ainsi armé, le franc-maçon sera plus fort pour entreprendre toutes les recherches nécessaires qui l’amènera à clarifier l’acquis de l’inné, le signifié du signifiant et le savoir de la connaissance. "Il y a qu’il y a"... .où "il est..." selon la traduction, tels sont les premiers mots d’une strophe du poème de Parménide qui entérine magistralement l’interrogation primordiale de l'homme face à son destin et qui du même coup qualifie cette force de volonté qui pourrait être le moteur de son évolution. Comprendre et rechercher l’origine de cette volonté, c’est vivre sa condition humaine. En chaque individu existe donc fondamentalement un besoin d'être et c’est en vertu de cette nécessité que les notions du savoir et de la connaissance sont l’objet de ce travail.

Définition

Selon le Larousse encyclopédique la définition du savoir est « un ensemble cohérent de connaissances acquises au contact de la réalité ou par l’étude » et toujours selon le même éditeur la définition de la connaissance est « l’ensemble des domaines où s’exerce l’activé d’apprendre ». Mais aussi : « le fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose ». La définition du savoir ne pose à priori pas trop de problèmes puisqu’elle est une acquisition de données. Quant à celle de la connaissance il pourrait y avoir une source de confusion, en ce sens qu’elle est parfois prise comme une démarche pour acquérir la compréhension alors qu’elle ne représente qu’un domaine bien spécifique. Il faut donc chaque fois se référer au sens et au contexte général de la phrase dans le quel se trouve le mot connaissance pour choisir la bonne définition. Nous pouvons ajouter encore qu’il existe une connaissance subjective liée à l’acquisition de données qui inclut tout ce qui touche à la conscience y compris les démarches irrationnelles et une connaissance objective qui sont les données en elles-mêmes assimilable au savoir. En résumé, nous retiendrons que le savoir est une démarche intellectuelle et horizontale, lié aux domaines analytiques et établit sur une réalité observable et mesurable; tandis que la Connaissance est une approche unitaire et fusionnelle de l’homme avec son environnement, sans limitations aucunes par la réalité et sans exclusion des lois régissant le domaine sensible. Le savoir est donc l’intégration cohérente de toutes les connaissances acquises. Mais alors, où pouvons-nous situer celles qui ne sont pas apparentes, mais qui doivent exister quelque part, car rien ne peut se créer de rien ? Sont-elles dans l’inconscient sous une forme non formulées ou et, dans nos gênes prêt à nous entraîner, lorsque la situation est favorable, dans des aventures nouvelles, heureuses ou malheureuse ? Interfèrent-elles avec la conscience à notre insu en connivence avec une intelligence supérieure pour agir sur notre volonté ? Avant de répondre à toutes ces interrogations, définissons les démarches exotériques et ésotériques afin d’enrichir les développements qui vont suivre. Rappelons que l’exotérisme, analogiquement relié au savoir et à l’acquis s’intéresse d’une façon générale aux faits prouvés et reconnus par l’expérimentation scientifique et rejette évidemment tout ce qui est caché et du ressort de l’imagination tandis que l’ésotérisme, analogiquement relié à la Connaissance et à l’inné, prolonge l’étude dans d’autres dimensions grâce à l’utilisation d’un langage symbolique et analogique qui apporte au propos un éclairage nouveau et plus global.

La science et la vie en société

La science, les techniques et la recherche scientifique sont les principaux acteurs qui font référence à l’exotérisme, donc au savoir. Ils ont fait spectaculairement progresser ces cinquante dernières années les connaissances de la matière et de l’organisation de la vie. Cette accélération des connaissances sur nos origines a donné le sentiment que l’homme maîtrisait seul son destin.. Ainsi la cosmogonie a été dramatiquement transformée puisque la raison s’est substituée à l’intuition ce qui a eu pour conséquence de disqualifier la plupart des textes sacrés qui ont pourtant été pendant très longtemps la seule porte d’accès à la connaissance de notre univers et au divin. Parallèlement, les recherches appliquées d’une façon générale ont amélioré considérablement la qualité de l’activité humaine en déchargeant l’homme de tâches répétitives et souvent pénibles. Mais paradoxalement, le gain de temps obtenu n’a pas été utilisé pour une meilleure compréhension du sens de la vie. Il semble au contraire que l’augmentation de l’acquis et de la complexité qui en découlent pose plus de problèmes qu’elle en résout puisque l’homme reste toujours attachés à une vision matérialiste de son destin. Cette situation laisse le champ libre à toutes les fausses connaissances et surtout à l’apparition d’un populisme politique donneur de leçons qui discrédite les vérités ontologiques. Dans un tel contexte nous remarquons logiquement que la découverte des connaissances matérielles sans association à l’inné, donc à l’ésotérisme, ne débouchent que sur des certitudes bloquant l’évolution spirituel et l’élévation du niveau de conscience de la société. Une telle situation a comme conséquence majeure de créer un hiatus entre le progrès matériel et le bonheur d’être par la permanence d’une insatisfaction individuelle généralisée créatrice de conflits sociaux. Les causes sont à rechercher dans le fait que les connaissances purement scientifiques ne représentent qu’une facette de la réalité et qu’elles masquent par leur puissance toutes les autres enfouies dans l’inconscient. Celles-ci, comme nous le savons en maçonnerie, ne peuvent surgir à la conscience que lors d’une initiation qui révèle alors le sens de la globalité et suggèrent de nouvelles possibilités d’investigation en élargissant le champ de conscience. l’Homme nouveau dans cette dimension devient une donnée essentielle de la résolution du problème. C’est l’ésotérisme qui prend le relais de l’exotérisme en intégrant l’homme comme une composante naturelle du macrocosme dans la réflexion analytique. La nouvelle connaissance révélée sera bien sûr fortement combattue par tous les adeptes de la méthode scientifique, car considérée comme non raisonnable ce qui contribuera à alimenter le conflit entre les partisans d’un développement matériel illimité et ceux qui ne veulent pas jouer aux apprentis sorciers. Les instruments du savoir sont d’admirables moyens mis au service de la finalité de l'homme, mais une science , autrement dit une organisation de moyens séparée radicalement de la Connaissance « sagesse » , c’est à dire d’une méditation sur les fins, est vouée à l'échec puisque l’identification et la gestion des conflits resteront malheureusement insuffisants pour empêcher un désastre écologico-sociétal à l’échelle planétaire. Dans notre société libérale où l’économie est devenue une philosophie politique le temps est arrivé pour que la recherche scientifique travaille en collaboration continue avec des comités d’éthique indépendants des pouvoirs politiques, dont les membres auraient non seulement des valeurs scientifiques reconnues mais aussi des qualités spirituelles élevées, ne serait-ce pas trop demandé pour les générations futures? Comme nous le constatons, le rationalisme scientifique ne peut pas être dissocié de l’inné et de la Connaissance sous peine de détruire les équilibres naturels. La force et la qualité de cette relation dépend du niveau de conscience de l’humanité. Elle est donc essentielle à la survie de l’homme sur cette terre. Dans le cas où le progrès matériel resterait dissocié de l’inné, un abîme s’ouvrirait entre le monde moderne, qui a tendance à considérer l’esprit comme une auto-illusion du sujet pensant, et la Tradition dans lequel est inclus la Connaissance. La nécessite et le hasard resterait alors la seule voie de salut qui entraînera l’humanité dans les méandres de l’absurdité de la vie. L’homme devra alors se plier au règne de cette absurdité et l’humanité aura un problème sans mesure pour fonder une éthique sociétale qui ne débouche pas sur l’anéantissement de l’être, mais sur une nouvelle alliance de vie à redéfinir.

Connaissance objective, subjective et initiatique

La prise de conscience de la Connaissance, sous forme d’un ensemble d’informations, n’est donc rien d’autre qu’un état d’équilibre à l’interface du monde suggéré et du monde conscient. Le présent est une perception fugitive et permanente d’un équilibre nécessaire pour transmettre et faire communiquer entre elles objectivement les connaissances afin de construire un réseau de valeurs, étroitement lié au savoir. Nous mesurons ainsi combien sont importantes les notions d’objectivité et de subjectivité. L’une servant essentiellement à acquérir des connaissances, l’autre à entretenir le doute et à ouvrir ainsi la voie de la recherche. Le Larousse ne parle que de la connaissance au contact de la réalité et de l’étude. Mais alors, que deviennent les connaissances initiatiques? Celles qui s’acquièrent en dehors de toute réalité raisonnable, c’est-à-dire celles qui surgissent avec force à la conscience de l'initié lors d’un drame symbolique qui lui apporte les émotions, puis les outils nécessaire à la compréhension d’une destinée qui semble pour certains bien difficile à accepter. Est-ce à dire (toujours selon le Larousse) que seul l’usage de l’intellect est formateur de connaissances et nourrit le savoir? Que deviennent alors les connaissances issues de la Révélation, de la Rédemption, du Saint Esprit, de l’Amour et du G\ A\ D\ L\ U\. Dans l’optique de l’initié, la définition du Larousse est ambiguë. Elle ne fait aucunement référence aux transformations des connaissances par l’intuition. Ce processus spécifique modifie la connaissance étymologiquement objective et acquise par l’étude et la réalité, en une nouvelle connaissance subjective qui pourrait d’ailleurs retrouver une nouvelle objectivité dans le cas où la perception de l’un redeviendrait celle de tous, n’est-ce pas ainsi que naissent toute les religions.? La conscience du processus de la transformation des connaissances à travers l’homme est la clé qui permet de vivre une quête de connaissance pour s’approcher toujours plus d’un savoir irrationnellement intimiste et universel. Mais ne nous trompons pas, car selon le niveau de conscience de l’homme ou du groupe qui entreprend cette quête, la force peut s’orienter en Haut ou en Bas traduisant respectivement un bien ou une perte pour l’humanité, Cette quête est indubitablement la force de l’initié. Elle est vécue dans la compréhension de ce qui existe en deçà et au-delà de la surface des eaux, dans une recherche aventureuse des intuitions naturellement cachées dans un milieu hostile, humide, obscure et fertile. Elles sont formatrices d’un savoir qu’il pressent juste et vrai. L’initié maintenant peut discerner dans la beauté du ciel azuré les myriades d’étoiles qui sont sa chair. Il est dorénavant cet Homme cosmique qui vit sa transcendance par l’acceptation de la dualité, il sait que le pavé mosaïque est le tremplin pour vivre la Lumière et rechercher un enseignement adapté à sa personnalité.

Le savoir, la société et les hommes

Pouvons-nous espérer que le savoir seul justifie des actes vraies, c’est-à-dire des constructions au service de ce qu’il y a de bon dans l’homme? En se référant à l’histoire, nous constatons que la plupart des découvertes scientifiques ont dans un premier temps été employées par les militaires dans le but de produire de nouvelles armes. Plus tard, ces techniques sont heureusement reprises dans la société civile afin de produire des biens de consommation qui contribuent à l’amélioration du bien être général des peuples. Mais, la distribution de cette richesse n’est malheureusement pas équitable, car les bien produits obéissent aux lois du marché. Ils iront donc en priorité chez les peuples qui peuvent les acheter. Nous voyons donc que la découverte de connaissances matérielles d’une façon générale ne contribue pas nécessairement à promouvoir la coexistence pacifique, ni à développer une volonté nouvelle de vivre ensemble et ni de respecter les équilibres nécessaires à la survie de cette planète. Les connaissances scientifiques et les actes politiques qui en découlent ont entraîné et continuent d’apporter plus de malheur que de bonheur comme le montre notre histoire humaine. Est-ce à dire que l’Homme éprouve de la difficulté à traduire le savoir en plus value pour l’humanité? Nous ne pouvons pas répondre à une telle question sans faire référence à la cyclologie des sociétés qui montre des comportements distincts sur le long et le court terme. Le court terme est le présent. Aujourd’hui, il est géré par un système économique libéral qui dicte l’organisation de la société humaine et qui organise le progrès, donc les connaissances en fonction des lois du marché. Le long terme obéit à des lois différentes qui n’ont rien à voir avec celles du court terme. Celles-ci sont émises en Haut pour le bien du Bas. Elles sont les gardiennes de la Vérité. Pour les comprendre, nous devons utiliser les lois de l’analogie. Ainsi, à l’instar de l’homme une civilisation naît, croît et meurt tout en subissant l’influence des cycles astrologiques. Nous sommes aujourd’hui à la fin de l’ère du poisson, bientôt nous serons dans l’ère du verseau. La fin d’un cycle est toujours difficile, car il provoque des transformations violentes afin de favoriser la venue de valeurs représentatives du cycle suivant en l’occurrence celui qui sera sous la maîtrise conjointe de Saturne et d’Uranus. Nous voyons ainsi déjà aujourd’hui apparaître une dimension spirituelle de l’homme, opposée à la conception fondamentale de la Révélation chrétienne. Cette tendance semble être la composante naturelle du sécularisme athée de ce vingtième siècle. Provoquera-t-elle la fin des religions traditionnelles?. Nous pouvons le supposer, et réfléchir sur ce constat afin de préparer les générations futures.

L’enseignement, la spiritualité et la politique

Par contre, il est indispensable de transformer l’enseignement, cet outil de la transmission des connaissances. Depuis toujours l’école ne cherche qu’à adapter les connaissances scientifiques au service de la société civile. Son but premier est l’intégration de tous les hommes dans le système économique dominant. Aujourd’hui, ce sont les notions entrepreneuriales, de compétitivité et de performances qui sont privilégiées. Elles ne sont pas l’apanage de la majorité de la population, d’où la naissance d’une forte discrimination qui crée une société à deux vitesses, Dans un tel enseignement, ce sont les valeurs horizontales, donc matérialistes qui dominent, Cela a pour conséquence que les actes sociaux sont souvent incompatibles avec le respect de la dignité humaine et posent des problèmes de conscience dramatiques pour les individus avec des niveaux de conscience élevés. Ce déficit des valeurs spirituelles a permit l’émergence d’un comportement proprement satanique caractérisé par le racisme, la purification ethnique ou même l’eugénisme, qui a eu ses lettres de noblesse sous le régime national-socialisme hitlérien ou le scientisme matérialiste qui a décimé des millions d’innocents dans les pays communistes. Cette dernière idéologie ne reconnaissait évidemment aucunes structures prônant le sentiment religieux et faisait même disparaître toute traces tangibles pouvant y faire référence. Dans ces deux derniers cas, le système politique a biaisé l’ordre naturel en privilégiant des valeurs incompatibles avec le respect de la diversité et de la dignité humaine, De telles idéologies sont évidemment nuisibles, mais comme elles font appel à l’ego et à sa glorification, elles peuvent facilement substituer l’ordre transcendantal naturel par une immanence humaine et devenir “bonne”. Dans ce contexte, c’est l’Homme qui devient Dieu ce qui a pour conséquence que l’Existence analogiquement liée au savoir se confond avec l’Essence analogiquement lié à la Connaissance. Le langage symbolique n’a plus court et il ne reste plus que la dualité au service d’un soi disant perfectionnement matériel continu et sans limite dont il est difficile de comprendre le sens par rapport à notre finitude exprimée naturellement dans la mort. Dans de telles sociétés, les rites funéraires sont minimisés à l’extrême, sauf pour les dignitaires du régime qui sont momifiés et entreposés dans des mausolées somptueux gardés par de jeunes éphèbes aux allures martiales. La mort dans ces régimes n’a plus de sens philosophique, elle n’est que l’expression naturelle du hasard sauf peut-être pour celui qui meurt, mais il ne peut plus témoigner.

L’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal

Pour continuer notre réflexion, nous allons utiliser le symbolisme de l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal afin de mieux comprendre ce qui relie l’homme au savoir et à la Connaissance. L’Existence de l’homme est analogiquement reliée à l’arbre de la connaissance du bien et du mal tandis que son Essence est en symbiose permanente avec l’arbre de vie symbolisé par le G\ A\ D\. L\ U\. L’arbre de vie plonge ses racines dans le cœur de tous les hommes et vivifie leur intelligence afin qu’ils puissent accepter leur condition humaine. Grâce à la connaissance de cette fertilité divine, nous pouvons imaginer combien l’immanentisme est une utopie dangereuse car elle peut faire croire aux hommes les plus puissants comme d’ailleurs aux plus faibles qu’ils peuvent atteindre le sommet de l’arbre de la connaissance du bien et du mal sans la reconnaissance de l’arbre de vie. L’illusion est parfaite, lorsque le sommet atteint, il pensent jouir du jardin d’Eden créé à leur insu par un ego hypertrophié. En vérité, il n’y a pas de lucidité ontologique sans reconnaissance réciproque des deux arbres. L’amour de soi-même et du genre humain est nourri naturellement par la sève vivifiante de l’arbre de vie qui irradie chaleureusement le cœur de tout homme de bonne volonté tandis que l’intellect tempéré par la raison reçoit parcimonieusement les vertus de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est dans cet harmonieux équilibre que grandit l’initié vers son destin glorieux. Mais si, pour une raison ou une autre l’arbre de vie est oublié, l’intellect occupera tout le terrain de la conscience et deviendra le valet de l’ego, d’où jailliront alors tout ce que le Franc maçon à rejeter dans ses nombreux voyages c’est à dire l’orgueil, la vanité, l’égoïsme, le goût du lucre, l’intolérance, la haine du genre humain et enfin le non respect des diversités. Comme nous le voyons, l’enseignement est fondamental pour l’acquisition des connaissances. Chaque enfant qui naît est unique, il a un parcours à faire dans ce monde, Mais il a aussi une identité génétique et historique. Il fait partie d’une histoire et la façon dont celle-ci sera racontée va influer considérablement sur la qualité des connaissances qu’il va acquérir. Les traditions, les us et coutumes la famille, les idéologies vont influencer profondément son savoir, Le code maçonnique nous rappelle avec évidence cette réalité. En naissant le nouveau né est l’expression pur de l’arbre de vie. Il est innocent et reflète la vraie Lumière dont l’intensité diminuera graduellement au contact de la réalité humaine, mais qui ne disparaîtra jamais. C’est vers elle que nous sommes naturellement attiré, c’est pourquoi nous devons toujours recherché l’enfant qui sommeille en nous comme l’a si bien rappelé Jésus en disant: « Laissez venir à moi les petits enfants » . Il ne fait qu’exprimer symboliquement le retour à l’innocence. Mais les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ont été consommés, le jugement, cet enfer, est devenu une réalité. Ainsi la naissance et la mort sont le cycle naturel de la vie manifestée. Mais au-delà des forces nécessaires à la survie, il existe donc dans l’homme un état permanent et sécurisant, garantissant la qualité de l’origine et qui apporte de l’espoir. C’est la Connaissance. Aucun savoir ne peut être dissocié de la Connaissance, c’est à dire de l’arbre de vie qui éclaire avec force sans jamais aveugler. L’amour, la méditation, l’initiation permet à chaque période cruciale de l’évolution humaine d’apporter une transmutation des connaissances acquises. Car ce qui est important ce n’est point seulement l’acquisition du savoir mais surtout la manière de le transformer en concept. L’Homme est un créateur de concept par essence, mais faut-il encore prendre conscience que la conceptualisation sans cohérence ne nourrit que l’intellect? En fait nous voulons dire qu’un savoir brut relié à rien n’a pas d’intérêt à part celui de rigidifier la pensée. Pour qu’il exprime pleinement son contenu il doit passer à travers des états émotifs, un vécu pleinement ressenti, des prises de décision effectives, voir même des souffrances afin qu’il nourrisse et soit formateur d’un réseau créateur, révélateur en quelque sorte de la Connaissance. Plus les actes de vie sont liés à une dimension exprimant aussi bien ce qui est en haut et ce qui est en bas, plus ils illuminent la société humaine qui prend alors une toute autre dimension, l’Homme n’est plus écrasé, car il aperçoit l’horizon et devine au loin sa propre vérité qui l’entraînent dans une dimension rayonnante inspiratrice des valeurs de partage et d’amour. L’initié sait alors que la Vérité est Lumière. Il pourra donc privilégier la création pur, celle inspirée par l’arbre de vie et qui s’exprime par des actes sociaux parfaitement équilibrés comme le sont ou devraient l’être, par ailleurs toutes les volontés vécues dans une loge maçonnique. Il pourra aussi à travers les arts picturaux et musicaux transformer respectivement la matière colorée en œuvres d’art et les notes en pièces musicales.

Connaissance et quête initiatique

L’inspiration est nécessaire à la création. La reconnaissance de la Beauté de l’Oeuvre n’est pas toujours évidente, car elle dépend de notre propre perception de la Beauté qui n’est en définitive que la résultante de la transmutation du savoir dont le niveau dépend de la réalisation du ternaire apprendre, comprendre et vivre appliqué à tous les actes voulus. Le franc-maçon connaît en quelque sorte ce mystère de la transmutation du savoir vu que son seul trésor, par ailleurs incommunicable par le verbe, est son vécu initiatique. Il représente ce que les profanes appellent le secret maçonnique et qu’ils tentent de définir dans des écrits qui caricaturent la démarche initiatique. Ce vécu initiatique est une référence générique qui permet de construire le temple universel. Il est la clé qui donne accès à la Connaissance formatrice d’un charisme maçonnique spécifique. Ce qui est donc important c’est la prise de conscience d’une réalité objective en l’occurrence la Tradition passée au crible des sentiments et exprimée par cette intelligence du cœur voulue par le rituel maçonnique. Cette démarche donne alors du sens aux connaissances qui sont les premières pierres sur lesquelles pourront travailler les outils du grade. Cette façon de faire montre à l’évidence l’importance d’être constamment initié dans une réalité historique reflétant en puissance notre identité génétique et karmique. Les initiations maçonniques sont alors le bras évident de la construction d’un réseau créateur reflétant la Connaissance et de notre capacité à éclairer toujours plus justement nos valeurs gnostiques cachées dans l’arbre de la connaissance.

La Gnose, un chemin vers l’Unité

La Gnose, autrement dit la Voie de la Connaissance qui n’est que la formulation en langage humain de la tradition primordiale, est une composante essentielle sur lequel l'homme doit adosser ses comportements. C’est une façon de transformer toutes les données acquises en valeurs universelles. Ce passage obligé de l’acquis à la vérité de la tradition s’effectue lors d’une initiation et la finalité souhaitée du processus gnostique est un retour à l’Unité, par la perte des valeurs analytiques et multiples. C’est donc une méthode incluant une transcendance. Elle amène l’adepte naturellement dans un style de vie respectueux de la diversité et dans une cohérence holistique des valeurs humaines. Elle est la première pierre d’un ‘humanisme universel qui n’a pas de sens sans cette cohérence transcendantale. C’est pourquoi la franc-maçonnerie l’utilise comme symbole. Elle signifie que le savoir est inclus dans la Connaissance et qu’il faut faire confiance à son intuition afin de retrouver les chemins qui mènent à la Vérité. L’Homme qui suit son intuition sait qu’il butine dans cette béatitude cosmique subtilement devenue intime mais il en accepte aussi la finalité parce qu’il pourra se libérer des pesanteurs inutiles. Plus léger, il sera à même de comprendre l’inutilité des mauvaises connaissances qui créent le surhomme. L’Homme lourd vivant en symbiose avec l’acquis ne veut pas frapper à la porte du temple, mais il a conscience d’être utile au Tout car il apporte les éléments nécessaire à la transformation des structures du monde sans en être réellement l’instigateur. En travaillant pour la fracture ou la reconstruction de la société, il assure la réalisation du cycle de la vie entretenu inéluctablement par la dualité. Il vit pleinement dans le blanc ou le noir du pavé mosaïque, mais jamais à son intersection. Le vrai initié travaille toujours sur cette ligne à la frontière de deux mondes gérés par le jugement. C’est un équilibriste qui doit s’élever afin de mieux maîtriser les pulsions duales. Il accepte naturellement une relation d’autorité entre la Connaissance et le savoir mais sans référence dogmatique afin de vivre un présent vrai, porteur d’espoir. Sa responsabilité concernant les connaissance acquises l’entraîne donc dans un nouvel espace où les mots ont toujours la même orthographe mais des sonorités différentes. Il écoute maintenant de la musique au lieu du bruit. Il connaît les notes de la partition mais son oreille recherche inlassablement les rythmes de son corps. Cette nouvelle liberté de conscience doit s’affirmer dans le partage, dans l’amour de ses F\ et du genre humain sans quoi l’initiation n’aura servit à rien. Comme Orphée, il ne peut plus se retourner, il doit continuer à marcher vers la Lumière.

La liberté, le travail et la mort

Aujourd’hui, Il est difficile de vivre et d’enseigner cette liberté initiatique, car elle suppose un gros effort sur soi-même, afin de contrer les forces du bas. En même temps, beaucoup de théories psychanalytiques aiment à découper à satiété les mécanismes de notre psychisme et font croire que tout est dans une rationalité bien sûr complexe mais parfaitement explicable. Trop de certitudes tuent le désir d’être. C’est pourquoi, l’homme rejette l’homme. Il ne faut pas avoir peur de l’effort, comme nous le rappelle constamment la symbolique du tailleur de pierre car à chaque coup donné correspond une récompense. La force qui est à l’origine de ce travail est la même pour tous les animaux sur cette terre, c’est la survie de l'espèce. L’Homme qui est le dernier maillon de l’évolution a acquis la conscience d’être et paradoxalement le doute d’être. Cette confusion s’exprime avant tout par une mauvaise gestion de l’énergie créatrice manifestée par la sexualité. Comme tout ce qui appartient à la manifestation sensible, cette énergie obéit à la conscience individuelle mais aussi à une conscience collective qui lui est supérieure. Il existe donc une cohérence, une hiérarchie vibratoire à l’instar de celle que nous connaissons dans la physique ondulatoire. C’est grâce à la liberté de conscience que l’homme se distingue dans le règne animal il peut donc par un choix délibéré transformer l’énergie sexuelle en actes sociaux véritables et vivre une vie relationnelle intense, véritable tremplin de la Créativité. Comprenons-nous bien, ce travail ne pourra pas se faire avec l’ego, ni par mimétisme. Il s’effectuera dans le cadre d'une initiation vécue de cette énergie. Les fruits obtenus lui permettront alors de devenir un homme encore plus libre, mais avec une responsabilité nouvelle liée à un niveau de conscience supérieur. Il sera alors celui qui vivra pleinement et avec amour les valeurs sociales du groupe, en particulier ceux de sa loge. C’est ainsi que nos anciens F\ ont compris le sens de la fraternité et nous ont légués le REAA.

Au-delà des actes sociaux qui sont l’une des composantes de l’énergie créatrice, il existe encore une ultime initiation qui est celle de la mort physique. Le dernier acte créateur ici bas est celui de la libération dans la continuité du cycle. Sa qualité est étroitement liée à toutes les actions entreprises antérieurement. Trois niveaux énergétiques (sexuel, social et créateur) sont ainsi reconnus par l’homme dans une seule énergie constitutive pour vivre des actes vrais tout au long de son parcours terrestre. La mort, cet ultime création est la résultante de tout ce qui a été appris et compris ici bas, elle peut alors être vécue sereinement. Dans cet état d’esprit, la cohérence structurelle exprimée par l’ordre maçonnique est la clé qui donne accès à la transcendance du sensible. L’initié peut alors paisiblement poursuivre sa quête de Vérité afin d’accéder à l’état de fils de la Lumière. A nouveau, nous constatons combien est importante la transformation de l’acquis vers une identité métaphysique inspirant notre conscience et combien la Connaissance et le savoir sont indissociablement liés aux valeurs initiatiques. Pour l’homme initié, le monde n’a pas été créé à partir d’un Dieu plus ou moins anthropomorphisé, car il est l’émanation de la possibilité universelle jaillissant de son Non-Etre. De ce point de vue, la réalité du Cosmos est incluse dans l’Unité ce qui permet d’accepter un absolu dans notre identité humaine. Si nous considérons à nouveau l’arbre de vie comme le symbole de l’Unité et si celui-ci est vivant dans le cœur de tout homme sur cette terre, alors il ne faut plus qu’un seul acte d’allégeance pour clarifier son destin c’est celui d’embrasser son âme et celui de tous les êtres sur cette terre avec son cœur. De cette façon, nous rendrons un peu plus de sens à notre vie et surtout plus de justice dans nos actes sociaux.

Conclusion

Tout au long de ce travail, nous avons tenté modestement de comprendre les mécanismes relationnels entre les connaissances, la Connaissance et le savoir. Dans ce but, nous avons utilisé le symbolisme de l’arbre de vie et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Nous sommes ainsi restés fidèles à notre culture judéo-chrétienne, car naître dans une culture c’est avant tout en respecter son histoire; c’est aussi la comprendre et la vivre à travers ses mythes qui sont les témoins lointains de la conscience de nos ancêtres. Les initiations maçonniques du REAA sont à cet égard remarquablement cohérentes et elles apportent aux esprits curieux et amoureux de la Gnose une vision lumineuse et pleine d’enseignements. Elles permettent pour le moins à tous d’apporter un certain éclairage sur ce propos de Leibniz « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien »

Source : www.ledifice.net

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