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Hauts Grades

les arcana arcanorum

23 Mai 2012 Publié dans #hauts grades

Les Arcana Arcanorum, qui ont fait couler beaucoup d’encre fort mal à propos ces dernières années, créant ainsi un mythe bien inutile, constituent les quatre, parfois trois grades terminaux des rites maçonniques égyptiens, grades particuliers à l’échelle de Naples (du 87° au 90°). Les A:.A:. sont présents également au sein d’autres organisations, pythagoriciennes, rosicruciennes, ou de certains collèges hermétistes très fermés.

Du point de vue maçonnique, il convient de distinguer le système des frères Bédarride, basé sur la Kabbale du le Régime de Naples qui constitue le véritable système des A:.A:.. Citons Ragon qui nous parle de ces quatre degrés en ces termes: "ils forment tout le système philosophique du vrai rite de Misraïm, lequel satisfait tout maçon instruit, tandis que les mêmes degrés chez les F:.F:. Bédarride, sont une dérision frauduleuse née de leur ignorance…"

Les Arcana Arcanorum sont définis par Jean Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, dans son livre De la Rose Rouge à la Croix d’Or , à la page 67 : "Cet enseignement concerne une théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des éons-guides qui doivent prendre le relais pour faire comprendre un processus, mais aussi une voie alchimique très fermée qui est un Nei Tan, c’est-à-dire une voie interne."

Les Arcana Arcanorum maçonniques semblent être en réalité, davantage que les grades terminaux de la maçonnerie égyptienne, l’introduction à un autre système. Les A:.A:. constituent en fait une qualification pour d’autres ordres plus internes rattachés au courant osirien ou pythagoricien ou encore au courant des anciens Rose+Croix, comme l’Ordre des Rose+Croix d’Or d’ancien système, l’Ordre des Frères Initiés d’Asie, et d’autres, restés inconnus, échappant ainsi à la recherche historique et surtout aux problèmes humains. Jean Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, faisant référence à Brunelli, confirme dans son livre, déjà cité, De la Rose Rouge à la Croix d’Or, à la page 79, que les A:.A:. constituent en fait l’introduction à d’autre ordres: "Comme l’a indiqué le G.M. Brunelli dans ses remarquables ouvrages sur les rites de Misraïm et Memphis, d’autres ordres succèdent aux Arcana Arcanorum. Mais nous sortons ici de l’aspect maçonnique pour découvrir quatre ou cinq autres ordres (Grand Ordre Égyptien, Rites Égyptiens ainsi que trois autres que nous ne pouvons mentionner)." De plus certaines organisations traditionnelles, n’utilisant pas l’appellation "Arcana Arcanorum", détiennent totalité ou partie de l’ensemble théurgique des A:.A:..

Le système complet des Arcana Arcanorum, dont la maçonnerie égyptienne ne détiendrait donc qu’une partie, comporte en fait trois disciplines :

Théurgie qui se présente selon les documents sous une double forme, chaldéo-égyptienne ou Kabbale angélique : avec notamment les invocations des 4, des 7, et la grande opération des 72.

Alchimies métalliques : parmi différentes voies, les documents identifiés semblent donner la priorité à la voie de l’Antimoine, mais d’autres voies, notamment la voie de la Salamandre ou la voie du Cinabre semblent constituer un élément important de ce système, relevant à la fois de la voie externe et de la voie interne, soit pour des raisons pédagogiques, soit pour des raisons opératives.

Alchimies internes : selon les courants internes, les voies pratiquées diffèrent, moins techniquement que par leurs environnements philosophiques et mythiques respectifs, parfois totalement opposés. Les alchimies internes, tout comme d’ailleurs les alchimies métalliques trouveraient leur origine en Orient et, plus particulièrement, selon Alain Daniélou, dans le Shivaïsme. Quoi qu’il en soit, elles font partie de l’héritage traditionnel occidental depuis au moins deux millénaires, comme l’attestent certains papyrus égyptiens ou gnostiques (on pense notamment au très important Papyrus Bruce). En matière d’alchimie interne, on parle de voies d’immortalité ou encore de voies réelles.

D’une manière générale, toute Voie Réelle comporte à la fois une magie naturelle (selon Giordano Bruno, la magie est art de la mémoire et manipulation des fantasmes, elle est maîtrise de ce que certains éthologues appellent "l’ensorcellement du monde"), une théurgie, et une alchimie, vecteur d’une voie d’immortalité.

La question des immortalités est difficile à traiter car elle ne peut s’inscrire avec succès dans un modèle du monde aristotélicien, c’est pourquoi il n’est pas rare que la recherche prématurée par une personnalité non-alignée d’une sur-humanité, d’une plus-qu’humanité ou d’une non-humanité conduise malheureusement à l’inhumanité. Plus encore, nous pouvons très bien avoir une excellente compréhension intellectuelle de modèles non-aristotéliciens, comme le sont le taoïsme, ou le système de Gurdjieff, sans avoir "inverser les chandeliers" pour reprendre la formule de Meyrinck dans le Visage vert.. La sur-humanité pourrait être symbolisée par Héraklès, indiquant ainsi la voie magique du Héros, prédisposant à la plus-qu’humanité, symbolisée par le Christ, ou encore par Orphée, ou à la non-humanité symbolisée elle, par Osiris, ou encore par Dionysos. Nous pourrions trouver d’autres références tant en Occident que dans les traditions orientales pour tenter de faire saisir ce qui est en fait une différence d’orientation. L’Être n’est pas nécessairement orienté vers un Pôle unique, ce qui explique des Voies Réelles différentes, ne conduisant donc pas au même Lieu-État..

Les A:.A:. du Régime de Naples introduisent à une alchimie interne de tradition égyptienne en deux phases, l’une isiaque, l’autre osirienne. C’est bien sûr dans ce dernier aspect des alchimies internes que l’on retrouve les aspects plus spécifiquement osiriens des A:.A:.. Il est probable qu’au Moyen-Âge et à la Renaissance, ce système était exclusivement chaldéo-égyptien, ce serait peu à peu, et principalement dans ses aspects magiques et théurgiques, que le système aurait subi dans certaines structures traditionnelles une "christianisation" ou une "hébraïsation". On trouve parfois à ce sujet l’expression "christianisme chaldéen".

Source :  http://membres.multimania.fr/cirem/initiation.htm

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